Bonsoir!

En ce début d'automne pluvieux je vous poste le chapitre 19 de cette fic, qui contient une information importante pour l'histoire, ça avance tout doucement...

Bonne lecture et vive les reviews!


Chapitre 19 : Je te laisse huit mois.

C'était son téléphone qui l'avait réveillé. Il s'était endormi tard la veille, un million de questions tournant et retournant dans son esprit. Il avait peiné à trouver le sommeil, trop perdu pour cela, trop occupé à essayer de donner un sens à ce qu'il venait d'apprendre. Mais déjà sa sonnerie de portable le forçait à ouvrir les yeux. Il attrapa son téléphone d'un geste mal assuré et répondit d'une voix ensommeillée.

- Oui.

- Bonsoir McGee. J'ai travaillé tard, alors je me suis permise de vous appeler avant d'aller me coucher. Je me suis dit que vous deviez être levé puisqu'il doit être environ 06h00 en France, et que vous êtes plutôt du genre matinal.

McGee soupira à l'entente de cette longue phrase. Pourquoi les gens ne faisaient-ils jamais dans la simplicité? Pourquoi son agent l'appelait-elle maintenant? McGee ne se força pas à être très aimable, si la personne qui l'appelait lui faisait une remarque, il évoquerait le décalage horaire.

- Bonjour. Et non il n'est que 05h00, vous oubliez l'heure d'été.

- Oh. Bref. Peu importe, répondit Elizabeth. Je voulais savoir comment se déroulait votre travail, puisque vous rentrez ce soir, enfin, demain pour moi.

- Ça avance. Moins vite qu'on ne l'avait prévu car j'ai eu quelques soucis, mais je ne suis pas pressé, donc ce n'est pas très grave, expliqua Tim en se redressant dans le lit.

- J'ai appris que vous aviez changé d'équipe pour traduire votre roman. MrStirau m'a appelée pour me prévenir.

- Oui. Mais tout va bien, la coupa Tim qui n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet, car s'ils rentraient dans les détails il en viendrait forcément à aborder sa vie privée, et il s'en passerait volontiers.

- D'accord, dit simplement Elizabeth qui comprit qu'elle dérangeait. Je vous ai réservé votre billet d'avion pour le retour, je vous ai pris un vol direct. Enfin vous verrez, je vous ai envoyé toutes les informations par mail. On se voit ce soir pour faire le point alors.

- Bien, répondit Tim pressé de se rendormir et de se reposer encore un peu, avant d'affronter une autre journée qui promettait d'être aussi chargée que la veille.

- Au Revoir. Et bonne journée…

- C'est ça, au revoir Elizabeth.

Tim raccrocha aussitôt, posa son téléphone sur sa table de chevet, prit son oreiller, et le plaça sur sa tête. Rageur, il tenta de se rendormir. Il ne voulait pas laisser le temps à la moindre pensée de s'installer dans sa tête et de le torturer comme la veille au soir. Il voulait tout oublier encore pour une heure ou deux, avant d'affronter cette nouvelle journée.

Il ferma les yeux un instant, lorsque son réveil sonna. Il rouvrit les yeux, totalement surpris, et éteignit le réveil. Il eut du mal à croire qu'il avait dormi deux heures de plus. Mais à présent il faisait jour. Il devait se rendre à l'évidence et sortir du lit.

Tim déambula jusqu'à la douche. Il prit ensuite le temps de se préparer et de boucler sa valise. Il fit un rapide tour de sa chambre d'hôtel afin de vérifier qu'il n'avait rien laissé derrière lui, puis ferma la porte à double tour. Il choisit de passer s'acheter un croissant dans une boulangerie, et de déjeuner à la terrasse d'un café, sous le soleil de cette belle matinée. Il profita de ces quelques instants hors du temps. Il savait qu'il ne retrouverait pas cette sérénité avant son arrivée à Washington, beaucoup plus tard dans la soirée. Sa valise était posée non loin de lui. Son avion était à 19h00, il faudrait qu'il soit à l'aéroport pour 17h00, et donc qu'il quitte l'appartement de Ziva vers 16h00. Il n'aurait pas le temps de repasser à l'hôtel, il avait bien fait de prendre ses affaires avec lui. Tim commanda un deuxième café pour finir de se réveiller, et profita de ses dernières minutes de liberté en France. Il redoutait la tension qui existerait sûrement entre lui et son ancienne collègue aujourd'hui. Ils avaient beaucoup échangés la veille, mais revoir Ziva, accepter l'idée qu'elle soit toujours en vie, ça restait difficile pour Tim.

