J'adore ce chapitre! Vous allez devoir attendre encore un peu pour la suite, car je pars quelques jours en vacances, je rentre le 13. Mais vous allez être content, vous allez en savoir un peu plus sur le départ de Ziva.

polkaScience, merci beaucoup pour ta review!

Bonne lecture et vive les reviews!


Chapitre 7 : Discussion entre amies.

La jeune femme brune soupirait de mécontentement. Il était rare qu'elle prenne son téléphone lorsqu'elle allait courir, mais cette fois ci, elle avait commis cette erreur. Le temps était devenu orageux ces deux derniers jours, et à la vue des nuages lourds qui menaçaient le ciel, elle avait préféré sortir faire son jogging quotidien en début d'après-midi.

Elle courait depuis environ une demi heure lorsque son patron avait choisi de la déranger. Ne jamais être injoignable… Elle aurait préféré ne jamais connaître cette règle, et ne jamais l'appliquer. Elle aurait été plus tranquille.

L'auteur espagnol dont elle venait de traduire le roman avait étudié sa traduction, et selon Mr. Stirau, il avait quelques remarques à faire. Quelques remarques… La jeune femme soupira de nouveau. Elle avait pressé le pas, et était à présent en train de se débattre avec son trousseau de clés pour ouvrir la porte de son studio, énervée d'avoir été interrompue dans sa course. Son patron lui avait dit qu'un mail l'attendait à son bureau, elle devait donc s'y rendre immédiatement pour en prendre note et corriger sa traduction dans les plus brefs délais. L'israélienne retrouvait là les inconvénients d'un réseau intranet.

Ziva ne souhaitait en rien se rendre sur son lieu de travail. Premièrement, car elle n'appréciait pas être dérangée lorsqu'elle courait, et ensuite car une pensée l'obsédait, l'idée que Tim puisse encore s'y trouver, et qu'elle se retrouve confrontée à lui. Après tout, son collègue était aussi un romancier, et Sarah traduisait entre autres des romans anglais. La raison de sa présence pouvait être aussi simple, et cette idée tracassait Ziva. Après réflexion, elle était arrivée à la conclusion qu'il avait peut-être signé un contrat avec sa maison d'édition.

Si lorsque sa mission avec le Mossad avait pris fin elle avait choisi de ne pas retourner en Amérique, c'est qu'elle avait ses raisons, et des raisons valables. Elle ne désirait pas voir une fois de plus sa vie se chambouler. Elle ne voulait pas voir Tim.

L'horloge du bureau de Ziva affichait 15 h lorsqu'elle y entra. Ses collègues furent plus que surprises de déjà la revoir entre ces murs, ça n'était pas dans ses habitudes.

- Et bien Ava, déjà de retour. Tu es tombée du lit? Demanda Émilie.

L'énervement de la jeune femme était palpable dans sa voix lorsqu'elle lui répondit.

- Il semblerait que mon auteur espagnol ait quelques remarques à faire sur ma traduction.

Émilie sourit.

- Les artistes ne sont jamais satisfaits.

Ziva posa son sac sur un coin de son bureau et se mit rapidement au travail. Elle alluma son ordinateur, et ouvrit le mail en question. Elle voulait en avoir terminé le plus rapidement possible. Mais malheureusement les quelques remarques étaient nombreuses, et il ne s'agissait là que de broutilles, des choses peu importantes, mais qui lui prendraient du temps. Elle était coincée derrière son bureau jusqu'au moins 19h, et elle devrait revenir le surlendemain, toute la journée à son grand désarroi. Heureusement que le lendemain était férié, puisque ce serait le jeudi de l'ascension.

« Ya no había nada en esta ciudad, otra vez tan hermoso, todo había sido devastado. » L'auteur trouvait qu'elle n'avait pas été assez directe lorsqu'elle avait traduit cela par « Il n'y avait plus rien dans cette ville, autrefois si belle, tout avait était dévasté. » Sa traduction était pourtant très proche du texte, s'énerva Ziva. Il argumentait que l'esprit qu'il avait voulu donner à cette phrase ne transparaissait pas dans la traduction qu'elle en avait faite. Ziva enrageait intérieurement. Que voulait-il qu'elle écrive? Il n'avait qu'à le faire lui-même cette traduction s'il parlait si bien français.

