Aïe aïe aïe! Je suis vraiment désolée pour cette longue absence! Pour m'excuser vous aurez deux chapitres ce week-end. Alors je vous souhaite une bonne lecture!
Chapitre 25 : Une clio rouge.
Les deux amis étaient tranquillement assis dans un café. Un doux rayon de soleil venait chatouiller les pavés de la rue où il se trouvait, un peu à l'écart de l'agitation des grands boulevards parisiens en cette fin d'après-midi. La fraîcheur de ce soir d'hiver y faisait frissonner quelques passants qui marchaient d'un pas légèrement pressé, s'arrêtant rarement dans les magasins particuliers de cette rue où Timothy et Ziva partageaient un café tout en bavardant tranquillement.
- Alors cette fois tout est prêt?
- Oui! Lâcha Ziva dans un léger soupire qui montrait le léger stress qu'elle ressentait à l'idée de de nouveau fouler le sol américain d'ici 14 jours.
- Mes papiers sont en règles, mon studio est quasiment vide, je vis avec la seule compagnie de ma valise depuis quelques jours, reprit la jeune femme.
- Tu as déjà fait tes bagages! S'étonna Tim en prenant sa tasse de café.
- Oui, je pars après-demain. Je fais un détour par Israël, expliqua Ziva.
Tim eut du mal à avaler correctement sa gorgée de café, surprit par la dernière remarque de son amie.
- Que vas-tu y faire? L'interrogea-t-il.
- Faire comprendre à mon père que je ne suis pas morte, et que cette fois son pion favori s'émancipe totalement, dit-elle avec un sourire pour cacher sa gêne et son appréhension.
Tim la regarda, de la compassion dans le regard.
- J'espère que tout va bien se passer. Tu sais où tu vas te loger?
- Ne t'inquiète pas tant Tim. Je suis israélienne tu sais, j'ai vécu plus de vingt ans à Tel-Aviv. Crois moi, je connais cette ville.
- Fais tout de même attention à toi, je ne voudrais pas que tu y laisses vraiment ta peau cette fois, je m'en voudrais trop.
- Je surveillerais mes arrières, promis, lui répondit Ziva, comprenant l'importance qu'avait cette dernière remarque pour l'américain.
Elle but une gorgée de sa tasse de café avant de reprendre.
- Il me reste une bonne amie d'enfance dans le quartier où j'habitais quand ma mère était encore là. Elle m'avait accueilli à bras ouvert lors de mon dernier séjour en Israël. Je pense que je vais une fois de plus lui demander cette faveur.
- Elle sait que tu es en vie? Questionna Tim, après avoir but la dernière goutte de son café.
- Non. Confessa Ziva, avant de se taire quelques instants. Je pense qu'elle sera moins surprise que toi de me revoir. Elle sait ce qu'est un attentat et une mission dans la bande de Gaza, elle connaît le Mossad et la situation d'Israël, les difficultés que j'ai avec mon père, je pense qu'elle comprendra facilement, et que ça ne pourra que lui faire plaisir de me revoir.
- Bien. Alors quand et à quel heure est-ce que je viens te chercher à l'aéroport de Washington, en un seul morceau? Parce que je ne te laisserai pas prendre un taxi Ziva.
- Le 23 janvier à 17 h. Terminal 5, normalement. Je te préviendrai en cas de changement.
- Tu arriveras directement d'Israël?
- Oui, je passe 11 jours à Tel-Aviv.
- Bien.
Ziva regarda celui qui redeviendrait bientôt son collègue, elle l'espérait, puis finit à son tour sa tasse de café. Elle avait hâte.
Suite à cela, les deux jeunes gens se levèrent, et Ziva raccompagna son ami chez elle. Il y prit ses affaires, puis se fit conduire à l'aéroport. Il reprit la conversation dans la voiture de Ziva, surprit par ce qu'il se passait autour de lui.
- Tu ne roules pas plus vite?
Ziva rit doucement, tout en jetant un œil dans son rétroviseur.
- Non. J'ai du m'adapter à la conduite parisienne, qui n'est pas la plus douce, pour éviter de me faire repérer et m'attirer des embrouilles. Mais ne rêves pas trop, certaines choses ne s'oublient pas.
McGee se renfonça dans son siège.
- C'est comme le vélo, hein… Et que va devenir ta voiture après-demain?
- Un heureux concours de circonstances me permet de la donner à Sarah.
- Blémont?
- Oui Tim, dit elle en le regardant un instant. La sienne est tombée en panne la semaine dernière. Elle a eu vent de mon départ, et je lui ai donc proposé de reprendre ma clio. Ça nous arrange toutes les deux.
- D'accord.
Ziva prit la sortie d'autoroute et ralentit sur la voix de décélération, ils arrivaient à l'aéroport.
- Tu as revu Sarah? demanda Ziva.
- Oui, on s'est croisés dans un des couloirs de la maison d'édition.
- Et alors?
- On s'est dit bonjour, et quelques formalités. Rien de bien croustillant.
- C'est une fille gentille tu sais, elle agit rarement comme elle l'a fait avec toi.
- Tu me rassures. En tout cas heureusement que je n'ai pas craqué face à ses avances, car j'aurais été beau sinon face à Abby, une fois rentré, quand elle m'a dit qu'elle était enceinte.
