Voici un gros chapitre pour fêter le week-end! Il est composé de deux parties, que je ne voulais pas séparer, alors vous avez de la lecture.
Si vous avez envie d'action, passez votre chemin! Car ce chapitre en est l'opposé.
Merci pour vos reviews Kubik234 et PolkaScience, je suis contente que le personnage d'Hélène soit bien intégré à l'histoire et vous plaise, car c'est ce qui me faisait peur quand je l'ai créé. Et je suis contente que vous aimiez ce personnage car mon but était que bien qu'elle ait pris la place de Ziva, elle soit considérée comme un membre de l'équipe à part entière.
Merci aussi nami84. Tu auras les réponses à ta question dans le prochain chapitre.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 22 : Elle m'aimait.
Tony entra dans le NCIS, montra son badge au vigile et contourna le détecteur de métaux. Il remontait de sa pause déjeuner. Comme ils n'avaient aucune enquête à résoudre actuellement, il avait quitté l'openspace trois quarts d'heure plus tôt et s'était accordé une longue pause déjeuner; le temps de déguster sa pizza favorite, une pepperoni-fromage. Cette pizza lui rappelait celle qu'il mangeait enfant, l'été, quand son père le laissait quelques jours en Italie chez ses tantes. C'était toujours de bons moments. C'est de là que venait son amour pour la pizza.
Il sortit de l'ascenseur à l'étage de l'openspace, et des éclats de voix lui parvinrent aussitôt. Deux carrés de bureaux avant le sien, des agents étaient violemment en train de s'insulter dans diverses langues. Il s'approcha, curieux. Les agents Jefford, Druds, et Milra, ses collègues qu'il côtoyait depuis de nombreuses années et avec qui il buvait un verre parfois, semblaient s'opposer en anglais, en espagnol, et en hébreu, à ce qu'il croyait reconnaître, à trois autres personnes visiblement bien armées. Ils avaient attiré l'attention de la plupart des personnes présentes dans l'openspace. Tony observa le directeur appuyé à la rambarde de son étage, qui regardait la scène. Ces trois hommes devaient être autorisées à rester ici, si le directeur ne disait rien. Ce fait intrigua davantage encore Dinozzo.
Il vit Druds les poings serrés, qui perdait de plus en plus son sang froid, et paraissait prêt à cogner à tout moment l'un de ces trois hommes armés. Son collègue avait toujours été très nerveux. Dinozzo ne se trouvait pas très loin de lui. Il avança donc de quelques pas et posa une main sur son épaule pour tenter de le calmer un peu, au moins lui éviter d'en venir aux mains.
L'agent Nathan Druds se retourna violemment, prêt à mettre à terre celui qui l'attaquait par derrière, mais se détendit lorsqu'il vit qu'il s'agissait de son collègue. La présence de Tony sembla calmer les cinq autres, qui cessèrent eux aussi de s'agiter, bien que quelques insultent fusaient toujours. Ils se demandaient ce que Dinozzo venait faire là dedans.
- Que se passe-t-il Nathan? Demanda Tony.
- On vient enfin de résoudre cette affaire de drogue dans le quartier hispanique de Washington, répondit l'agent.
- Vraiment! À vous entendre on ne croirait pas. Depuis le temps que vous êtes sur cette affaire, je m'attendais plutôt à entendre des effusions de joie le jour où vous trouveriez les têtes de réseaux.
- On était satisfait de notre travail, jusqu'à ce que les services secrets espagnols et le Mossad nous tombent dessus! S'exclama Druds.
Tony se refroidit instantanément.
- Le Mossad?
- Oui, il paraîtrait que les services secrets espagnols avaient connaissance de ces réseaux de trafic de drogue en relation avec le Mexique, mais qu'ils n'aient jamais rien fait car cette affaire serait liée au Mossad, par un lien bien complexe, et qu'ils n'auraient pas voulu rompre leur bonne entente avec le Mossad! Expliqua-t-il en jetant des regards entendus au trois personnes présentes dans l'openspace.
- Et vous ne le saviez pas?
- Non, bien sur que non! On nous prévient une fois que les têtes de réseaux sont dans nos salles d'interrogatoire!
- C'est bien la Mossad ça, ils n'ont pas changé, toujours aussi débiles… Conclut Tony qui trouvait la rage de son ami assez légitime vu à quel point son équipe s'était investie dans cette affaire.
Dinozzo sentit alors un homme s'approcher d'un air menaçant et le forcer à reculer jusqu'à ce qu'il soit coincé entre lui et un bureau. Il préféra se laisser faire.
