Hello la compagnie ! Voici venir le chapitre 34 ! J'espère qu'il vous plaira !
Avant d'entamer la lecture, laissez-moi vous dire qu'après relecture de ce chapitre, je me suis rendue compte que Anju, la mère de Kotetsu, portait le même prénom qu'un de mes OCs (vous savez, la Anju du chapitre 22)... Je préfère vous rassurer en vous disant qu'elles n'ont aucun lien ! XD Je suis bête, j'aurais du vérifier mes sources. Ça m'apprendra !
Ha, et aussi : je vais encore faire une pause car mon travail m'a fait prendre beaucoup de retard dans la rédaction de mes chapitres. J'en ai toujours 7-8 d'écrits à l'avance, mais je ne préfère pas prendre de risques. Voici donc venir le dernier chapitre de l'année 2015 ! Le prochain sera posté le 9 janvier 2016, normalement. Au plus tard, il sera mis en ligne le 16/01. Je vous souhaite une bonne lecture en attendant !


Chapitre XXXIV : Décisions

Valise en main, Kotetsu attendait depuis plusieurs minutes l'arrivée imminente de son train, en compagnie de sa mère, Anju Kaburagi, et de sa fille, Kaede. Le ciel se cachait derrière les nuages gris de la saison et l'air glacé s'infiltrait dans le col du manteau de l'homme pour lui procurer un désagréable frisson. Il n'en tint cependant pas compte, et observa en silence le paysage vide et morne de la gare, sans remarquer un seul instant la mine tourmentée de sa fille, qui le fixait continuellement.

- Ah, ton train arrive !, annonça Anju.

En effet, dans le brouillard matinal de l'hiver se dessinait l'énorme silhouette d'un bloc d'acier, prêt à stopper sa course à tout moment.
Devant cette vision, Kotetsu soupira. Une fois dans le train, ses responsabilités de Héros reprendraient le dessus, et sa campagne natale disparaîtrait pour laisser place à la ville et ses immenses buildings polluants. Chaque fois qu'il rendait visite à sa famille, l'envie de ne jamais retourner à Sternbild le tenter dangereusement, toutefois, il savait que ses désirs égoïstes ne le mèneraient à rien.
Car au fond, c'est sur lui qu'on comptait au sein de la Second League.

- Bon..., souffla-t-il enfin. J'ai passé d'excellentes fêtes ! Comptez sur moi pour revenir dès que je le pourrais !

Malgré la douleur qui assaillait son cœur, il ponctua sa phrase d'un sourire étiré jusqu'aux oreilles, puis posa ses billes dorées sur Kaede. Les joues de celle-ci se teintèrent d'une couleur vermeille lorsque son regard croisa celui de son père. Elle voulut en profiter pour lui demander quelque chose, mais se restreignit et fronça tristement les sourcils, gênée.

- Ça va ?, s'inquiéta le Tigre.
- Oui, t'en fais pas, répondit-elle avec bienveillance, avant de prendre une expression un peu plus sérieuse. Fais attention à toi !

Le Héros resta silencieux un quart de seconde, cependant, une dizaine de questions se joua de lui à cet instant. Il douta de la véracité des propos de sa fille, soupçonna ses manières versatiles, et se demanda s'il devait d'ores et déjà engager une conversation sérieuse avec elle. Toutefois, un pressentiment le conseilla d'attendre plutôt que de prendre une décision trop hâtive.

- N'hésite pas à m'appeler si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, conseilla-t-il.

Les yeux de Kaede glissèrent sur le côté, et fixèrent un point invisible sur le sol. Pouvait-elle se permettre de lui poser « cette question » ? En avait-elle le droit... ? Elle se mordit la lèvre, trembla à l'idée de devoir dissimuler ses craintes derrière un sourire hypocrite, et se rappela inconsciemment du jour où sa grand-mère lui avait enfin révélé la véritable identité de son paternel.
Depuis tout ce temps, Kotetsu T. Kaburagi et « Wild Tiger » ne formaient qu'une seule et même personne. Elle qui le considérait comme un père incapable de tenir ses promesses, elle se sentit idiote quand elle comprit qu'au final, il n'était qu'un Héros. Un Héros prêt à tout pour sauver une vie, aussi misérable soit-elle.
« Pourquoi m'a-t-il caché tout ça ? », avait-elle pensé alors. En effet, toutes ces années de rancœur et de doutes auraient pu être évités si Kotetsu s'était décidé à lui en parler plus tôt. Kaede lui en voulait encore un peu sur ce coup, parce qu'un secret de cette ampleur s'apparentait plus à un mensonge. Et depuis cet événement, elle comprit que garder les choses pour soi s'avérait plus néfaste que bénéfique.
Pourtant... n'était-ce pas ce qu'elle faisait en ce moment ?

- Papa !, s'exclama-t-elle.
- Oui ?!, sursauta celui-ci, tandis qu'il embrassait sa mère.

