Disclaimer : Hormis mes OCs, les personnages propres à l'univers de TIGER&BUNNY appartiennent aux studios Sunrise, Keichi Satô, et Masakazu Katsura
Bêta-Lectrice
: Ma siamoise d'amour :3

Hello la compagnie ! J'espère que vous vous portez bien ! Pour ma part, je suis exténuée mais je compte bien profiter du week-end pour me reposer un peu :).
Voici venir le chapitre 23 de "La triste mascarade". Un chapitre que j'ai du couper en deux à cause de sa longueur conséquente. J'espère que vous aimez les flash-back, parce que vous allez être servi. En effet, ces chapitres vont lever le voile sur le passé de certain de mes OCs, même si je me doute que vous préfériez voir les Héros. Cependant, je pense que mes personnages ont besoin d'un background si je ne veux pas faire d'eux des enveloppes vides, bon qu'à ne faire avancer le scénario.
En vous souhaitant une bonne lecture !


Chapitre XXIII : La Marche d'Ouroboros - partie 1

- Quel est son nom ?

Du haut de ses cinq ans, la petite Lian-Hua observait minutieusement l'environnement dans lequel elle se trouvait. Il s'agissait d'une immense pièce recelant des petites bibliothèques contre les murs, avec, en son centre, un bureau gigantesque pour une enfant de son âge. Les gouttes de pluies s'écrasaient doucement sur les fenêtres situées derrière la grande table centrale, offrant à la salle une ambiance particulière. De ses grands yeux interloqués, la petite fille put déceler pas mal d'objets étranges sur les étagères, tels que des bibelots représentant des créatures imaginaires, ou bien encore des gravures de serpents se mordant la queue.

- Lian-Hua, elle s'appelle Lian-Hua.

La femme qui venait de la présenter n'était autre que sa mère, une femme banale aux cheveux tirés en arrière, dont la seule ressemblance avec sa fille se résumait à ses yeux bridés. Abordant un tailleur qui moulait ses formes inexistantes, elle ressemblait à un cadavre cherchant vengeance. Son visage aplati aux joues creuses ne l'embellissait guère, surtout avec l'expression désespérée qu'il affichait.

- Lian-Hua ? « Fleur de Lotus » ? C'est un bien joli nom, complimenta l'inconnu. Et pourquoi nous l'amener ?
- Je... Je ne me sens plus le courage de l'éduquer..., hésita la génitrice, sans oser regarder sa progéniture.
- Une raison particulière à cela ?

La femme resta muette plusieurs secondes avant de se lancer :

- C'est une Next.

« Une Next ».
L'enfant ne comptait plus les fois où cette caractérisation était sortie de la bouche de sa mère. Elle ne savait pas vraiment ce que cela signifiait, ni même pourquoi elle se montrait si dure avec elle depuis la première prononciation de ce mot. Néanmoins, elle saisit que quelque chose de dangereux envenimait lentement son existence, et que les choses ne seraient plus jamais pareil.

- Cela vous fait peur à ce point ?, demanda sérieusement l'étrange personnage.
- C'est avant tout douloureux...

Égarée dans ses souvenirs, la femme s'efforça de ne pas fondre en larmes devant l'inconnu.

- Avant qu'il ne m'abandonne, mon copain était un Next..., confessa-t-elle, sous le regard surpris de Lian-Hua.
- Je vois... Et vous faites un renvoi d'image de votre amant sur votre propre fille.
- Ils ont exactement le même pouvoir, siffla-t-elle, avec une once de dégoût dans la voix. Pas un pour rattraper l'autre ! C'est un don accordé aux lâches !

La petite fille sursauta. Les phrases de sa génitrice s'avérèrent aussi douloureuses que la plus violente des gifles. Évidemment, de telles réflexions la vexèrent et elle baissa la tête pour fixer ses pieds. Peu après, une larme s'écrasa sur le sol, mais personne n'en tint compte.

- Quel est-il ?
- Invisibilité.
- Je vois... Et bien, madame, je peux volontiers la prendre sous mon aile. Je ne peux la laisser à votre garde si c'est pour vous voir déprimer et manquer son éducation. Je suis certain qu'elle trouvera le bonheur au sein de notre orphelinat.

Voilà comment cet entretien funeste se termina. La femme signa les prospectus adéquats, remercia l'homme, et quitta le bureau sans même adresser un « au revoir » à l'enfant. Toutefois, une faible petite emprise la retint : Lian-Hua s'était agrippée à elle, et l'observait de ses petits yeux embués de larmes, cherchant à comprendre l'initiative de sa mère.

- Maman ! Maman ! Si c'est parce que j'ai été méchante, alors je te promets d'être gentille ! Ne m'abandonne pas maman !, implora-t-elle.
- Lâche-moi, tonna-t-elle sèchement, avant de la pousser. Comment oses-tu jouer avec mes sentiments ? Qu'est-ce que je disais... Pas un pour rattraper l'autre...

