Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jushiro Ukitake

Rating : T

Warnings : langage vulgaire

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jushiro Ukitake…

Note : Oui, je sais, la suite a été longue à arriver ! Mais le chapitre 8 est déjà écrit, et le 9 en cours d'écriture, alors j'espère que vous me pardonnez !

Réponse à la review anonyme (Ren Couget) : Contente que ça te plaise, surtout que je n'y connais rien en photographie ! Voilà la suite ! (et tu n'es pas tombée loin pour l'âge de mon petit Jûshirô...)

G x J

« Eh, Nel, viens voir ! »

La jeune fille se décolla du canapé où elle feuilletait un magazine et sautilla vers Ichigo, son petit ami, assis devant l'ordinateur. Joueuse, elle lui piqua ses lunettes avant de minauder :

« Ouiii, mon chériii ?

- Arrête, rends-moi ça… râla-t-il sans pouvoir s'empêcher de sourire.

- D'accord, mais je veux un bisou d'abord…

- Non, sérieux, Nel, j'ai un truc à te montrer. »

Curieuse, elle lui rendit ses binocles (et en profita au passage pour l'embrasser), avant de prendre une chaise pour s'installer à côté de lui.

« Qu'est ce qu'il y a ?

- Regarde ce qu'ils publient dans le journal du quartier, ce matin… »

Elle parcourut brièvement l'article, et se mordit la lèvre.

« Merde…

- Tu l'as dit… »

Grimmjow avait encore fait une connerie. Bon, ça n'était rien comparé à ce qu'il avait pu faire dans le passé, mais savoir que son frère s'était encore une fois laissé aller à la colère, ça, c'était une mauvaise nouvelle. Surtout que vu sa passion pour la photo, il risquait de le recroiser, ce Ryûken Ishida. Une chance qu'il n'ait pas porté plainte…

« Il n'était pas bien en ce moment ? la questionna Ichigo.

- Comme d'habitude… Il était un peu sur les nerfs, tendu, parce qu'il ne trouvait pas de boulot et parce que ses photos ne marchaient pas, mais… Rien qui aurait pu le pousser à réagir comme ça. »

Parfois elle avait peur que l'enfer recommence. Qu'ils soient obligés de vivre comme avant, dans l'angoisse, la violence, la haine. Que Grimmjow devienne comme leur père. Ou qu'il replonge dans l'adolescence tourmentée qu'il avait eu, et que cette fois rien ne puisse l'en sortir. Les larmes se mirent à dévaler ses joues. Les bras d'Ichigo l'entourèrent tendrement.

« Eh, ça va aller… Ca va aller, Nel. »

Elle fut secouée d'un sanglot. Puis elle releva la tête, et le regarda.

« Il faut que j'appelle Kensei… » hoqueta-t-elle.

Il n'y avait que lui pour la rassurer.

G x J

L'ambiance dans la rame de métro était loin d'être légère. Grimmjow était conscient que le regard dur et fermé de Kensei, et sa propre attitude, pouvaient mettre les autres passagers mal à l'aise. Mais, franchement, rien n'avait d'importance face à la colère de son ami. Il l'avait déçu, de nombreuses fois. Il avait fait bien pire. Il avait mis sa propre vie en danger, et celle de Nel. Kensei avait toujours été là pour les épauler, ou pour remettre le bleuté à sa place quand il en avait eu besoin. Mais chaque fois, c'était la même douleur. De savoir qu'il lui en voulait. Bien sûr, jamais il n'avouerait qu'il avait eu tort. Pour rien au monde. Grimmjow Jaggerjack avait toujours raison, même face à quelqu'un qu'il considérait comme son père.

« T'vas m'faire la gueule encore longtemps ?

- Je ne suis plus un gamin, Grimmjow. Je ne fais pas la gueule.

- Bah on dirait…

- Réfléchis un peu à ce que tu as fait, et on verra bien qui est le gamin dans l'histoire.

- Putain, mais ça va ! J'ai fait pire, et t'étais pas si en rogne !

