Disclaimer : Hormis mes OCs, les personnages, ainsi que l'univers de TIGER&BUNNY appartiennent à Keiichi Sato, Masakazu Katsura, et aux studios Sunrise.
Bêta-Lectrice : Sayuri-Geisha (que je ne remercierai jamais assez pour tout le travail qu'elle fournit)

Comme promis, me revoilà !
Je vous remercie du fond du cœur pour vos reviews, et du temps que vous accordez pour ma fanfiction. C'est toujours un plaisir de vous lire et de connaître votre avis :).

Kero : Je suis contente si le chapitre précédent est devenu ton préféré. J'y ai passé tellement de temps que je n'en voyais plus le bout lol. De plus, ça me fait plaisir d'apprendre que, selon toi, j'ai bien cerner Antonio. Il est vrai que je le voyais souffrir en silence de ses conditions. Il est complétement délaissé dans la série, c'est un peu triste, surtout que je suis certaine qu'il a de grandes capacités dans le fond. Il faut juste cesser de l'humilier, quoi.
Sinon, oui, j'ai pris énormément plaisir à rédiger le passage de Sky High... C'est pas mon chouchou pour rien ;)
Je ne le répéterai jamais assez : mais merci beaucoup pour tes review, elles me font toujours autant plaisir !

Sur ce, bonne lecture à vous tous !


Chapitre XVIII : Impuissance

- Aiden, nous devons partir !

La phrase d'Ascelin s'apparenta à un ordre fataliste. Cela surprit Aiden, qui releva lentement la tête en direction de son sujet. Peu convaincu par ce qu'il venait d'entendre, il dévisagea son ami et lui réclama, par le biais d'un simple regard, des explications.

- C'est Brooks Jr. Il a réussi à voir au delà de mon illusion..., formula Ascelin, peu fier de son exploit. Ce n'est... Ce n'est qu'une question de temps, mais son réveil est imminent... !

Il n'eut pour réponse qu'un silence aux tons glacés, et les billes sombres de son supérieur le fixèrent de la manière la plus cruelle qui soit. Un sentiment de malaise, mêlé à une sensation d'infériorité, s'immisça dans les veines d'Ascelin et le paralysèrent presque de peur.
Tenter de retenir les Héros s'avérait dorénavant futile. Barnaby était beaucoup trop intelligent pour qu'on puisse le duper avec des souvenirs, et essayer de l'enfermer dans un monde onirique s'apparentait maintenant à de la folie.
« Heureux est l'homme qui va de l'avant et ne s'égare pas dans les chimères du passé. »
Si le jeune Héros s'en sortait, il réveillerait les autres sans difficulté. La fuite se révélait désormais obligatoire pour les membres d'Ouroboros.
Ascelin devait l'admettre : il avait échoué.
Et Aiden J. Howards ne supportait pas les échecs.
L'estime, si grande et noble, que portait celui-ci portait à son ami, s'effacerait bientôt dans quelques heures insignifiantes. L'épée de Damoclès, suspendue au dessus d'Ascelin, ne tarderait donc pas à tomber définitivement.
Et tout cela à cause d'un malencontreux échec.

Cependant, l'heure n'était pas aux lamentations. Il fallait s'enfuir au plus vite, sous peine de se faire arrêter.

- Je suis conscient de mon erreur, j'en paierai le prix. Mais en attendant nous devons partir, Aiden ! s'exclama le marionnettiste.
- Je comprends pas, là ! coupa Ryder, jusque là silencieux. Monsieur Howards a pu ôter le pouvoir de la donzelle, non ? Pourquoi ne recommence-t-il pas avec les autres ?!
- Imbécile, murmura le chef entre ses dents, avec une pointe de frustration dans la voix.
- Aiden ! Il faut partir ! répéta son ami.

