Je poste un chapitre dans les temps pour une fois! Encore une fois je remercie ceux qui me postent des reviews, ça me motive!
Le début du chapitre n'est pas très intéressant à mon goût, mais la fin l'est plus.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 24 : Vie privée.
Ziva était chez elle. Elle réfléchissait aux derniers événements qui venaient de bousculer sa vie, et à ce dont elle allait devoir faire face dans les mois à suivre. Elle avait le sentiment de se trouver au pied d'une montagne infranchissable. Les derniers jours avaient été difficiles pour elle. Beaucoup de souvenirs, d'images, lui étaient revenus en mémoire, et elle avait passé beaucoup de son temps à penser à ses amis de Washington. Elle avait allongé ses joggings matinaux pour tenter de se calmer et de se vider un peu la tête, mais ça n'avait pas vraiment marché. Elle se surprenait à fixer l'horloge, calculer le décalage horaire, et se demander ce que chacun était en train de faire à l'autre bout du monde.
Elle venait de terminer la traduction du troisième chapitre du roman de Tim, et assise à l'unique table de son studio, elle avait les idées vagabondes. Elle commençait à accepter l'idée de son retour, à réfléchir à la manière dont elle allait devoir s'organiser pour le prévoir. Elle avait une foule de choses à faire et à penser pour pouvoir organiser ce voyage. Elle se demandait si elle ne s'en rajoutait pas quelques unes histoire de repousser ce moment qu'elle craignait tant.
Elle décida de se ressaisir. Ce n'était pas le moment de commencer à paniquer. Elle devait s'organiser afin d'y voir plus clair et de se rassurer un peu. Elle attrapa un stylo et une feuille qui traînaient par là, poussa son travail en cours pour pouvoir se consacrer à une autre activité quelques instants, et entreprit de lister tout ce qu'elle devrait avoir fait d'ici huit mois. Enfin, sept mois et demi à présent…
Première chose à faire, démissionner. Ça n'allait pas être facile. Elle aimait son travail et s'y était fait de bons collègues. Mais elle avait surtout du travail en cours. Elle ne pouvait pas laisser tomber ses auteurs si facilement. Elle allait devoir trouver une bonne raison pour que Stirau cesse de lui donner des contrats, et la laisse quitter sa maison d'édition une fois qu'elle aurait accompli tous les travaux qu'elle avait en cours. Il lui fallait trouver une bonne excuse, et rapidement.
Il faudrait ensuite qu'elle vende son studio, et qu'elle organise son déménagement. Elle n'avait plus de domicile à Washington, il lui fallait donc en trouver un. Elle demanderait de l'aide à Tim pour ce point là, il lui trouvera un logement, et elle pourra commencer à y faire envoyer ses affaires avant son départ. Après tout c'est lui qui la forçait à revenir, il pourrait bien lui rendre ce petit service pour faciliter son retour.
Il lui faudrait de plus économiser un peu d'argent pour toutes ces tâches, mais aussi pour son arrivée à Washington, car elle n'était pas certaine que le NCIS accepte si facilement de la reprendre, lui pardonne ce mensonge qu'elle avait fait durer plus de trois ans. Il faudrait qu'elle quitte son emploi à la maison d'édition le plus tard possible.
Elle devrait aussi une fois arrivée à D.C. faire le tour des administrations et expliquer que non, elle n'était pas morte, et se faire faire de nouveaux papiers à son nom de naissance, car elle ne pourrait pas rester Ava Zivdid une fois de retour en Amérique. Cette étape serait ennuyante pensa-t-elle. Elle devrait se justifier, redonner une dizaine de fois les mêmes explications, et prendre son mal en patience dans de nombreux bureaux.
Et enfin, pour que son retour aux Etats-Unis soit accepté, elle devrait rendre visite à son père. Elle appréhendait déjà cette confrontation. Car si elle rentrait chez elle, et qu'il venait à apprendre qu'une certaine Ziva David travaillait de nouveau pour le NCIS, il ne la laisserait pas tranquille. Elle devrait donc se rendre en Israël, et aller expliquer à son père que durant toutes ces années elle s'était cachée, et qu'elle retournait à présent à sa vie d'avant, sa vraie vie, qu'elle ne lui laissait aucune option sur son nouveau choix. Elle avait accompli sa "mission d'adieu" comme il l'avait appelé, elle ne lui devait plus rien. Elle devrait le lui faire comprendre pour qu'il n'envoie pas des officiers à ses trousses, ce qui ne ferait que lui compliquer la vie une fois encore.
