Merci à chacun d'entre vous pour vos reviews! Merci particulièrement à Gwenetsi, qui ne cesse de me faire rire.
Voici enfin, le début, du moment tant attendu : les retrouvailles.
J'espère vraiment que ce chapitre sera à la hauteur de vos espérances, car je n'ai vraiment pas envie de vous décevoir maintenant!
Allez, je vous laisse découvrir tout ça, je vous souhaite une bonne lecture, et j'attends votre avis!
Chapitre 32 : L'intruse.
- Elle ne se doute de rien? Tu en es bien certain?
- J'en suis sûr Ziva. Je n'ai laissé traîner aucun indice.
- Bien, répondit la jeune femme.
Assise sur le siège passager de la voiture de McGee, elle tenait ses deux mains serrées entre ses cuisses, son regard traînant sur l'extérieur. Depuis quelques secondes la voiture était garée devant l'appartement de Tim et Abby, mais aucun des deux amis ne semblaient décidés à quitter l'habitacle. Timothy, les deux mains sur le volant regardait tantôt Ziva tantôt la rue qui lui faisait face. Et Ziva, elle, examinait la façade de l'appartement. De la lumière provenait des fenêtres, mais des rideaux l'empêchaient de distinguer l'intérieur.
- Quatrième étage, précisa Tim. Les deux fenêtres de gauche donnent sur le salon, salle à manger, et la troisième à droite est celle de notre chambre.
- D'accord. Il y a longtemps que vous vivez là?
- Non. Quelques mois seulement.
Ziva acquiesça en silence d'un signe de la tête.
- Et vous êtes heureux ici? Ça vous plait?
- Oui. Cet appart est très bien. Et la naissance d'Elina a été un vrai bonheur.
- Tant mieux.
Ziva tourna la tête et rencontra le regard de Tim.
- Calme toi Ziva. Tout va bien se passer. Il n'y a pas de raisons.
- J'aimerais tellement que tu aies raison McGee.
Il sourit légèrement.
- Allez, tu sais que Abby a un cœur en or. Elle ne mettra pas longtemps avant de te sauter dessus. Rappelle toi quand tu es rentrée de Somalie. Elle a prit le temps de te dire tes quatre vérités, mais une fois fait, elle avait déjà tout oublié.
- C'est vrai, admit Ziva.
McGee coupa le contact et ouvrit sa portière.
- Allez viens, ce n'est pas en restant ici que la situation va se régler.
- Je me sens vissée dans le siège Tim, avoua faiblement Ziva..
Timothy la regarda puis sortit de la voiture. Il en fit le tour puis vint ouvrir la portière de la jeune femme.
- Tu ne ressembles vraiment pas à la Ziva que je connais en ce moment. Reprends toi. Souffle un bon coup, et on y va.
Ziva répondit après un court instant.
- Tu as raison. J'ai déjà fait bien pire.
Ziva retira sa ceinture de sécurité puis suivit Timothy à l'intérieur de l'immeuble. Ils montèrent les quatre étages, puis s'arrêtèrent devant la porte d'entrée. McGee était surpris par le changement de comportement dont son amie avait fait preuve durant la montée des escaliers. Elle semblait avoir reconstruit cette carapace autour d'elle qu'il lui connaissait si bien, et paraissait de nouveau froide et distante à tous les événements. Il reconnaissait bien là sa façon de se protéger.
- Pourquoi ne m'as-tu pas directement déposé dans mon nouvel appartement Timothy? Tinta la voix claire de Ziva dans le silence qui les entourait.
- Parce que tu m'as dit que tu refusais d'avoir à affronter tout le monde en même temps, et que tu ne voulais donc pas arriver un matin au NCIS et faire face à toute l'équipe. Tu voulais avoir le temps de t'expliquer avec chaque personne individuellement, rappelle-toi.
- C'est vrai. Excuse moi, c'est le stress…
- Je sais. J'ai simplement pensé que commencer par Abby serait simple et te mettrait en confiance. A moins que tu ne préfères aller voir Gibbs? Où tout de suite aller t'expliquer avec Tony.
- Non, non. Je… Déjà Abby. Après, on verra.
- Ok, répondit Tim en se retournant.
Il plaça sa main sur la clenche, et s'apprêta à ouvrir la porte quand la voix de Ziva le retint une fois de plus.
- Attend Tim.
Il lâcha la clenche et se retourna pour regarder son amie.
- Quoi?
- Je tiens à te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi ces derniers mois Tim, avant d'aller plus loin.
- Et bien, de rien Ziva.
Elle sourit très légèrement.
- Peu importe la réaction qu'aura Abby, dit Ziva en désignant la porte du doigt, je te suis reconnaissante de m'avoir forcée à revenir en Amérique. Tu as eu raison.
- Merci Ziva.
