Heyyyyy la compagnie ? Comment allez-vous ? Bien j'espère ! Moi je pète la forme, ça va beaucoup mieux depuis ma dernière publication ! Forcément, j'ai enfin terminé la rédaction d'un chapitre qui m'en faisait voir de toutes les couleurs. Mais genre vraiment. Depuis, et pour le moment, j'ai repris l'écriture à un rythme plus ou moins normal Toutefois, je reste sur ma position avec un chapitre posté par mois. Ca me permet de ne pas trop me pressé et stressé. Si jamais vous souhaitez voir l'avancement de mes projets, je vous invite à aller sur ma page de profil, j'y met tous les détails ! :)
Aussi, je tiens à remercier Ety pour ses reviews qui m'ont faites plaisir ! Si vous aimez Final Fantasy XII et que vous n'avez aucun mal avec l'anglais, foncez donc sur son profil ! :D

Je ne vous fais pas poiroter plus longtemps : voici le chapitre 40 !


Chapitre XL : La complainte de la pluie

Les mains de Lian-Hua tremblaient encore sous le poids de l'acte qu'elle venait de commettre. Jamais elle n'aurait imaginé que les choses s'enchaîneraient si vite, et surtout, qu'elle finirait par se débarrasser de son mentor de manière si... brève.
Perturbée, elle traversa le couloir en titubant dans le noir, uniquement guidée par les rayons de la lune. Dans sa marche engourdie, elle entendit un coup de tonnerre retentir pour fendre le ciel en deux, éclairant alors son visage, égaré sur un point invisible. Toutefois, elle écarquilla les yeux une fois arrivée devant les escaliers : les conversations des invités s'élevaient jusqu'à elle pour lui rappeler qu'elle n'était pas encore au bout de ses peines. Elle décela dans le brouhaha des insultes et des menaces, sans aucun doute adressées aux humains qui devaient passer un sale quart d'heure.
Elle déglutit dans l'espoir de calmer son angoisse, et comprit que la seule chance de s'en sortir se résumait à user de la ruse plutôt que de la force.
En bas, personne n'était au courant de l'assassinat d'Itsuki Shirow. De ce fait, une idée dangereuse germa dans son esprit. Si les Next s'attendaient à retrouver leur chef, elle n'aurait qu'à se faire passer pour lui.
En vingt-cinq ans d'existence passés aux côtés de ce pervers, elle le connaissait comme son ombre. Elle pouvait tenter de prendre ce risque insensé. Cela consisterait simplement à porter un masque, et jouer un rôle qui sauverait sa vie et celle des inspecteurs.
« Je peux le faire ! », pensa-t-elle en serrant le poing.
Un nouvel éclair éclata au moment où elle passa la première marche, illuminant son expression déterminée qu'elle cacha derrière un visage sévère.
Elle ne se soumettrait plus.

Une fois arrivée en bas, Lian Hua fut accueillie par une consternation générale des membres d'Ouroboros, surpris de ne voir qu'elle. Toutefois, Lian-Hua n'y prêta aucune attention, comme l'aurait fait feu Shirow, et tourna la tête en direction des détectives. Elle cacha difficilement son malaise lorsqu'elle les vit, bâillonnés à une chaise.
Lina leva la tête en sa direction, écarquilla les yeux, et essaya de prononcer quelque chose derrière le foulard muselé à ses lèvres.
En vain.
A cet instant, l'asiatique désira plus que tout la rassurer, lui dire de tenir bon, la conseiller de ne pas s'énerver au risque de s'étouffer, néanmoins, elle se retint à temps. Elle ne le pouvait pas. Du moins pas dans l'immédiat.
Concentrée sur son rôle, elle adressa une moue hautaine aux humains, puis s'adressa à ses collègues.

- Itsuki Shirow n'est plus, déclara-t-elle d'un ton solennel. Maintenant, « je » gouvernerai sous le nom de Lian-Hua.
- Attendez... Vous voulez dire que..., balbutia Eva, sous le choc.
- Oui, mon ancien corps a succombé à sa blessure, et j'ai dû utiliser mon pouvoir pour survivre, poursuivit l'asiatique, en essayant de garder une attitude calme.