- Je peux savoir qui vous êtes pour parler de nous ainsi? Lui demanda cet homme typé israélien avec un accent prononcé.
- L'agent Dinozzo, du NCIS, répondit Tony sans se démonter.
Les deux hommes se fixèrent intensément, jusqu'à ce que l'israélien ne se retourne et s'adresse à un de ses collègues dans sa langue maternelle, empêchant Tony de comprendre leur échange. Au bout de quelques longues secondes il daigna finalement se retourner vers lui.
- Dinozzo, reprit l'israélien en étirant les syllabes.
- Non, c'est italien, reprit Tony, ça ne se prononce pas ainsi.
- J'en n'ai rien à faire de savoir comment se prononce votre nom. C'est vous qui avez tué Rivkin n'est-ce pas?
Tony serra les dents. Il savait que le Mossad était une grande famille. Mais il y avait de ça plus de quatre ans, il ne pensait pas se faire repérer. Il n'avait pas imaginé que l'officier du Mossad lui poserait une telle question.
- Oui, pourquoi, vous voulez que je vous fasse la peau à vous aussi?
À quelques mètres de là, McGee s'était levé de derrière son bureau et avait commencé à observer la scène plus attentivement, lorsqu'il avait entendu la voix de son collègue se mêler à cette embrouille, et encore plus lorsque le nom de Rivkin avait été prononcé. Tony et cet israélien se fixaient, aucun ne semblant près à laisser l'autre prendre le dessus.
- Vous ne m'aurez jamais, Dinozzo, dit l'israélien. Je suis bien plus fort que vous. Et j'ai déjà eu ma vengeance pour le meurtre de mon ami Michael.
- Vraiment? C'est bizarre, ce n'est pas remonté jusqu'à mes oreilles, répondit Tony d'un ton provocateur.
C'était ce qu'il savait faire de mieux dans ce genre de situation périlleuse.
- Bien sûr que si.
L'israélien marqua une pause, et approcha son visage de celui de l'italien pour être sûr qu'il entende bien tout ce qu'il allait dire.
- Vous avez déjà oublié le départ de l'officier David, agent Dinozzo? Je pensais pourtant qu'elle comptait un peu plus que ça pour vous, vu jusqu'où vous êtes allé pour elle. C'est triste tout ça, n'est-ce pas? Elle ne vous a même pas dit au revoir, ajouta l'homme, un sourire narquois aux lèvres.
Tony serra les dents et tenta de ne pas montrer à quel point ces quelques mots lui avaient fait du mal. Il se sentait touché au plus profond de lui-même, cet homme avait su où frapper.
- C'est là-dessus que vous vous trompez, trouva le courage de reprendre Tony. Elle est venue me dire au revoir la veille de son départ, même si je ne l'ai jamais dit. Et sa tombe est ici, officier, pas en Israël, ajouta-t-il en se reprenant peu à peu.
Tony se débattit et l'israélien recula enfin. Le souffle court suite à l'évocation du départ de son amie, et de tout ce que cela avait fait remonter en lui, il tâcha de retenir des larmes que jamais il ne laisserait couler. Il lança un dernier regard plein de haine aux israéliens et il se dirigea vers son bureau. Il croisa le regard de Tim, qui toujours debout, l'observait sans rien dire et semblait près à tout, puis celui d'Hélène, qui ne semblait pas tout comprendre à la réaction de ses collègues, alors que l'activité reprenait dans les bureaux qu'il venait de quitter.
Tony s'assit derrière son bureau, puis reprit son travail là où il l'avait laissé. Le regard brouillé, il tentait de se concentrer. Il ouvrit un dossier au hasard et vit des mots vides de sens défiler devant ses yeux pendant quelques secondes. Cet israélien avait osé lui parler de Ziva. Il avait osé l'attaquer sur ce terrain personnel, sans raison. Il n'aimait pas entendre parler d'elle ainsi. Il n'était plus habitué à entendre parler d'elle.
- Ça va Tony? Lui demanda Tim.
Comme si c'était la question à poser, pensa McGee à peine les mots avaient-ils franchi sa bouche.
- Non, le bleu.
Tony regarda McGee qui était toujours debout et semblait très bien comprendre ce qu'il se passait. Tony se leva subitement en se saisissant de sa veste.
- Je vais faire un tour.
- Et qu'est-ce qu'on dit à Gibbs? Tu viens juste de rentrer, questionna innocemment Hélène.