A nouveau, la jeune Next détourna le regard en se mordant les lèvres. Dorénavant, elle devait aller au bout de son initiative. La question voulait sortir, même si elle s'avérait difficile à prononcer.

- Au sujet de Blue Rose... Heu... enfin..., balbutia-t-elle. Tu... Tu crois qu'elle s'en sortira ?

A cette question inattendue, les yeux de Kotetsu s'écarquillèrent. Il dévisagea sa fille avec consternation, puis glissa son regard sur Anju qui, elle-même, resta surprise par cette demande si soudaine. Bien que l'état de Karina l'inquiétât, Wild Tiger n'avait aucunement abordé le sujet par crainte de plomber l'ambiance festive des fêtes de fin d'année. Par ailleurs, il espérait sincèrement que Kaede ne soit au courant de rien.
Hélas, cette affaire faisait couler beaucoup d'encre, et Kaede n'était plus une enfant.
Avait-elle assisté aux sévices de Karina ? Était-elle traumatisée par ces images dégradantes ? Le poing du Tigre se serra à ces pensées, et la colère s'immisça peu à peu en lui, frustré à l'idée qu'il n'aurait pas pu protéger son seul et unique trésor.

- Tu... Tu l'as vu ?
- J'en ai juste entendu parler... J'étais en cours quand c'est arrivé, confessa Kaede, mal à l'aise.

Un soupir s'échappa du Héros. Sans un mot, il observa sa progéniture, qui affichait une expression attristée, et comprit que cette histoire la tourmentait plus qu'elle ne voulait le laisser paraître. Alors, dans un élan de compassion, Kotetsu posa ses mains sur les épaules de Kaede, et reprit la parole :

- Tu n'as pas à t'inquiéter pour Blue Rose. Elle est plus forte qu'on ne veut le croire !
- Papa...

Aussi simples et banales soient les paroles qu'on venait de lui adresser, elles parvinrent à raviver une flamme d'espoir au fond du cœur meurtri de l'adolescente. Les larmes brûlèrent ses iris, mais elle les ravala en vitesse pour mieux fixer son père.

- Mais j'aimerais tellement pouvoir l'aider...
- Je suis certain que tu le fais déjà, sans même t'en rendre compte, la coupa Kotetsu.
- Je crois pas, non...
- Tu lui fais confiance ?
- Bien sûr..., acquiesça la jeune fille.
- Bah tu vois !

La conversation se clôtura sur un ultime échange de regard, et un sourire en coin discret s'afficha sur le visage de Kaede lorsqu'elle saisit le sens caché derrière les propos de Kotetsu. Ce dernier lui caressa les cheveux en signe de soutien, et ils restèrent dans cette position plusieurs secondes, qui pourtant, s'apparentèrent à de longues heures.

- Ça va aller... ?, demanda le Tigre.
- Oui, t'inquiète pas !, s'exclama l'adolescente.

Et alors qu'elle s'apprêta à lui adresser un dernier mot, un coup de sifflet la coupa dans son élan, et elle se rendit compte que le départ du train s'avérait imminent. Wild Tiger le remarqua aussi, et la panique s'empara de lui au point de le faire gesticuler sur place.

- Vas-y !, s'écria Kaede, en le poussant dans la porte de son compartiment.
- Mais tu es certaine que ça ira ?, s'inquiéta-t-il
- Je t'ai dis de ne pas t'inquiéter ! Grand-mère est avec moi ! Et au pire des cas je t'appellerai !
- Fais lui confiance, Kotetsu, conseilla Anju, dans un sourire.

A deux contre un, le père de famille préféra ne pas insister, et se dirigea vers un siège près de la fenêtre afin d'y déposer sa valise. Un deuxième coup de sifflet retentit, et les visages souriants de ses proches disparurent progressivement de son champ de vision.
« Merci papa... », pensa Kaede, tandis que le train s'effaçait à l'horizon.


Le déjeuner du 4 janvier était incroyablement calme ce matin là, et les alentours s'imprégnaient d'une atmosphère glaciale. Presque insoutenable. Tout en sirotant sa tisane matinale, Barnaby jetait quelques coups d'œil furtifs à son invitée, qui mangeait lentement le contenu de son bol. Perdu dans ses pensées, l'homme ressassait les événements survenus après le départ de mademoiselle Strauss : probablement en proie à plusieurs réflexions, Karina s'était terrée dans un étrange mutisme avant de s'enfermer dans sa chambre pour la soirée. Ce n'est qu'aux aurores qu'elle finit par sortir de sa chambre pour proposer au Héros, déjà réveillé, de prendre le petit déjeuner ensemble.
L'infusion orangée de l'ancienne Next lui renvoyait le reflet de son visage songeur, et l'odeur sucrée de la boisson l'apaisa un peu. Dès lors, elle en avala trois bonnes gorgées, releva ses disques de bronze vers son hôte, puis prit une longue inspiration.