Sous le regard interloqué des inspecteurs, les membres d'Ouroboros s'échangèrent des mots qu'ils eurent du mal à discerner. Certaines intonations parurent inquiètes, voire apeurées, tandis que d'autres dégagèrent de l'impatience et de la joie.
Le trio humain ne comprenait plus rien.

- Mais alors... Cela veut dire que vous allez devoir chercher un nouveau successeur, non ?!, s'exclama un homme.
- … C'est exact, confirma Lian-Hua, peu rassurée de sa propre réponse.

Dès lors, des acclamations enthousiastes résonnèrent dans le hall. Les membres d'Ouroboros connaissaient le pouvoir de leur maître et l'assimilaient généralement à un don sacré. De ce fait, être désigné en tant que prochain successeur s'apparentait à un cadeau du ciel, à un sacrifice orgueilleux permettant de changer le destin de leur communauté. Ces surhommes arrogants en quête de reconnaissance se montraient en vérité naïfs, aveuglés par le pouvoir si parfait de leur chef. Cela ne les dérangeait pas d'offrir leur corps et leur misérable existence, au contraire ! Ils voyaient cela comme la meilleure manière de servir la cause de leur souverain.

- Néanmoins, je ne choisirai pas ce soir. Les événements survenus plus tôt m'ont épuisé, et je voudrais offrir à ces mécréants une bonne leçon pour avoir osé me défier, confia l'asiatique en désignant les humains.
- Nous comprenons !, répondit Eva, admirative. Que souhaitez-vous qu...
- Rentrez chez vous. La fête est terminée, la coupa Lian-Hua.
- Pardon ? Vous voulez rester seule avec ces humains ? N'est-ce pas dangereux ?, s'inquiéta un partisan.
- Pas le moins du monde. Ils sont attachés, à ma merci. Et puis, avec ce nouveau corps, je peux vous assurer que je saurais me défendre.

Même si elle ne laissait rien paraître, l'angoisse se jouait de la Next usurpatrice. Les explications sortaient toutes seules, les gestes et les mimiques aussi. En côtoyant pendant des années Itsuki, elle avait fini par connaître ses habitudes et sonder en intégralité sa personnalité. Toutefois, elle n'était pas à l'abri d'un imprévu, d'un événement prêt à lui ôter le masque à tout moment.
Les invités devaient partir. Coûte que coûte.

- Je vous recontacterai dans la semaine pour vous faire part de ma prochaine soirée. Il serait mieux de fêter l'acquisition de ce nouveau corps comme il se doit, reprit-elle. Allez, rentrez chez vous maintenant. Je veux en finir avec ces déchets.

Les sujets s'échangèrent plusieurs regards, à la fois inquiets et compréhensifs, et finirent par constater qu'il ne valait mieux pas aller à l'encontre de la volonté de leur supérieur, surtout s'il devait choisir un nouveau successeur. Donner bonne impression était plus primordiale que tout le reste. Ainsi, après une révérence et une courbette courtoises, ils saluèrent Lian-Hua, la remercièrent pour la soirée, et quittèrent le manoir.
Il ne fallut pas plus de dix minutes pour que les lieux se vident complètement, laissant l'asiatique face aux inspecteurs qui la fixèrent avec crainte et incompréhension. Elle resta un moment dans cette position, perdue sur un point fixe, et son esprit rejoua en continue les derniers événements pour en venir à la conclusion que malgré tous les risques qu'elle venait d'encourir, elle vivait encore.
« Je suis vivante... », se répéta-t-elle.
Émue jusqu'aux larmes, elle peina à rester debout. Si bien qu'au final, ses jambes la lâchèrent pour de bon.
Elle était vivante.

- Mais qu'est-ce qui se passe ?! Qui êtes-vous à la fin ?!, pesta Dean.
- Veuillez m'excuser..., murmura la Next, derrière un sourire en coin et des yeux humides. Je... C'est une longue histoire. J'ai dû jouer un rôle pour me retrouver seule avec vous.
- « Un rôle » ?, répéta Lina.