- Vous vous débrouillerez, lança froidement Tony, alors qu'il avait déjà fait quelques pas.
À cet instant il n'en n'avait rien à faire de ce que pourrait penser Gibbs.
McGee regarda son collègue partir, impuissant. Il n'aimait pas voir Tony ainsi, retrouver ce comportement qu'il avait eu juste après la mort de Ziva. Tim supportait encore moins cela maintenant qu'il connaissait la vérité. Il se sentait coupable, fautif. Il se maudissait d'avoir promis de tenir sa langue et de ne pas pouvoir tout dire à Tony, là, maintenant. Il pourrait lui éviter de se morfondre plus longtemps.
Il avait bien son idée sur le lieu où Tony se rendait. Il lui était souvent arrivé de s'enfuir ainsi en plein milieu de la journée, la première année après la mort de Ziva. Chacun avait respecté ça à l'époque. L'attitude de Tony replongeait Tim trois ans en arrière. Il savait que l'italien ferait la même chose que ce qu'il faisait il y a quelques années. Il n'était que 14h, soit il irait chez lui et ne reviendrait pas avant demain matin et ferait comme si rien ne s'était passé, soit il irait faire un tour au cimetière, comme bien souvent, puis reviendrait une fois qu'il se serait calmé.
Cette idée le révolta davantage. Tony savait que la tombe était vide, puisque personne n'avait jamais retrouvé le corps de Ziva. Son père leur avait assuré qu'elle était morte, et ils avaient déjà dû se battre durement pour que la tombe, même vide, soit placée à D.C. et non en Israël. ça les avait tous surpris de devoir tant insister pour récupérer le cercueil, car Eli David n'avait jamais montré beaucoup d'amour à sa fille. Peut-être que le fait que son dernier enfant périsse lui aussi l'avait légèrement sensibilisé.
Seulement maintenant que Tim savait que quelque part dans Paris Ziva vivait sa vie, il trouvait la situation de plus en plus étrange et bancale. De plus en plus absurde, surréaliste.
Son collègue était maintenant parti depuis un quart d'heure, et Gibbs n'était pas réapparu. Tim n'avait fait que repenser à ce qu'il s'était passé. Il s'en voulait de plus en plus, avait le sentiment qu'il devait faire quelque chose. Il décida donc de se lever lui aussi et d'aller voir si il trouverait Tony au cimetière. Il n'avait pas envie de le laisser seul. Il ne voulait pas le voir replonger dans son malheur alors qu'il réussissait enfin à quasiment tourner la page, alors que Ziva était vivante.
- Hélène, si Gibbs arrive, dis lui que Tony a eu quelques soucis, et que je suis parti à sa recherche. Si il insiste, dis lui que ça concerne Ziva, dit Tim en s'en allant à son tour.
Hélène resta assise à son bureau, un peu perdue, à le regarder partir avant qu'elle n'ait le temps de répondre. On lui avait déjà expliquée quelques histoires, dans les grandes lignes, sur la période où Ziva avait travaillé au NCIS. Elle avait même farfouillé dans quelques dossiers quand elle avait compris que personne ne lui dirait rien de plus. Mais Gibbs l'avait découvert et lui avait alors explicitement fait comprendre qu'il valait mieux qu'elle cesse de remuer le passé, car l'équipe en avait un riche et douloureux, et que se le remémorer n'aiderait pas les membres de cette équipe à oublier. Elle soupira et se remit à son travail. Tony lui avait un peu parlé de Ziva l'autre soir, elle avait vu à quel point il s'était attaché à elle. Elle comprenait donc un peu de quoi il en retournait. Mais elle ignorait encore beaucoup, et ça l'énervait.
Timothy trouva Tony, quelques minutes plus tard, accroupi face à la tombe de son amie. Quelques traces de larmes étaient toujours visibles sur ses joues. McGee avait rarement vu Tony pleurer, l'italien s'était longtemps entêté à garder cette carapace d'homme futile qu'il s'était construite. Cependant le départ de Ziva l'avait touché profondément, et depuis à plusieurs reprises il l'avait surpris en mauvais état, n'ayant pas la force de se cacher plus longtemps derrière un masque, osant baisser la garde devant lui.
Tony l'entendit arriver mais ne bougea pas, en partie car il n'osait pas affronter son regard. Il haïssait se sentir faible comme en ce moment. Tim se posta à ses côtés. Ils regardaient tous les deux la tombe, évitant de croiser les yeux de l'autre. Toutes ces épreuves les avaient rapprochés, et en dehors du NCIS, ils savaient être de bons amis.