- Ava?

Et encore, si il n'y avait eu que cela. Mais il ne s'agissait là que d'un exemple parmi de nombreux autres. Stirau avait pourtant approuvé sa traduction. Elle n'appréciait pas la façon dont son patron pouvait parfois céder à chaque désir des auteurs qu'il publiait. Elle fulminait. Elle avait le sentiment que toutes les heures qu'elle avait passé sur ce livre n'avaient servi à rien.

- Ava? Demanda une voix avec insistance.

Ziva releva la tête. C'était bien elle qu'on appelait, la sortant de ses pensées. Elle n'avait pas réagi la première fois. Elle se reprit mentalement, se répétant qu'elle s'appelait désormais Ava, et regarda qui était son interlocuteur, ou plutôt son interlocutrice, qui se tenait toujours sur le pas de la porte.

- Sarah! Désolée, j'étais prise dans mon travail, et je ne t'ai pas entendu arriver. Tu vas bien? Demanda Ziva.

- Oui et toi? Ça n'a pas l'air d'être la grande forme.

- J'ai mal dormi ces dernières nuits, et les caprices de cet auteur m'énervent au plus haut point.

Ziva s'adossa sur sa chaise, et s'accorda une pause. Dire qu'elle avait mal dormi ces dernières nuits était un réel euphémisme. Depuis qu'elle avait croisé McGee à la machine à café deux jours plus tôt, elle n'avait quasiment pas fermé l'œil. Une forte appréhension de le savoir dans la capitale française, et une foule de souvenirs la tiraillaient. Et dès qu'elle parvenait enfin à dormir, elle enchaînait les cauchemars, se réveillant quelques fois en sursaut, couverte de sueur. La soudaine présence de Sarah ne calmait pas ses craintes.

Sarah s'approcha, et s'assit face à Ziva. Elle n'avait pas vu son amie depuis longtemps.

- Au moins j'ai la chance d'éviter ces caprices quelques temps, car ce n'est pas du tout le genre de mon auteur actuel.

Ziva eut un sourire forcé, et pensa que Sarah lui offrait là une occasion rêvée d'en savoir plus sur la présence de Tim en France, et de vérifier si ses suspicions étaient justes.

- Tu bosses sur quoi en ce moment?

- Je traduis un thriller américain, une histoire intéressante. Tom E. Gemcity, tu connais? Il écrit sous ce pseudonyme lui expliqua Sarah.

Ziva cacha son trouble du mieux qu'elle pu, elle avait vu juste, une fois de plus son instinct ne l'avait pas trahi. Sarah traduisait Deep six.

- Non, je ne le connais pas, mentit-elle.

- Je peux te le présenter si tu le souhaites, c'est un homme sympathique.

- Non, ça ira, je n'ai pas vraiment le temps. Je lirai son livre si j'en ai l'occasion, répondit Ziva, un peu trop rapidement à son goût. Mais elle se rassura en se disant que la personne face à elle n'était pas un agent connu pour ses talents en interrogatoire. Sarah n'y verrait que du feu.

- Si tu changes d'avis, il est encore en France pour quatre jours. Et j'ai un exemplaire de son roman en trop.

- On verra…

Ziva baissa un instant les yeux, cherchant quelque chose à dire.

- Et pourquoi n'es-tu pas avec lui en ce moment?

- Il est au téléphone. Une jeune femme, une de ses collègues. Elle n'arrête pas de l'appeler expliqua Sarah. Elle veut se tenir au courant du moindre de ses faits et gestes. Je lui ai dit qu'il pouvait prendre le temps de lui répondre, que ça la calmerait peut-être, que j'allais en profiter pour aller chercher mon courrier à l'accueil.

Ziva sourit tristement en pensant à Abby. Il ne pouvait s'agir que d'elle. Elle se montrait apparemment toujours aussi possessive en amour.

- Je ne savais pas que mon bureau était sur le chemin de l'accueil, répondit Ziva.

Sarah sourit. Son amie ne ratait jamais aucun détail.