Sa dernière élocution paraissait fataliste, hélas, elle ne comptait pas revenir en arrière.
Un ultime coup d'œil s'échangea entre la mère et la fille. Enfin la première franchit la porte, et abandonna définitivement la seconde à son propre sort.
Dès lors, Lian-Hua n'eut plus de mère. Son somptueux titre de « petite fille » venait de lui être arraché contre celui « d'orpheline ».
Pleurer ne servirait à rien, pas même à apaiser sa douleur. Pourtant, malgré tous les efforts à les retenir, les larmes brisèrent le dernier rempart de son regard accablé. Qu'adviendrait-il de ses rêves d'enfant innocent ? Comment vivre face à une telle situation imprévue et pesante ? Qui l'accepterait si même sa mère la rejetait ?
Cette question sonna le glas de ses espérances cachées, paralysant ses pensées sur des idées négatives. La cage sans serrure se referma ainsi pour toujours sur elle.

- Tu n'y es pour rien Lian-Hua, murmura l'inconnu.

La délaissée fit volte-face pour mieux distinguer son interlocuteur. L'homme, à présent agenouillé à ses côtés, arborait une crinière châtain coiffée en catogan, dont deux mèches ondulées encadraient son visage carré et sévère. A l'inverse, ses billes bleutées renvoyaient une expression calme et bienfaisante, à la limite paternelle. Toutefois, la petite chinoise, rancunière et affaiblie, resta méfiante devant ce drôle de bonhomme qui ne lui inspirait guère confiance.

- Ce n'est pas de ta faute si ta mère t'a abandonnée, continua-t-il.
- … Si je n'avais pas ce pouvoir..., chuchota tristement l'enfant.
- Hélas, c'est ce qui arrive aux personnes comme toi.
- « Aux personnes comme moi » ?
- Tu es une Next, Lian-Hua.

A la suite de cette révélation, les sourcils de Lian-Hua se froncèrent : encore ce mot étrange. Certes, elle ne savait pas sa signification, ni ce qu'il impliquait, néanmoins, il existait bien une chose dont elle était certaine : elle ne l'aimait pas.

- C'est quoi au juste... Un Next ?, osa-t-elle enfin, après un moment de silence.

Les saphirs de l'homme se fermèrent à l'entente de la question. Il ne laissa pas le temps à l'orpheline de la répéter, et se redressa pour s'avancer vers la vitre derrière son bureau. La fenêtre encadrait un paysage verdoyant, recouvert d'un tapis de plantes dorées et blanches trempées par les gouttes de pluie. Quelques mètres plus loin, une rivière enjolivait ce tableau naturel. Les pommiers et rosiers libéraient leur parfum singulier, mélangeant les effluves des fruits et des fleurs pour en créer une agréable fusion. S'il était croyant, l'homme aurait pu comparer cet endroit au jardin d'Eden.
Jusque là perdu dans sa contemplation, l'interrogation posée par Lian-Hua le ramena cependant à l'ordre.

- « Next » est le nom que l'on donne aux personnes qui possèdent un don particulier, dit-il, sans pour autant détourner le regard de la fenêtre.
- Pourquoi les appeler ainsi ?, demanda Lian-Hua, peu satisfaite de la réponse.
- Parce qu'aux yeux de la société, nous ne sommes pas humains.

Cette phrase se prononça de la même manière qu'un aveu fataliste. L'enfant innocent et naïf fixa l'adulte sérieux et résigné dans un silence morne, incapable de répondre à une telle déclaration.

- Ta mère est humaine. Elle agit égoïstement pour son propre bien. A ses yeux, tu n'étais qu'un monstre, expliqua l'homme. Elle n'est pas la seule à penser ainsi, les hommes sont réputés pour être stupides et lâches. Mais...
- Je suis une humaine moi aussi !

Le mystérieux personnage se retourna avec les yeux écarquillés, surpris de la réplique de Lian-Hua. Celle-ci en profita pour lui lancer un regard hautain qui le dérouta encore plus.

- Avant d'avoir ce pouvoir, j'étais considérée comme une humaine moi aussi ! Et ce n'est pas pour autant que j'étais lâche et stupide !, s'emporta-t-elle. Maman m'a peut-être abandonnée, mais au moins, elle a cherché à me mettre dans un endroit sûr ! Et de toute façon, je reste un être humain malgré ce pouvoir !

L'homme entrouvrit la bouche pour la réprimander, mais s'abstint en remarquant son expression sincère et audacieuse. Du haut de ses cinq ans, la petite chinoise ne mâchait pas ses mots en plus de conserver son sang froid face à l'homme imposant. Il la dévisagea un instant, et se rendit compte que, finalement, elle lui serait utile.
« Si jeune et déjà un si fort caractère... Je l'aime bien. », se dit-il, un sourire au coin des lèvres.

- Tu as encore beaucoup à apprendre, Lian-Hua, prononça-t-il d'une voix énigmatique.
- Comment ça... ?

