Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jushiro Ukitake

Rating : T

Warnings : langage vulgaire

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jushiro Ukitake…

G x J

« Welcome to our city, Mr Ukitake.

- Vous savez, au détour de mes nombreux voyages, j'ai appris à parler français.

- Oh pardon, bien sûr. Êtes-vous bien installé ?

- Tout est parfait, merci.

- Très bien. Vraiment, c'est un honneur de vous avoir ici pour le vernissage de cette exposition.

- Ce n'est rien. Vous savez, l'accueil par le public des œuvres de Snowdrop est toujours un moment intéressant.

- Je n'en doute pas. M. Muguruma vous attend dans son bureau. Je vous en prie.

- Merci beaucoup. »

G x J

Les clichés séchaient lentement dans la salle de bain, provisoirement transformée en chambre noire. Grimmjow sortit une bière du frigo et s'installa devant son ordinateur. Il ouvrit le dossier consacré à Snowdrop et commença à visionner la série de photos concernant le voyage que le photographe avait fait en Inde. Les couleurs étaient superbes, les cadrages et les formes parfaites, les images pleines d'émotions. Et le plus étonnant, dans ces moments de vie capturés, c'était leur simplicité et leur force.

« Qu'est ce que je donnerais pour voir comment il bosse… »

Sa photo préférée, dans cette série, était celle d'un petit garçon jouant dans le sable. Ses vêtements très simples, aux coloris chauds et vifs, étaient rapiécés par endroits. Ses petites mains claires plongeaient dans les grains dorés. Le regard tourné vers l'objectif, souriant, il dégageait un profond sentiment de joie et d'innocence. Mais ce qui attirait l'œil, après coup, c'était la tache mauve sur sa mâchoire. Et celle un peu plus verte sur la pommette. Et toutes celles qu'on pouvait voir sur ce corps d'enfant. Les traces des coups, comme discrètes à côté du bonheur de jouer là. Voilà comment Snowdrop montrait les choses. De manière douce, jamais pathétique. Sans en faire trop pour ne pas choquer.

G x J

Grimmjow détestait les clichés sordides de villages appauvris que certains photographes se vantaient de prendre. Ça ne le passionnait pas plus que ça de compter les côtes des gosses qui crevaient de faim… Il en avait vu, des choses répugnantes. Son enfance n'avait pas été des plus roses… Non, il fallait montrer autre chose que ce que l'on voit à la télé. Snowdrop l'avait bien compris. Il travaillait à l'argentique, préférant développer ses photos lui-même et prendre le risque de détruire ses négatifs plutôt que d'utiliser le numérique. Grimmjow partageait à moitié son avis, comme quoi le numérique était trop durable, et que la photo se devait d'être éphémère, pour mieux marquer les esprits. Après tout, les pellicules pouvaient aussi être conservées… Voilà ce dont il aurait voulu parler avec son idole : la technique, la forme, le fond… Apprendre pour devenir plus fort. Apprendre pour arriver au summum. Apprendre pour dépasser Snowdrop.

G x J

Après une heure passée à « essayer de foutre la main sur ce putain d'objectif de merde » (dixit Chaton bleu), Grimmjow fut réveillé par le téléphone qui sonnait. Parce que oui, il s'était endormi sur le canapé : les recherches, ça crève. Il se leva péniblement et décrocha, les yeux encore mal ouverts :

« Ouais ?
- Bonsoir, Grimmjow.

- 'Tain, t'vas jamais m'lâcher, connard !

- Rappelle-toi que tu as une dette envers moi, et cesse immédiatement de m'insulter.

- T'sais où tu peux t'la foutre, ta dette ? J'te dois rien, Aizen, j'me suis cassé d'Hueco Mundo sans que t'aies à intervenir alors fous-moi la paix.

- Ca me désole que tu sois aussi peu reconnaissant. Mais ce n'est pas pour cela que j'ai daigné t'appeler.

- Si c'était pour me faire chier et m'prendre la tête, c'est réussi…

- L'un des gamins m'a dit que tu étais venu rôder autour de Las Noches.

- Ca te dérange ?

- Disons que je ne serai pas responsable s'il t'arrive un jour quelque chose. Tu sais, pas mal d'Arrancars t'en veulent toujours. On ne quitte pas l'Espada de Sosûke Aizen sans en subir les conséquences.

- Sauf que j'suis Grimmjow Jaggerjack et que je vous emmerde, toi et tous tes hommes de mains. Que le petit chien obéissant qui te sert de numéro 4 aille se faire foutre s'il croit qu'il peut encore m'atteindre ! »

Et il reposa violemment le combiné. Pour décrocher à nouveau lorsque la sonnerie retentit une seconde fois.

« Putain, cracha-t-il, toute la planète a décidé de m'emmerder ! Qui vient encore me faire chier ?

- Bonsoir, M. Jaggerjack. Je suis le directeur de la galerie photo du 4ème . J'appelais pour un rendez-vous avec vous mais apparemment vous n'êtes pas en état de discuter. Au revoir.

- Attendez, merde, attendez ! »

Seul la tonalité lui répondit. De rage, il balança le combiné par terre.

« Merde ! » hurla-t-il.

Son cri résonna dans l'appartement vide.

Il y a des fois où le téléphone ferait mieux de fermer sa gueule.