- J'ai parlé avec le docteur Strauss, hier..., déclara-t-elle.

Les émeraudes du Héros se relevèrent à l'entente de cette phrase maladroite. Néanmoins, il jugea préférable de ne pas la couper dans son élan et attendit qu'elle développe.

- Elle m'a dit que les autres Héros s'inquiétaient pour moi. Mais... crois-tu que c'est vrai ?
- Tu doutes de ses propos ?
- J'aimerais juste entendre une confirmation..., bredouilla la Rose.

Barnaby resta silencieux plusieurs secondes, réfléchissant minutieusement aux mots qu'il pouvait employer. Face à l'expression gênée de la jeune femme, ses paupières se baissèrent à moitié, et il reprit enfin la parole :

- Tu penses qu'ils se fichent de ton état ? Crois-tu réellement que ça leur passe au dessus ?

Les questions tambourinèrent dans l'esprit de Karina, et elle en devina très vite leur double sens. Oser croire que ses alliés se moquaient bien de sa situation actuelle la fit rougir de honte, car ce n'était pas dans ses habitudes de tenir de telles idées négatives à l'encontre de ses collègues... ou plutôt de ses amis.

- Désolée..., murmura-t-elle.
- … Tu voudrais les revoir ?, demanda Barnaby, en guise de compassion.
- J'y ai pensé, oui. Seulement, pourront-ils se libérer ? Et si cela attirait l'attention des journalistes ?

La Rose ne put retenir un frisson d'horreur une fois la dernière déduction énoncée. Certes, elle commençait à reprendre confiance en elle, cependant, elle ne se sentait pas encore prête à accepter les regards insistants des médias, ainsi que leurs questions gênantes.

- Ne t'inquiète pas, je vais m'en charger, la rassura l'homme.
- Merci...

La conversation se clôtura ainsi, toutefois, Barnaby se perdit dans ses pensées pour se poser mille et une questions en rapport avec Blue Rose et l'éventuelle rencontre avec ses collègues : comment réagirait-elle une fois devant eux ? Quelle serait leur réaction en apprenant qu'elle logeait chez Barnaby ? Parviendrait-il à éloigner les médias ? Les interrogations tournèrent en boucle dans sa tête, mais il dut se résoudre à stopper sa recherche de réponses, tant elles peinèrent à arriver. Et puis, se souvenir des journalistes lui procura une nouvelle angoisse liée à l'impression que quelqu'un l'observait depuis des mois.
Rêvait-il ? Devenait-il dingue ? Dans tous les cas, il ne comprenait plus. Néanmoins, il se convainquit d'une chose : jamais il n'en parlerait à Karina.

La journée se déroula de manière ordinaire. Les deux amis passèrent le plus clair de leur temps à bouquiner et à débattre sur des sujets futiles. L'air de rien, ce genre de conversation les apaisaient mutuellement, et à partir d'une histoire concernant la destinée plus ou moins méritée d'un protagoniste fictif, la conversation dérailla sur Hero TV et son marketing douteux. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Blue Rose le comprit lorsque le bracelet de son hôte clignota.
Une mission l'attendait.

- Quand on parle du loup..., osa Karina, d'une voix timide.

Un sourire en coin se dessina sur les lèvres de Barnaby.

- Tu veux que j'en profite pour « les » inviter ?, proposa-t-il.
- Hum... Oui, je veux bien, hésita la jeune femme. Mais sois discret s'il-te-plaît...

L'homme fronça les sourcils, dévisagea Karina un instant, et se demanda si elle ne s'amusait pas à le taquiner par le biais de cet ordre. En effet, la prudence était l'une des premières qualités qu'on attribuait à Barnaby. Lui demander de se montrer discret s'apparentait donc à une erreur d'inattention, ou à une blague narquoise. Il opta tout de même pour le premier choix, tant le second lui parut inapproprié. Par la suite, Karina l'observa avec curiosité quand elle remarqua son expression irritée, seulement il détourna la tête au même moment.

- Je vais y aller. Je ferme à clef ?, interrogea le Héros.
- Oui je veux bien.