Un soupir exaspéré s'évada des lèvres tremblantes du dictateur. Par la suite, il passa sa main dans ses cheveux, dans l'espoir que ce geste anodin retienne sa fureur.
Étrangement, cela fit son effet, et il reprit la parole :

- Allons-y, oui. Kurt ?

L'interpellé, qui fixait sans un mot le corps chevrotant de Karina, se retourna vers son supérieur.

- Prends Elizabeth avec toi, ordonna ce dernier.

Les sourcils d'Ascelin se froncèrent à l'entente de ces mots violents et outrageants. Néanmoins, il préféra cacher sa consternation en se disant que le moment était mal choisi pour poser des questions.

- Vous la laissez pas crever ? demanda Kurt.
- Nous n'avons pas le temps ! Et si elle s'en sort, cela risque de nous retomber dessus, expliqua Howards, avant de quitter la pièce.

Les subordonnés se turent. Tandis que le bourreau de Blue Rose prenait dans ses bras le corps inconscient d'Elizabeth, Ryder et Ascelin sortirent à leur tour de la salle froide et malodorante, et abandonnèrent les Héros à leur propre sort.
Kurt s'avança vers la sortie, et jeta un dernier coup d'œil à la Rose dénudée et affaiblie. Haletant difficilement, à la recherche d'un peu d'air pur, la jeune femme posa involontairement le regard sur lui.
Malgré l'environnement flou et sombre, l'image de Kurt se dessina parfaitement face à elle, et son sourire perfide en coin aussi.

- T'en fais pas ma belle, on se reverra !, lança-t-il, avant de prendre la fuite.

Cette promesse s'infiltra dans le cerveau de la Rose et résonna contre son crâne. Violemment. Cruellement. Douloureusement.
Comme pour tenter de se protéger, elle plaqua ses mains sur ses oreilles rougies. Hélas, ce geste ne l'empêcha pas d'entendre à répétition les dernières paroles du prédateur. Abattue, Karina se recroquevilla sur elle-même et étouffa plusieurs gémissements.


Quand Barnaby se réveilla, son premier réflexe se résuma à observer les alentours. Ses collègues, allongés par terre, s'apparentaient à des cadavres jonchant le territoire de la mort. Mais le rythme accéléré de leur souffle rassura le Héros. Toutefois, une autre crainte arriva : où se trouvait Karina ?
Anxieux, il balaya la pièce du regard, et crut reconnaître une forme humaine dans un coin éloigné de la salle. Inquiet, il s'avança prudemment vers l'ombre, et en devina facilement l'identité.
Blue Rose.
Repliée sur elle-même, en position fœtale, l'Héroïne tentait désespérément de cacher chaque parcelle de peau dénudée.
En vain.
Comme recouvert d'une huile répugnante, son corps luisait et semblait glissant. Quelques gouttes gluantes roulaient sur ses cuisses chevrotantes et ternies par plusieurs marques de brûlures. Par la suite, Barnaby distingua avec horreur les ecchymoses amochant considérablement sa peau. Bien que ses cheveux masquassent son visage, le Héros comprit qu'elle pleurait et essayait de dissimuler ses sanglots.

- J'ai tout perdu... Je n'ai plus rien... Je voulais pas que ça se passe ainsi... Je n'ai plus rien... On m'a tout pris..., marmonna la victime.

Le cœur du jeune homme se compressa. Même si elle parlait vite et discrètement, il n'eut aucun mal à comprendre ses mots.

- Karina..., risqua-t-il.

Voyant qu'elle n'offrit aucune réponse, préférant balbutier les mêmes phrases que tout à l'heure, Barnaby avança doucement sa main vers elle dans l'espoir de la rassurer.
Malheureusement, quand Karina releva la tête, un hurlement s'évada de ses lèvres abîmées. La vue des doigts sortis de nulle part, se dirigeant lentement vers elle, la renvoya aux horreurs subies un peu plus tôt.

- NON ! VA T-EN !, vociféra-t-elle, sans reconnaître son collègue.