Lian-Hua acquiesça d'un signe de tête et entreprit de leur raconter le plus gros de l'histoire : sa rencontre avec Itsuki Shirow, le chef et créateur d'Ouroboros, le lien qui la reliait de force à lui et à ses plans funestes. Elle leur dévoila une partie de sa vie, de sa destinée, de toute la souffrance qu'elle avait endurée, de toute la honte qu'elle avait éprouvée. Ce qui l'amena, par la suite, à terminer ses révélations sur sa récente rébellion...

- Alors... L'homme que vous avez accompagné tout à l'heure est mort... ?, demanda Walter, sous le choc.
- Oui, affirma Lian-Hua en les détachant.
- Vous savez que commettre un meurtre est sévèrement puni par la loi ?, siffla Crowel.
- Mais dans le cas de madame Lian-Hua, cela reste de la légitime défense !, défendit Lina.
- Vous vous lancez dans la justice, vous, maintenant ?

La mère afficha une mine sévère à l'entente de cette question qui sonna à son oreille comme un reproche. Un peu agacée par le comportement de Dean, elle croisa les bras, fronça les sourcils, et lui adressa une moue fâchée. A la grande surprise de Walter, cela le ramena à l'ordre.

- Bref. Je vais vous demander de nous suivre madame, dit le doyen du groupe. Nous aurions besoin de votre témoignage dans le cadre de notre enquête.
- Vous allez m'amener au commissariat... ?, s'inquiéta la concernée.
- Non, ne vous inquiétez pas ! Si vous le souhaitez nous ferons ça chez moi, proposa tout à coup Walter.
- Qu'est-ce qui te prend tout à coup ?!
- Chef, j'estime que cette pauvre femme en a assez eu pour aujourd'hui. Elle nous a sauvés, non ? L'amener au commissariat ne servira à rien d'autre que nous retarder..., développa le jeune homme.

Il n'avait pas tort. Pourtant, cela n'empêcha pas Lian-Hua de le fixer avec consternation.

- C'est une excellente idée, Walter !, intervint Lina, sourire aux lèvres.
- Ça vous va madame ? Nous partons ensemble, et je vous ramène chez moi pour mettre au clair certaines choses.
- Je..., balbutia la concernée.
- Vous pouvez venir chez moi au pire des cas, s'empressa de répondre la mère.

Un rire discret s'échappa de la gorge de la Next, émue de constater que des humains semblaient déterminés à lui venir en aide. Elle releva alors la tête, leur adressa un doux sourire en coin, et leur avoua que les deux choix lui convenaient.

- Partons d'ici, déjà. Nous verrons par la suite, d'accord ?, suggéra-t-elle.
- Ça me va, répondit Dean. Walter, ça ira ta blessure ?
- J'ai connu pire. Ça i...

La phrase du jeune détective s'étouffa dans un gémissement de douleur. Bien que superficielle, sa blessure restait à vif, ce qui lui procurait un affreux électrochoc dès qu'il bougeait un peu son épaule. Il serra les dents avant d'offrir à ses amis un sourire forcé dans l'espoir de les rassurer.
Cela ne marcha pas. Surtout pour Lina qui fut, tout à coup, bien attristée par cette vision.

- Il y a une trousse de secours dans la voiture, souffla Dean. Allons-y.


- Ne bougez pas !, ordonna Lina.

