Voici la suite! Un chapitre principalement de transition, qui met en place certains éléments pour la suite.
Merci beaucoup à tous pour vos reviews, qui me font toujours autant plaisir, et désolée pour ce retard, je vais tâcher de m'améliorer!
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 20 : Il lui dirait le quotidien.
Abby sortit d'un pas timide de l'ascenseur, à l'étage de la morgue. Elle ne voulait pas y aller. Elle ne voulait pas savoir. Elle s'en voulait d'avoir demandé son aide à Ducky, même si elle savait avoir bien fait. C'est juste que maintenant le moment venu, elle n'osait pas y aller. Elle avait trop peur que ses doutes soient confirmés. Elle ne voulait pas qu'on lui apporte la preuve scientifique que ses craintes étaient fondées, qu'une fois de plus son instinct ne l'avait pas trompée. Au fond d'elle, elle savait déjà, mais elle ne voulait pas se trouver face à cette réalité. Car tant qu'elle n'avait pas de preuve scientifique, elle pouvait toujours nier les faits, faire comme si tout cela n'existait pas et repousser l'échéance. Une fois qu'elle serait entrée dans la salle d'autopsie, elle ne pourrait plus faire semblant, elle ne pourrait plus faire marche-arrière.
Abby hésita une seconde à avancer plus loin et pénétrer dans la pièce. Elle n'entendait aucun bruit. L'obscurité régnait dans le couloir, et si une faible lumière ne s'échappait pas de la salle d'autopsie, elle aurait été persuadée que personne ne se trouvait là. Palmer était déjà parti depuis presque une heure, mais la jeune brunette avait tardé à descendre. Elle se demandait si Ducky était toujours là, s'il se souvenait qu'elle lui avait demandé ce service.
Abby s'approcha davantage et les portes de la salle s'ouvrirent dans leur bruit habituel. Ducky assis à son bureau en train de remplir un dossier, se retourna.
- Abbigaïl, je commençais à désespérer de te voir, s'exclama-t-il. Heureusement j'avais un peu de paperasse à faire. J'en ai profité en t'attendant.
Abby sourit tristement.
- Tu vas bien ma chère? Tu as mauvaise mine. Tu me fais m'inquiéter tu sais, dit-il en se levant.
- Je n'ai jamais aimé les piqûres Ducky. C'est tout. C'est pour ça que j'ai repoussé ce moment au maximum, répondit-elle d'une voix peu assurée.
- Tu n'es pas la seule, tu sais, dit-il en se dirigeant vers un chariot où il avait préparé le matériel nécessaire. J'ai connu des patients prêts à tout pour éviter la moindre piqûre. ça c'est parfois terminé en vraie chasse à l'homme dans les couloirs d'un hôpital, raconta-t-il pour détendre son amie.
- Heureusement tu n'en n'es pas encore arrivée à ce point. Allez, assied toi, veux-tu, reprit Ducky.
Abby se dirigea vers la première des tables d'autopsie et s'y assit, laissant pendre ses jambes. Elle regarda ses pieds se balancer dans un rythme régulier. Elle se demandait comment elle avait fait pour se retrouver assise ici, emprise à tant de questions et de doutes, même si techniquement elle savait très bien comment c'était arrivé.
Le docteur Mallard fit glisser le chariot médical jusqu'aux côtés de son amie. Il s'inquiétait de voir la jeune femme agir ainsi. Il savait qu'Abby ne cachait jamais ses sentiments, et qu'elle faisait souvent des montagnes d'un petit rien. Mais si ça n'était rien, elle ne serait pas descendue lui demander son aide, se disait-il. Ducky avait lui aussi remarqué le trouble qui l'habitait ces derniers jours même s'il n'avait rien dit, et il avait vu les autres membres de l'équipe se faire eux aussi du souci à son sujet. Sa peur ne s'était donc pas calmée quand il avait reçu cet appel de la jeune femme, qui lui demandait si il accepterait de lui faire une prise de sang.
- Alors ma chère, pourquoi me faire rester si tard ce soir? Demanda-t-il en enfilant une paire de gants.
Abby releva la tête et sortit de ses pensées.
