Bonsoir! Voici avec du retard le chapitre 9. Je n'ai aucune excuse pour ce retard... Juste une panne d'inspiration qui m'a coupé dans mon élan. Je bloque totalement au chapitre 27, et j'ai l'impression d'écrire vraiment n'importe quoi. Enfin, j'espère que ce chapitre vous plaira, parce que c'est un de mes préférés.

Bonne lecture et vive les reviews!


Chapitre 9 : Quand le masque tombe.

La bouteille de tequila était vide, et celle de whisky était déjà bien entamée. Les deux collègues étaient assis confortablement dans le canapé de l'italien, face à la télévision. Aucun des deux compères n'avaient plus les idées très claires. Ils avaient discuté en grignotant, enchaînant les verres sans les compter, habitués l'un et l'autre à consommer de l'alcool. Peu à peu leur conversation s'était orientée vers des sujets plus personnels.

- Tu sais Tony, je ne te croyais pas comme ça. Dit Hélène, soudainement sérieuse, ce qui déclencha le rire l'italien.

- Ah bon! Et que t'imaginais-tu? Demanda-t-il intrigué par cette remarque.

- Je te pensais plus sérieux, plus stricte. Pas du genre à boire et rire avec une femme sans qu'il n'y ait un contexte, sans garder un certain self-control. On a déjà bu des verres ensemble, c'est vrai, mais pas autant, et pas seuls. D'habitude on est dans un bar avec les autres et je finis saoule au bras d'un homme bien avant que tu sois ivre. Quand je m'en vais tu es souvent en train de discuter avec Tim, tous les deux un peu éméchés. Mais ce soir tu m'as invitée chez toi pour la première fois, et je dois dire que je m'attendais à retrouver le même personnage qu'au bureau, sérieux, travailleur et réservé. Mais pas du tout en fait! C'est même tout le contraire! Expliqua Hélène.

- C'est normal, on n'est pas au bureau, et on a presque descendu deux bouteilles, répondit il, en pointant la table basse du doigt, où se trouvait l'alcool. Et puis quand on sort boire un verre avec l'équipe, on finit souvent saouls aussi Tim et moi, mais un peu plus tard.

- Mmmh…

- Tu as l'air perplexe reprit Tony en lui jetant un coup d'œil.

- Tu ne m'as même pas fait visiter ton appartement, je n'en ai vu que le salon. Répliqua la jeune bonde en désignant l'appartement du doigt, comme aurait pu le faire un enfant trop gâté, changeant brutalement de sujet. Tony en conclut que sa réponse devait lui suffire.

- Et que penses-tu de mon salon puisque tu as eu tant de temps pour l'admirer? Demanda un Tony inquisiteur.

- J'ai d'abord été surprise par ta collection de DVD, avoua Hélène Craps. Je savais que tu étais cinéphile, mais pas au point que toutes tes étagères plient sous le poids de DVD. Explications? Termina-t-elle en le regardant.

- Je suis fan, que veux-tu, je n'y peux rien. J'ai passé des jours entiers à regarder tous ces DVD, et je continue, commenta Tony. C'est ma passion. ça a d'ailleurs tendance à énerver mon entourage quand j'en abuse et que je passe mes journées à faire des références cinématographiques.

- J'ai déjà pu le remarquer répondit Hélène. Tu as des préférences? Parce que vu la quantité, tu ne peux pas aimer autant tous ses films.

- Au-delà du film ce sont les acteurs que j'aime. Leur jeu, leur façon d'être, leurs répliques, la beauté d'une scène ou d'une intrigue. J'ai une préférence pour les vieux classiques que je regardais déjà petit quand mes parents n'étaient pas là, et pour ceux qui ont marqué ma vie d'une façon ou d'une autre, en fonction de l'époque ou je les ai regardés, ou de la personne avec qui je les ai regardés. Satisfaite madame la curieuse?

- Très satisfaite. Tu devrais être aussi bavard plus souvent.

Tony la regarda mais ne répondit pas.

- Ensuite c'est le piano qui m'a surprise, dit-elle en tournant la tête vers la gauche pour regarder l'instrument, après avoir vidé son verre. Je ne savais pas que tu en jouais.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de l'italien, à peine perceptible. Elle avait le don de mettre le doigt sur les objets les plus symboliques de sa vie pensa-t-il en posant à son tour les yeux sur l'instrument.

- Il y a des années que je ne l'ai pas touché déclara Tony.