Installée à l'arrière du véhicule, la mère passa le bandage autour de l'épaule de Walter. Celui-ci ferma les yeux et se détendit sous les caresses inconscientes de son infirmière de circonstance.
Dean, au volant, glissa ses iris sur le siège à sa droite : Lian-Hua bouclait sa ceinture sans prononcer un mot. Elle paraissait soudainement angoissée, comme prise entre les mailles d'une ombre sinistre. Ses pupilles se figèrent sur le rétroviseur qui lui renvoya l'image du manoir où elle avait vécu, et dès lors, ses pensées se transformèrent en un tourbillon de questions.
Était-elle vraiment libre ? Pouvait-elle réellement espérer un tel miracle ? Certes, elle venait de rayer du monde l'existence puérile et orgueilleuse d'Itsuki Shirow, néanmoins la bague d'allégeance, offerte par ce dernier, demeurait à son annulaire gauche.
Dans quelques instants, les réponses ne tarderaient pas à venir. Et inconsciemment, son esprit se déchira sous le poids de désirs contradictoires. Elle mourrait d'envie de connaître la vérité, mais la peur l'encourageait aussi à abandonner.
Dean fit rugir son moteur, faisant comprendre à la Next que le moment décisif approchait. Stressée, elle ravala sa salive, ferma les yeux, et attendit.
Non, elle n'abandonnerait pas. Pas maintenant.
Bercés par la mélodie de la pluie, les passagers observèrent le ciel voilé par les nuages. Sauf Lian-Hua qui, sans le vouloir, serra le bas de sa robe un peu plus fort à chaque mètre franchi. D'après ses sources, le bijou maudit la paralyserait une fois éloignée à plus de cinq cents mètres de son maître, et ce jusqu'à ce qu'il la retrouve ou que quelqu'un la ramène à lui.
Et si tout cela n'avait servi à rien ?
Et si elle ne pouvait éviter son destin ?
Et si, au final, sa liberté était bel et bien perdue à jamais ?
Et si...
Elle secoua la tête face à toutes ces questions stupides, et se persuada qu'elle finirait toujours par trouver une solution.
Elle ne cesserait jamais de se battre. Qu'importe le temps que cela prendrait. Tant qu'elle se battrait, elle aurait encore, d'une certaine manière, son libre arbitre à ses côtés et c'est tout ce qui compterait.
Soudain, la voiture quitta enfin la zone délimitée, annonçant à la Next que le demi-kilomètre venait d'être franchi. Tout se stoppa autour d'elle et le silence se fit maître. Seuls les battements rapides de son cœur, mêlés à sa respiration haletante, résonnèrent autour d'elle.
Ses perles noires fixèrent ses mains qui continuaient de trembler sur sa robe. Ses lèvres, à demi fermées, prononcèrent ensuite des mots qu'elle peina elle-même à comprendre...
… Puis elle desserra doucement, et sans aucun mal, ses doigts du tissu avant de lever les bras avec hésitation. Même ses jambes bougeaient !
« Alors, je suis bel et bien... »
Un sentiment, encore inconnu, la submergea aussitôt. Quelque chose de profondément enfoui en elle venait de s'échapper pour alléger son corps et son esprit.
« … libre. »
A ce mot, ses larmes brisèrent le dernier rempart de ses yeux pour se déverser sur ses pommettes rosées.
Elle était libre.
Libre de faire sa vie. Libre de prendre ses propres décisions. Libre de partir où elle le désire. Libre de tout. Elle pourra enfin respirer le bonheur, sans se soucier d'une ombre perpétuellement au-dessus d'elle.
Pourtant, à côté de cela, elle se sentait effrayée. Attristée. Égarée. Pourquoi ?

- H-Hey ? Ça va pas ?, demanda Dean, mal à l'aise.

Il n'eut que des sanglots comme réponse. Cependant, il crut déceler un petit sourire sur le visage de l'asiatique.

- Qu'en est-il de nous... Que dis-je, puis-je seulement espérer un renouveau ?, bredouilla-t-elle peu après. Car à chaque fois que je respirais, je le faisais pour lui. Je ne pouvais pas faire face à ma vie sans lui... Maintenant j'ai tellement peur. Ces émotions m'effraient. Toutefois, je veux les chérir. C'est très bizarre... Qui suis-je maintenant que je ne « lui » appartiens plus ?

C'était une tirade couverte de doutes et de craintes. Une révélation confirmant toutes ses nouvelles appréhensions. Dans le silence qu'elle venait d'apporter, les détectives sentirent la gêne s'emparer d'eux : ils ne la connaissaient pas vraiment, mais ils se sentaient désolés pour elle.

- C'est très lourd à porter, un libre arbitre, quand on n'en a jamais connu..., commença Lina, avec hésitation. Mais tout ira bien ! Vous avez la possibilité de faire de grandes choses maintenant ! Le monde s'étend à perte de vue. Et vous pourrez compter sur nous, quoi qu'il advienne.

La mère termina ses éloges en adressant un doux sourire en coin à Lian-Hua, ce qui lui arracha plusieurs sanglots qu'elle tenta d'étouffer.
Comme il est agréable de se savoir soutenu.