L'adulte rejoignit sa nouvelle progéniture, s'agenouilla à coté d'elle, et promena délicatement sa main dans ses cheveux ébène. A l'observer de plus près, l'orpheline arborait une beauté candide, à l'image des chérubins insaisissables du Paradis. L'ange à la beauté onirique se trouvait pourtant là, à quelques centimètres du Diable.

- Tu le sauras bientôt. En attendant, tu devras me vouvoyer et écouter ce que je te dis, d'accord ?

Lian-Hua haussa les épaules avec résignation. Même si cet inconnu ne lui inspirait guère confiance, elle se doutait que lui désobéir serait fatal.

- Bien. Ah, au fait, je m'appelle Itsuki. Itsuki Shirow.

XxXxX

C'est ainsi que Lian-Hua intégra l'orphelinat innommée de monsieur Shirow. Un lieu plutôt calme et enchanteur, presque féerique.
En effet, la structure se constituait d'une sorte de manoir où l'éducation des locataires s'avérait primordiale. Dans les pièces du rez-de-chaussée résidaient les grandes salles de classe où les enfants y étudiaient toute la journée. Au bout du couloir se trouvaient la cuisine ainsi que la salle à manger.
Le premier étage bénéficiait d'une majestueuse bibliothèque qui jouissait d'une bonne centaine d'étagères horizontales et entassées les unes sur les autres. Avec ses milliers de livres posés sur les meubles, le lieu s'apparentait plus à une salle d'archives qu'à une bibliothèque ouverte aux orphelins. Et seuls les plus âgés aimaient s'y rendre afin d'y lire un ouvrage intrigant, ou utile à leurs études.
En retournant au couloir du premier étage, la porte menant au bureau du directeur, Itsuki Shirow, menaçait les plus curieux de s'y aventurer. Avec sa réputation d'homme stricte et hargneux, personne n'osait prendre ce risque.
Enfin, le dernier étage contenait les chambres des résidents séparés par sexe. Les pièces, identiques, renvoyaient l'image d'un cabinet de détention. Une vingtaine de lits, accompagnés d'une immense armoire en bois à leur gauche, s'alignaient tout le long de la pièce. Les armoires situées entre les lits ressemblaient à des murs de bois interdisant toute éventuelle tentative de discussion entre voisins.
Malgré cette atmosphère particulière, l'orphelinat conservait une part d'ombre au sein de ses murs. Le personnel acceptait avant tout les enfants Next délaissés par la société humaine. Et lorsqu'un parent abandonnait sa progéniture, le premier réflexe d'Itsuki était de vérifier s'il s'agissait ou non d'un Next. Dans le cas positif, il le prenait sous son aile et accordait le droit qu'on s'occupe convenablement de lui. Dans le cas contraire, il demandait simplement à un collègue de l'assigner à une autre institution.

Peu de temps après son entrée à l'orphelinat, l'existence de Lian-Hua se résumait à suivre continuellement Itsuki comme une fidèle servante. En sa compagnie, il lui offrait certains privilèges que les autres enfants n'avaient pas. Et quand la question cherchant à comprendre la cause de ce favoritisme retentissait, monsieur Shirow rétorquait constamment qu'elle était « spéciale » ou qu'elle « comprendrait plus tard ».
Toutefois, la petite chinoise n'appréciait pas ces réponses, et y voyait là une sorte de feinte pour éviter de se montrer trop honnête.
Pourquoi au juste ? Que cachait donc Itsuki Shirow ? Quelles étaient ses véritables intentions, et quel rôle jouerait-elle ?
Évidemment, se questionner autant ne servait à rien, et elle dut se résigner à abandonner de trouver une explication rationnelle à ce qui lui arrivait.
Le premier mois au sein de la structure rima avec difficulté pour l'enfant. Ainsi, chaque jour consista à obéir au directeur et à ses contraintes éprouvantes. Parmi ses ordres en retentissait un qu'elle tenait en horreur :

- Enclenche-le !

Lian-Hua observa avec tristesse l'homme qui l'avait recueillie, sans en connaître la raison. De plus, quelque chose l'effrayait dans cette demande devenue fréquente, et elle détestait l'entendre. Malheureusement, elle n'avait pas le choix.
A contrecœur, elle ferma les yeux et se concentra plusieurs secondes en essayant de ne pas penser aux deux yeux céruléens qui la fixaient avec insistance, comme à leur habitude. Une douce chaleur l'enveloppa, et elle comprit que son pouvoir faisait son effet.
Désormais invisible, sa première pensée se résuma à fuir l'endroit au plus vite, mais un sentiment de crainte l'envahit au moment où ses yeux se posèrent sur la porte de la salle. Connaissant le Directeur, elle se douta qu'ils s'étaient enfermés pour éviter toute tentative futile.

