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Chapitre 8 : En tout bien tout honneur.

On sonna à sa porte. L'agent spécial ne sut pas si il devait aller ouvrir à la jeune femme immédiatement, ou bien lui faire croire qu'il était occupé. Car ce rendez-vous avait généré en lui tant d'anxiété que cela faisait presque un quart d'heure qu'il l'attendait sans rien faire. Quoi qu'il fasse, il aurait du mal à paraître naturel quand il ouvrirait la porte pensa Tim.

- J'arrive, lança-t-il finalement, se demandant si il devait la faire entrer, ou si ils sortiraient directement.

Le jeune homme se posait beaucoup trop de questions, ce qui ne faisait qu'accroître son stress. L'agent McGee ouvrit la porte de sa chambre d'hôtel, et accueillit Sarah avec le sourire.

- Bonsoir, dit-il d'une voix peu assurée.

- Bonsoir Tim.

Le jeune homme reprit de l'assurance. Il attrapa sa veste pendue dans l'entrée, et ferma la porte derrière lui. Il avait faim, alors autant sortir directement. Et puis il serait plus à l'aise si du monde les entourait. Face à l'expression de son amie, il ressentit tout de même le besoin de se justifier :

- Je ne te fais pas entrer, c'est vraiment le bazar. Je n'ai pas pris le temps de ranger.

Sarah sourit, tandis qu'ils se dirigeaient tous les deux vers l'ascenseur.

- Alors, dans quel restaurant va-t-on? Demanda-t-il pour couper le silence qui s'était installé et qu'il trouvait pesant. Il fallait qu'il se détende se dit-il, personne n'allait le couper en morceaux.

- Le San Francisco, au cas où tu aies le mal du pays.

- Tu sais je ne suis jamais allé à San Francisco, dit McGee dans un sourire.

- Je m'en doutais, répondit la française en lui adressant un sourire elle aussi. Ce n'est pas grave, moi non plus. Ce sera notre premier voyage.

Sarah et Tim quittèrent l'hôtel et se rendirent à pied au restaurant, qui se trouvait non loin de là. Ils marchaient l'un à côté de l'autre, sans pour autant qu'un contact ait lieu entre eux. Après tout, comme se disait McGee, il allait juste partager un repas avec une collègue, il n'avait pas d'appréhension à avoir. Tout allait très bien se passer. Et puis il n'était pas venu en France pour rester enfermé dans sa chambre d'hôtel.


Tony se trouvait assis dans son salon, visionnant pour la énième fois un épisode de Magnum qu'il connaissait quasiment par coeur. Il jetait de temps en temps un œil sur l'heure qu'affichait son lecteur de DVD juste en dessous de l'écran. 20h12. Hélène était en retard. Comme souvent, pensa-t-il en faisant ce constat, une belle montre ornait pourtant le poignet gauche du jeune agent spécial.

Il sourit en l'imaginant à cet instant chez elle, se préparant lentement, attendant le moindre prétexte pour ne pas venir sonner à sa porte, priant peut-être même Gibbs pour qu'il lui ordonne de revenir dès maintenant au NCIS. C'était fort possible, avec son mauvais caractère elle en était capable. Mais Tony savait qu'au fond sa collègue était une jeune femme très sympathique, prête à tout donner pour les gens qu'elle aime, sans concession.

20h27. Tony avait finalement ouvert le paquet de gâteaux salés qu'il avait préparé, ne résistant plus à la tentation de celui-ci, qu'il avait préalablement nonchalamment posé sur sa table basse, située entre son canapé et son poste de télévision. Le seul moyen de résister à la tentation est d'y céder, pensa-t-il en croquant dans le premier gâteau. Et puis Hélène n'avait qu'à être à l'heure, se dit-il.

20h39. On sonna à la porte. Tony se leva, heureux que son amie soit enfin arrivée. Il ne se pressa cependant pas pour aller l'accueillir. Il l'avait attendu quarante minutes, elle pouvait bien patienter un instant sur le seuil.

- Tequila, whisky, ou vin rouge? Demanda-t-elle, en agitant les bouteilles lorsqu'il lui ouvrit.

- Enfin, je ne t'attendais plus! Déclara Tony.

Il se poussa légèrement, la laissant entrer dans son appartement.

- Tu sais, il y a des embouteillages dans tout Washington à cette heure-ci, mentit-elle, sachant pertinemment qu'il n'en croirait pas un mot. Elle sortait cette excuse à longueur de journée à qui voulait bien l'entendre. Plus personne ne la croyait lorsqu'elle disait cela.

Hélène se dirigea vers le salon qui lui faisait face et qui devait être la pièce principale. Elle n'en était pas certaine. Elle avait beau connaître son collègue depuis trois ans, c'était la première fois qu'elle mettait les pieds chez lui. L'équipe avait l'habitude de se retrouver de temps à autre en dehors du travail, mais ils se retrouvaient généralement chez Gibbs ou Ducky, ou bien sortaient dans un bar. Elle savait que McGee et Gibbs étaient déjà venus plusieurs fois. Hélène elle découvrait pour la première fois cet appartement. Le salon n'était pas très spacieux, mais il avait été meublée de façon avantageuse. Son regard se porta immédiatement sur l'imposante collection de DVD de l'italien qui entourait la télévision et qui l'impressionna. Elle le savait cinéphile, mais elle était loin d'imaginer que ce soit à ce point.

- Assied-toi pendant que je nous sers un verre. Tu préfères quoi? Je n'ai plus que du Whisky et de la Tequila. Ah non! J'ai aussi du vin rouge, dit Tony avec humour.

- Arrête de te moquer de moi, et sers moi un verre de Tequila idiot, répondit-elle, faussement énervée.