Il arriva chez Ziva vers 09h30, retrouvant le chemin sans trop de peine. La jeune femme s'était levée tôt et avait pris le temps d'aller courir au lever du jour. Elle était en train de regarder le début de travail qui avait déjà été réalisé par Sarah, en début de semaine. L'avantage pour Ziva était qu'elle avait déjà lu le roman pensa t'elle, alors qu'on sonnait à sa porte. Elle se leva et alla ouvrir, sachant qu'il s'agissait de Tim.

- Bonjour, dit McGee en souriant, heureux de revoir son amie et de la retrouver entière.

- Bonjour Tim. Entre, l'invita Ziva en s'effaçant pour le laisser passer.

L'américain emprunta le court couloir et s'arrêta dans la pièce principale, sa valise toujours à la main. Il ne savait pas où la mettre vu l'espace restreint. Ziva remarqua son trouble.

- Donne moi ta valise, je vais la mettre dans l'entrée contre la porte, ce n'est pas une place pour une valise, mais là au moins elle ne gênera personne.

Tim acquiesça d'un hochement de tête et la lui tendit. Il retira sa veste et l'accrocha au porte manteau.

- Bien dormi? Demanda-t-il pour combler le silence alors que Ziva revenait s'asseoir à table.

Elle lui répondit alors que lui aussi s'asseyait.

- Pas très bien non, comme toi je suppose?

- En effet.

- Avec le décalage horaire tu ne dois pas être très en forme. Tu as tout juste eu le temps de t'habituer que tu dois déjà repartir.

- C'est ça. Je suis un peu perdu, répondit Tim.

- Moi non plus je ne suis pas très en forme. Je n'ai pas le décalage horaire à encaisser, mais je dois dire que je t'avais vu lundi matin, à la machine à café avec Sarah. Je savais que tu étais en France. ça fait donc plusieurs jours que je ne peux m'empêcher de repenser à tout ça. Toute la semaine j'ai tenté de me cacher comme j'ai pu pour que tu ne me vois pas, tout en cherchant à en apprendre un peu plus de la bouche de Sarah. Ça fait donc déjà quelques nuits que je dors mal… Conclut Ziva.

- A ce rythme nous n'allons pas être très productif, fit remarquer Tim.

Ziva sourit.

- J'ai regardé ce que vous aviez fait avec Sarah. Je trouve ça bien, c'est un bon début qui m'indique bien la direction à suivre par la suite. Et puis l'avantage c'est que je connais ton roman. Je propose qu'on reprenne où vous vous étiez arrêtés, au début du deuxième chapitre?

- Ok, répondit simplement Tim, impressionné par le professionnalisme de Ziva. Il la découvrait peu à peu dans cette nouvelle profession.

Ils se regardèrent une dernière fois, puis les deux amis se mirent au travail. Une légère gêne resta présente les premières minutes, chacun ne sachant pas encore trop comment se comporter. Cette gêne se dissipa peu à peu alors qu'ils se plongeaient dans le travail et donnaient tour à tour leur avis sur la meilleure façon de traduire telle ou telle phrase, évitant soigneusement tout autre sujet de conversation. Pour le moment leur discussion de la veille avait volontairement était enfouie dans le passé.

Ce n'est qu'au moment de déjeuner qu'ils s'accordèrent une pause. Ils avaient travaillé d'arrache pied jusque là sans voir les heures passer, ce qui n'était pas plus mal vu que Tim devait repartir en fin d'après-midi. Lorsque le ventre de Ziva gargouilla légèrement, elle releva la tête et jeta un œil à l'horloge. Surprise, elle posa subitement son stylo.

- Je meurs de faim, ce qui n'est pas étonnant vue l'heure. Tu crois qu'on a le temps de s'accorder un vrai déjeuner?