Ziva avait le sentiment d'avoir fait le tour des tâches à accomplir. Elle aurait tout juste assez avec ses sept mois et demi pour régler tout cela, se dit elle. Elle reposa son crayon sur la table et repoussa la feuille qu'elle venait de griffonner. Elle préférait éviter de penser à la façon dont elle annoncerait son retour à D.C., à la façon dont elle vivrait cela, et à la réaction qu'auraient ses amis, sa famille. Elle penserait plus tard au côté sentimental. Elle y penserait le moment venu, ça ne servait à rien de déjà se faire peur avec tout cela. Elle ne pourrait de toute façon éviter d'être stressée et chamboulée à l'idée de les revoir, elle le savait. Autant repousser au maximum ce moment où le stress l'envahirait trop et où elle ne pourrait plus penser correctement. Pour l'instant elle allait se concentrer sur le matériel.
Tim travaillait à son bureau. Il tentait de localiser l'entrepôt où leur trafiquant d'armes avait pu stocker sa marchandise douteuse. Hélène était pendue au téléphone depuis un bon quart d'heure, et sa conversation avec le gérant du bar où avait été vu en dernier lieu l'homme allongé sur la table d'autopsie de leur légiste n'avait plus rien de professionnel, songea-t-il. Elle venait de parvenir à se faire inviter à dîner. Tony quant à lui semblait travailler normalement, bien que Gibbs soit absent pour le moment.
Timothy sentit son portable vibrer dans la veste de son costume. Il glissa sa main dans la poche intérieure et le sortit, il venait de recevoir un sms, constata-t-il. Son téléphone affichait le nom de Ziva. Il se sentit soudainement nerveux dans cet open space où il était visible de tous et où n'importe qui pourrait voir le nom de la jeune femme décédée affiché sur son écran. Il sentit son pouls s'accélérer et ses mains devenir moites. C'était la première fois que Ziva entrait en contact avec lui depuis son départ. Le fait que cela se produise en public le faisait paniquer. Il se sentait fautif, comme coupable d'un crime. Il jeta un œil à sa montre, se demandant qu'elle heure il pouvait être à Paris alors qu'il n'était que 10h à Washington. Il vérifia plusieurs fois que ses collègues n'avaient pas remarqué son changement de comportement et son stress apparent, avant d'enfin oser ouvrir et lire le message.
Ziva prenait de ses nouvelles, lui disait où elle en était dans son travail, et finissait en lui demandant si il pouvait lui accorder un service. Tim répondit aussitôt, lui demandant de quoi il s'agissait.
Personne ne semblait avoir remarqué qu'il avait cessé de travailler. En attendant la réponse de Ziva, il reposa son regard sur son ordinateur et une main sur son clavier, pour se donner une contenance. Mais il fut incapable de faire quoi que ce soit de productif. Son portable vibra de nouveau seulement quelques secondes plus tard, et il faillit le perdre des mains tellement il en fut surpris. Il fallait qu'il se calme, et qu'il ne montre pas son trouble, se dit Tim pour se calmer et faire redescendre son rythme cardiaque.
"Je m'organise pour mon retour à D.C., et j'aimerais que tu me trouves un petit appart, si ça ne te dérange pas trop, que je puisse prévoir mon déménagement."
Une partie de Tim se relaxa à la vue du service demandé. Il savait que cela ne lui serait pas facile, et que ça lui demanderait du temps. Il était déjà difficile de choisir un logement pour soi-même, alors quand celui-ci était pour une personne qui ne pourrait donner son avis… Mais au moins c'était le signe qu'elle était vraiment décidée à revenir pensa McGee, elle serait bientôt là. Il était heureux qu'elle n'ait pas changé d'avis.
Il lui répondit positivement, ça ne le dérangeait pas. Il n'eut pas longtemps à attendre avant de recevoir des remerciements de son amie. Il pensa la conversation terminée et se replongea dans son travail, mais quelques instants plus tard son portable vibra une fois de plus, le faisant sursauter. Il s'agissait toujours de Ziva.
"Tu es au NCIS?"
Timothy sourit tristement en lisant ce dernier message. Il s'imagina Ziva quelques instants plus tôt, à hésiter à lui envoyer ce texto, et il devinait la question qu'elle y formulait implicitement. Il se doutait qu'elle aurait aimé être là entre ces murs oranges, avec eux, et retrouver rien qu'un instant cette vie qu'elle avait abandonnée.
Il observa ses collègues à la dérobée une fois de plus avant de taper une réponse à la jeune israélienne. Il croisa le regard de Hélène qui en profita pour lui adresser une grimace et lui tirer la langue.