- Lian-Hua ?, l'interpella Itsuki. Sais-tu combien de temps ton pouvoir agit ?
- Heu... Non... Plusieurs minutes je crois..., hésita l'enfant.

Monsieur Shirow acquiesça légèrement, et lui proposa d'attendre ensemble afin de savoir. Contrainte d'accepter, la fillette en profita pour regarder aux alentours, et toucher à ce qui lui tombait sous la main. Cinq minutes s'écroulèrent, et le temps commençait à devenir long pour une enfant de son âge.

- Monsieur Shirow ? Pourquoi les enfants humains n'ont pas le droit de rester ici ?

Le directeur tourna la tête en direction de l'élocution, sans vraiment savoir où se trouvait véritablement sa propriétaire. Peu après, ses lèvres dessinèrent un petit sourire en coin.

- Penses-tu réellement qu'il y aurait une entente entre deux races si distinctes ?, interrogea-t-il narquoisement.
- Pourquoi n'y en aurait-il pas ?
- L'être humain est réputé pour être une chose instable, Lian-Hua. Dès qu'il rencontre une personne différente ou avec des idées contraires aux siennes, le voilà méfiant et orgueilleux, développa Itsuki.
- Il y a aussi des Next méchants..., commenta Lian-Hua.
- Les humains sont souvent fautifs de cette méchanceté. Tu n'es encore qu'une enfant, Lian-Hua. Quand tu seras grande, tu comprendras mieux ou je veux en venir.

« Je ne veux même pas comprendre ! », pensa-t-elle, excédée par l'entêtement de son supérieur.
Décidément, cet homme se montrait bien trop ambigu et déconcertant avec elle. Elle ne représentait peut-être qu'une enfant pour lui, néanmoins elle se sentait étrangement plus mature que lui vis-à-vis de ce genre de conversations.
Monsieur Shirow haussa les sourcils lorsque la silhouette de sa protégée réapparut progressivement non loin du bureau. Silencieusement, il l'observa et conclut qu'user aussi longtemps de son pouvoir l'affaiblissait considérablement. Il le constatait notamment grâce aux gouttes d'eau qui perlaient de son front blême, et au souffle rapide qui s'évadait de ses lèvres chevrotantes.
Dix minutes s'étaient écroulées.

- Comment te sens-tu ?, osa-t-il.
- J'ai mal à la tête...

Itsuki la rejoignit sans un mot, heureux d'entendre cette phrase plaintive : au moins, le pouvoir de cette gamine était limité dans le temps. Cela signifiait donc qu'il n'avait pas à s'inquiéter sur son sort, étant donné qu'elle ne pourrait s'enfuir de ses griffes grâce à ce don d'invisibilité.
Désormais, la seule chose à faire était d'attendre.

XxXxX

Voilà trois ans que l'orphelinat avait recueilli la petite Lian-Huan maintenant âgée de huit ans. Toujours collée à celui qu'elle nommait obligatoirement « Monsieur Shirow », elle se retrouvait témoin de l'évolution de la structure. Ainsi, elle apprit que les résidents devaient impérativement quitter les lieux une fois leur majorité atteinte, voire plus tôt s'ils se sentaient « prêts » à prendre leur indépendance. Elle savait aussi que le sujet des humains était à bannir des conversations prônant le respect des races, et que ceux-ci n'étaient bons qu'à être rabaissés et haïs. Toute personne ayant des pensées contraires aux idées d'Itsuki se voyait sévèrement punie.
Sauf Lian-Hua.
Au sein de cette structure, les châtiments corporels et les humiliations ne s'avéraient pas rares pour ceux qui bravaient l'interdit. Néanmoins, malgré son fort caractère et sa manière de répondre, Itsuki l'épargnait toujours.
Tandis que le supérieur remplissait des papiers sur son bureau, l'enfant, assise à coté de lui, lisait attentivement un roman assez épais, doté d'une couverture pourpre et dorée. Probablement un cadeau de son mentor.
Au plus grand plaisir de la lectrice, un orage grondait bruyamment à l'extérieur. Ce qui lui permit de mieux se plonger dans l'ambiance intrigante de son livre.

- Monsieur Shirow !, s'écria soudainement la voix d'une employée.

Sans prendre le temps de frapper à la porte, une femme d'environ une trentaine d'année pénétra dans le bureau d'Itsuki Shirow. Ses joues rougies, et ses yeux grands ouverts, trahirent à eux-seuls sa tentative de rester calme. Elle fixa un moment son supérieur, prit une profonde inspiration, et finit par s'exprimer :

- A l'entrée..., souffla-t-elle.
- Et bien quoi ? Soyez plus concrète !, tonna Itsuki, peu patient.
- Un couffin, monsieur... Il y a un couffin ! Et évidemment, il n'est pas vide !

Une mine blasée agressa la figure de l'homme, à moitié déçu par cette révélation. Rien de plus normal pour un orphelinat que de recevoir, au palier de sa porte, un panier abritant un nouveau né. Pourquoi s'affoler de la sorte ? Sa collègue était pourtant une professionnelle travaillant depuis des années à son service !
De son côté, Lian-Hua ôta le regard de son bouquin, et observa minutieusement les deux adultes.

