Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake

Rating : T

Warnings : langage vulgaire

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jushiro Ukitake…

Réponse à la review anonyme :Makae : la suite, la voilà ! Contente que ça te plaise ! Et oui, petit chaton va se poser des questions... Mais Jûshiro a du bagage en manipulation derrière lui, ça fait des années qu'il se planque derrière son statut de porte parole ! :)

NOTE : j'ai découvert il y a peu de temps, grâce à Tisama, comment je devais écrire le prénom Jûshirô... Du coup je l'ai écrit correctement dans ce chapitre mais pas dans les précédents x)

G x J

Les portes se refermèrent sur les dernières personnes qui rentraient dans la salle de conférences. Grimmjow compta. Une vingtaine de visiteurs, en tout, sans compter les salopards en costards qui allaient encore défigurer les photos de Snowdrop. Même si, cette fois-ci, le photographe l'avait déjà bien assez fait lui-même… La colère était toujours là, au creux de son ventre, prête à jaillir au moindre instant. Kensei s'avança sur l'estrade, imposant le silence autour de lui.

« Bonjour à tous, je suis Kensei Muguruma, l'organisateur de cette exposition. Je suis aussi président de l'ADP. Cette association vise à donner accès à du matériel de qualité et à de bonnes conditions de travail pour les jeunes qui cherchent à faire de la photographie, que ce soit un simple passe-temps, ou une passion. Je voudrais tous vous remercier pour votre présence, nous n'avons jamais eu autant de visiteurs sur une exposition, et je crois que Snowdrop serait très honoré de voir que ses clichés ont aidé à développer notre association. Mais je laisse la place à son porte-parole, Mr Jûshirô Ukitake, qui a accepté de rester avec nous. »

D'un sourire, il invita un homme aux longs cheveux blancs à venir à ses côtés. Grimmjow reconnut l'individu qu'il avait aidé un peu plus tôt.

« Je suis vraiment heureux d'être ici, et de voir que les photos vous ont amenés si nombreux, avança timidement Ukitake. J'ai hâte de voir vos avis à tous. J'ai une annonce un peu particulière à vous faire… J'ai appris que dans la salle, en plus de ces messieurs les experts, il y avait un admirateur du travail de Snowdrop, et j'aimerais qu'il se joigne à eux. Mr Grimmjow Jaggerjack, si vous voulez bien me faire l'honneur de vous asseoir parmi nous… »

Le bleuté sursauta à l'entente de son nom. Ça, c'était forcément un coup de Kensei ! Il se leva en râlant, pas vraiment prêt à taper la discute avec les pingouins, mais bon, le « porte-parole » avait l'air sympa… Il lança un sourire carnassier aux deux mecs en costume qui le regardaient bizarrement, puis les interpella :

« Bon, allez-y, on va pas y passer la nuit ! »

Le premier leva un sourcil dubitatif, et prit la parole :

« Soyez un peu plus poli, je vous prie. Vous ne savez sûrement pas qui je suis…

- Te fous pas d'ma gueule, j'sais très bien qui tu es. Ton nom, c'est Ryuken Ishida, ton collègue s'appelle Byakuya Kuchiki, vous êtes deux critiques d'la haute et j'en ai rien à foutre. On peut commencer ? »

Grimmjow se cala dans sa chaise et observa, plutôt satisfait, la mine d'Ishida en face de lui.

« Hum, très bien, reprit celui-ci, légèrement décontenancé. Donc, Byakuya, qu'avez-vous pensé de cette exposition ?

- Pour tout dire, j'ai été surpris. Extrêmement surpris. »

Le bleuté tendit l'oreille. Peut être que l'avis du noble n'était pas si différent du sien…

« Ce n'est pas dans l'habitude de Snowdrop de nous livrer ce genre de fresque sanglante. Cet artiste pose plutôt un regard assez naïf sur le monde, peut être un peu trop. Aussi ai-je été étonné de voir qu'il se positionnait aussi crûment. »

Pas si con que ça, pensa Grimmjow.