- Je vois ça. Tu pourrais au moins le dépoussiérer de temps en temps quand tu passes devant.

- Pourquoi? Puisque je n'y touche plus, lui dit Tony résigné.

- Pourquoi n'y touches-tu plus? Répondit la jeune femme du tac au tac en se retournant vers lui.

Tony soupira.

- Trop de souvenirs répondit-il simplement, ne s'étendant pas aussi spontanément sur ce sujet comme il l'avait fait sur le précédent. Ses yeux se perdirent mélancoliquement dans un ailleurs que seul lui connaissait, ce que remarqua Hélène. Elle ne dit rien, espérant qu'ainsi il s'expliquerait davantage.

- J'ai appris enfant sur une idée de ma mère, avec une professeure tyrannique. J'ai arrêté à l'adolescence, je détestais cette prof, et ça me rappelait trop ma mère, finit par dire Tony.

Il avait longtemps hésité avant de donner des explications, car il savait qu'il rentrerait forcément dans des explications très personnelles. L'alcool avait dû l'aider à poursuivre.

- J'ai repris par la suite quand j'étais adulte, poussé par je ne sais trop quoi. Mais je n'en jouais que rarement. Plus tard, mais il y a déjà quelques années, j'en jouais avec une amie, finit par dire Tony, fuyant les yeux d'Hélène. Elle avait elle aussi un piano chez elle. Tous les jeudi soir, on se retrouvait chez l'un ou chez l'autre pour faire jouer nos doigts autour d'un bon dîner. C'était toujours de très bons moments. On finissait la soirée dans le silence, ou dans les confidences, ivres de temps en temps. On s'amusait beaucoup.

- Vous ne le faites plus? Demanda Hélène voyant que Tony ne dirait rien de plus.

- Non. Je n'ai plus touché à ce piano depuis que nous avons arrêté.

- Pourquoi? Osa demander Hélène après une légère hésitation.

- Sans elle ça n'en valait plus la peine.

- Et tu étais doué? Enchaîna l'agent Craps, sentant que ce sujet était douloureux pour Tony et qu'il valait mieux passer à autre chose rapidement.

Tony rit doucement, sortant de ses pensées.

- Ne cherche pas à me faire jouer, tu n'y arriveras pas! Je me débrouillais, ajouta Tony.

- Tu es trop modeste, répliqua Hélène.

La jeune femme se leva, et fit comprendre de ses yeux verts à Tony qu'elle voulait poursuivre sa visite dans les autres pièces de l'appartement.

- Vas-y, fais ton enquête, je te suis, lui dit-il en se levant.

Elle se dirigea vers la cuisine.

- Ici on voit que tu es italien. Sur ce point je ne suis pas étonnée. Ton frigo est plein et tu as des livres de recettes examina-t-elle. Ta cuisine est rangée et organisée, contrairement à ton salon.

- Italien et fier de l'être bella, lui répondit Tony sur le ton de l'humour, surpris par la perspicacité d'Hélène. Il avait pensé qu'avec une telle dose d'alcool dans le sang elle perdrait un peu de son talent d'enquêtrice et ne fouillerait pas tant dans sa vie. Il s'était visiblement trompé.

- Combien d'autres pièces compte ton appartement mi amor? Répondit-elle provocatrice, en lui faisant les yeux doux.

- Deux. C'est presque un studio. Il te reste la salle de bain et ma chambre.

- Alors commençons par ta salle de bain, décida la jeune femme.

Hélène se dirigea vers le petit couloir au bout du salon, où deux portes se dessinaient. Elle ouvrit celle de droite, et découvrit la chambre. Elle la referma donc et ouvrit la seconde sur sa gauche.

- Une baignoire! Mon appartement ne contient pas ce luxe, s'exclama-t-elle. Mais je crois que si j'en avais une j'arriverais encore plus en retard au NCIS.

Elle s'assit sur le rebord de celle-ci, et posa son regard sur Tony qui riait.

- Tu veux goûter à ma baignoire chérie? Lui demanda-t-il en s'approchant.

- Dragueur qui plus est! Je découvre vraiment un autre Dinozzo ce soir. Tu étais parfait. Tu devrais te servir de ce charme plus souvent, tu ferais tomber les filles par dizaine.