Il acquiesça, se vêtit de son blouson, et quitta sa demeure. Karina fixa en silence la porte verrouillée, soupira, puis ferma les yeux.
« J'ai l'impression de l'avoir vexé, l'espace d'un instant... », pensa-t-elle.
Elle secoua la tête à cette pensée, jugea meilleur de ne pas trop y réfléchir avant de reprendre sa lecture. La lumière du soleil ruisselant à travers les fenêtres passa au rouge, et s'évanouit dans les ténèbres sans que nul ne vienne. Et la nuit se montra.
Les centaines d'étoiles accrochées au ciel illuminaient le voile obscur de la nuit, encadrant la Lune à peine dissimulée derrière les nuages. Bien installée dans son lit, l'ancienne Next contemplait le spectacle nocturne, et s'entretint avec ses pensées pour s'imaginer aux côtés de ses collègues. Dès lors, un sourire discret égaya son visage.
Certes, l'angoisse d'une mauvaise ambiance la tourmentait, mais paradoxalement, l'idée de les retrouver lui procurait une agréable chaleur au cœur. Néanmoins, la peur la ramenait constamment à l'ordre, en plantant ses griffes acérées dans ses entrailles, lorsque l'apaisement commençait à la rassurer. Un lointain murmure chuchotait en elle une question insupportable, tambourinait contre son crâne avec violence, et effaçait toute confiance en elle :
« Comment réagiront-ils en me voyant ? »
Ses doigts tremblotèrent sous le poids de l'interrogation sournoise. S'il existait bien une chose qui l'apeurait, c'était l'éventuelle pitié que pourraient ressentir les Héros à son égard. Car malgré tout, Karina conservait un brin de fierté, un soupçon d'orgueil qu'elle refusait de lâcher.
Soudain, les serrures de la porte d'entrée se déverrouillèrent, annonçant le retour tardif de Barnaby. Du moins, c'est ce que la Rose voulut croire. Qui d'autre pourrait s'introduire chez lui avec autant de facilité ? Dans tous les cas, elle se mordit machinalement les lèvres et se fit violence pour ne pas sombrer dans la paranoïa. Peu après, son prénom retentit dans le salon, et elle reconnut l'intonation du Héros. Rassurée, elle quitta son lit et le rejoignit en hâte.
Dos à elle, sans même l'avoir remarqué, l'homme ôta sa veste en cuir avant de l'accrocher au porte manteau, sous l'œil attentif de Karina. En y réfléchissant, il rentrait plutôt tard aujourd'hui, si bien que la jeune femme s'apprêta à lui demander des explications. Toutefois, elle jugea cette envie déplacée, et préféra s'abstenir de peur de paraître un peu trop curieuse.

- Je leur ai parlé, annonça subitement Barnaby.

Évoquant sans nul doute les protagonistes d'Hero TV, Karina releva la tête pour plonger son regard dans celui de l'homme, maintenant face à elle.

- Alors... ?
- Lorsque la mission s'est terminée, je les ai pris à part, dans un coin tranquille, pour leur annoncer la nouvelle. Évidemment, ils étaient surpris, mais surtout très soucieux à ton sujet. Ils n'ont pas arrêté de me demander comment tu allais.
- Je... Je vois, bégaya l'ancienne Next, un peu gênée.

Barnaby marqua une pause dans son récit afin d'observer plus en détail les réactions de son invitée. Un silence s'installa entre eux, sans pour autant les mettre dans l'embarras. De son côté, il se remémora les réactions de ses rivaux : joie, larmes et stupéfaction furent les seules émotions affichées sur leur visage, et l'air de rien, cela l'avait bouleversé de constater qu'ils n'avaient cessés de s'inquiéter pour elle.

- Et ensuite... ?, hésita Blue Rose.
- Ha, oui. S'il n'y a pas de problèmes d'ici là, je leur ai proposé de venir demain après-midi. Tu penses que ça ira ?
- Hum... C'est un peu brusque, mais je suppose que c'est mieux ainsi..., dit-elle d'un haussement d'épaules.

Un poids se noua dans son ventre, et l'envie de faire marche arrière la titilla au point de la rendre hésitante. Toutefois, l'expression sérieuse de Barnaby la ramena à l'ordre : elle ne pouvait plus se permettre de fuir. Plus maintenant.

- Karina, commença ce dernier d'une voix énigmatique. Il y a autre chose.

Les disques de bronze de la jeune femme se plissèrent pour laisser dévoiler un regard à la fois craintif et curieux. Les émeraudes du Héros se perdirent sur un point invisible, avant de glisser sur une Karina troublée.
Lui non plus ne devait pas fuir.

- Quoi donc ?, s'enquit-elle.
- Et bien... Kotetsu sera aussi de la partie.

Immobile, la jeune femme sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine, prêt à la transpercer à tout instant. Le prénom de Kotetsu eut le même effet qu'une gifle, et l'entendre une nouvelle fois la paralysa.
Après plusieurs mois sans nouvelles, elle allait enfin « le » revoir.
Comment réagirait-il ? Depuis ce fameux jour où il l'avait repoussée, elle ne se doutait pas un seul instant que leurs retrouvailles se feraient dans de telles conditions. Par conséquent, elle craignait son regard, plus que tout. La regarderait-il avec des yeux emplis de compassion ? Un malaise se créerait-il entre eux au souvenir de sa pitoyable déclaration d'amour ? Ou bien un froid s'installerait-il, provoquant un éloignement inévitable ? A moins qu'il ne lui parle comme si de rien n'était.
Quelle situation serait la plus appropriée ? Elle-même n'en connaissait pas la réponse. Tout ce qu'elle savait, concernait son attitude à elle. Qu'importe la peur, le doute, l'angoisse, la culpabilité ; elle ne devait pas fuir. Elle devait affronter l'avenir. Et cela signifiait aussi l'affronter lui, et sa réaction. Elle ne reculerait plus. Elle ne fuirait plus. Elle avait accepté d'avancer et elle ne reviendrait pas sur ce choix. Pour elle. Et pour ses proches.