Sarah et Tim savouraient leur dessert tout en poursuivant une conversation démarrée de longues minutes auparavant. Les deux collègues avaient appris à se connaître et étaient devenus de bons amis dont les sujets de discussion ne s'épuisaient pas. Sarah appréciait la galanterie de l'américain. McGee en apprenait un peu plus sur la France. Tim s'était peu à peu détendu à mesure que le dîner avançait. Il avait finalement trouvé ses marques, et jusque là tout s'était très bien passé.

Chacun avait commandé une glace pour terminer cet opulent dîner par une touche de légèreté, ils n'avaient pas été déçus du San Francisco. La nourriture y était bonne, et le service agréable. McGee portait une nouvelle fois sa cuillère à sa bouche tandis que la jeune femme savourait sa banana Split, lorsque son portable vibra dans la poche intérieure de sa veste. Il s'excusa auprès de Sarah et décrocha.

- Allo?

- Tim? J'attends toujours ton coup de fil de ce midi pour me donner des nouvelles, s'énerva Abby toutefois satisfaite de l'avoir enfin au bout du fil.

- Oh! Excuse-moi Abbs, je n'ai pas vu le temps passer, j'ai travaillé toute la journée. Et puis avec le décalage horaire, je n'ai pas voulu te déranger, répondit McGee, soudainement confus.

- Tout ceci n'est qu'un mensonge. Tu m'as déjà oubliée, s'emporta la laborantine comme à son habitude.

- Mais non Abby, rassure-toi, je pense à toi tous les jours.

McGee entendit Abby soupirer au téléphone.

- Abs, quelque chose ne va pas? Demanda-t-il.

- Non, non McGee, tout va très bien, répondit-elle précipitamment, ne voulant en aucun cas qu'il se fasse du souci pour elle.

- Tu es sûre? Tu fais quoi? Tu es au NCIS?

Tim sentit que Sarah le regardait, ce qui le rendit un peu plus confus. Il avait toujours été timide, et n'aimait pas étaler ainsi sa vie privée.

- Oui, je travaille sur notre nouvelle enquête, répondit Abby.

- Elle te donne du fil à retordre?

- Non, au contraire. Nous avons notre victime, qui va assez bien et notre criminel. Nous connaissons le crime. C'est une drôle d'enquête. Une sorte de vengeance. Notre coupable est décédé ce matin. C'est sa fille qui l'accuse de viol. Enfin, je devrais dire sa belle-fille plutôt. Je crois que ça ne lui plait vraiment pas qu'on dise qu'elle est sa fille. Même si légalement c'est le cas puisqu'il l'a adoptée quand elle était adolescente. La famille c'est compliqué parfois.

- Ah! La coupa Tim avant qu'elle ne poursuive son monologue. Et bien ça vous fait un nouveau mystère à élucider, dit-il alors que le regard de Sarah pesait toujours sur lui ce qui le gênait de plus en plus.

- Non! Mais tu écoutes ce que je te dis de temps en temps McGee? Notre coupable était gravement malade, il avait une leucémie, et notre victime a profité du fait qu'il n'allait pas tarder à mourir pour le dénoncer.

- Oui c'est vrai, j'avais oublié.

- C'est bien ce que je te reproche. Bon je te laisse McGee. Au revoir, lui dit-elle en français avant de raccrocher.

Tim resta encore quelques instants à fixer son téléphone, il était rare qu'Abby lui parle sur ce ton, ce n'était pas du tout dans ses habitudes. Il devait se passer quelque chose. Tim commença à s'inquiéter. Il n'aimait pas se faire du souci pour Abbs alors qu'il se trouait si loin d'elle.

- Un problème? Demanda Sarah, le sortant de sa réflexion.

- Non. C'est encore ma collègue. Elle est juste un peu énervée. Mais je pense que je me fais du souci pour rien, si quelque chose n'allait pas, elle me l'aurait dit.

McGee la regarda et lui sourit, tentant de se rassurer lui-même. Il rangea son portable dans sa poche.

- Tu as terminé?

- Oui.

- Bien, alors je vais payer au bar et je reviens.

- D'accord, je te rejoins, juste le temps de remettre ma veste, répondit la française.

Sarah enfila la courte veste noire qu'elle avait choisi de porter par-dessus sa robe en début de soirée, lorsqu'elle avait longuement hésité sur le choix de sa tenue. Elle voulait paraître décontractée, simple, tout en restant sexy, pour lui faire tourner la tête. Sa robe s'arrêtait au-dessus de ses genoux. Elle tenait sur ses épaules par de fines bretelles, et son décolleté était juste comme il le fallait. Sarah espérait avec cette tenue avoir réussi à charmer son auteur.

Elle vit Tim la rejoindre, et ils sortirent ensemble du restaurant. Il firent un détour, et se baladèrent tranquillement quelques minutes dans les rues de Paris, aucun d'eux ne souhaitaient rentrer directement. Sarah en profitait pour lui montrer deux ou trois lieux touristiques qui se trouvaient à proximité.

Ils marchaient l'un à côté de l'autre, quand Tim sentit la main de Sarah attraper la sienne. Une légère gêne s'installa en lui, mais elle ne dura qu'un instant, cette situation n'avait rien d'anormal, n'est-ce pas? Il ne faisait que marcher dans Paris avec une amie en tout bien tout honneur. Il n'allait quand même pas la repousser pour si peu.

Sarah souriait, et jetait de temps en temps un œil à son ami. Si il l'avait laissée lui prendre la main, c'est qu'il n'y voyait aucune opposition, et qu'ils pouvaient aller plus loin, se dit-elle. Ils continuaient de discuter lentement ne se lançant pas dans de grands débats. Tout doucement, Sarah commença à caresser la main de l'agent spécial avec son pouce.