Cette fois-ci, elle ne parvint à calmer ses sanglots.
Prise de violents soubresauts, Karina se recroquevilla une nouvelle fois sur elle-même, espérant ainsi disparaître.

- Pitié... Je n'ai plus rien à donner..., implora la Rose.

Impuissant face à la situation, Barnaby se mordit les lèvres. N'était-il donc pas le Héros que les gens adulaient ? Le Héros qui savait toujours secourir les personnes dans le besoin ? Lui qui avait toujours reçu félicitations et admirations ?
Dans ce cas, pourquoi ne parvenait-il par à aider Blue Rose dans un moment aussi fatidique ?
Une sensation démoralisante l'envahit en comprenant qu'il ne pouvait rien faire pour elle pour l'instant. Il serra le poing et retint un cri de colère. L'image d'une Karina affaiblie, blessée et traumatisée devenait insoutenable, et l'incapacité de l'aider renforça la laideur du tableau.
Prenant son courage à deux mains, le jeune homme se releva difficilement avant d'adresser à sa collègue les mots suivants :

- Tiens bon, on te sortira de là.

A contrecœur, il abandonna la Rose et accourut vers les Héros inconscients. Par réflexe, il se dirigea en premier vers Kotetsu, et le saisit fermement par les épaules. Le corps de son ancien coéquipier paraissait plus lourd et froid que d'habitude, ce qui l'inquiéta et le poussa à essayer de le réveiller en hurlant son nom.
Cela ne servit à rien.

- KOTETSU !, insista-t-il, en le secouant.

Tentative futile. Aucune réaction ne transparut sur le vétéran, agaçant Barnaby. Comment Wild Tiger pouvait se laisser berner par une illusion idéaliste ? Lui qui s'attendait à le retrouver combatif et plus fort que jamais en ouvrant les yeux, la déception s'empara de son visage en constatant que non.
Kotetsu restait là, immobile et indifférent aux appels du seul Héros éveillé.

- Kotetsu ! Réveille-toi, bon sang ! Je te croyais plus fort que ça !, continua Barnaby.

Pas de réponse. Juste le souffle apaisé du Tigre.

- Merde, réveille-toi ! C'est à un légume que tu veux ressembler ? Tu préfères te perdre dans un paradis artificiel ?! Et ta fille ? Tu as pensé à ta fille ? Tu veux l'abandonner ?!

Excédé, le Héros secoua plus violemment son aîné, et le gifla un peu en ne remarquant aucune réaction de sa part.
Ces gestes semblèrent inutiles.
Soudain, alors que ses espoirs disparurent, un bruit sourd le ramena à l'ordre. Pao-Lin grommelait des choses indéchiffrables, et sa silhouette se redressait difficilement dans la pénombre. Le départ du Next manipulateur affaiblit l'illusion dans laquelle l'adolescente se trouvait, créant alors une issue de secours permettant à cette dernière de s'en échapper plus facilement.

- Dragon Kid ?!, s'exclama Barnaby.

Il déposa doucement le vétéran au sol, et s'empressa de rejoindre la jeune héroïne. Celle-ci porta une main sur son front, et sentit sa peau picoter au contact du sol glacé et humide. Ses yeux visualisèrent difficilement l'environnement, puis, après de longues secondes, se familiarisèrent au lieu.
Son surnom résonna, et un sentiment sécurisant l'envahit lorsqu'elle reconnut la voix de Barnaby.

- B... Barnaby... Que s'est-il passé ?!, bredouilla l'adolescente.
- Tu ne te rappelles de rien... ?, demanda le Héros, en s'agenouillant face à elle.

Pao-Lin ouvrit la bouche, prête à raconter sa mésaventure, mais referma aussitôt ses lèvres. Le mauvais rêve dont elle venait de s'échapper n'avait rien de glorieux, et les scènes entre Ivan et la séductrice, encore présentes dans son esprit, la tourmentèrent et l'immobilisèrent dans une cage d'incertitude.