- Je suis fatigué. Vraiment fatigué. Il va falloir que tu comprennes un jour que tu n'es plus un ado, et que je ne peux pas tout te passer. Tu es un adulte, Grimmjow, et maintenant tu dois prendre tes responsabilités. »

Le jeune homme se renferma. Bordel, encore ce discours de merde… Comme s'il n'assumait pas ses actes ! Il avait toujours assumé. Face à son père, face à Aizen, face à sa mère, face à sa sœur. Il avait assumé. Mais ça, Kensei ne le comprenait pas. Il avait beau le lui répéter, le vieux n'imprimait pas. Le regard qu'il jeta à Grimmjow le contredit pourtant.

« Je ne parle pas d'assumer ce que tu as fait. Ça, tu l'as toujours fait. Je parle de te contrôler, de prendre tes responsabilités avant de réagir, et d'éviter de faire des conneries. Mais bien sûr, tu dois te dire que je ne te comprends pas et que je raconte de la merde, comme d'habitude. »

Le métro s'arrêta et Kensei descendit, Grimmjow à sa suite. Sur le quai, le bleuté tenta de rétablir le dialogue avec lui, mais le portable du président de l'ADP se mit à sonner.

« Allô ? Oh, Nel. »

Le jeune homme tendit l'oreille.

« Oui… Oui, je comprends… Non, non, rassure-toi, il va très bien. Tu connais ton frère… Non, rien de grave, juste l'expo qui… D'accord, je lui transmettrai. Ok, on dit demain 17h. Promis. Prends soin de toi. »

Il raccrocha. Se tourna vers Grimmjow.

« Je ne sais pas comment elle l'a appris, mais Nel est au courant pour hier. Et elle est très inquiète.

- Mais je vais bien, pourquoi elle s'inquiète la môme… C'est pas un mec d'la haute qui va m'faire peur, je…

- Pas à cause de ça, crétin. Elle a peur que tu replonges.

- Mais…

- Ferme-la. Je crois que t'as dit assez de conneries pour l'instant. Allez, t'as un gosse à me présenter, non ? »

Grimmjow lui emboîta le pas. Ce n'était pas dans son habitude de fermer sa gueule, mais là, Kensei était trop en colère pour qu'il en rajoute une couche.

G x J

Le silence de la cité les entourait. Un silence dur, brûlant, plein de danger, comme si la mort pouvait jaillir à chaque coin d'ombre. Des yeux s'accrochaient à leurs pas, analysaient leurs gestes, jugeaient leur démarche. Grimmjow savait que, parmi ces yeux, certains le connaissaient. Le reconnaissaient. Que beaucoup le haïssaient, et qu'encore plus avaient peur de lui. Il était connu comme le loup blanc, à cause d'Aizen. Ou plutôt, comme la panthère bleue.

Kensei marchait à côté de lui, sans dire un mot, buté, fermé. Il se tourna cependant vers le bleuté, et lui lança à voix basse :

« Toujours aussi accueillante, ta banlieue… »

Le jeune homme hocha la tête. Elle n'avait jamais été accueillante, et ne le serait jamais. C'était une jungle où le plus faible se faisait bouffer sans pitié.

Le skate park était quasiment vide à cette heure-ci de l'après-midi. Seuls deux ou trois adolescents traînaient là, leur planche sous le bras. La nuit, l'endroit devenait le repaire des dealers du quartier, et un lieu de rendez-vous louches, en général assez risqué. Aizen aimait y envoyer ses nouvelles recrues, pour leur faire passer « l'épreuve du feu ». Survivre était une des qualités premières des Arrancars. Ensuite, il fallait qu'ils apprennent à détruire les ennemis du Roi, pour passer dans l'Espada, et acquérir un grade, un numéro. Grimmjow avait réussi, et s'était rapidement classé n°6. Mais en laissant le gang derrière lui, il s'était mis à dos les autres, et s'était fait des ennemis redoutables. Beaucoup d'ennemis.

« Hey, mais c'est toi ! » m'interpella une voix.

Il se retourna vers le gosse qui l'appelait. En le reconnaissant, il sourit.

« Salut, gamin !

- Tu devrais pas être là, lui dit l'autre en fronçant les sourcils. Quand j'ai dit au Roi que tu étais venu, il a souri… et ça veut dire que tu es en danger.

- T'inquiètes, je gère. J't'avais promis de revenir, de toute façon. Je voulais te faire rencontrer quelqu'un.

- Ouais, j'me souviens… c'est ton père, ce vieux ? »

Kensei eut l'air surpris. Le sourire carnassier s'effaça du visage de Grimmjow.

