Bonjour! Voici le chapitre suivant. Ce n'est pas un chapitre que j'adore mais je trouvais qu'il devait être là pour marquer le tournant de l'histoire. J'aurai pu couper ma fic en deux parties et débuter la seconde partie ici. Je vous laisse découvrir pourquoi.

Un grand merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews! Et ne vous inquiétez pas pour Hélène, vous la retrouverez vite!

Bonne lecture et vive les reviews!


Chapitre 25 : Recoller les morceaux.

La valise noire de Timothy était posée dans l'entrée depuis de longues minutes, mais son propriétaire ne se décidait toujours pas à la prendre et à quitter son appartement. Il n'avait pas touché à cette valise depuis six mois à quelques jours près, et il n'avait aucune envie de se rendre de nouveau en France. Six mois étaient passés depuis son retour de Paris, six mois durant lesquels les enquêtes s'étaient multipliées, et le ventre d'Abby s'était arrondi. Il était maintenant temps pour lui d'y retourner.

Tim et Abby avait profité au maximum de ces quelques mois. La jeune femme lui avait avoué tardivement sa grossesse, et McGee n'avait donc eu que deux trimestres pour se faire à l'idée d'être père. Mais cela lui avait suffit, et depuis neuf jours, il accomplissait ce rôle à merveille. Leur petite fille était née quinze jours avant terme, ce qui n'avait pas déplu à Timothy, qui n'avait eu qu'une peur avant cet événement, que sa fille ne naisse alors qu'il serait à Paris, si loin d'elle et d'Abby.

Il se demandait toutefois si il n'aurait pas préféré qu'elle attende son retour pour pointer le bout de son nez, car c'était à présent un calvaire pour lui d'abandonner les deux femmes qui faisaient son bonheur, même si ce n'était que pour deux jours.

Deux jours, se répétait-il. À peine quelques heures… Juste une nuit… Chez Ziva qui plus est. Il allait pouvoir revoir son amie, qui lui avait gentiment proposé d'éviter des frais d'hôtel. Et puis il n'avait pas le choix. Ziva avait terminé la traduction de son roman, il devait se rendre à Paris. Il devait aller annoncer à Ziva la bonne nouvelle! Il avait préféré ne rien lui dire par téléphone, car comme pour le reste des membres de l'équipe, il voulait voir son visage lorsqu'elle apprendrait que Abby et lui étaient dorénavant parents, il ne voulait surtout pas manquer ça.

Abby se montrait d'ailleurs bien plus courageuse que lui fasse à la situation. Sa princesse dans les bras, elle faisait tout pour le rassurer et le laisser s'en aller l'esprit léger. C'est elle qui devrait stresser, lui disait-elle. C'est elle qui allait devoir tout gérer toute seule pendant deux jours, pendant qu'il pourrait se prendre des vacances. Mais ils savaient tous les deux que toute l'équipe arriverait dès le moindre problème. Elle ne cessait pas de le lui répéter pour le convaincre d'attraper sa valise et de filer à l'aéroport avant de rater son vol.

Au bout de longues minutes sur le pas de la porte, et de nombreux aux revoir, Timothy partit finalement à contre cœur, n'ayant qu'une hâte, repasser le pas de sa porte dans l'autre sens.


Ziva le retrouva directement dans le bureau de MrStirau en fin d'après-midi. Le retard de son avion ne leur avait pas permis de se voir auparavant, et ils durent se contenter d'un franc sourire pour leurs retrouvailles.

Ce que Timothy considérait comme des banalités administratives dura deux bonnes heures. Il se contentait pourtant d'approuver, remarquant que Ziva avait très bien fait son travail. Combien de temps aurait-il dû rester assis sur cette chaise face au bureau de l'éditeur si il n'avait pas été satisfait, s'il avait été mécontent de la traduction de son roman? Il préférait ne pas y penser, c'était déjà bien assez long comme ça, il ne tenait plus sur sa chaise.

MrStirau reçut finalement un coup de téléphone, et quitta son bureau quelques instants, prenant à peine le temps de demander à Tim et Ziva si une pause ne les dérangeait pas, il lança simplement qu'il avait une affaire urgente à régler.

Tim se tourna alors vers Ziva et lui sourit une fois de plus, un sourire sincère mais un peu timide.

- Tu vas bien? Ça fait déjà quelques temps qu'on ne s'est pas vu!