- Elle me manque, commença doucement Tony, d'une voix presque inaudible.
Cet aveu lui faisait mal, et Tim le savait. Tony n'avait pas pour habitude de se confier sur ce qu'il ressentait, et il n'aimait pas admettre que la mort de Ziva l'avait tant affecté, qu'après trois années, il en souffrait toujours.
- Je sais, moi aussi Tony, elle me manque.
Tim tenta de se replacer une semaine auparavant, et d'oublier ce qu'il savait, il avait promis de ne rien révéler. De toute façon, même s'il avait vu Ziva la veille, elle lui manquait déjà de nouveau. La savoir en vie changeait tout, il avait hâte de la voir revenir.
- Mais ça fait plus de trois ans maintenant Tony, il est temps pour toi de passer à autre chose, continua McGee.
Tony ne dit rien, ne bougea pas.
- Je ne te demande pas de l'oublier, de faire comme si elle n'avait pas existé, mais de reprendre ta vie en main Tony. Depuis quand n'es-tu pas sorti avec une fille? Depuis Vanessa, cet hiver, avec qui tu as fait semblant de t'engager?
- C'est dur Tim.
McGee posa une main sur l'épaule de son collègue.
- Elle n'aimerait pas te voir comme ça Tony. Vous étiez de bons collègues, des amis, elle n'aurait pas voulu que tu finisses comme ça. Sors Tony, va dans des bars, rencontre des filles, occupe toi l'esprit, tu iras déjà mieux. Recouche avec une fille différente chaque soir, si ça te calme, mais bouge, fais quelque chose, tenta de le convaincre Tim. Aucun d'entre nous n'aime te voir dans cet état.
Tony prit quelques secondes pour réfléchir à ce que Timothy venait de lui dire, pesa le pour et le contre, puis se décida à parler.
- J'ai couché avec Hélène cette semaine.
McGee resta surpris à l'entente de cette dernière phrase, il ne s'attendait pas à ce genre d'aveux. Il mit quelques temps à intégrer la nouvelle.
- Toi et Hélène… Vous…, bafouilla l'informaticien.
- Nous rien du tout Tim. C'était juste l'histoire d'un soir. J'étais triste et bourré, elle aussi était ivre. On a discuté, je lui ai parlé de plein de choses, et c'est elle qui m'a fait des avances, commença à expliquer Tony d'une voix lointaine.
- C'est elle qui t'a fait des avances? ça ne m'étonne qu'à moitié, ajouta McGee après réflexion. Et maintenant?
- Les choses sont claires entre nous, il n'y a aucun soucis, rassure-toi McGee. Elle m'a juste "rendu un service" comme elle l'a dit, en m'écoutant et en me permettant d'oublier tout ça le temps d'une nuit. De redevenir celui d'avant, l'homme léger et inconscient que j'étais.
- Ce n'est pas dans mes habitudes d'agir ainsi, mais si toi ça a pu t'aider…
Un silence se fit entre les deux amis. Chacun fixait toujours la tombe et se perdait dans ses pensées.
- On s'en est tous à peu près remis Tony, alors pourquoi toi tu restes anéanti, comme coincé trois ans en arrière? Demanda Tim après un moment. Tu réagis encore comme si tout ça s'était passé le mois dernier. Plusieurs années ont passé.
- Parce que je l'attends toujours. Parce que je l'aime toujours, répondit honnêtement Tony.
- Tu l'aimes? Répéta Tim, surpris.
- Oui McGee, mais je ne lui ai jamais dit. Et c'est ça qui me tue.
Tim regardait à présent son collègue. Mais celui-ci restait face à la tombe. C'était toujours ainsi lorsque l'un d'eux se confiait à l'autre, ils évitaient de se regarder, comme pour nier l'existence de leur conversation, pour parler plus facilement.
- Peut-être que c'est mieux ainsi, qu'elle elle ne t'aimait pas, et qu'elle t'aurait envoyé balader…, ajouta Tim d'un ton hésitant.
Tony se releva.
- Elle m'aimait Tim. Je le sais. Elle non plus ne me l'a jamais dit. Mais je le sais. Elle me l'a fait comprendre, à sa façon.
Tony soupira.