"Oui, à mon bureau. Gibbs est parti se chercher un café. Hélène fait le clown."
Il sourit et resta à regarder son téléphone une fois le message envoyé, il avait volontairement omis de lui parler de Tony, et il en attendait sa réaction, qui mit quelques instants à arriver. Une fois de plus elle avait dû hésiter avant d'envoyer le texto.
"Tony n'est pas là?"
"Si, il bosse, tu serais étonnée!"
Il ne reçut pas de message de la jeune femme en retour et considéra cette fois leur conversation réellement terminée. Ziva lui manquait, il n'aurait pas aimé être dans sa situation. Il se demandait dans quel état elle était en cet instant. Certainement pas au top de sa forme.
Tim se rappela soudainement la peur qu'il avait eu plusieurs minutes auparavant qu'on ne découvre à qui il envoyait des messages, et il eut alors pour réflexe de modifier le nom correspondant au numéro de Ziva dans le répertoire de son téléphone. Il se dit que si Ziva lui envoyait un message alors qu'il n'avait pas son portable sur lui, il allait au devant de graves ennuis. Il hésita sur le nom à mettre, et opta finalement pour "Ava", ainsi il ne mentait qu'à moitié. Et puis personne ne savait qu'il avait rencontré une "Ava" à Paris puisqu'il n'en avait pas parlé.
Timothy se détendit peu à peu après avoir effacé les messages de Ziva, il devait vraiment faire attention. Il se dirigea ensuite vers les toilettes pour hommes, il n'avait désormais plus qu'à attendre que son ordinateur ne localise l'entrepôt, rien de bien passionnant.
Hélène attendit que son collègue ait complètement disparu pour se lever, et se diriger vers son bureau.
- Tu as vu Dinozzorus, Tim a presque une vie sociale! Lança-t-elle à mi chemin vers le bureau de McGee.
- Tu es dans ton quart d'heure de singeries à ce que je vois, remarqua Tony sans pour autant lever les yeux de son ordinateur.
- Oui. Cet appel avec ce si sympathique gérant du bar m'a requinquée, je me sens en pleine forme, et le récent comportement de McGee m'intrigue.
Hélène se saisit du téléphone, et alla directement consulter les messages de son collègue.
- Laisse ça Hélène, ça ne te regarde pas, la prévint Tony.
- J'aurais pourtant juré qu'il venait de passer cinq minutes à envoyer des sms… Toi aussi n'est-ce pas?
- Oui, mais ce n'est pas pour ça que je serais allé déranger sa vie privée.
- C'est bon Dinozzo, pas besoin de leçon de moral! Je te rappelle que toi aussi tu avais remarqué son activité différente ces cinq dernières minutes.
Hélène marqua une pause.
- Et si je te dis que la mémoire de son téléphone ne contient aucun message reçu depuis hier soir? Poursuivit-elle.
Tony leva les yeux et regarda sa partenaire, stoppant toute activité un court instant, cherchant la bonne réponse.
- Il a sûrement dû effacer ses messages, il commence à être habitué à ta perversité.
- Oh c'est gentil Tony, fit elle en imitant une bouille enfantine, nullement vexée. C'est vrai que le pauvre est habitué, tu m'as bien préparé le terrain avant mon arrivée.
Tony allait répliquer, mais tout comme Hélène, il fut surpris lorsque le portable de McGee vibra entre les mains de la jeune femme. Elle regarda Tony en souriant, puis lut le message.
- Tu ferais mieux de le reposer immédiatement avant qu'il ne revienne, Craps! Dis Tony, la rappelant une dernière fois à l'ordre.
La jeune femme ne répondit rien, troublée par ce qu'elle venait de lire.
- Tu as perdu ta langue? Demanda Tony en quittant une fois de plus son écran des yeux.
- Non, dit Hélène en reposant le téléphone où elle l'avait trouvé, prenant soin de le remettre exactement où Tim l'avait laissé.
Elle retourna s'asseoir à son bureau, alors que Tim ne revenait pas et qu'elle aurait encore eu le temps de lui jouer plus d'un tour.
- De qui est le message? Demanda Tony, surpris par l'attitude de la jeune femme.
- Rien d'intéressant, sa sœur, mentit Hélène. Le bleu n'a définitivement pas de vie sociale, ajouta-t-elle pour donner le change.
Tony sourit et se replongea dans son travail, tandis qu'Hélène, elle, se creusait les méninges, totalement perdue. Elle retournait la situation dans tous les sens, essayant de trouver une normalité à ce qu'elle venait d'apprendre.