- Merci..., marmonna-t-elle.

La suite du trajet se déroula dans le silence, permettant aux passagers de faire le point sur la situation. Dans un élan d'égoïsme, Dean souhaita interroger la chinoise, le temps d'arriver chez Walter, néanmoins, sa bonne conscience le retint. Il savait bien que le moment n'était pas vraiment propice à cela, et Lina l'avait assez réprimandé pour ce soir.
Les yeux fixés sur la route, l'inspecteur reconnut les lumières multicolores de la ville qui s'étendaient au loin, tels des milliers de phares guidant des marins égarés. Sternbild, la ville qui ne dort jamais, les accueillerait bien vite avec son ambiance animée.
Lina tourna la tête en direction de Walter. Celui-ci contemplait le paysage, sans un mot et probablement perdu dans des pensées floues. Elle se remémora alors, non sans honte, la scène où il fut attaqué par les Next sadiques. Et constater qu'elle n'avait rien osé faire la fit longuement soupirer. Ses forces, son courage et surtout sa si grande détermination disparurent au moment où, plus que tout, on avait eu besoin d'elle.
« Je ne suis qu'une idiote. », pensa-t-elle.
Elle se mordit les lèvres pour ne pas laisser la tristesse et la frustration s'en échapper. Certes, ses réactions renforcèrent l'idée que Dean se faisait d'elle : guidée par ses désirs de vengeance, elle restait une femme capricieuse et orgueilleuse, cherchant sa propre justice dans un monde bien trop violent pour elle.
Et si elle abandonnait pour confier la suite à ses associés ? Et si elle rentrait chez elle afin d'endosser, une bonne fois pour toute, son rôle de mère ? Peut-être devait-elle cesser de pourchasser une ambition beaucoup trop égoïste pour une femme comme elle ?
Non...
Non ! Elle voulait se battre. En finir une bonne fois pour toute. Peut-être que l'échec survenu plus tôt blessait sa fierté, mais elle devait s'en servir en guise d'acquis, d'expérience positive. Chaque crainte, chaque remise en question, chaque humiliation la rendraient plus forte. Et ce jusqu'à ce qu'elle atteigne son but.
Oui, elle s'engagerait dans le combat. Non elle ne renoncerait pas. Qu'importe les douleurs, qu'importe le temps qu'elle perdrait et les critiques qu'elle recevrait. L'espoir persistait, la souffrance se transformait en force, impossible d'oublier tout cela. Impossible de vivre sans avoir vengé Ethan.

Pendant ce temps, Lian-Hua observait les environs de sa fenêtre. Les gouttes de pluie glissaient doucement sur la vitre, formant un chemin ondulé derrière elles. A cet instant, elle se remit en mémoire les souvenirs liés à Itsuki Shirow : sa première rencontre avec lui s'était déroulée un jour de pluie, de même pour la fois où elle avait tentée de s'enfuir pour rejoindre Anju, sa seule et unique amie. Cela s'apparentait à un coup du sort, à un jeu de circonstance, et en devenait presque prévisible. Voilà pourquoi elle adorait la pluie. D'une certaine manière, sa mélodie harmonieuse retentissait souvent les jours où sa vie prenait un nouveau tournant, comme si le ciel pleurait à sa place pour effacer derrière elle toutes les souffrances endurées jusqu'ici.
Néanmoins, ce soir, Lian-Hua refusait de retenir ses larmes. Car dorénavant, elle n'aurait plus à se cacher derrière le masque de l'insensibilité. Maintenant elle pouvait rire à gorge déployée, hurler aussi fort que possible et pleurer jusqu'à l'épuisement. Plus personne, hormis son libre arbitre, ne lui dirait quoi faire.
« Je n'oublierai jamais cette nuit ! », se jura-t-elle.
A cette pensée, un électrochoc lui rappela quelque chose d'important, si bien qu'elle se redressa rapidement sur son siège et poussa un cri de surprise. Le kaléidoscope de son esprit lui remit en mémoire la journée du quatorze décembre : face au premier échec d'Aiden J. Howards, Itsuki avait jugé bon de le rejoindre dans sa base afin de faire le point sur la situation. Bien que l'échange se résumât à une violente dispute entre Ascelin et Lian-Hua, il se termina sur un ordre donné par le haut gradé :
« Aiden, je veux bien t'accorder une chance de plus, mais je veux que tu m'expliques, par le biais d'une lettre, ton plan dans les moindres détails. »
L'asiatique eut du mal à y croire. D'habitude, monsieur Shirow n'offrait pas de seconde chance à ses hommes, car pour lui, si un Next goûtait une fois à l'échec, l'échec ne le lâcherait plus. Mais il voulait garder confiance en Aiden : il était charismatique, ambitieux, manipulateur et terriblement rusé. Une recrue comme lui méritait une chance de plus si ses ambitions en valaient la peine.
Bien entendu, le concerné s'était exécuté, et lorsque la missive arriva dans les mains d'Itsuki, un sourire perfide déchira son visage. Il semblait si fier, si heureux, si satisfait... Si bien qu'il la fut lire à sa servante, étant donné que d'une certaine manière, elle aussi était en droit de connaître les intentions de son collègue.