- Montrez le moi, ordonna l'homme.

La femme acquiesça d'un hochement de tête, puis s'empressa de quitter la pièce pour le conduire à la salle à manger. Accompagné d'une Lian-Hua curieuse, la marche rapide et imposante d'Itsuki força les orphelins à s'écarter de son chemin. Des murmures s'échangèrent entre les enfants, des suppositions s'entrechoquèrent, et tout se stoppa quand le directeur et sa favorite refermèrent la porte de la salle à manger derrière eux.
Par la suite, l'employée se précipita vers la grande table centrale où reposait la dernière trouvaille.

- Savez-vous son âge ?, interrogea Itsuki.
- Je lui donne cinq mois. Pas plus, répondit la femme.

Lian-Hua haussa un sourcil, étonnée.
Elle se faufila ensuite entre les deux adultes et se fraya un chemin jusqu'au couffin. Malheureusement, la table où il reposait se révélait bien trop grande pour elle, et ses essais à voir ce qu'il contenait furent vains.
Au même moment, monsieur Shirow se pencha vers le panier d'un mouvement nonchalant, et y contempla son trésor : un bambin sereinement endormi.

- Pensez-vous qu'il serait préférable de le laisser à un autre foyer ?, demanda la femme.
- Non, pas dans l'immédiat. Attendons un peu, décréta Itsuki.
- Je veux le voir ! s'exclama Lian-Hua.

La trentenaire soupira avant de prendre la chinoise dans ses bras. Et quand les yeux de cette dernière se posèrent sur l'enfant, son cœur s'allégea. Il semblait si calme, si rêveur et heureux, reflétant à lui seul l'innocence oubliée du monde. Face à cette image, la petite fille sourit discrètement, et posa délicatement sa main sur la chevelure sombre du bébé.

- Monsieur Shirow ?, murmura l'employée à l'oreille du concerné.
- Quoi encore ?
- Il y avait aussi ça dans ses couvertures...

Sa main lui tendit une petite enveloppe abîmée. Itsuki l'examina, et fronça les sourcils lorsqu'il y discerna la phrase suivante : « Au responsable ».

- Occupez vous de l'enfant, et demandez à Lian-Hua de vous accompagner !, dit-il, après avoir saisi la lettre à son attention.

XxXxX

« Madame, Monsieur,

Qui que vous soyez, quoi que vous fassiez, ma reconnaissance sera éternelle si vous prenez soin de mon fils. Je sais qu'il est lâche pour un parent d'abandonner ainsi son enfant, sans même lui adresser un adieu. Je suis une mère indigne, incapable d'apporter le bonheur à mon propre enfant... Mais je tiens à me repentir, à lui offrir une chance d'être heureux dans la vie. C'est pourquoi, je vous implore de le prendre sous votre aile, et de l'aimer aussi fort que possible... Ma vie misérable ne me permet pas de le garder avec moi, je n'ai pas de proches qui pourraient prendre la relève... De plus, je suis gravement malade, et je sais qu'il ne me reste que quelques mois à vivre.

J'aimerais pouvoir revenir en arrière. Prendre soin de moi et écouter les conseils qu'on me donnait au lieu de jouer les rebelles pleines de vie. Hélas, c'est impossible à présent. Je me sens si bête, si lâche, si affreuse face à cette situation sans doute méritée. Comment pourrais-je me racheter ? Ma maladie ne cesse de me renvoyer l'injustice de la situation, et je sais au fond de moi qu'il aurait été possible de reconstruire quelque chose avec mon fils. Mais pour combien de temps ?
La seule chose qui importe, à présent, c'est qu'il soit heureux.

Remettez lui cette lettre si un jour, il souhaite en savoir plus sur son identité. Il saura alors que sa mère n'était qu'une idiote ayant aimé un homme joueur et déloyal. Dites-lui que malgré cette décision à le laisser à l'orphelinat, je l'ai aimé de tout mon être, qu'il a rallumé une flamme de vie au fond de moi. Qu'il m'a appris à sourire, à voir au delà de ma maladie, et que la vie n'est pas forcément si mauvaise que ça.

Il y a tant de choses à dire et je manque de temps... Je m'en remets à vous, prenez soin de mon fils.
Prenez soin de Joshua Hopkins.
Et dites-lui que je l'aime.

Jessica Hopkins »

Il lui fallut un simple coup d'œil, une simple lecture, pour comprendre que la mère du bambin l'avait abandonné à contrecœur. Tant d'amour et de culpabilité s'échappaient de cette missive à l'écriture soignée. Tant de tendresse et de regrets énuméraient dans une seule lettre. Navrant.
Itsuki Shirow s'attarda une seconde fois sur le bout de papier, et poussa un long soupir qui se mêla au crépitement de la cheminée de sa chambre. Il n'était pas le genre d'homme à s'émouvoir si facilement, et encore moins pour une humaine idiote.