Une légère gêne était présente entre les deux amis. Ils avaient déjà passé le cap houleux et sensible des explications, et quelques sms avaient traversé l'Atlantique depuis la dernière visite de McGee, mais maintenant qu'ils étaient de nouveau tous les deux là, face à face, ils ne savaient pas par quoi commencer. Ils devaient à présent reprendre leur relation d'amitié là où ils l'avaient laissée, et recréer ce lien qu'ils avaient construit en travaillant ensemble toutes ces années. Ce n'était pas le plus simple, le temps avait laissé ses traces.

- Oui. J'ai été assez occupée ces derniers temps. Et maintenant que je boucle mes derniers contrats, je vois la date approcher, et je stress… confessa Ziva. Mais toi tu as l'air d'aller très bien!

- Tu n'imagines même pas à quel point, répondit aussitôt Tim.

- Et pourquoi tant de joie?

- Tu ne me croiras pas, dit-il, prenant un malin plaisir à faire durer le suspense.

- Ne m'oblige pas à me montrer menaçante Tim! Je n'ai pas perdu la main tu sais, et il y a bien un trombone ou deux qui traînent sur ce bureau... reprit-elle en lui lançant un regard noir, comme elle avait-pu le faire autrefois lorsqu'ils se chamaillaient au bureau.

Ces instants lui manquaient.

- Tu ne me fais pas peur, le nargua t'il. Je n'ai pas voulu te le dire par téléphone, je voulais voir ta réaction…

- Ça doit être relativement important dans ce cas.

- En effet... Je suis papa, répondit Tim, heureux d'enfin apprendre la nouvelle à son amie.

- Papa? Abby et toi avez eu un enfant? S'étonna Ziva.

- Oui, une magnifique petite fille. Elle est née il y a dix jours.

- Et comment s'appelle t'elle? Continua de le questionner Ziva, surprise par la nouvelle, et tout ce qu'elle avait manqué.

- Elina. C'est Abs qui a choisi… Mais ça lui va très bien.

- Je suis ravie pour vous deux! J'ai hâte de voir sa bouille. Abby ne doit plus tenir en place! Je l'imagine bien folle de joie à raconter les moindres exploits de votre fille... Votre fille! Il va falloir que je me fasse à cette idée!

Cette remarque fit rire Tim.

- En effet, mais Elina n'est pas elle non plus de tout repos. Elle a l'énergie de sa mère...

Ils échangèrent un sourire entendu, puis un léger silence se fit, avant que Tim reprenne.

- Ton appartement est prêt, il t'attend. Il n'est pas très loin du NCIS, et assez spacieux. Plus grand que ton studio actuel en tout cas!

- Merci pour tout McGee.

- J'espère qu'il va te plaire...

- Je te fais confiance Tim, ce sera très bien, le rassura Ziva en posant une main sur son bras.

Un étrange silence prit de nouveau place.

- Tu as l'air de bien appréhender ton retour, remarqua alors Tim, lisant le stress de Ziva dans ses yeux.

Elle soupira.

- Ça fait beaucoup de changement dans ma petite vie. Je me demande comment ils vont réagir... Je me demande si Gibbs va accepter de me reprendre au NCIS, et puis je n'ai toujours pas trouvé d'excuse valable pour démissionner d'ici, et tout quitter, sans vraiment disparaître cette fois… J'ai l'impression d'être une enfant qui fait ses premiers pas dans l'école des grands, conclut-elle dans un sourire.

- Ne t'inquiète pas. Moi je ne t'en veux pas. Tu as pris le temps de m'expliquer, et j'ai compris les choses. Je suis sûr qu'ils en feront autant. Et puis pour l'excuse, tu as pourtant de l'imagination!

- Mais là je sèche… Et puis il faudrait que je cesse de travailler dès maintenant si je veux être à Washington dans un mois, car j'ai encore de nombreux détails à régler...

- Tu peux repousser ton arrivée de quelques jours… Tu n'es plus à ça près je pense, répondit Tim.

- Non. Si je fais ça je n'aurai plus le courage de revenir, avoua Ziva. J'ai déjà acheté mon billet d'avion, pour ne pas pouvoir faire marche arrière. Je me connais, j'en serais capable, termina-t-elle plus faiblement.

- Tu es très prévoyante!

- Oui… Lâcha Ziva dans un soupire. Je commence à me connaître.

- J'ai bien une idée… Reprit Tim après un léger silence.

- Laquelle?

- Abby a pris un congé de maternité, elle ne travaille plus depuis un mois et demi. Tu pourrais dire que tu es enceinte.

Ziva regarda Tim avec de grands yeux.

- Moi? Enceinte? S'étonna-t-elle.

- Oui. Ils ne sont pas obligés de savoir que c'est faux et que tu es toujours célibataire.