- Non, mais après t'avoir vu fuir comme une voleuse l'autre jour, je venais voir tes collègues pour avoir de tes nouvelles, tu n'en donnes pas beaucoup Ava.

- Je sais… Je suis désolée.

- Ne jamais être désolé, c'est un signe de faiblesse, répliqua Sarah.

Ziva blanchit et regarda étrangement la jeune femme, qui prit peur face à son expression. Elle se fit du souci pour son amie qui ne semblait décidemment pas dans son assiette.

- Que se passe t'il? S'inquiéta Sarah.

- Que viens-tu de dire?

- C'est-ce que j'ai dis qui te mets dans cet état. Je n'ai pas fait exprès, si j'avais su! C'est Tim, mon auteur, qui me répète cela chaque fois que je m'excuse, à force, je l'ai imprimé.

Ziva sourit amèrement. Autant pour la précédente remarque de sa collègue, que pour ce qu'elle venait tout juste de dire.

- Tu l'appelles déjà par son prénom?

Sarah rougit.

- Il est plutôt mignon.

- Ton auteur t'a tapé dans l'œil?

- Je me demande si il a quelque un dans sa vie? Répondit Sarah.

Ziva faillit s'étouffer suite à cette dernière phrase. Tim avait son charme, certes, mais elle n'aurait jamais imaginé qu'il puisse tant plaire à Sarah. Les imaginer tous les deux était étrange, elle ne pensait pas qu'un jour une telle image lui traverserait l'esprit.

- Tu vas vite en besogne Sarah. Et si cette fille qui l'appelle si souvent était sa femme justement?

Sarah resta perplexe. Ziva avait avancé cet argument sans elle-même véritablement en connaître la réponse. Peut-être Abby et Tim avaient-ils pu se rapprocher depuis qu'elle les avait quitté. Rien ne les en empêchait. Ce que Ziva voulait surtout, c'était dissuader Sarah de tenter quelque chose avec Tim. Car ça n'arrangerait vraiment pas sa situation.

- Enfin, je le saurais rapidement si c'est le cas, je l'ai invité à dîner ce soir. Au San Francisco, pour qu'il ne soit pas trop dépaysé.

- Sarah!

- Quoi? Il s'en va dans quatre jours. Je ne suis plus toute jeune Ava. Il faut que je me trouve quelqu'un. Et Tim me plaît bien, déclara la française.

Ziva secoua la tête de gauche à droite en soupirant. Sarah n'avait pas changé.

- Bon je vais te laisser, il devrait avoir fini maintenant.

- C'est ça, et n'oublie pas de travailler entre deux techniques de drague, lui lança Ziva.

- Très drôle.

Sarah se retourna alors qu'elle arrivait à la porte du bureau.

- Au fait, pourquoi es-tu partie si vite avant-hier?

- Je me suis rappelée un rendez-vous avec Stirau que j'avais totalement oublié, improvisa Ziva, un peu prise de court.

- Ok. Je t'appellerai pour te raconter ma soirée, à plus.

- À bientôt, termina Ziva, satisfaite que Sarah ait cru à son mensonge.

Sarah quitta le bureau de la jeune israélienne, et celle-ci resta encore quelques instants à ne rien faire, le regard vague, perdu entre deux dossiers qu'elle ne voyait pas vraiment. McGee allait sortir avec son amie, et il serait encore là après-demain, alors qu'elle aussi serait présente dans les bureaux. Ça n'allait pas être facile de l'éviter toute la journée. Elle avait tout du moins l'avantage de savoir sa présence.

Le doute la prit soudainement. Savait-il lui aussi qu'elle était là? Sarah lui avait-elle parlait d'elle? Forcément… Elle n'avait plus qu'à espérer que Sarah lui ait parlé de son amie Ava Zivdid, et que Tim n'ait pas fait le lien entre Ava et elle. Le contraire l'étonnerait tout de même, car bien que le pseudonyme qu'elle s'était choisie en débutant cette nouvelle vie ne soit qu'un anagramme de sa véritable identité, elle avait menti sur son passé, personne ici ne connaissait la vérité, et McGee ne devait vraiment pas s'attendre à la trouver là, puisqu'une tombe portait son nom dans un des nombreux cimetières de Washington.