- On a couché ensemble, elle et moi. La veille au soir de son départ. Elle est venue me voir. Elle ne m'a rien dit, rien sur ce qui concernait son départ. Je me suis endormi dans ses bras, et je me suis réveillé dans un lit vide. Ça fait mal Tim, ajouta Tony après un léger silence. Je me suis endormi en croyant au début de quelque chose, je me suis réveillé face au néant, avec le sentiment d'être coincé au milieu d'une immense mascarade que j'étais le seul à voir. Voilà pourquoi je n'arrive pas à tourner la page Tim.
- Je suis désolé, je ne savais pas Tony, répondit Tim en comprenant un peu mieux pourquoi son collègue avait encore tant de mal à se faire à l'idée.
- Tu ne pouvais pas savoir, je ne l'ai jamais dit à personne. Mise à part Hélène, à qui je l'ai avoué cette semaine.
L'idée que cette semaine avait dû être une épreuve pour chacun des membres de cette équipe, où qu'ils aient été, effleura Tim. Et si la situation avait été moins tragique, il l'aurait presque trouvée comique.
- Elle ne t'a vraiment rien dit? Questionna Tim, en ayant le sentiment d'en rajouter un peu trop, mais cette révélation le surprenait.
- Non. J'ai juste trouvé son étoile de David sous son oreiller, un peu plus tard.
- Elle te l'a laissée, dit McGee pensif.
- Oui. Je l'ai mise dans un écrin à bijou et je n'y ai jamais retouchée.
Tony regarda enfin son collègue.
- C'est pour ça que je t'ai dit qu'elle m'aimait Tim. Elle ne me l'a pas dit, mais si elle ne m'avait pas aimé, elle ne m'aurait jamais laissé son étoile, elle y tenait trop, elle ne l'enlevait jamais. Elle savait qu'elle partait quand elle a posé son étoile sous l'oreiller. Je me demande parfois si elle savait qu'elle ne reviendrait pas.
Tim ne répondit pas. Il réfléchissait. Tony reposa ses yeux sur la pierre tombale et l'observa quelques instants, immobile, le visage fermé.
L'italien finit par soupirer, ce qui ramena Tim à la réalité. Tony contourna le plus jeune agent, et sans un mot, d'un pas lent, il prit la direction de la sortie du cimetière. Timothy le suivit de près jusqu'à ce qu'ils passent la porte. Au moment de se séparer sur le parking, car chacun avait sa voiture, Tony adressa encore une courte phrase à son collègue. Ils savaient tous les deux qu'une fois arrivés au NCIS ils feraient comme si ce moment n'avait pas existé. Ils retrouveraient une attitude plus légère, reprendraient le cours de leur vie.
- Je vais bien Tim. Tout du moins je ne vais pas plus mal que la semaine dernière, et je fais en sorte d'aller mieux. C'est pour Abby que tu devrais t'inquiéter, elle a vraiment eu un comportement étrange cette semaine.
Tony lança un dernier regard entendu à McGee, puis monta dans sa voiture. Tim resta encore un temps stoïque, à encaisser ce que son ami venait de lui dire, cela ne faisant qu'aggraver ses soupçons. La voiture de Tony disparaissait au coin de la rue quand il monta enfin dans la sienne, toutes ses pensées tournées vers Abby.
Lorsqu'ils arrivèrent à leur bureau une quinzaine de minutes plus tard, ils trouvèrent leur patron assis derrière le sien. Gibbs les regarda revenir de ses yeux perçants, remarqua cet air soucieux que chacun de ses deux agents tentait de dissimuler, mais ne fit aucun commentaire sur leur absence. Hélène lui avait fait la commission. Il avait donc une idée assez précise de ce qui avait pu se passer entre ces deux là. Il était content de savoir que ses agents savaient répondre présent quand l'un d'entre eux avait besoin d'aide. Surtout des jours comme celui-ci, où les deux hommes avaient mutuellement besoin l'un de l'autre pour s'aider à y voir plus clair. Abby et Ziva avaient toujours eu l'art de faire perdre la tête à Tim et Tony, constata amèrement Gibbs en se remémorant l'israélienne. Il chassa aussitôt de sa tête l'image de la jeune femme. Il aurait tout le temps d'y penser plus tard, autour de son bateau et d'un verre de bourbon. Son souvenir distrayait déjà assez Tony en pleine journée, ce n'était pas la peine qu'il s'y mette lui aussi. ça ne servait à rien non plus de repenser à Abby et au fait qu'elle pense être enceinte, mais qu'elle n'ait visiblement toujours rien dit à Tim. Ils étaient une famille, mais là ils étaient au travail. Alors autant travailler, songea Gibbs en attrapant un dossier.