« Tu m'expliques ? demanda le plus âgé.

- Bah, j'pouvais pas tout raconter, c'était pas important… » répondit le jeune homme, peu désireux de se prêter à un interrogatoire.

Il sortit un cliché de sa poche, et la tendit au garçon.

« Tiens, voilà ta photo… »

Le visage de l'enfant s'éclaira, tandis qu'il contemplait son portrait. Il avait pris une pose de défi devant le tag de Grimmjow, celui de la panthère. Le bleuté avait trouvé ça marrant, sur le coup, sans plus. Mais plus il regardait ce gamin aux traits déjà marqués par la vie, plus il voyait sa détermination et son envie de s'en sortir. Lui, il avait de quoi survivre. Et peut-être que l'ADP pourrait le tirer des griffes d'Aizen.

Kensei s'avança et tendit la main :

« Salut, je suis Kensei Muguruma. »

L'autre la serra avec méfiance.

« T'as pas l'même nom que Grimmjow…

- C'est vrai. Mais c'est un compliqué…

- Laisse tomber, en fait j'm'en fous. Tu m'veux quoi ?

- Tu avais l'air intéressé par l'appareil photo de Grimmjow.

- Ouaip'. Il avait l'air de coûter cher.

- C'est tout ?

- Bah ouais…

- Je ne te crois pas. Tu sais, je pourrais t'aider à avoir un appareil comme ça. Et t'apprendre à t'en servir.

- Pourquoi tu ferais ça ?

- Parce que c'est mon boulot. »

Grimmjow suivait l'échange avec satisfaction. Kensei s'y prenait comme avec lui, et en général ça fonctionnait. Il utilisait un certain appât du gain, qui résidait souvent dans le cœur des gosses des quartiers pauvres.

Soudain, il pensa à quelque chose. Il ne s'était jamais présenté, et pourtant…

« Attends, gamin, comment tu sais que mon nom, c'est pas Muguruma ? Et que je m'appelle Grimmjow ?

- Bah quand je lui ai raconté, c'est Nnoitra qui m'a dit que tu t'appelais Grimmjow Jaggerj…

- Et merde ! »

Le bleuté fit volte-face, à la recherche de la silhouette filiforme. La mante religieuse n'était pas encore là, tant mieux. Il saisit son compagnon p ar le bras et le tira hors du skate park.

« On s'tire, c'est trop dangereux. »

Ils se mirent à courir. Au détour d'un immeuble, à quelques mètres du métro, une voix moqueuse derrière eux les stoppa.

« Bah alors, Chaton, on a peur ?

- Barre-toi, Nnoitra, j'ai pas peur de toi.

- Pourquoi tu cours, alors ?

- Va te faire foutre ! »

Il savait qu'il montrait une image lâche de lui-même, mais il ne pouvait pas se battre maintenant.

Il se remit à courir, Kensei à ses côtés. Il dévala les marches de ma bouche de métro et sauta la barrière. Le président de l'ADP fit de même, habitué aux poursuites avec son protégé. Ils s'engouffrèrent dans un wagon juste lorsque les portes commençaient à se fermer. Ils soufflèrent en s'accrochant aux barres métalliques.

« Je ne m'attendais pas à ce que tu fuis, lança Kensei en reprenant son souffle.

- J'avais pas l'choix.

- Nnoitra est trop fort pour toi ? Tu as peur de lui ?

-Putain, deux fois qu'on me pose la question. J'ai peur de personne, OK ? Mais j'avais toi et l'gamin dans les pattes. Si j'avais combattu, vous auriez été des putains de boulets. »

Il tourna le dos à son compagnon et plongea le regard dans les ténèbres du tunnel, à l'extérieur.

« Et j'avais pas pris mon flingue… »

G x J

Voilà, c'était le chapitre 7 de Can I take a photo ! J'espère que ça vous a plu, malgré la qualité toute relative de mon écriture... J'ai eu un peu de mal à écrire cette partie, et je crois que mes personnages sont un peu OOC... Mais au moins ça m'a permis de faire avancer l'intrigue, et donc de me lancer sur la suite, qui est bien mieux ! Je vous envoie ça bientôt !

A votre avis, qu'est ce qui va se passer maintenant que les deux se sont rencontrés ? Et comment ça va se passer avec Kensei ? (qui est toujours énervé, ne l'oublions pas !)