Tim regarda sa montre.

- Je pense que ce n'est pas sérieux vu l'objectif qu'Elizabeth m'avait fixé pour cette semaine, mais je pense aussi que c'est indispensable.

Ziva rit doucement.

- Alors met ta veste, je t'emmène dans un des meilleurs restaurant de cette ville, pas très loin et bon marché en plus.

Tim écouta Ziva et ils quittèrent rapidement le studio, laissant tout étalé sur la table où ils s'étaient installés. Ils partirent à pied et Tim suivit Ziva, confiant, jusqu'à un petit restaurant de son arrondissement. La devanture était accueillante, et la jeune femme semblait connaître le propriétaire. La salle était presque entièrement pleine. Ils la traversèrent et s'installèrent autour d'une petite table pour deux personnes. Tim jeta un œil à la carte dont il ne comprit pas grand chose, et préféra donc faire confiance à Ziva. Ils commandèrent leur repas tout en continuant de parler travail.

- Tu avais raison, c'est délicieux, déclara Tim plus tard après avoir avalé la moitié de son assiette.

- Merci. J'aime venir ici de temps en temps pour me changer les idées, répondit l'israélienne. ça me dépayse un peu de mon studio et ça me fait voir du monde.

- Et tu viens seule? La personne qui nous a accueilli semblait surprise de te voir accompagnée.

- C'était le propriétaire. Il aime servir lui-même ses clients et être proche d'eux, j'aime ce côté familial de l'ambiance qui règne ici. En effet, je viens rarement avec quelqu'un. Mise à part Sarah de temps en temps, ajouta Ziva.

- Tu es célibataire?

- Tu es bien curieux Tim. Tu en as assez de parler boulot ou c'est l'agent du NCIS qui est en manque et reprend le dessus? Demanda Ziva, un peu surprise par ce tournant que prenait subitement la conversation.

- C'est vrai, ma question a pu paraître déplacée, se reprit Tim. J'essaie juste d'en savoir plus sur qui tu es aujourd'hui. On ne s'est pas vu depuis trois ans Ziva. Je me demande ce que tu as fait de ces années, mis à part ce que tu m'as dit hier. Mais je n'aurais peut-être pas dû demander ça, du moins pas tout de suite ni de façon si abrupte.

Ziva sourit, heureuse qu'il lui fasse comprendre qu'il ne reviendrait pas sur ce qui s'était dit hier, heureuse qu'il ne lui en veuille pas. Elle accepta donc de lui répondre.

- Oui je suis célibataire McGee. Je n'ai eu aucune histoire sérieuse depuis mon arrivée en France. Je rencontre des hommes d'un soir à droite à gauche, mais rien de plus, expliqua-t-elle, un peu gênée. Je n'ai pas envie de m'investir dans quelque chose de sérieux pour le moment. Et toi, toujours célibataire? Le questionna Ziva après une seconde d'hésitation, le sourire aux lèvres.

- Non. Je me suis trouvé une femme bien. On se voit depuis quatre mois.

Un silence gêné prit place, et le sourire de Ziva s'agrandit.

- Tu ne m'en diras pas plus?

- Comment ça? Demanda Tim en prenant des couleurs et en osant enfin regarder Ziva droit dans les yeux.

- Sarah m'a tout raconté Tim. Il paraît que tu es harcelé téléphoniquement par une collègue de travail, qui finalement s'est avérée être ta compagne…

Tim avait désormais les joues couleur pourpre. Il souriait sans savoir où se mettre.

- Abby s'est calmée, dit-il enfin. Elle m'a moins appelé ces derniers jours. Et pourquoi poses-tu la question si tu connais déjà la réponse? Pour le plaisir de m'interroger? Je croyais que tu étais traductrice maintenant?

- Parce que toi tu ne t'es pas gêné pour me la poser cette question! Répondit-elle.

Ziva sourit franchement avant de redevenir rapidement plus sérieuse, le doute la saisissant.

- Tu ne dois rien leur dire McGee, même à Abby. Tu m'as promis, rappelle-toi.

- Pardon? Demanda-t-il surpris par ce rapide changement de conversation.