- Je vois..., se contenta-t-elle de souffler.

Par crainte de l'angoisser par le biais d'interrogations inutiles, Barnaby n'ajouta rien de plus et l'échange se clôtura ainsi. Par la suite, l'ancienne Héroïne retourna dans sa chambre pour se perdre une énième fois dans ses pensées. L'image de Kotetsu la perturbait, la blessait... et finit par la rassurer d'une certaine manière. Elle le connaissait, et elle savait que ces retrouvailles s'avéreraient moins pénibles qu'elle ne le croyait.
Après tout, Wild Tiger restait un être passionné, et faisait tout pour rassurer, secourir, une personne dans le besoin. Il était l'exemple même de la gentillesse. Alors, elle ne devait pas s'inquiéter, ni s'enfermer dans sa bulle, aussi compliquée soit cette résolution.
Tandis que les nuages enveloppaient la lune, les paupières de Karina s'alourdirent progressivement, et Morphée l'emprisonna dans ses bras en un rien de temps. Bien que la première partie de la nuit se déroulât dans le calme, la seconde se montra plus mouvementée. En effet, à l'instar d'une ombre noire machiavélique, le rêve de la jeune femme se transforma en cauchemar.
Le même que d'habitude.
L'éternel songe diabolique qui la renvoyait à son impuissance.
Lorsqu'elle se réveilla en sursaut, aux alentours de sept heures du matin, elle regretta de ne pas avoir évoqué le sujet à son médecin.
Qui cherchait-elle à rattraper sur les marches imposantes de ce grand escalier ? Qui se cachait derrière la sombre silhouette ?
Ce rêve paraissait trop symbolique pour l'ignorer, néanmoins, il était trop tard pour en discuter avec mademoiselle Strauss.


Karina avait passé la journée dans sa chambre, à la recherche d'une tenue à porter pour accueillir ses collègues. Elle essaya d'abord une robe d'hiver aux tons chocolats, qui s'arrêta juste au dessous des genoux. Hélas, les rares parties dénudées de sa peau dévoilaient les brûlures liées à son agression, et l'idée de porter des vêtements de ce style la révulsa. Elle ôta ensuite pour une tunique cintrée par dessus un jean noir, mais la vision de son corps, serré dans des habits aussi moulants, la força à revenir sur son choix. Au bout de plusieurs essais, son choix définitif se porta sur un pull en laine blanc et un pantalon droit qui cachaient bien ses blessures tout en lui octroyant une forme un peu plus ronde.
Dissimuler, voiler, couvrir, masquer, camoufler... C'était devenue une obsession pour la Rose. Son corps amaigri, ainsi que ces affreuses cicatrices lui faisaient honte, et à ses yeux, montrer de telles abjections aux Héros risquait sûrement de les embarrasser.
Dans le ciel hivernal, le soleil brillait plus fort que d'habitude, comme prêt à chasser les couleurs moroses de la saison. Les arbres étendaient leurs branches dégarnies vers l'astre doré, à l'image de fidèles implorant le salut de leur Dieu. Et le vent frappait par moment aux carreaux des fenêtres, interpellant Karina qui, jusque là, se concentrait sur l'attitude à adopter une fois devant les Héros. Tout en s'avançant vers la fenêtre, elle laissa ses lèvres délivrer un soupir, puis sentit une brise agréable lui caresser le visage lorsqu'elle ouvrit les volets. Un léger brouillard recouvrait les environs, plongeant la ville dans une ambiance effacée, à la limite fantomatique. Malgré cela, la jeune femme apprécia le paysage, ferma les yeux pour laisser le vent souffler dans ses cheveux.
Depuis combien de temps n'avait-elle pas ressenti une sensation aussi apaisante ? A quel point avait-elle pu ignorer qu'une chose aussi banale pouvait lui procurer un tel soulagement ? Comme quoi, il fallait parfois se suffire d'un rien pour trouver le réconfort.

- Karina ?

Ses paupières se relevèrent en vitesse, et ses yeux s'élargirent quand ils reconnurent Barnaby, qui venait de la rejoindre. Tandis que son regard restait figé sur Karina, ses cheveux bouclés dansaient au rythme du vent, provoquant ainsi un effleurement sur sa peau par le biais de quelques mèches.
Le duo demeura dans cette position un moment, sans un mot, et une sensation sécurisante gonfla le cœur de l'ancienne Next.
Elle appréciait cet instant, sans comprendre pourquoi.