« Il n'aura pas besoin de savoir », pensa-t-il, avant de jeter la lettre au feu.

Les majestueuses flammes de l'enfer avalèrent goulûment la preuve d'amour, et recrachèrent violemment quelques étincelles, à l'instar d'un homme gourmand postillonnant sur un festin luxueux. Satisfaite de son offrande, la fleur orangée dansa intensément dans la cheminée, illuminant le visage impartial du directeur.
Peu après, on frappa à la porte.

- Monsieur Shirow, l'enfant ! L'enfant est un Next ! s'écria la femme de tout à l'heure.
- Comment ?! Et que fait-il ?
- Je ne sais pas, son corps émet une couleur bleutée et ses yeux se sont éclaircis !

Surpris, l'homme ouvrit la porte et s'empressa d'ordonner à sa collègue de le conduire là où se trouvait le nouvel arrivant. Sans hésiter, elle lui obéit et l'amena à la salle de bain du personnel, ou patientait Lian-Hua gardant un œil sur le petit orphelin.
Une fois arrivé, Itsuki se pencha sur le garçon, et reconnut la lueur atypique des Next lorsqu'ils enclenchent leur pouvoir. Toutefois, rien ne se produisit : aucun objet ne flotta, aucune flamme ne brûla, et aucune brise ne souffla. Peu convaincu par cette étrange réaction, le directeur posa doucement ses doigts sur la bouille interrogative du bambin, et comprit que le don de celui-ci se révélerait sans doute plus psychique que physique.
Attendre serait donc la meilleure des solutions.

- Enchanté de faire ta connaissance, Joshua Hopkins, murmura monsieur Shirow, dans un sourire énigmatique.

XxXxX

A partir de cet événement, le petit Joshua Hopkins intégra l'orphelinat et y passa des années plutôt tranquilles. D'un naturel précoce, il n'appréciait pas la compagnie des autres enfants qu'il trouvait ennuyeux, préférant à la place s'enfermer dans son monde peuplé de créatures mystérieuses et fantastiques. Parallèlement, Itsuki, ainsi que les autres éducateurs, enseignaient toujours aux orphelins l'inutilité des êtres humains en ce monde, prônant la supériorité de la race des Next. Avec leurs grands gestes, leurs discours pertinents et emplis de haine, leur voix s'élevant dans les airs comme la plus dangereuse des alarmes, ces démons au masque angélique retournaient, avec une simplicité effrayante, le cerveau de leurs élèves manipulés.
« Réveillez-vous de votre torpeur ! Il est temps de montrer notre véritable force à tous ceux qui nous ont humiliés, battus et abandonnés !, hurlait le directeur. Brûlons le mal de ce monde, détruisons-le ! »
Les dialogues d'Itsuki faisaient toujours leur effet, surtout chez les résidents les plus âgés. Les plus jeunes se contentaient seulement de suivre le mouvement, avant de se persuader de la véracité des dires de leur professeur. Au grand dam de Lian-Hua qui supportait de moins en moins les propos de son supérieur.

- Comment pouvez-vous proclamer de telles horreurs ?!, s'emporta-t-elle, un soir. Ce sont les hommes de votre espèce qui sèment la haine dans le cœur des gens !
- L'animosité naît naturellement chez les hommes, je ne sème rien du tout, rétorqua froidement monsieur Shirow.
- Ce n'est pas comme ça que vous changerez les mœurs de la société ! Les êtres humains ne sont pas des monstres !
- SILENCE !

Lian-Hua retint un cri de surprise : jamais Itsuki ne lui avait hurlé dessus. Les yeux grands ouverts, elle le fixa avec crainte, appréhendant la suite des événements.

- Tu crois qu'une gamine de treize ans peut se permettre de me faire la morale ?!, s'énerva l'homme, en s'avançant dangereusement vers elle.
- Je ne vous fais pas la morale ! Je vous dis simplement ce que je ressens !, osa l'adolescente, en reculant.
- Petite empotée ! Tes années d'expérience ne valent rien aux miennes !

Apeurée par l'imprévue montée de sang de son chef, Lian-Hua se précipita vers la sortie la plus proche, et tenta de prendre la fuite sans penser à enclencher son pouvoir. Toutefois, l'homme se montra bien plus rapide qu'elle, et l'empoigna sévèrement par le bras avant de la secouer.

- Lâchez-moi ! cria-t-elle.
- Je veux que tu cesses de prendre la défense des types qui n'en valent pas la peine ! Comment peux-tu les soutenir alors que ta propre mère t'a abandonnée ?!
- Je ne veux pas me refermer sur vos idées ! Je refuse de m'y abaisser !