- Tu ne dois pas leur dire qu'on s'est vu. Ils ne doivent en aucun cas savoir que je suis en France, que je ne suis pas morte, finit-elle avec peine.

Le jeune homme la regarda surprit est confus, sondant son regard. Elle lui avait pourtant déjà dit la veille, mais ils étaient tout les deux sous le choc à cette époque, et il avait depuis espéré qu'elle change d'avis. Il avait secrètement espéré qu'aujourd'hui elle ne pense plus la même chose à ce sujet.

- Pourquoi Ziva? Demanda-t-il très sérieusement. Tu es ici en bonne santé, alors qu'à des milliers des kilomètres de là, certains ne se sont pas encore remis de ta mort. Je ne veux pas revenir sur tout ce qui s'est dit hier. J'ai passé une bonne partie de la nuit à y réfléchir et je t'ai entendu, j'ai compris. Mais pourquoi Ziva? Tu entretiens leur douleur en agissant ainsi, et tu me places dans une position difficile. Comment veux-tu que je réussisses à ne rien leur dire, à les laisser dans ce mensonge?

Ziva le regarda, encaissant sa dernière remarque.

- Je sais Tim. Mais comme tu viens de le dire, tout ça est à des milliers de kilomètres. Je me suis construite une vie ici. Il faudrait que je reconstruise tout une fois de plus, que je reparte encore de zéro, tenta-t-elle de le convaincre. Et comment est-ce qu'ils réagiraient en me voyant arriver tout sourire, en pleine forme? Ils m'en voudraient Tim. Ils ne me pardonneraient pas de ne pas vous avoir dit que je n'étais pas morte, de leur avoir menti toutes ces années. Et puis je suis certaine que quelqu'un d'autre a prit ma place dans l'équipe. Comment est-ce que je pourrais justifier mon retour auprès de cette personne?

Tim baissa les yeux. Elle avait raison, Hélène était là et faisait à présent parti à part entière de leur équipe. Ils étaient de nouveau au complet. Et il avait lui-même cru perdre le bon sens lorsqu'il avait vu le visage de Ziva dans le bureau de Sarah. L'étonnement avait été grand et il avait cru avoir perdu la raison pendant de longues secondes lorsqu'il l'avait aperçue pour la première fois. Mais il ne pouvait pas dire que tout le monde était heureux dans la situation actuelle. Et maintenant qu'il avait connaissance de la vérité, il ne pouvait pas vouloir autre chose que le retour de Ziva auprès d'eux à Washington. Il leur faudrait un temps d'adaptation, le temps qu'il lui avait fallu à lui aussi, le temps d'écouter ce que Ziva avait à dire. Mais une fois cela fait, il était sûr que tous seraient enchantés du retour de Ziva. Le contraire lui paraissait impossible. Il ne pouvait de toute façon pas indéfiniment vivre avec ce mensonge.

- Mais tu ne peux pas rester infiniment cachée ici Ziva, à te faire appeler Ava, et à ne pas être heureuse. Je le vois bien Ziva, que toi aussi tu souffres de cette situation. Tu vis quasiment recluse, dans un quotidien lisse, fais de petites habitudes, loin de l'action. C'est vrai, quelqu'un d'autre a pris ta place dans l'équipe. Mais c'était inévitable, et ce n'est pas ce qui doit empêcher ton retour. Elle fait le travail que tu as fais autrefois, mais elle ne t'a pas remplacée pour autant. Tu ne dois pas te cacher derrière ce prétexte. Tu ne dois pas restée ici par peur de les affronter et de leur révéler la vérité Ziva. Du moins la Ziva que je connais n'est pas comme ça, termina Tim.

Ce fut au tour de Ziva de baisser les yeux.

- Et je ne pourrai de toute façon jamais vivre avec un tel secret Ziva, alors que je verrai les autres continuer de fleurir une tombe vide. Met toi à ma place.