- Je dois vous dire quelque chose..., déclara-t-elle soudainement.

Évidemment, tous les regards se tournèrent vers elle.

- Ce que je vais dire risque de vous paraître insensé, mais je dois tout de même vous le dire. Il en va de la vie de Barnaby et Blue Rose.
- Barnaby et Blue Rose ?!, répétèrent en chœur les enquêteurs.
- Pourquoi nous parler d'eux ? C'est quoi le rapport ?, questionna Dean.
- Il serait compliqué de tout vous expliquer dans l'immédiat, mais des membres d'Ouroboros comptaient les enlever aujourd'hui dans l'espoir de les forcer à rejoindre leur cause... Ils sont persuadés que si des Héros s'allient à l'organisation, l'humanité est vouée à sa perte.
- N-Non..., bredouilla Lina, choquée.
- Qu-quoi ?! Et vous nous dites ça comme ça ?! Vous pouviez pas le dire plus tôt ?!, s'indigna le doyen du groupe.
- Je suis désolée ! Avec tout ce qui s'est passé, j'ai complètement oublié ce détail... Vous auriez l'heure, à tout hasard ?
- Il est vingt et une heure et quart, répondit Walter.

L'expression de Lian-Hua se décomposa à l'entente des chiffres, et elle dut se faire violence pour conserver son calme.

- Ça a commencé..., murmura-t-elle, les yeux figés sur un point invisible.
- Qu'est-ce qui a commencé ?!, s'affola la mère.
- Si Aiden a suivi son plan à la lettre... Alors ils sont déjà à la base, et...

Elle n'osa terminer sa phrase, malgré les lourdes questions insistantes du trio pour connaître le fin mot de cette histoire. Non, le temps n'était plus aux discussions. A l'heure actuelle, les deux héros devaient terriblement souffrir. Physiquement comme mentalement.

- Faites demi-tour ! Je connais leur position !, s'exclama Lian-Hua.

Aussitôt, l'inspecteur Crowel appuya sur la pédale et tourna rapidement le volant, afin de faire demi-tour. Pas besoin de plus d'explications, le temps était compté, et il devait foncer à présent.


Note de l'auteur : Et voilààà ! Ce chapitre... Je l'aime tellement ! Je suis si fière de la tournure qu'a pris la destinée de ma petite Lian-Hua. Surtout qu'à la base, j'avais prévu autre chose pour elle, mais au fil de l'écriture, c'est elle qui a fini par choisir son propre chemin (genre je parle comme si mes OCs avaient une existence propre... faut que je me soigne.) Qu'en avez-vous pensé, vous ? Votre avis m'intéresse grandement !
Barnaby revient au prochain chapitre, vous allez savoir ce qu'il est devenu ! Pour cela... Et bien rendez-vous le 14 ou le 21 Mai, je sais pas encore, ça dépendra de l'avancement de mes derniers chapitres ! :)

See ya les gens ! Et merci de votre fidélité, on a dépassé la barre des 3000 visites ! C'est pas grand chose pour certain, mais pour moi, c'est tout simplement énorme ! Merci !