- Merci Tim…

- Désolé, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, répondit-il confus.

- Je sais. Mais si je veux pouvoir partir dès la semaine prochaine en congé de maternité, il faudrait déjà que je sois bien enceinte, et que ça se remarque Tim, enchaîna Ziva, les deux amis retrouvant peu à peu un rythme naturel de conversation.

- Tu ne peux pas leur dire que tu en profites pour rentrer chez toi en Amérique? Que tu veux rejoindre un petit ami laissé en aux USA?

- Je leur ai dit que je n'avais plus de famille aux Etats-Unis. Mais c'est une bonne idée Tim, je peux dire qu'il me reste un peu de famille éloignée, et que je profite d'attendre un enfant pour retourner auprès du peu de famille qu'il me reste, car au fond je savais que je ne resterais pas toujours en France.

- Et bien voilà, tu l'as ton excuse!

- Merci beaucoup Tim! Vraiment! Sans toi je ne m'en sortirais pas, continua Ziva, plus que sincère.

- De rien. Je ne suis pas ton ami pour rien, répondit-il, presque gêné.

Ziva allait lui répondre lorsqu'elle aperçut son patron qui revenait, le téléphone à la main. Elle s'écarta de McGee et se renfonça dans sa chaise. Il valait mieux éviter que celui-ci ne voit l'ampleur de sa complicité avec l'auteur, ça susciterait des questions auxquelles elle n'avait pas envie de répondre.

- Excusez-moi, il s'agissait d'un appel urgent, déclara Stirau en reprenant place derrière son bureau.

Il tenta de reprendre les choses là où il s'était arrêté, mais sembla un peu perdu. Il leva finalement les yeux vers son employé, et interrogea Ziva.

- Où en étions-nous Melle Zivdid?

- Il ne restait plus qu'à signer les accords de fin de contrat, nous avions quasiment terminé.

- Bien, répondit l'éditeur.

Il se saisit de quelques feuilles qu'il tendit à Timothy, sur lesquelles le jeune homme apposa sa signature à plusieurs reprises. Les formalités furent finalement terminées, et tout le monde se leva. Ils se serrèrent la main, et Timothy avait déjà fait quelques pas en direction de la porte de sortie quand Ziva s'adressa à Stirau.

- Je peux vous parlez quelques instants MrStirau?

- Oui, je peux vous accordez quelques minutes, répondit-il tout en jetant un œil à sa montre.

- Merci. J'arrive Tim, on se retrouve à mon bureau?

- D'accord, à tout de suite, dit-il en fermant la porte derrière lui, se doutant du sujet de la conversation qu'allaient avoir Ziva et Stirau.

MrStirau se rassit derrière son bureau, et questionna la jeune femme.

- Que se passe-t-il? Un problème?

- En quelque sorte. Deep six était mon dernier contrat en cours, et maintenant que celui-ci est terminé, j'aimerais rentrer en Amérique.

- Comment ça "rentrer en Amérique"? Vous me demandez quelques jours de vacances?

- Pas réellement non, je viens pour vous donnez ma démission MrStirau, expliqua Ziva.

- Votre démission! Vous comptez rentrer définitivement aux Etats-Unis? Quelque chose ne va pas? S'étonna son employeur.

- Rien de grave, rassurez-vous, j'ai aimé travailler ici dans le monde de l'édition, mais j'ai toujours su que je ne resterais pas en France, et je crois qu'il est temps pour moi de rentrer.

- Bien, dans ce cas je vais m'arranger pour me débrouiller sans vous en attendant de trouver quelqu'un pour reprendre votre poste. Je n'ai aucune raison de m'opposer à votre décision.

- Merci, conclut Ziva, prête à faire demi-tour.

- Je peux tout de même savoir pourquoi vous choisissez de rentrer maintenant chez vous Melle Zivdid, avoir un justificatif. Car vous me donnez là de la paperasse supplémentaire.

Ziva sourit légèrement.

- Oui, je suis enceinte de trois mois, et le père de cet enfant vit en Amérique. Je rentre chez moi fonder ma famille, dit Ziva, se rappelant d'être précise lorsqu'elle mentait, et se disant que cela n'était pas tout à fait faux.

Elle s'en allait bien à Washington recoller les morceaux avec ceux qui comptaient le plus pour elle, refonder sa famille de cœur.

Elle échangea encore quelques mots avec Stirau, puis sortit du bureau de celui qui était à présent son ancien patron, et rejoignit Tim, se disant que cette fois, elle ne pouvait vraiment plus reculer.


Fin de la version "revu et augmenté".