- Tu n'aurais jamais craqué Tim, tu es bien trop honnête et fidèle pour ça, le rassura Ziva.
Ils sortirent de la voiture, garée sur le parking de l'aéroport, et Tim prit sa valise noire du coffre de la clio rouge. Les deux amis se serrèrent un court un instant dans leur bras, puis chacun reprit sa route. Les au revoirs ne durèrent pas un instant de plus, chacun sachant que dans 14 jours ils seraient de nouveau réunis. Il voyait cette séparation comme un simple au revoir de quelques heures, ils refusaient de se dire adieu, de plus qu'une autre voiture, qui générait déjà un bouchon, klaxonnait fortement pour savoir si elle pouvait récupérer la place de parking.
Ziva pesta dans sa langue maternelle, et se remit derrière le volant, prenant la route qui la mènerait jusqu'à son studio.
Une clio rouge se gara soigneusement sur la parking d'Orly sud, la conductrice prenant son temps pour faire un créneau correct. Une jeune femme blonde en sortit et se dirigea vers le coffre pour en sortir deux valises, tandis qu'une deuxième prenait son temps pour descendre du siège passager.
- Tu n'as pas l'air pressée de prendre cet avion, remarqua Sarah.
- Si… Je me demande juste quand je reviendrai ici, répondit Ziva.
- Tu as intérêt à venir nous rendre visite Ava. Et puis sourit! Tu ne rentres même pas encore chez toi, tu vas aller te faire dorer une semaine sous le soleil d'Israël. Des vacances, c'est toujours agréable.
- Tu sais, en Israël aussi il fait froid l'hiver, reprit Ziva en s'emparant de ses bagages.
- Tu y es déjà allée?
- Oui. Mais c'est compliqué à expliquer.
- Ok. Il n'empêche que moi j'aurais choisi les Caraïbes si j'avais pu m'accorder dix jours de vacances, ne put s'empêcher de faire remarquer Sarah.
- Je vais avoir des choses déplaisantes à faire là bas Sarah, ce ne sera pas vraiment des vacances.
- Des choses déplaisantes? Fais attention à toi et au bébé Ava! Sarah soupira. Alors on se quitte ici?
- Oui. Je n'ai jamais aimé les adieux prolongés sur les quais de gare ou d'embarquement, dit Ziva.
- D'accord.
Sarah sourit à Ava en la regardant, légèrement triste de la quitter. La jeune israélienne répondit à son sourire, puis la prit dans ses bras, peinée elle aussi de quitter son amie, qui inconsciemment l'avait soutenu durant ces quatre années passées en France. Ziva s'était refait une vie en France, s'était attachée à certaines personnes, et partir, même si elle le voulait, n'était pas si simple.
- Merci de tout ce que tu as fait pour moi depuis mon arrivée en France. Je pense que je ne m'en serais pas si bien sortie sans toi, reprit Ziva.
- Merci à toi d'avoir été mon amie.
Sarah s'écarta.
- Allez, à bientôt, ajouta-t-elle, alors que Ziva se saisissait de ses deux valises.
Elle sourit une dernière fois à Sarah, ne prenant pas la peine d'ajouter quelques mots. Elle ne trouvait pas la force de lui répondre, de ne pas lui dire « à bientôt » mais « adieu », et de lui mentir une fois de plus. Sarah était réellement devenue une amie pour elle, et la jeune femme allait lui manquer. Elle aurait aimé pouvoir lui confier la vérité, et véritablement lui parler à cœur ouvert, mais il ne valait mieux pas gâcher leur relation maintenant, en lui avouant ce mensonge qu'elle avait fait durer quasiment quatre années.
Ziva tira ses valises et pénétra dans l'aéroport continuellement noir de monde. Une nouvelle vie commençait maintenant pour elle. Une fois de pus elle quittait une vie qu'elle avait mis presque quatre ans à se construire. Elle tournait une page, et allait encore devoir faire preuve de courage.
Mais elle ne repartait pas de zéro, pensa-t-elle en enregistrant son billet pour Israël. Bien au contraire, elle allait retrouver une vie qu'elle avait mise entre parenthèses et tenté d'oublier du mieux qu'elle l'avait pu depuis ses premiers pas sur le sol français.
Elle allait enfin pouvoir être elle-même, pleinement, même libérée de son père cette fois-ci. Enfin, ce point n'était pas encore tout à fait réglé, se reprit-elle en soupirant. Elle enregistra ensuite ses bagages, et commença à penser à son arrivée dans la ville de sa naissance. Une lourde épreuve l'y attendait. Elle le savait, et elle l'appréhendait fortement.
Lorsqu'elle monta dans l'avion et fut installée dans son siège, Ziva ouvrit la poche intérieure de son sac à main. Elle en sortie sa carte d'identité, son passeport et son permis de conduire et tous ses autres papiers au nom d'Ava Zivdid qu'elle avait acquis durant son séjour en France. Elle les déchira un à un d'un geste décidé, et les remplaça par des papiers similaires, mais cette fois, tous au nom de Ziva David. Un doux sourire sur les lèvres, elle se dit qu'elle était enfin de retour. Elle repensa au moment où pour la première fois elle avait foulé le sol français sous sa fausse identité, persuadée que jamais elle ne reverrait ses amis, et bien triste à cette idée. Il s'en était passé des choses depuis ce jour là.