- Je savais bien que je te dérangeais. A une heure pareille tu serais bien mieux chez toi, je peux m'en aller si tu veux Ducky, il suffit que tu le dises tu sais, et je m'en vais. On peut remettre ça à plus tard, ça n'est pas un problème. Rien ne presse, termina Abby, prête à se lever et à fuir cette pièce.
- Je le vois bien que tu serais prête à rentrer chez toi! Tu sembles prêtes à partir en courant, ris doucement Ducky. Reste là Abbigaïl, si ça me dérangeais je te l'aurais dit, et je ne serais pas là à cette heure. Maintenant arrête de te trémousser, ou tu risques de souffrir légèrement. Car je vais te la faire cette prise de sang, tu n'y couperas pas.
Ducky déballa une seringue avant de reprendre.
- Et si tu me disais plutôt pourquoi je dois te prélever un peu de sang.
Abby baissa les yeux et haussa les épaules.
- Ça ne répond pas à ma question Abby, la reprit Ducky qui espérait qu'elle se confierait un peu.
- Je ne me sens pas en grande forme ces derniers temps, dit-elle finalement en relevant son visage.
- Dans ce cas pourquoi ne pas aller consulter un médecin? Demanda-t-il, alors qu'il plaçait le garrot autour du bras de sa collègue.
Abby le regarda faire, cherchant les bons mots pour répondre à sa question, sans tout lui dire.
- Je n'avais pas envie. Je n'aime pas les médecins. Ils ne connaissent rien de notre vie, et ils sont là à nous poser des dizaines de questions, à nous faire la moral sur nos excès, et nous juger sur ce que nous leur disons, tout en s'imaginant le reste. Et le pire c'est qu'on paie pour ça. Autant me débrouiller autrement quand je le peux.
Ducky sourit, elle peignait là un tableau bien négatif des médecins.
- Tu sais que je fais parti de ces personnes Abby?
La jeune femme sourit à son tour, ce qui fit plaisir à Ducky.
- Je sais, mais toi tu n'es pas comme eux Donald Mallard. Et puis tu es un ami en qui j'ai confiance.
- J'aurai au moins réussi à te faire sourire ce soir.
Il se saisit de l'aiguille.
- Si je comprends bien, je ne dois rien dire à Jethro de notre petit rendez-vous galant? Demanda-t-il en la regardant.
- J'adore ton humour Ducky, mais tu as visé juste, ajouta Abby plus sérieusement. Je ne veux pas qu'il s'inquiète davantage.
- Bien. Alors je saurai me taire, tant que je ne te vois pas t'effondrer au beau milieu de ton labo, prit-il le temps d'avertir la jeune femme.
- Ne t'inquiète pas Ducky, si ça avait été vraiment grave je serais quand même allée consulter, le rassura-t-elle. Et puis j'aurais fini par vous en parler.
- J'espère bien. Mais je m'inquiète surtout sur le fait que je ne fais que prélever ton sang. C'est toi qui va l'analyser. N'est-ce pas?
Abby hocha la tête, n'ayant pas le courage de parler. On aurait cru voir une enfant assise face à son vieux grand-père, qui lui soutirerait les aveux de sa dernière bêtise.
- Je vais te laisser faire, mais sache que je n'aime pas du tout cette idée. Enfin, mon petit doigt me dit que tu sais ce que tu cherches, et que tu as déjà une idée bien précise de la cause de tes souffrances, reprit Ducky, tentant de détendre un peu l'atmosphère.
- En effet.
- Et tu ne me diras rien?
- Pas pour l'instant Duck, déclara Abby dans un pâle sourire. Je préfère d'abord déjà en avoir la certitude.
- Tout ce que je souhaite c'est que ce que tu verras dans ce sang ira dans le sens de tes désirs Abby. Maintenant détend-toi et donne moi ton bras.
La jeune femme obéit, se demandant ce qu'elle désirait vraiment, et le Docteur Mallard enfonça l'aiguille dans son bras.