Tony recula d'un pas et se referma sur lui-même, il s'était fait avoir. Elle l'avait eu, il en était revenu à ses premiers instincts. Ceux qu'elle ne connaissait pas. Il avait bu, et il avait baissé ses gardes, découvrant tout une partie de sa vie sur laquelle il avait tiré un trait, et dont elle ignorait tout. Il avait voulu rire et lui avait montré une facette de sa personnalité à laquelle elle n'était pas habituée. Il s'était fait pendre au piège.

- Qui te dit que je n'ai jamais usé de ce charme? Demanda-t-il énigmatique, ne trouvant rien d'autre à dire.

- Raconte moi alors, je ne dis pas non, déclara Hélène curieuse d'en savoir plus. En tout cas il n'y a qu'une brosse à dent sur ton lavabo.

Tony sourit face à ce constat. Au point où il en était… Et puis de toute façon, il n'avait plus les idées assez claires pour correctement réfléchir et prendre la bonne décision quant à cette situation. Alors autant continuer la conversation.

- Tu ne peux t'empêcher de regarder chaque homme qui passe Hélène, commença-t-il. Tu juges la marchandise sans t'en cacher et tu joues la provocatrice. Tu lances des sous-entendus et donne ton numéro au premier qui te regarde. Ton seul but et de t'amuser, de passer un bon moment pour te divertir, car au fond tu es seule. Tu fuis les histoires à long terme, tu collectionnes les amoures d'un soir. Tu te montres extravertie pour que personne ne s'approche trop de toi et ne découvre qui tu es réellement. Tu préfères énerver plutôt qu'attirer le regard des autres sur ton histoire. Tu as peur de t'engager car tu as peur de te blesser. Tu n'as juste pas encore trouvé la bonne personne, ou tu as refusé de la voir. C'est pour ça que tu en es encore là, termina Tony.

- Je ne t'ai pas demandé de parler de moi, se vexa un peu Hélène, qui était également surprise qu'il ait visé si juste. Elle ne s'y attendait pas.

- A une époque j'ai été comme toi, voire pire, reprit Tony, surprenant Hélène. C'est pour ça que je t'ai si bien cernée Lénou. J'arrivais en retard au NCIS tous les matins, je collais McGee à son clavier et ne disais que des sottises à tout bout de champ. Je couchais avec une fille différente tous les soirs et affichais un air insouciant quoiqu'il arrive, ce qui énervait plus que tout mon entourage. Je te ressemblais beaucoup, beaucoup plus que tu ne le crois. Tout le monde le pense au NCIS, l'équipe plus encore que les autres, mais personne ne te le dit. Ils espèrent juste que tu ne te brûleras pas les ailes. Que ce qui t'a poussé à adopter ce comportement n'est pas très grave. Ils espèrent muettement que tu ne finiras pas comme moi. Et ils ont raison, fais attention, finit Tony, regardant Hélène avec insistance.

Hélène restait à le fixer, ayant du mal à le croire.

- Ça te surprends n'est-ce pas. Tu étais loin de t'imaginer ça.

- J'avoue. Tu as drôlement changé si un jour tu as été comme moi répondit Hélène. Je reconnais aussi que finalement, je ne sais rien de toi, dit Hélène intriguée sur ce qui avait pu tant faire changer Tony. Je ne trouve pas que tu aies si mal fini. Je me demande ce qui a pu tant modifier ta façon d'être.

- Tu ne sais de moi que ce que j'ai bien voulu te montrer Hélène, répondit Tony, autant dire pas grand chose. Mais ce n'est pas contre toi. Je ne te dirai pas ce qui a eu tant d'impact sur moi. Je n'en vois pas encore la nécessité.

Le silence se fit pendant une minute ou deux. Hélène encore un peu choquée réfléchissait, Tony chassait certaines pensées et se maudissait de n'avoir pas su garder sa langue.

- En tout cas je comprends mieux certains moments, certaines ambiances qu'il peut y avoir entre Gibbs, Tim, Abby et toi au NCIS, reprit Hélène. Ils en savent visiblement bien plus que moi, mon petit doigt me dit qu'ils doivent même presque tout savoir. Vous semblez complice comme si vous aviez partagé plus.

- On a partagé beaucoup plus, répondit Tony en s'asseyant sur le bord de la baignoire aux côtés d'Hélène. On s'est soudé comme une famille, et cela nous a fait connaître de très bons moments, mais cela nous a aussi emmené très loin quelques fois.

- Trop loin même, continua Hélène.

- En effet. On s'est peut-être un peu trop attaché, et la vie a fait qu'on n'en n'a été que plus blessé à un moment. Mais on ne s'est pas séparé pour autant, avoua Tony.