« Cependant, la force d'un artiste réside aussi dans le changement, et ce changement-ci n'est pas vraiment désagréable. Snowdrop a réussi à dépasser sa réticence envers les images morbides qui sont le lot quotidien de notre monde, et pose maintenant un regard adulte sur les choses. Résigné, sans doute, mais adulte. »

A ces mots, Grimmjow faillit s'étouffer. Ouais, non, complètement con, en fait. Mais le pire restait à venir. Ryuken Ishida renchérit :

« Parfaitement ! C'est un plaisir de voir que cet artiste a enfin compris qu'on ne vivait pas dans un monde de paix et d'amour, et que la violence se devait d'être présente s'il voulait vraiment montrer les faits tels qu'ils sont en réalité. Snowdrop a toujours pris des photos lisses, fades, dégoulinantes de naïveté. Pour moi, son art a toujours été sans intérêt, parce que vide de message. C'est maintenant que sa photographie prend du sens. »

Le bleuté était estomaqué. Lui, d'habitude si fier, ne réussit qu'à balbutier quelques mots :

« Vous êtes sérieux ?!

- Parfaitement ! martela Ishida. Ces clichés ont un véritable impact sur le public, ils parlent aux gens ! Vous, spectateur lambda que vous devez être, sans véritable culture artistique, vous voyez les choses. Et ces choses vous saisissent, vous retournent l'estomac, vous bousculent. Alors vous comprenez ce qu'est la violence, vous qui ne l'avez jamais connue. »

Ce n'est pas le ton méprisant de Ryuken, ni les propos condescendants sur sa « culture artistique » qui firent bondir Grimmjow. La goutte qui fit déborder le vase fut sa réflexion sur la violence. Il saisit l'homme par le col et le souleva de terre.

« Ecoute-moi bien, intellectuel de mes deux, lui cracha-t-il au visage. J'sais très bien ce qu'est la violence, j'ai pas besoin qu'un putain de cliché raté m'la montre ! Le boulot de Snowdrop a jamais été inutile, parce que tout c'qu'il montrait pas, il le suggérait ! C'pour ça qu'je l'ai toujours admiré, parce qu'il m'a jamais fait vomir, mais toujours ému. Mais bien sûr, cons comme vous êtes, vous avez sûrement pas compris qu'avec c'te putain d'expo, il a ruiné tout l'travail qu'il avait commencé !

- Grimmjow, lâche Ryuken immédiatement ! »

Le bleuté affronta Kensei du regard un instant, puis balança sa proie dans sa chaise, laissant échapper une dernière fois sa rage :

« Faites chier, bordel ! »

Il bouscula plusieurs visiteurs avant de quitter la salle en ouvrant violemment la porte, furieux, jurant entre ses dents. L'assistance le regarda sortir, figée par son éclat de colère.

G x J

Il faisait froid dehors, mais Grimmjow ne s'en rendit pas compte. Il aborda brusquement un passant, lui taxa une cigarette et du feu, et se mit à tirer rageusement sur sa clope. Le vent lui cinglait le dos, et, malgré son blouson, il sentait le froid s'insinuer en lui, mais plus rien ne comptait à part la haine qui lui brûlait le ventre. Des pas derrière lui le firent se retourner. Jûshirô Ukitake, emmitouflé dans un long manteau noir, une écharpe sombre autour du cou, le regardait. Son visage doux semblait triste.

« Mr Jaggerjack…

- Qu'est c'que vous m'voulez ? J'ai pas besoin qu'vous m'fassiez la leçon, j'sais très bien qu'mon attitude était plus qu'irrespectueuse envers Snowdrop. Mais vous savez quoi ? J'en ai rien à foutre. Il a détruit tout l'respect qu'j'avais pour lui. »

La cigarette fut jetée à terre et écrasée sous son talon. Le plus vieux s'approcha, grelottant légèrement.

« Ce n'était pas son intention, j'en suis certain…

- Tu m'étonnes, qu'c'était pas son intention ! Tout c'qu'il voulait, c'était enfin être célèbre ! Mais on s'en fout, d'la célébrité ! Tout c'qui compte, c'est son art, pas le foutu public qui comprendra jamais c'qu'il y a de beau dans ses photos ! C'pas lui, c'te putain d'expo ! Ca peut pas être lui ! »

Son cri résonna dans l'air glacé. L'autre le regardait, stupéfait.

« Et si je vous disais, reprit timidement Ukitake, que ce n'est pas lui qui a pris ces photos ?

- Quoi ?!

- Non, ce n'est pas exactement ça… Disons que Snowdrop n'était plus vraiment lui-même, quand il a immortalisé ces images. »

Une étrange tendresse pointait dans sa voix, une mélancolie douce, un regret inavoué.