- J'étais dans un autre monde... Et une voix ne cessait de me rabaisser, se contenta-t-elle de dire.
- Une voix... ?

La chinoise acquiesça d'un signe de tête, perdue dans ses pensées. Toutefois, un sursaut la fit redescendre sur terre : qu'en était-il des autres Héros ?
Avec inquiétude, elle balaya les alentours du regard, et trembla en reconnaissant les corps immobiles de ses collègues.

- Ils sont juste inconscients..., rassura Barnaby.
- … Et Karina ?

Les émeraudes du jeune homme s'attristèrent. La question qu'il souhaitait entendre en dernier retentit plus vite qu'il n'avait osé l'imaginer. Et il ne pouvait se permettre de mentir à Dragon Kid.

- … Elle est ici, commença-t-il. Malheureusement, en mauvaise posture.
- Qu... Quoi ? Mais... Elle va s'en sortir, hein ?

Barnaby fixa l'adolescente en silence, incapable de lui donner une réponse.
Lui-même se posait la question à vrai dire : comment s'en sortir ? Comment se relever après une chute aussi humiliante ?
Ces interrogations le ramenèrent à son impuissance et l'obligèrent à baisser les yeux.

- Hey... Réponds-moi..., reprit Pao-Lin d'une voix tremblante. Elle va s'en sortir n'est-ce pas... ?

Le mutisme inquiétant de son aîné la poussa à bout.
Dans un élan de tristesse, la chinoise empoigna brusquement Barnaby par les épaules, et le secoua faiblement.

- Réponds-moi ! Et où est-elle, maintenant ?!

Cependant, la demande fut veine puisqu'elle découvrit elle-même la réponse ; derrière Barnaby se tenait une forme humaine chétive et blessée. Dragon Kid comprit alors à qui elle appartenait, et des larmes d'amertume troublèrent progressivement sa vue.
Paralysée par la peur, Pao-Lin tenta ensuite de prononcer quelque chose, mais les mots se bloquèrent dans sa gorge. Seuls les mots « Pourquoi elle ? » s'imposèrent à son esprit.
La loi cruelle du Destin.
Le jeu puéril du Hasard.
Fatalité ou imprévu, l'horreur venait de se produire, et il était maintenant trop tard pour empêcher le pire.

- Tu dois m'aider, Pao-Lin, murmura Barnaby.

L'interpellée sécha ses larmes et attendit que le Héros développe.

- Je dois réveiller les autres, mais Blue Rose ne peut pas rester ainsi. Elle a besoin de voir un médecin, expliqua-t-il. Tu connais le chemin, non ?
- O-Oui...
- Alors sors d'ici, et appelle l'hôpital. Je me charge du reste.

L'adolescente hocha positivement la tête et jeta un dernier coup d'œil à la Rose avant de se relever pour quitter les lieux.
Jamais elle ne pourrait chasser de son esprit cette image répulsive. Celle d'une Blue Rose souillée et mutilée par les horreurs de ses bourreaux. A cet instant, Dragon Kid se mordit les lèvres, et prit conscience de son inutilité. Aussi loin qu'elle se souvienne, Karina avait toujours agi comme une grande sœur à son égard. Toujours prête à lui donner des conseils sur des sujets qu'elle ne comprenait pas, son aînée ne cherchait pas à l'initier aux pratiques féminines et stéréotypées. En contrepartie, elle faisait toujours de son mieux pour la guider quand il le fallait. Plus qu'une collègue, elle était une amie chère aux yeux de Pao-Lin, une sorte d'exemple à suivre.
Et aujourd'hui, sans raison valable, des monstres l'avaient humiliée, dégradée, offensée, déshonorée. Ils lui avaient, sans une once de pitié, arraché chaque parcelle de vie comme on arrache les pétales d'une fleur.
Sur ces pensées lugubres, Dragon Kid accéléra sa course, bien décidée à se montrer un tant soit peu utile pour son amie.