- Si je comprends bien, si tu ne m'as jamais invité chez toi jusque là, c'est parce que tu as tiré un trait sur cette personne que tu étais et la vie que tu menais à cette époque, Il s'est passé quelque chose qui t'as profondément atteint, et à présent tu laisses encore moins facilement les gens percer ton intimité.

- Je suis découvert, concéda Tony face à la vérité de ses propos. L'alcool ne lui réussissait vraiment pas se dit-il. Ce n'était pas dans ses habitudes de se confier ainsi sur ses petits malheurs, mis à part avec Tim de temps en temps, ou Gibbs, encore moins souvent.

Hélène lui sourit tendrement.

- On va la voir cette chambre?

- Je crois que je n'ai pas le choix, répondit Dinozzo.

- Pas du tout! Tu m'en as trop dit pour que je m'arrête là. Je vais profiter de cette soirée pour en apprendre un maximum sur qui tu es vraiment. D'ailleurs je pense que tu devrais redevenir le Tony que tu étais, on pourrait se faire des concours de blagues, et surtout des concours de drague. Dit-elle en lui tendant sa main pour l'aider à se relever.

- N'y compte pas trop Lénou.

Hélène sourit à l'entente de ce surnom. Elle entra dans la chambre, simple, qui contenait un lit, une armoire et une commode. La décoration était sobre, il n'y avait quasiment que du nécessaire dans cette chambre, contrairement aux autres pièces de l'appartement. Elle fit le tour du lit.

- Combien de filles as-tu ramené ici? Demanda-t-elle.

- Je serais bien incapable de toutes les compter. Dit-il en s'asseyant sur son lit. Des tas de filles sont passées par là. Mais peu ont vraiment compté.

Hélène vint le rejoindre.

- Tu sais, j'ai encore du mal à te croire quand tu dis que tu étais toi aussi un clown. Mais je dois dire que toutes les photos que tu gardes ici, que ce soit dans ton salon, ta cuisine, ton couloir, ou encore dans ta chambre le prouvent expliqua Hélène.

- Ces photos datent d'une autre époque. J'en ai beaucoup, en effet. Je crois que je vis un peu trop dans le souvenir.

- J'y ai jeté un œil en passant. Sur certaines tu fais vraiment le pitre avec les autres membres de l'équipe. J'ai aussi cru reconnaître tes parents dans le couloir. C'est assez surprenant que tu exposes ainsi ta vie, alors que tu n'en parles quasiment pas.

- Oui, répondit simplement l'italien, ne désirant pas s'étendre sur le sujet de ses parents. Ces photos relèvent toutes du passé et me rappellent certains instants qui avaient un goût de bonheur. Et puis je ne laisse pas grand monde entrer chez moi, alors ses photos ne sont pas tant exposées que ça.

Un court silence se fit. Hélène découvrait peu à peu son collègue sous un autre jour, un autre angle, et plus elle en savait, plus elle était curieuse. Tony était un vrai personnage, haut en couleurs. Et elle se doutait qu'elle n'avait dû ne gratter que la surface ce soir.

- Qui est la brune dans le cadre juste à côté de ta porte d'entrée? Demanda-t-elle soudainement. Elle avait oublié de lui poser cette question, c'était le moment. Elle n'avait pas réussi à donner un nom ou un titre à cette jeune femme.

- Ah elle, c'est Kate. Kate Todd, dit Tony dans un sourire en se remémorant son ancienne collègue. Il y a longtemps qu'il n'avait pas pensé à elle.

- C'est elle? Je ne l'avais pas reconnue. Vous vous entendiez bien? Vous ne parlez jamais d'elle au NCIS.

- Nous étions comme un frère et une sœur. On se taquinait à longueur de journées. L'embêter été un vrai plaisir pour moi, et elle me le rendait bien. C'est la première personne de l'équipe qu'on ait perdue, et c'est suite à cela qu'on s'est vraiment tous soudé, et que chacun de nous a réellement eu sa place dans l'équipe. C'est là qu'on a pris conscience qu'on était une famille. On a tous du mal à se dire que ça fait déjà huit ans quelle nous a quitté. Mais même entre nous nous n'en parlons plus autant qu'avant. On abordait un peu le sujet après sa disparition, mais le temps est passé, on s'est fait à l'idée, et beaucoup d'autres choses sont arrivées après ça.