- Tu n'as pourtant pas le choix Tim. Tu dois le faire. Je ne suis pas prête à retourner en Amérique. Et puis il faudrait que je le dise à mon père, que je mette les choses au clair avec lui pour pouvoir de nouveau vivre librement, retrouver mon identité. Ce qui ne serait pas une chose facile, loin de là, car lui aussi me croit morte je te rappelle. Et il faudrait encore qu'il me laisse revenir, car tu sais de quoi il est capable. Je ne suis pas prête à ça Tim. Je ne suis pas prête à affronter ce combat, je n'ai pas les épaules assez larges pour ça, je ne les ai plus. Fais le pour moi s'il te plait. Je t'en prie, le supplia-t-elle presque en reposant ses yeux dans les siens.

McGee la fixa un moment, gardant le silence, hésitant. Il pensait à ce qui l'attendait en Amérique, à cet immense secret qu'il ne pourrait partager avec personne, à Ziva qu'il allait laisser là en France, seule de nouveau. Il savait que ce terrible secret allait le ronger de l'intérieur, occuper chacune de ses pensées, qu'il allait culpabiliser, mais son amie ne semblait vraiment pas prête à céder.

- Je refuse Ziva, lâcha-t-il finalement d'une voix ferme. Réfléchir plus longtemps ne servirait à rien se dit-il. Sa décision était prise et il ne reviendrait pas dessus. Peu importe ce qu'allait dire Ziva, il agissait ainsi pour leur bien à tous.

- Je refuse d'être mêlé à cette histoire et qu'on me le reproche un jour, reprit Tim. On va rester en contact tous les deux pour la traduction de « Deep six », mais aussi car on est ami. Maintenant que je t'ai retrouvée je ne compte pas te reperdre de vue Ziva. La traduction de mon roman va prendre du temps, plusieurs mois. Huit selon Elizabeth. Tim marqua une pause, sentant qu'il avait toute l'attention de Ziva. Je ne dirai rien aux autres pendant ce temps là Ziva. ça je l'accepte, je veux bien garder le secret pendant huit mois. Même si je sens déjà ça va beaucoup me coûter je veux bien faire ça pour toi. Car j'accepte l'idée qu'il te faille du temps, que tu doives préparer ton retour. Je te laisse ces huit mois pour te faire à l'idée de revenir et de changer de vie une fois de plus, d'affronter cette épreuve. Mais je te préviens, au terme de ces huit mois, je le leur dirai, ils sauront la vérité, car ils le doivent. Ils sont en droit de la connaître. Ça va déjà être extrêmement dur pour moi de tenir ma langue si longtemps. Que tu sois revenue ou non, dans huit mois si tu ne l'as pas fait c'est moi qui leur dis tout, déclara Tim. A toi de choisir si tu reviendras ou non à ce moment, si tu préfères qu'ils l'apprennent de ta bouche, ou de la mienne alors que tu te cacheras lâchement à l'autre bout du monde. Si tel est le cas, je pense que là tu leur donneras une bonne raison de t'en vouloir et de te haïr. A toi de voir Ziva. Je te laisse le choix. Mais dans huit mois ils savent tout. Et je suis ferme sur ce point, tu ne me feras pas changer d'avis.

La jeune israélienne avala difficilement sa salive. Tim la fixait, plus sérieux que jamais. Tout allait très vite dernièrement, elle n'aurait pas cru cela possible. Elle savait qu'il avait raison. Il était son ami, et il prenait la bonne décision pour elle, celle qu'elle était incapable de prendre, trop lâche, trop faible, trop peureuse pour ça. Elle se détestait de devoir en arriver à ce point.

Elle finit par acquiescer silencieusement avant de prendre la parole, se rangeant à l'avis de Tim.

- Très bien. Je peux comprendre, dit Ziva faisant soupirer Tim de soulagement. Je vais revenir, lâcha-t-elle péniblement, encore incapable de concevoir cela. C'est à moi de leur dire. Garantie moi juste que tu seras avec moi sur ce coup Tim.

- Oui Ziva, sans problème, affirma Tim. Je t'aiderai à revenir.

- Bien, dit Ziva.

Elle baissa les yeux sur son assiette un instant avant de reprendre.

- Dans ce cas, dans huit mois je réveillerai les morts, déclara-t-elle en regardant de nouveau Tim, cherchant dans ses yeux tout le soutien dont elle avait besoin.