Au même moment, Barnaby s'accroupit à côté de Sky High, et entreprit de l'arracher des bras de Morphée en le secouant brusquement. Évidemment, cela ne lui fit aucun effet.
Têtu, il répéta les mêmes gestes avec Fire Emblem, Rock Bison, et Origami Cyclone.
En vain.

- Réveillez-vous bon sang ! siffla-t-il entre ses dents, agacé.

Un éclat de voix apaisa légèrement Barnaby, et il crut rêver en reconnaissant l'élocution de Kotetsu. Ce dernier donnait enfin signe de vie en poussant plusieurs gémissements.
Son ombre se redressa péniblement dans les ténèbres, et de la buée s'échappa de son souffle lent et puissant, rappelant ainsi le félin se réveillant d'un combat mortel. Le vétéran peina à tenir debout, et s'adossa contre le mur le plus proche.

- Kotetsu !, s'exclama Barnaby.

Un sourire se dessina sur le visage de Wild Tiger quand il entendit son ami crier son nom. Par la suite, il sentit les mains de celui-ci se poser sur son dos, offrant alors au Tigre une agréable sensation de réussite.

- Merci Barnaby..., bredouilla-t-il.
- Hum... ?
- Ta voix... J'ai entendu ta voix...

Deux regards se troquèrent, l'un rempli de gratitude, l'autre interloqué. Néanmoins, les lèvres de Barnaby s'étirèrent légèrement en comprenant les paroles de son collègue.
Cependant, les retrouvailles furent de courte durée lorsque Kotetsu se remémora le désastre survenu auparavant. Inquiet, il se releva, non sans mal, et demanda à son ami des nouvelles de Karina.
Le jeune homme baissa une seconde fois la tête à l'entente de cette question, prouvant ainsi au vétéran que le pire s'était produit à l'encontre de l'héroïne.

- Non..., souffla le Tigre.
- Pao-Lin est partie chercher les secours... Elle ne devrait pas tarder...
- Et Blue Rose ? Où est-elle ?!

D'un simple hochement de tête, et sans un mot, Barnaby désigna le coin de la pièce. Le corps inerte de Karina choqua Kotetsu, et l'obligea à la rejoindre en vitesse.
Il cria d'abord son surnom, perdit patience et hurla son prénom, oubliant les règles fondamentales d'Hero TV. Mais rien ne s'évada des lèvres gercées de la Rose.
Elle avait perdu connaissance.
Heurté par les marques qui amochaient la peau de la jeune femme, par son expression abattue, le Tigre se laissa prendre au jeu de la folie. Et dans un élan de colère, il empoigna méchamment son ancien partenaire.

- Pourquoi la laisses-tu dans cet état ?! Elle s'est évanouie et elle va crever de froid ! Tu crois pas qu'elle a assez enduré ? Pourquoi as-tu envoyé Dragon Kid ?! Avec ta force, tu aurais pu l'amener directement à l'hôpital !

Barnaby dut réunir tous les efforts du monde pour retenir son coup. L'avalanche de questions qu'on lui affligeait, agit comme un coup de couteau, dont chaque attaque se révélait plus puissante que la précédente.

- Si je m'en étais chargé, les médias auraient pris un malin plaisir à la photographier, tonna-t-il sévèrement. C'est ça que tu veux ? Que cet affreux événement lui revienne constamment en mémoire ?! Tu n'as pas vu, toi... Tu n'as pas vu sa réaction quand j'ai voulu lui venir en aide...

Les disques dorés de Wild Tiger s'écarquillèrent au fil des explications. Il aperçut ensuite les poings de Barnaby serrer une emprise invisible, et il comprit qu'il avait été trop loin.

- Pao-Lin ne va pas tarder. Alors s'il-te-plaît, garde ton sang froid, conclut Barnaby.
- … Excuse-moi.