Elle n'avait pourtant pas rêvé. "Merci pour tout Tim. Ça va me faciliter les choses. Ziva". Un prénom pareil, dans leur pays, ce n'était pas du tout fréquent. Il était impensable que McGee connaisse deux "Zivas". Mais si cette Ziva qui venait de lui envoyer ce message était réellement son ancienne collègue, Hélène ne comprenait plus rien. Ziva David était pourtant censée être morte… Morte et enterrée.. Elle était un sujet tabou dans cet openspace... Et puis elle avait pris sa place, elle occupait son ancien bureau!
Pour en avoir le cœur net, Hélène décida de tracer ce message, et de voir d'où il provenait.
Timothy revint entre temps, nonchalant. Hélène l'observa, se demandant ce que pouvait bien cacher son collègue. Elle n'aurait jamais cru qu'il puisse ainsi leur dissimuler des choses, de si importantes choses. Elle ne parvenait soudainement plus à le voir comme elle le voyait il y a encore cinq minutes. Elle avait le sentiment de ne plus le reconnaître. Elle avait d'un coup tant de questions. Elle n'avait jamais pensé qu'il puisse être capable de ça, de tels mensonges, si il s'agissait bien de Ziva...
Il ne remarqua pas les regards que lui lançait sa collègue, et la jeune femme continua de se questionner sans relâche, ne sachant plus qui, ni quoi croire. Est-ce que tous lui mentaient? Non, pas Tony, c'était certain. Elle le savait. Il avait été honnête avec elle l'autre soir, il ne lui avait pas menti sur la douleur que ce départ lui avait causé, douleur avec laquelle il luttait toujours. Est-ce qu'ils étaient plusieurs à leur mentir, à elle et à Tony? Aucune idée. Mais pourquoi est-ce qu'ils mentiraient tous à Tony? D'autant que même si personne n'en parlait tous savaient qu'il n'était plus le même depuis la soit disant mort de Ziva. Le son qu'émit son ordinateur, le bip caractéristique d'un résultat obtenu, la sortit brusquement de ses pensées. Personne ne bougea à l'entente de ce bruit devenu habituel, et Hélène examina aussitôt les résultats.
Le sms reçu par son collègue provenait d'un portable acheté au nom d'Ava Zivdid deux ans plus tôt, et avait été envoyé de France, plus précisément de Paris. Hélène restait dans le doute, se demandant si toute cette histoire n'était qu'une supercherie ou non, ce que McGee avait à voir avec tout cela.
Une jeune femme, habitant Paris, se nommant Ava Zivdid, envoyait un message relativement intime à McGee, et signait sous le nom de Ziva. Hélène fronça les sourcils quelques instants, puis lança une recherche sur Ava Zivdid dans son ordinateur. Les résultats apparurent, restreints. La jeune femme n'avait pas de casier judiciaire, et semblait vivre une vie de parfaite citoyenne. Un détail attira l'attention de l'agent du NCIS. Ava Zivdid travaillait dans une maison d'édition parisienne. Hélène tenta de se creuser les méninges et de se rappeler ce que lui avait dit Tim au sujet de son récent voyage en France concernant la traduction de son roman. Elle n'en n'était pas certaine, mais il lui semblait bien qu'il s'agissait de sa maison d'édition.
Un doute prit alors la jeune femme. Elle attrapa un stylo, une feuille et y griffonna "Ava Zivdid", séparé par un point d'interrogation de "Ziva David". Hélène ne pouvait plus nier le pressentiment qu'elle ressentait. Ça ne pouvait pas être une coïncidence. Gibbs ne croit pas aux coïncidences. Soit il s'agissait de deux personnes totalement différentes, et Tim avait rencontré Ava à Paris, soit…
Un éclair de lucidité traversa Hélène. Ava Zivdid, Ziva David… Ava Zivdid n'était autre qu'un anagramme de Ziva David. Hélène en était à présent persuadée, il suffisait de mélanger les lettres... il s'agissait bien là de la Ziva David qui avait occupé sa place trois ans auparavant. Tim venait de recevoir un sms de cette femme, censée être décédée.
Elle leva la tête et regarda Timothy, perplexe, complètement perdue. Pourquoi ne disait-il rien? Que savait-il? Que cachait-il? Et depuis quand était-il en contact avec Ziva, dont Hélène ne savait que si peu de choses? Qui d'autre savait? Pourquoi laissait souffrir Tony? Elle resta ainsi à fixer McGee pendant plusieurs minutes, se demandant ce que cachait son collègue. Quelque chose de beaucoup plus gros qu'un nouveau tatouage, c'était certain.