- Tout va bien ?, reprit Barnaby en arquant un sourcil.
- O-Oui ! Pourquoi me demandes-tu ça ?, sursauta Karina.
- Et bien, avec ce qui est prévu tout à l'heure... Puis te voir devant la fenêtre grande ouverte m'a poussé à te poser la question.

Son attention troubla à nouveau la Rose et elle retint un sursaut. Toutefois, elle lui adressa un petit sourire en coin, et hocha la tête en guise de réponse :

- Ça va aller. Je ne peux pas reculer de toute façon, dit-elle

L'homme croisa les bras et acquiesça. Néanmoins, après quelques secondes de silence, Karina reprit la parole :

- Je suis désolée...
- Hum ?
- Ce que j'ai pu te dire certaine fois, ou même les propos que j'ai tenu le soir de ton anniversaire... Je suis désolée, confia-t-elle.

Barnaby se tourna vers son interlocutrice, l'expression ravagée par l'incompréhension. Avec tous les événements des derniers mois, il en avait oublié la dispute survenue la nuit de son anniversaire, et se souvenir de cet échange lui procura un sentiment nostalgique et amer.
Pourquoi s'excusait-elle maintenant ? Culpabilisait-elle ? Dans ce cas pourquoi aujourd'hui ? Au final, après mûre réflexion, il abandonna sa quête de réponses tant ses questions lui parurent futiles.

- Tu n'as pas besoin de t'excuser, soupira-t-il. C'est du passé tout ça. Et puis, peut-être n'as-tu pas totalement tort dans le fond. Nous sommes des Héros, c'est dans notre contrat de jouer un rôle et de porter en permanence un masque. Tu as sans doute raison. Je joue de mes atouts pour conserver ma place de numéro un, mais si cette manière me permet de défendre mes valeurs, alors ça me convient.

Attentive, la jeune femme laissa son hôte s'expliquer, et un discret sourire s'afficha sur sa figure au fil des mots qu'il prononça.

- Tu commences à parler comme Kotetsu. Fais attention, plaisanta-t-elle.

Les joues du Héros s'empourprèrent un peu, si bien qu'il dut détourner la tête pour ne rien laisser paraître.

- Ne me compare pas à cet imbécile, siffla-t-il.
- Excuse-moi, sourit Karina. Mais je comprends ton point de vue.

L'échange se clôtura ainsi, et la matinée passa plutôt rapidement. Barnaby vaqua à ses occupations tandis que Karina feuilletait des magazines anodins, toujours pensive sur le comportement qu'elle devait prendre. Plus les heures s'écoulaient, plus la boule au ventre s'agrandissait, comme si elle s'apprêtait à monter sur scène pour y jouer une composition personnelle au piano. Sauf qu'aujourd'hui, ses spectateurs n'étaient pas de simples inconnus, mais des connaissances qu'elle avait évitées depuis trois mois. C'était différent, incomparable, et elle devait se faire une raison.
L'horloge afficha quatorze heures et quart lorsqu'on frappa à la porte, annonçant le moment fatidique. Karina quitta son fauteuil d'un bond, jeta un bref coup d'œil à Barnaby qui se dirigea vers l'entrée. Elle souffla ensuite longuement afin de ne pas se laisser submerger par l'appréhension.
Le cliquetis des serrures résonna, accompagné du grincement de la porte qui s'ouvrit, et des voix familière s'élevèrent aux alentours.

- Bonjour, prononça Barnaby.
- Bonjour..., répondirent en chœur les Héros.

Karina écoutait le son de leur voix. Elle demeurait là, immobile, au milieu du salon, près du fauteuil, comme si celui-ci pouvait lui être d'un quelconque secours en cas de malaise soudain. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, et ses mains devenaient de plus en plus moites au fil des secondes. Bien que l'angoisse l'étouffât, elle tenta de la contrôler et de rester forte. Elle avait pris sa décision. Elle irait jusqu'au bout.
Elle eut à peine le temps de se répéter de se répéter à nouveau ses résolutions et de se redonner ainsi du courage, que Barnaby revint au salon, en compagnie des Héros.
Nathan, Antonio, Pao Lin, Ivan, Keith... Ils se tenaient tous en face d'elle.
Sauf un.
Tandis qu'elle s'interrogeait sur l'absence de Kotetsu, un silence pesant s'installa entre la jeune femme et ses collègues. Certains la fixaient, d'autres n'osaient pas. Que fallait-il dire ? Qui devait faire le premier pas ?
Et alors que ces questions traversaient l'esprit de chacun, une voix efféminée et emplie d'une joie sincère s'éleva dans les airs :

- Quelle joie de te revoir Karina ! s'exclama Nathan.