Sur ces mots, le Tigre observa enfin les alentours.
Jusque-là ignorant de l'état de ses amis, il sursauta à la vue de ces derniers, inconscients.

- Tu m'as dis que tu m'avais entendu, non ? questionna Barnaby.
- Oui... Tu as crié mon nom... Puis tu as parlé de Kaede... Ça m'a fait réagir.

Le jeune homme tourna la tête vers son aîné, et afficha une expression mélancolique. Décidément, Kaede était le baume de la vie de Kotetsu.

- Ce que j'ai vu dans mon rêve était apaisant. Comme si je venais de mourir et me retrouvais au Paradis..., expliqua le vétéran. C'était agréable, doux et merveilleux.

Un petit sourire nostalgique se dessina sur ses lèvres au moment où il se remémora les instants passés avec Tomoe. Aussi fictifs soient-ils, ces derniers instants lui avaient au moins permis de trouver la rédemption qu'il cherchait depuis des années.

- Il faut les réveiller Bunny. Je pense qu'ils ont assez rêvé comme ça.

Le surnommé approuva favorablement d'un signe de tête, etr s'empressa de retrouver ses collègues pour entamer une nouvelle tentative. Wild Tiger l'imita, bien qu'encore perturbé par la vision de Blue Rose.


Le premier à s'exiler des griffes du cauchemar fut Nathan. Physiquement, il semblait intact, mais son état moral paraissait bien plus affaibli. Il observa les alentours en respirant rapidement, et déglutit quand il reconnut les costumes de Barnaby et Kotetsu, soulagé.

- Ça va Fire ? lança le Tigre.
- Je crois.

Le Héros de feu se redressa, et gémit immédiatement en sentant les courbatures paralysant son corps alourdi. Kotetsu l'aida à se relever, et l'invita à s'appuyer sur son épaule. Nathan se contenta de le remercier, ce qui déconcerta le vétéran. Il connaissait très bien Fire Emblem, et il savait que ce dernier aimait taquiner les Héros masculins à coup de mots doux et séducteurs. Le mutisme qui s'accrochait à lui le rendait différent, presque effrayant. Cependant, Kotetsu comprit qu'à l'heure actuelle, son ami n'était pas apte à blaguer.
Origami Cyclone se réveilla peu de temps après, dans un hurlement horrifié. Comme son prédécesseur, il fixa les alentours en soufflant plus vite plus vite que d'habitude, et sentit ses muscles se décontracter en apercevant Wild Tiger, et Barnaby Brooks Jr. C'est d'ailleurs celui-ci qui lui donna un coup de main pour l'aider à se lever.
Rock Bison retrouva non sans mal le monde réel. Trempé de sueur, il lui fallut plusieurs secondes avant de comprendre ce qui venait de se produire, et la honte s'empara de lui en saisissant. Il se mit debout, le souffle court, et s'appuya sur un mur pour éviter de tomber.
Keith, quant à lui, peina à s'échapper du monde chimérique, et il fallut dix bonnes minutes avant que le duo n'y parvienne. Lorsque le chevalier du ciel ouvrit les yeux, quelques larmes, dissimulées derrière son masque, s'en échappèrent. Tout ce qu'il venait d'endurer n'était qu'un affreux cauchemar. Un cauchemar qui, pourtant, portait fatalement l'odeur de la réalité. Et quand il vit ses collègues le regarder avec inquiétude, il ravala ses larmes et posa son bras sur son visage. Dans un soupir accablé, il bégaya un « merci » abattu, puis se redressa après un long moment de réflexion.
Une fois que tous les Héros retrouvèrent la raison, Barnaby demanda s'ils allaient bien. Question idiote et inutile.
Nathan demeurait silencieux, les mains d'Antonio tremblaient de fureur, Ivan cherchait à se rassurer et peinait à déculpabiliser, et Keith ruminait en silence. De ce fait, l'ancien duo s'échangea un regard, puis ils soufflèrent en chœur, préférant ne pas insister sur le sujet.

