Titre : Can I take a photo ?
Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jushiro Ukitake
Rating : T
Warnings : langage vulgaire
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama
Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jushiro Ukitake…
Réponse à la review anonyme (Guest) : merci beaucoup, voilà la suite !
Lorsque Grimmjow entra dans la première salle d'exposition, il sentit que quelque chose n'allait pas. L'atmosphère qui régnait dans la pièce n'était pas celle qui accompagnait d'habitude les photos de Snowdrop. C'était trop tendu, trop affecté. Il y avait quelque chose de douloureux dans le silence gêné des visiteurs. Il s'approcha du premier cliché, et son estomac se retourna. Pas à cause des blessures montrées par la photo, non, ça, ça ne l'avait jamais touché : il en avait vu des choses dégueulasses, dans son enfance. Mais c'était tellement incroyable de voir cette petite signature si reconnaissable, en forme de fleur, là, en bas à droite. Tellement déchirant de voir que Snowdrop s'était abaissé à une telle chose.
G x J
Montrer la violence. La photographier de façon crue, distante, froide, scientifique. La disséquer image après image pour arriver à faire vomir, ou au moins pleurer, la bonne petite bourgeoise et son mari venus se faire une bonne conscience en salle d'exposition. C'était une manière de faire que Grimmjow haïssait, et lui, Snowrop, son idole, son mentor, son exemple, l'avait trahi en utilisant cette technique facile et lâche. Et plus le jeune homme posait les yeux sur les photos, plus ce sentiment de trahison s'accentuait. Là, une femme à terre, recroquevillée, les bras autour du ventre. Ici, le regard éteint d'un homme aux mains tailladées par les machines. Des dizaines d'images exubérantes et pathétiques. Dégoulinantes d'horreurs. Du cadavre dans la ruelle à l'adolescent complètement défoncé, les yeux exorbités et le visage pâle, tout y passait. Les banlieues du monde entier se retrouvaient dans ces clichés.
G x J
Et vint le coup de grâce. La photo qui l'acheva. Un gamin. 13 ans ? 14 ans ? Un corps robuste mais souple, martelé par la vie. Un bras en écharpe. Le crâne rasé, les bras croisés, assis dans le coin d'une cour grise et sale. Le visage pointu et fier. Et un regard. Un regard qui vous glaçait, un regard qui vous accusait. Toute la souffrance et la haine d'une enfance brisée, résumée en un éclat gris bleuté, foudroyant, terrifiant. Accompagnée par une trace rouge sur le torse nu. Un coup de ceinture, reconnut Grimmjow. Et dans sa chair, il sentait encore la brûlante morsure du cuir. Et dans sa tête, il entendait encore les cris et les insultes. Tout dans cette photo lui rappelait ce qu'il avait vécu. Cet adolescent, c'était le reflet de ce qu'il était autrefois : fort et fragile à la fois, fier et brisé, un enfant devenu adulte trop tôt face aux coups et aux menaces. Les mêmes yeux emplis de fureur et de douleur. Oui, les mêmes yeux…
G x J
Il s'arracha à la contemplation du portrait juste à temps pour ne pas hurler. Non, quand on s'appelle Grimmjow Jaggerjack, on ne montre pas ses sentiments. Surtout quand ils sont aussi puissants et destructeurs. Il sortit de la pièce rapidement, sans un mot. Rejoignit Kensei.
« Alors ? lui demanda celui-ci.
- Alors putain de merde, cette expo est un ramassis de conneries ! » explosa le bleuté.
Il se dirigea rageusement vers la minuscule salle qui devait accueillir le débat, balança avec colère un coup de pied dans une table et s'assit brutalement sur une chaise, bien planqué derrière un vieux qui ronflait.
« Bordel de merde ! » lâcha-t-il pour laisser sortir la haine.
Après l'avoir observé depuis la porte, Muguruma se détourna avec un soupir.
« Je crois que vous l'avez vraiment déçu, Ukitake-san… » glissa-t-il à l'homme à ses côtés.
Celui-ci eut un regard désolé pour la panthère fulminante.
« Je ne pensais que… en fait, je pensais que ça plairait au public. Ils attendent un peu ce genre de choses, non ?
- Monsieur et madame tout-le-monde, oui, ça leur va, ça leur procure quelques frissons, quelques bons sentiments, et puis voilà. Mais Grimmjow… Il sait ce que vous valez vraiment, Ukitake-san, et il vous admire pour cela.
- Je suis vraiment désolé… Je… J'irai lui parler.
- Vous voulez lui dire que… que vous êtes…
- Non, non ! Je veux juste lui expliquer pourquoi j'ai… pourquoi Snowdrop a fait ça.
- Merci, Ukitake-san. C'est très généreux de votre part.
- Oh, vu ce que j'ai dû lui faire endurer, je lui dois bien ça ! »
G x J
Voili voilo ! C'est court, je sais, mais bon je pouvais pas vraiment en dire plus sans passer dans un nouveau chapitre donc je garde tout ça pour le prochain... N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, toutes les critiques sont acceptés (restez poli(e)s quand même !).