Il avait suffi d'une phrase, d'une intonation, d'un simple compliment pour que les doutes et les peurs de la Rose s'effacent. Ses lèvres s'étirèrent timidement lorsqu'elle posa les yeux sur son ami, et la confiance la regagna en un rien de temps.

- Il en va de même pour moi, dit-elle. Comment allez-vous ?

L'ambiance, ainsi que l'expression des Héros s'adoucirent. Tandis que Pao-Lin, Nathan et Keith souriaient discrètement, Ivan et Antonio, rassurés, se frottèrent l'arrière de la tête. Ils répondirent à la question, sans enchérir, et Barnaby les invitèrent à prendre place. Par la suite, Karina les observa un à un, en silence et submergée par une seule et même question.
« Où est Kotetsu ? »
Cette interrogation tournait continuellement dans sa tête au point de lui donner la migraine. Quelle ironie : elle qui redoutait plus que tout sa venue, voilà qu'elle s'inquiétait de ne pas le voir. Elle s'apprêta à demander des explications, toutefois, quelqu'un frappa à la porte et la stoppa dans son élan.
C'était lui.
Bien sûr que c'était lui !
Tous les regards se braquèrent sur elle, cependant, elle n'en tint pas compte, préférant observer Barnaby qui s'avançait vers la porte d'entrée. Un petit bruit retentit, et, après un mutisme de plusieurs secondes, la voix du nouvel arrivant se fit entendre.
Celle de Wild Tiger :

- Elle est là... ?
- Oui, au sa...

Kotetsu ne laissa pas à Barnaby l'occasion de terminer sa phrase. En effet, aussitôt qu'il entendit la confirmation, il entra en vitesse à l'intérieur pour se diriger vers le salon. Ses pas vifs résonnèrent dans le couloir, et l'ancienne Héroïne déglutit à l'idée de se retrouver devant « lui ». Néanmoins, elle réussit à dominer ses émotions, puis se redressa pour mieux attendre « son » arrivée, sous l'œil préoccupé de ses collègues.
Le temps se stoppa au moment où le vétéran pénétra dans la pièce, plongeant involontairement ses disques dorés dans ceux de Karina. Dans un silence troublant qu'eux seuls ignorèrent, l'échange de regards dura plusieurs secondes, semblables à de longues minutes. Malgré le tintamarre provoqué par le rythme rapide de son cœur dans sa poitrine, la jeune femme décela, sans trop de mal, le souffle saccadé du Héros.
« Il a dû courir... », supposa-t-elle.
Kotetsu ouvrit à demi la bouche, prêt à prononcer quelque chose. Mais, délaissé par son propre courage, il la referma immédiatement. Par la suite, ses sourcils se froncèrent sous le poids de la frustration.
Que pouvait-il lui dire ? Sa peur de faire une bourde se cramponnait à lui telle une sangsue drainant avec fourberie sa confiance en lui. Karina se trouvait là, métamorphosée par son expérience traumatisante : des cernes violacées agressaient ses yeux, plissés par la fatigue, sa peau pâle, et ses joues creuses, lui conféraient une allure squelettique, à la limite fantomatique. Et face à cette effroyable vision, Kotetsu voulut la prendre dans ses bras, l'enlacer en signe de compassion. De soutien.
Toutefois, il se doutait que son initiative s'avérerait plus néfaste que bénéfique.
Il était faible. Idiot. Inapte et inutile. Il devait se faire une raison.
Pourquoi était-il venu au juste ? Pour se débarrasser de sa propre culpabilité ? Par simple désir égoïste ? Voilà donc ce que valait sa véritable nature ?!

- Merci d'être venu..., dit Karina d'une voix timide.

Cette phrase suffit à balayer la majorité des doutes qui souillaient son esprit.
Kotetsu releva la tête, fixa de ses yeux humides Karina, et sentit son âme s'alléger d'un poids.
Oui, il était idiot. Idiot de sous-estimer Blue Rose.

- Ne me remercie pas, c'est normal non ?, demanda-t-il.

Des sourires apparurent sur les visages des Héros, y comprit celui de la jeune femme. Elle invita le Tigre à prendre place et finit par s'asseoir à côté de Pao-Lin. Cette dernière sentit le feu lui monter aux joues, et l'envie secrète de se confier à Karina la titilla.
Depuis qu'elle avait assisté, impuissante, à la tragédie ayant bouleversé l'existence de son aînée, la culpabilité s'était enracinée dans son cœur. Néanmoins, elle savait que lui en parler dans l'immédiat n'amènerait rien de bon. Alors, elle prit sur elle, adressa à Karina un petit sourire en coin, participa activement aux diverses conversations, et se dit qu'il était encore trop tôt pour aborder le sujet épineux.
Les autres Héros partageaient, en secret, la même opinion.