« Il a ouvert les yeux sur certaines choses. Il pensait que les gens entendaient ce qu'il avait à dire. Mais il a compris que la plupart ne peut même pas toucher du doigt ce qu'il essaie d'exprimer. Pas mal de choses se sont accumulées… Je crois qu'il a craqué. Il a laissé tomber la poésie, a découvert la guerre… Celle qui se joue entre le public et l'artiste. Je n'ai… rien pu faire pour lui. »

Grimmjow était sceptique. Qui était cet homme qui lui parlait si posément après son accès de colère et qui connaissait si bien Snowdrop ?

« Z'êtes un ami à lui ?

- En quelque sorte, oui. En tant que porte-parole, je me dois de le comprendre. »

Un sourire discret se dessina sur son visage. Soudain, il fut pris d'une violente quinte de toux. Plié en deux, il semblait ne jamais cesser de tousser, à s'en déchirer les poumons. Le bleuté se précipita.

« Eh, ça va ?

- Oui… oui, ça va aller… répondit douloureusement l'autre. Ce n'est rien, je… kof… ça m'arrive souvent. J'ai pris un peu froid, je crois. Pourriez-vous me raccompagner à l'intérieur, s'il vous plaît ? »

La respiration sifflante, il se laissa guider par Grimmjow puis glissa sur une chaise, dans le hall. La conférence continuait à côté, on entendait clairement Ishida présenter, encore et encore, sa théorie. Le bleuté se força à ignorer tout cela, et se pencha vers Jûshirô.

« Ca va mieux ?

- Oui, excusez-moi, je suis un peu fragile, le moindre courant d'air un peu trop frais peut me faire rechuter.

- Rechuter ? Vous êtes malade ?

- Oh, rien de grave, vraiment, je…

- Mr Ukitake ! »

L'exclamation qui résonna dans le hall fit sursauter les deux hommes. Ils se tournèrent vers Kensei qui accourait, les sourcils froncés.

« Vous vous sentez mal ?

- Non, ça va aller maintenant. Je vais juste vous demander de me ramener à mon hôtel, ça sera mieux pour tout le monde.

- Je vous appelle un taxi immédiatement. »

Muguruma se déplaça vers le téléphone et composa un numéro. Ukitake reprenait peu à peu son souffle. Il sourit encore une fois à Grimmjow, un peu gêné.

« Je suis désolé. J'ai apparemment un peu forcé…

- J'vois ça…

- Je crois qu'il va falloir nous dire au revoir.

- Ouaip' ! C'tait sympa d'taper la discute avec toi.

- Je vois que tu es passé au tutoiement…

- J'en avais marre d'te vouvoyer.

- Grimmjow, rentre chez toi, tu as assez fait de conneries pour aujourd'hui ! » lui lança Kensei en revenant, sur un ton qui ne souffrait pas de contestations.

Le bleuté grogna et se détourna vers la sortie. Voilà, il avait fâché Kensei… Bah, ça n'était pas la première fois, ni la pire. Il s'en sortirait.

« Ok, j'me casse…

- Grimmjow ! l'interpella Jûshirô.

- Ouais ?

- Kensei te donnera ma carte. J'aimerais beaucoup qu'on se revoit pour discuter de ton travail personnel, puisque tu es photographe aussi. Kensei s'est permis de me le dire. »

D'abord, le jeune homme ne sut que répondre. Puis il lança un sourire félin au porte-parole :

« T'inquiètes, le vieux, tu seras pas déçu ! »

La porte se referma sur lui. Jûshirô Ukitake se tourna vers le président de l'ADP, et demanda, une fois de plus stupéfait :

« J'ai l'air si vieux que ça ? »

G x J

Voilà, c'était le chapitre 6 de Can I take photo ! Le plus long que j'ai posté, je crois... J'espère que ça vous a plus, n'hésitez pas à laisser une review, bla bla bla, enfin vous connaissez la suite...

A la base je ne comptais pas du tout finir ce chapitre de manière drôle, mais je me suis dit qu'il fallait bien détendre l'atmosphère et que vous alliez faire une indigestion de sériosité... euh de sérieux pardon. Avec l'espoir que cette fin vous fasse rire...

Et vous, vous lui donnez quel âge, à Jûshirô ?