Tim ferma le cahier ouvert devant lui et rassembla ses dernières affaires. Il ouvrit ensuite sa valise pour y ranger son travail, en laissant tout de même une bonne partie à Ziva. Elle continuerait sans lui les mois à venir. Il boucla sa valise puis se releva et fit face à Ziva. Les deux amis se regardèrent, ne sachant trop comment se dire au revoir, ne sachant pas encore exactement quand ils se reverraient. Ils finirent par se serrer dans leurs bras. Maintenant qu'ils s'étaient retrouvés, ils avaient beaucoup de mal à se quitter de nouveau. Ziva craignait un peu la solitude qui allait reprendre sa place. Avec la venue de Tim elle avait retrouvé une part de son passé, un bout de cette époque où elle s'était sentie aimée et vivante, confiante en la vie. Elle avait peur de cette solitude qui allait de nouveau remplir ses journées. Elle avait peur de la douleur que lui causerait le sentiment de tout perdre à nouveau. Elle tenta de se rassurer en se disant que cette situation n'était pas définitive, qu'un jour elle aussi reprendrait l'avion en direction de Washington. Mais cela ne fit que l'effrayer davantage.
Elle accompagna Tim jusqu'au taxi qu'il avait appelé, l'aidant à porter sa valise. Un long voyage l'attendait. Elle se remonta le moral en se disant que revoir Tim lui avait fait du bien. Grâce à lui elle avait eu des nouvelles de ses amis, de toute sa famille. Au moins maintenant elle avait la certitude qu'ils allaient tous bien, elle en savait un peu plus sur ce qu'ils étaient devenus. ça ne pouvait que lui faire plaisir, il y a longtemps qu'elle n'espérait plus avoir de telles nouvelles.
Ziva avait aussi donné son numéro de téléphone à Tim. Ils se contacteraient, elle le savait. Ils se l'étaient promis. Ils parleraient boulot, mais aussi famille, il lui raconterait. Il lui dirait le quotidien de ceux qu'elle aimait tant et qu'elle ne parvenait pas à oublier. Elle lui avait fait jurer de lui faire part du moindre événement, lorsqu'en échange elle avait promis d'arranger les choses de son côté et de revenir. Savoir ce qui se passait à Washington faciliterait son retour, ça rendrait tout ces changements un peu moins brutaux pour elle.
Timmy monta dans le véhicule. Ziva, du trottoir, lui fit un dernier signe de la main, et la voiture démarra en direction de l'aéroport. Il était 16h, et elle avait le sentiment que sa journée était terminée, que celle-ci se clôturait par le départ de McGee. Elle pensa à aller directement se coucher, chercher un peu de réconfort entre la chaleur de ses draps. Mais ça n'aurait pas été très sérieux. Elle s'était déjà couchée tôt hier, et elle avait du travail. Ziva soupira et retourna à son appartement. Elle enfila finalement un jogging et partit courir dans le parc qui se trouvait de l'autre côté de la rue. Cette solution lui était parue être le bon compromis. Elle courut sans compter le temps, ne voulant pas retrouver le silence qui régnait impérialement dans son studio. Elle cherchait à se convaincre qu'elle avait fait le bon choix, et qu'elle était heureuse ici en France. Qu'elle n'avait pas pris la mauvaise décision en restant dans ce pays ces dernières années. Quoi qu'il arrive, dans huit mois elle serait auprès d'eux, peu importe les embûches qui lui barreraient le chemin, et les expressions qu'elle devrait lire sur leurs visages. Dans huit mois elle leur ferait face. Tim avait eu raison de la forcer. Elle devait le faire. Même si la peur était grande, peu à peu elle se rangeait à l'idée de McGee.
Tim quitta l'aéroport de Washington à 19h, heure américaine. Il pensa à Ziva qui devait dormir depuis longtemps. Il avait somnolé dans l'avion, sans vraiment trouver le sommeil. La journée avait donc était longue, mais ce n'était pas plus mal s'il voulait dormir cette nuit. Il espérait trouver Abby chez elle, et non retenue au NCIS par une quelconque enquête. Elle lui avait tellement manqué durant cette semaine. Il avait hâte de la retrouver, il voulait s'endormir à ses côtés. Il était pressé de la revoir, et c'est donc à regret qu'il indiqua l'adresse d'Elizabeth au chauffeur du taxi dans lequel il venait de monter. Son agent l'attendait pour faire le point sur cette semaine passée en France, Tim n'y allait pas avec joie. Il arriva chez sa patronne une demi-heure plus tard. Elle n'avait pas l'air de bonne humeur, ce qui ne ravit pas McGee. Lui qui n'avait déjà pas envie d'être ici, elle ne lui facilitait pas la tâche.