Deux heures s'écoulèrent, noyées dans des discussions banales et agréables. L'ancienne Next était ravie d'apprendre que tout allait bien pour ses collègues. Elle voulut leur demander des nouvelles concernant son image auprès de ses fans, seulement elle se restreint. Elle refusait de briser cette ambiance conviviale, de gâcher les efforts de ses amis, en abordant un sujet qu'ils essayaient d'éviter pour son bien. Car elle se doutait bien que bons nombres de questions les perturbaient, qu'ils souhaitaient comprendre certaine choses, mais qu'ils ne pouvaient se le permettre à l'heure actuelle.
L'atmosphère chaleureuse s'apparentait à un mirage éphémère. Une seule phrase de travers, et elle disparaissait dans le Néant pour laisser place à un climat incommode. Karina secoua la tête à cette pensée : plus que tout, elle souhaitait conserver l'illusion rassurante le plus longtemps possible. Elle en ressentait le besoin. Elle voulait s'évader, redevenir la jeune femme d'antan, oublier un moment son affreuse expérience, aussi égoïstes et hypocrites soient ses désirs.
Oublier. Profiter de ces retrouvailles pour effacer de sa mémoire, les images qui hantaient son subconscient. Rire, même si ces rires se transformeraient, plus tard, en larmes. Juste profiter de l'instant, pour retrouver un peu de joie.

Toutefois, une question inattendue résonna dans le salon :

- Et que comptes-tu faire, maintenant ?

L'intonation de Barnaby provoqua un silence. Kotetsu se tourna vers son ancien partenaire, les yeux grands ouverts, tandis que Nathan glissa son regard de braise vers Karina, en compagnie de Pao-Lin et Ivan.
Toutefois, à leur grande surprise, la Rose ne sembla pas heurtée par l'interrogation de son hôte. Au contraire, elle paraissait plutôt sereine et confiante.
Sous l'air intrigué de Kotetsu, Keith et Antonio, elle releva doucement la tête vers Barnaby, et lui offrit une réponse surprenante :

- Je compte rendre visite à mes parents.

Des exclamations de stupéfaction retentirent. Même Barnaby paraissait choqué par l'imprévisible annonce, et seul Kotetsu conservait une expression calme, agrémentée d'un petit sourire en coin.
Devant les réactions de ses collègues, les joues de l'ancienne Next prirent une teinte rosée.

- Je pense les avoir assez inquiétés comme ça..., reprit-elle, en jouant nerveusement avec ses doigts. Je ne peux me permettre de les faire attendre plus longtemps. Et puis... hum...

Elle marqua une pause, souffla un instant, et réfléchit minutieusement aux mots qu'elle devait employer pour bien se faire comprendre.

- Et puis... vous revoir m'a permis de comprendre que je n'étais pas seule. Que je ne devais plus fuir mes proches et leur soutien... J'ai donc pris une décision. Certes, elle m'effraie mais... Mais si je ne me force pas un peu, je ne pourrais pas avancer, n'est-ce pas ? Voilà pourquoi je veux revoir mes parents le plus vite possible.

Les Next s'échangèrent des regards perplexes : ils n'en revenaient toujours pas. Surtout Barnaby qui découvrait une Karina plus mature et courageuse, prête à se battre pour se délivrer de ses tourments. Oui, plus le temps passait, plus elle osait prendre des risques, procurant alors une immense fierté au Héros, qui voyait là ses efforts récompensés.
De son côté, Kotetsu se releva, observa un instant la Rose, puis lui adressa une phrase réconfortante :

- Je suis certain que tout se passera bien. Tu leur manques.
- Quoi que tu décides, nous te soutiendrons !, enchérit Pao-Lin.
- Tu fais le bon choix, j'en suis persuadé..., ajouta Ivan.

Les disques de bronze de Karina s'élargirent, et un agréable sentiment s'empara d'elle, si bien qu'elle sentit les larmes embaumer ses iris. Plus que des collègues, c'était des amis en or qui la soutenaient.
Quelle douce sensation. Comme si elle assistait à un rêve sans fin, à un dénouement joyeux.
Son cœur s'allégea, ses lèvres s'étirèrent un peu, et elle adressa un « merci » aux protagonistes d'Hero TV. Un mot qui tremblota sous le poids de ses émotions euphoriques. Et l'après-midi se termina dans des rires, accompagnés d'échanges enjoués, prolongeant ce mirage fantasmagorique. Ce mirage qui, tôt ou tard, s'engouffrerait dans l'oubli.
Car cachés dans le jardin, les Next à la solde d'Aiden observaient continuellement, et dangereusement, les actions des Héros, et plus particulièrement celles de Barnaby Brooks Jr.


Note de l'auteur : Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser une petite review si le cœur vous en dis ! Je vous souhaite avec beaucoup d'avance de bonnes fêtes de fin d'année, et vous donne rendez-vous l'année prochaine (le 9/01 ou le 16/01 au plus tard) pour le chapitre 35 ! :)
Portez vous bien !