- Je crois qu'on nous a bien roulés..., dit Rock Bison, dans un ton fataliste.
- Nous avons été stupides de sous-estimer nos adversaires, se plaignit Sky High.
- Et Pao-Lin ? Où est Pao-Lin ?!, s'inquiéta Origami Cyclone.

Un nouvel échange de regard s'entama entre Kotetsu et Barnaby, pour le moment incapables d'expliquer convenablement ce que faisait la concernée en ce moment même. Parler d'elle renvoyer à lancer le sujet de Blue Rose, et donc d'assister une nouvelle fois à l'impuissance qui leur tombait dessus. Cependant, retarder les aveux ne ferait qu'aggraver la situation. Barnaby s'apprêta donc à donner quelques explications, mais le cri de Fire Emblem le coupa dans la foulée.

- BLUE ROSE !

A l'entente de ce surnom, les Next se tournèrent vers Nathan avant d'apercevoir la masse reposant au sol. Ils reconnurent Karina, blanchie par la froideur des lieux, mais refusèrent d'y croire.
Cela ne se pouvait, elle qui d'habitude était si forte et pleine de vie, elle qui ne se laissait jamais abattre, qui se relevait toujours, même après une longue bataille... Non, c'était impossible !
En voyant son état lamentable, les ignorants comprirent que, cette fois-ci, les bourreaux avaient été sérieux dans leurs menaces. Mais le pire demeurait sans doute les atrocités vécues durant cet enlèvement, et qui dépassaient sûrement toutes les horreurs qu'ils pouvaient s'imaginer.
Cette affreuse image paralysa les protagonistes, et un sentiment de frustration envahit leur cœur.

- Voilà la raison pour laquelle Dragon Kid n'est pas là, indiqua Barnaby. Je l'ai envoyé chercher les secours.
- C'est affreux..., souffla Origami Cyclone, tandis qu'Antonio et Keith fixaient tristement le sol.
- Les monstres... Comment ont-ils pu..., cracha Fire Emblem, dégoûté par cette barbarie.

Sur ces mots, le travesti s'accroupit à coté du corps immobile de la Rose, et enclencha son pouvoir. Dans la paume de sa main crépita une petite flamme, et s'en servit pour réchauffer Karina. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il remarqua les marques de brûlures éparpillées sur la peau de celle-ci, amplifiant alors sa colère.
De son côté, Kotetsu se sentit rassuré face au geste du Héros de feu, même si la haine ne cessait d'envenimer son cœur à la vue d'une Blue Rose blessée et évanouie.
Il n'est rien de pire pour un homme que d'assister à sa propre inutilité.

Soudain, l'orchestre des sirènes du Samu retentit au dessus des Next et les ramena sur terre. Ils comprirent donc que cette infamie ne tarderait pas à se terminer.
Du moins, pour le moment.
En effet, chaque Héros quitterait l'endroit exécrable avec une cicatrice plus ou moins grande, agrémenté de doutes et de questions perturbantes.
Et qu'adviendrait-il de Karina ? Elle seule quitterait les lieux avec des blessures physiques et morales. Elle seule se retrouverait démunie et à jamais hantée par des souvenirs morbides.
« Que va-t-elle devenir ? », fut la seule question commune que les Héros se partagèrent.


Note de l'auteur : Un chapitre pas vraiment bien long comparé au précédent (difficile de faire pire en même temps xD) mais je veux vous ménager un peu ^^. N'hésitez pas à me donner, encore une fois, votre avis si vous le souhaitez. Le rythme de parution reste le même qu'auparavant, maintenant. Je vous donne donc rendez-vous dans deux semaines pour la suite (on sera le 14 Février, comme c'est mignon...)
See Ya ! :)