La phrase de trop.
Dépité, Itsuki jeta violemment sa protégée sur le sol poussiéreux de la salle, puis lui lança une expression sévère et agressive. Néanmoins, l'adolescente releva la tête avant de soutenir, non sans crainte, le regard de son bourreau.
Elle refusait de s'abaisser à lui, de lui obéir comme un vulgaire animal obéit à son sauveur. Qu'importe les réprimandes et les cris, les éventuels coups et insultes, elle conserverait sa liberté de penser.
Une telle fougue transmit au directeur plusieurs sensations contradictoires : palpitations et dégoût, admiration et mépris, émerveillement et contrariété. Voilà donc la fille qu'il avait « choisie » ? La Next qui prendrait la relève ?
Un étrange frisson lui parcourut l'échine devant de telles questions, et l'envie de la frapper s'évapora rapidement. Elle qui était si belle et jeune, abîmer une telle splendeur relèverait du péché.

- Sors, souffla-t-il.

Lian-Hua se releva avec méfiance, et s'empressa de quitter les lieux sans poser la moindre question. Entrapercevoir Itsuki Shirow, énervé, la choqua profondément. Cependant, même s'il se révélait effrayant, jamais elle ne se laisserait abattre.

XxXxX

Dès le moment où il apprit à lire, Joshua, âgé de six ans, passait le plus clair de son temps à la bibliothèque, plongé dans des livres épais. A un âge où l'amitié comptait plus que tout, il préférait tisser un lien avec les lettres plutôt qu'avec les autres Next, qu'il trouvait bien trop présomptueux. Rien ne pouvait remplacer l'agréable odeur du papier. Tout l'or du monde ne valait les aventures et les enseignements des romans et des encyclopédies.
Un jour, alors que la pluie s'abattit sur l'orphelinat et ses alentours, Joshua s'installa au coin le plus calme de la bibliothèque, et se plongea sur un énième recueil.
Appuyé contre la porte, un petit garçon d'environ cinq ans observait silencieusement le lecteur hypnotisé. Une envie d'aller lui parler le titilla, mais il paraissait tellement subjugué par le bouquin qu'il tenait. L'enfant prit alors une profonde inspiration, décidé à aller de l'avant, et finit par rejoindre Joshua.

« Tu lis quoi ? », fut la seule chose qu'il osa demander.

Calmement, comme s'il avait toujours remarqué sa présence, Joshua glissa ses perles d'acier sur le curieux. Ses cheveux chocolat se rassemblaient en une petite mèche droite qui effleurait son œil gauche. Ses sourcils, broussailleux, s'abaissaient quand il se sentait offensé, et son petit nez en trompette renforçait sa mine hautaine. Vêtu d'une chemise immaculée, emprisonné dans un pull sans manche à carreaux bleus et blanc, le garçon rassemblait tous les clichés de l'enfant gâté et capricieux.

- Tu es... ?, demanda le lecteur.
- Nel. Nel Casi, se contenta de dire l'enfant. Et toi ?
- Joshua.

Le dénommé Nel hocha la tête sur le côté à l'entente de ce prénom. Ses yeux noisette s'égarèrent sur son aîné, et il reprit la conversation :

- T'as pas de nom ?

Cette question offrit au concerné une légère douleur au cœur.

- Pourquoi devrions-nous garder le nom de quelqu'un qui nous a renié ?, souffla-t-il.

Une moue boudeuse se dessina sur le visage interrogatif de Nel. L'énigme du solitaire l'interloqua par sa pertinence.

- Je ne veux pas porter le nom d'une folle qui m'a abandonné..., pesta froidement Joshua.

L'aîné n'avait pas vraiment de souvenirs précis de sa génitrice, seulement monsieur Shirow lui avait expliqué dans les moindres détails les causes de son abandon. Madame Hopkins était une femme égoïste et lâche, vouant une haine profonde à son fils qu'elle avait renié à cause de son don. D'après les témoignages du directeur, cette humaine ne pensait qu'à son propre bonheur, et implora le personnel de l'orphelinat de recueillir son fils, sans une once de regret.
« Voilà la véritable nature des humains. Tu comprends mieux pourquoi nous vous enseignons l'importance de ne jamais vous comparer à eux ? », demanda la voix d'Itsuki, pour clôturer cette explication envenimée.
C'est ainsi que Joshua s'enferma dans le mensonge du directeur, sans jamais connaître une parcelle de la vérité.

- Je comprends..., murmura Nel. Tu sais, nous détestons tous les humains ici !
- Oui...
- Mais t'as pas répondu à ma question ! Tu lis quoi ?

L'orphelin de six ans réfléchit quelques secondes avant de se lancer :

- Un livre sur les grands hommes de l'histoire.

Au détour de cette conversation infantile qui se mêla à la symphonie de la pluie, une amitié naquit.