Le jeune homme lui relata la fin de son séjour et lui confia leur début de travail, qui devait recevoir son aval. Elizabeth fut surprise de voir qu'ils n'avaient pas plus avancé dans la traduction, et le questionna longuement. Elle ne comprenait pas comment ils avaient pu ne faire que ça. Tim, épuisé, lui servit le même discours qu'à MrStirau, évoquant des soucis familiaux pour Melle Blémont, qu'il n'avait d'ailleurs pas revu avant son départ. Il mentit ensuite lorsqu'il évoqua la nouvelle personne avec qui il avait dû travailler. Il lui expliqua que celle-ci ne connaissait pas son roman, et avait dû le lire. Il lui mentit donc, tout en cherchant à mettre fin à la conversation le plus rapidement possible. C'est avec un grand soulagement qu'il sortit de chez Elizabeth vingt minutes plus tard, enfin libre, évitant de penser qu'il devrait être au NCIS dès le lendemain matin.
Il fit finalement le choix de repasser chez lui avant d'aller voir Abby. Même si ils se fréquentaient sérieusement depuis quatre mois, chacun avait toujours son appartement. Tim préférait prendre le temps de poser ses valises, se rafraîchir et manger un morceau avant d'aller la rejoindre chez elle. Il n'était de toute façon plus à cinq minutes près. Il lui avait envoyé un message pour lui dire qu'il avait bien atterri, elle n'avait pas à s'inquiéter. Il poussa la porte de son appartement à 21h, et soupira de bonheur à l'idée d'être arrivé chez lui. Il enleva ses chaussures et se dirigea vers sa chambre pour y poser sa valise. Il fut surpris lorsqu'il y vit Abby, étendue sur le lit. Elle ne lui avait pas dit qu'elle était dans son appartement. La jeune femme encore habillée semblait dormir sur les draps, du côté qu'elle occupait habituellement lorsqu'ils dormaient ensemble. Couchée sur le côté, recroquevillée sur elle-même, elle paraissait profondément endormie.
Tim posa donc sa valise sans bruits, ôta sa veste, puis vint s'allonger à ses côtés. Il soupira de bonheur et passa un bras sur sa taille, vint coller son torse contre son dos. Il déposa un léger baiser sur sa tempe et respira son odeur au creux de sa nuque. Il se sentit mieux à cet instant, la femme qu'il aimait calmement dans ses bras, bien loin des péripéties qu'il avait connues cette semaine. Il se sentait enfin chez lui. Il ferma les yeux et fut rapidement emporté par le sommeil. Un sommeil profond et sans rêves, tellement il était épuisé par cette journée sans fin.
Ce que McGee ne vit pas dans l'obscurité, ce sont les yeux d'Abby. Il ne vit pas les yeux de la jeune femme s'ouvrirent après qu'il ait fermé les siens. Il ne vit pas son mascara qui avait coulé et les quelques larmes encore présentes sur ses joues. Elle ne dit rien et ne bougea pas, heureuse d'enfin l'avoir à ses côtés, heureuse qu'il n'ait pas vu qu'elle ne dormait pas. Elle n'était pas encore prête pour une confrontation, pas à cette heure alors qu'il rentrait tout juste. Ils auraient tout leur temps pour cela le lendemain matin. Pour le moment elle voulait elle aussi simplement profiter de sa présence, de sa chaleur réconfortante contre son corps.
Elle le sentit se détendre contre elle et tomber dans les bras de Morphée, alors qu'elle n'avait toujours pas refermé les yeux. Elle fixait un point invisible dans l'obscurité, cherchait des réponses à toutes ces questions, alors que les même pensées tournaient encore et encore dans sa tête, la torturaient. Elle se demandait comment tout cela était possible, et où elle trouverait la force de l'annoncer à Tim. Elle se sentait seule, fragile et perdue, avec un avenir bien incertain, malgré tout l'amour que pouvait lui porter cet homme endormi dans le même lit qu'elle.