XxXxX

Au moment où Lian-Hua posa les yeux dessus, la petite pendule posée sur le bureau d'Itsuki afficha vingt deux heures et quart. L'homme était étrangement concentré sur ses papiers ce soir là, et le temps semblait s'écrouler plus lentement que d'habitude. Inquiète de l'heure à laquelle elle se coucherait, l'orpheline balaya la pièce du regard, à la recherche d'un indice quelconque qui pourrait lui venir en aide.
Évidemment, elle ne trouva rien d'intéressant. Néanmoins, ses yeux s'attardèrent sur l'immense fresque reposant au dessus de la porte d'entrée du bureau : elle ne l'avait jamais vu auparavant.
L'objet en question s'étalait sur plusieurs mètres de longueur, à l'instar d'un drapeau de guerre. Mais au lieu d'illustrer l'emblème d'un pays, il représentait un symbole. Celui d'un serpent se mordant la queue.
Elle connaissait bien ce dessin depuis son enfance, étant donné qu'il se cachait un peu partout dans la pièce personnelle de son supérieur.

- Que représente cette chose ?, demanda-t-elle.

La plume sur la feuille cessa d'écrire.

- Je ne te l'ai jamais expliqué ?, s'indigna Itsuki.
- Non. Chaque fois que je vous posais la question, vous me disiez que j'étais trop jeune pour comprendre. J'ai donc abandonné, rétorqua froidement la chinoise.

Monsieur Shirow dévisagea un instant sa protégée et posa délicatement son stylo sur le meuble. Il se leva sans un mot, s'avança vers la fresque avec les mains derrière le dos, à l'image d'un chef de guerre prêt à lancer son assaut, puis se tourna machinalement vers Lian-Hua. Du haut de ses seize printemps, elle était maintenant en droit de savoir.

- Il s'agit de l'Ouroboros, le symbole de notre organisation.
- Une organisation ? Quelle organisation ?

L'homme ne répondit pas dans l'immédiat, cherchant méticuleusement ses mots.

- L'organisation Ouroboros, celle qui accueille à bras ouverts les Next qui veulent renverser l'humanité.

Dès lors, une puissante décharge électrique agressa vivement le ventre de l'adolescente. Mais Itsuki n'y prêta pas attention, et développa ses propos :

- Tu ne t'es jamais demandée ce qu'il advenait des orphelins quittant la structure ? Ils se rendent tous, sans exception, dans les locaux de l'organisation pour y étudier plus sérieusement et effectuer certaines missions. Nous sommes déjà des milliers à avoir rejoint cette cause. Par ailleurs, j'en suis le fondateur.

Il marqua une pause pour offrir un peu de répit à Lian-Hua. Celle-ci, visiblement furieuse et frustrée, ne parvenait plus à trouver les mots nécessaires pour décrire toute sa colère. Comment son supérieur pouvait en arriver là ? Où trouvait-il toute cette folie ? Pourquoi cherchait-il tant à rabaisser l'existence humaine ? Ces interrogations sans réponses ne lui servirent à rien, sauf à titiller sa rage déjà bien grande.

- Vous êtes fou..., grinça-t-elle entre ses dents.
- Tu ne comprends pas Lian-Hua. Depuis six cents ans maintenant, l'homme répète perpétuellement les mêmes erreurs. Il tue, viole, maltraite, abandonne et humilie ses compères sans une once de pitié. Jadis nous, Next, étions brûlés au bûcher et accusés de sorcellerie. Aujourd'hui, nous sommes des parias aux yeux des gens, et nous continuons à endurer leur folie destructrice. Il faut que ça cesse. Il faut que les Next se relèvent !

Tant de haine et d'agressivité se dégageaient de ses propos, envenimés par les méandres d'une triste existence. Next ou Humain, qu'importe au final, pour Lian-Hua les deux se valaient et, paradoxalement, se complétaient comme le Yin et le Yang. Pourtant, quand elle croisa le regard de son mentor, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il paraissait si épuisé, si affaibli, presque tiraillé par ses propres mots. Derrière sa carapace de puissance se cachait un homme déchiré par ses propres expériences. Si Lian-Hua n'avait pas assisté à cette tirade effrayante, elle aurait pu le trouver touchant.

- Mais à la base, que représente l'Ouroboros... ?, osa-t-elle.

Le masque sévère d'Itsuki s'abaissa légèrement et dévoila un visage pensif, à la limite mélancolique.

- L'éternité, se contenta-t-il de dire. Ça me correspond bien.

Cette dernière phrase retentit comme une énigme aux oreilles de l'orpheline.


Note de l'auteur : Voilà ! J'attends avec impatience votre avis et vos éventuelles théories sur Shirow, Lian-Hua, voire Nel et Joshua ! Sachez aussi que ces chapitres "Flash-Back" m'ont permis de vous donner mes propres spéculations sur l'organisation d'Ouroboros. Il faut dire qu'elle cache bien des secrets, du coup mon petit cerveau s'est imaginé plein de trucs à son sujet. Vous en saurez plus quand la partie deux sera postée (le 25 avril normalement).
En attendant, je vous souhaite un bon week-end ! :)
See ya !