McGee laissa traîner son regard quelques secondes de plus que nécessaire dans celui de la jeune femme, puis sans quitter ses yeux des siens, il poussa doucement la porte. Il rompit leur contact visuel et pénétra dans l'appartement. Ziva le suivit de près, et Timothy referma la porte derrière eux.
McGee ôta sa veste et la pendit dans l'entrée, puis déposa ses clefs de voiture sur un petit meuble de bois posé contre un des murs. Il lança encore un regard à Ziva, qui préféra garder sa veste. Ils restèrent quelques secondes dans ce couloir, sans prononcer la moindre parole, tout deux ayant conscience du ras de marée qu'ils allaient déclencher d'une seconde à l'autre. Timothy avala péniblement sa salive puis se décida finalement à faire quelques pas vers la pièce principale de l'appartement, et enfin à appeler sa compagne.
- Abby? Abs, c'est moi. Je suis rentré.
Timothy fit encore quelques pas, toujours talonné par Ziva.
- Tim? Je suis au salon. Ne fait pas trop de bruit, je viens juste d'endormir Elina.
Tim lança un dernier regard à Ziva, qui lui sourit péniblement, dans une vaine tentative de le rassurer, car elle ne parvint nullement à cacher son propre stress.
Le jeune homme traversa le couloir, passa devant la chambre de sa fille, puis tourna à gauche et se trouva dans le salon. Abby était face à lui, de profil, occupée à regarder la télévision.
Elle remarqua la présence de son ami, et baissa le son avant de se tourner vers lui. Elle lui sourit de toutes ces dents comme elle en avait l'habitude, jusqu'à ce que son regard glisse vers la jeune femme qui se tenait derrière lui.
La pièce n'était éclairée que par la faible lueur d'une lampe posée sur un guéridon, à proximité de la bibliothèque, et par l'écran de télévision. Mais cela n'empêcha pas Abby de distinguer clairement les traits de cette femme, qui se tenait à quelques centimètres à peine derrière son compagnon. Elle vit cette mâchoire crispée, et ses yeux sombres en amande qui un instant fixèrent les siens, avant de fuir vers le plancher.
Abby sentit sa bouche s'assécher, et les mots lui manquer, à elle qui était pourtant si pipelette. Ne sachant pas réellement comment agir face à cette personne qu'elle pouvait considérer comme une intruse dans son salon, elle se leva calmement. Elle resta encore un instant immobile et silencieuse, à fixer Timothy, les yeux dans les yeux.
- C'était donc ça ma surprise? Dit elle d'une voix claire mais froide au bout de longues minutes qui parurent une éternité à Ziva et McGee qui n'osaient pas bouger.
- Oui, prononça difficilement Tim, remarquant que le comportement de son amie aurait pu être meilleur.
Abby reposa ses yeux sur ceux de… De la jeune brune. Elle se refusait à l'appeler autrement. Cette femme n'était pas Ziva. Ziva ne leur aurait pas fait ça. Abby respira calmement, un calme tragique qui ne calmait pas les deux personnes qui lui faisaient face et qui guettaient le moindre de ses gestes, tentant de l'interpréter positivement.
- Je ne vais pas crier car je ne veux en aucun cas réveiller ma fille, commença-t-elle, distante, regardant l'intruse de haut en bas.
- Mais je vais tout de même me montrer claire. Ziva David est morte il y a quatre ans.
Abby regarda Tim avant de continuer.
- Alors cette femme n'a rien à faire chez moi.
Ziva sentit son sang se glacer. Elle l'avait su pourtant, qu'ils ne voudraient pas d'elle.
- Vous êtes entrée, vous connaissez donc le chemin. Je ne prendrais pas la peine de vous raccompagner.
Sur ces mots, Abbs se tut, et attendit patiemment qu'elle daigne lui obéir. Contrairement à McGee, Ziva ne résista pas, se contentant de fixer son amie. Elle ne pouvait la quitter des yeux. Elle restait là à l'observer. Elle n'avait pas changé. Ziva sentait sa respiration s'accélérer, sans qu'elle ne puisse rien y faire.
- Abby… Prononça finalement Timothy.
- Quoi? Répondit la concernée en le regardant de nouveau.
Tim prit le temps de l'observer lui aussi une seconde. Il remarqua ses traits durs et se dit que passer par la douceur ne servirait à rien pour une fois avec la jeune femme. Il choisit donc de se montrer froid et clair avec elle comme elle l'avait été avec lui. La jeune femme lui paraissait à des kilomètres de lui à cet instant.
- Ce n'est pas chez toi ici, mais chez nous. J'ai autant le droit que toi de décider qui j'invite chez nous, exposa Tim.
Abby lui lança un regard glacial.
- Quand je t'ai quitté il y a deux heures je t'ai demandé quelque chose Abby. Je t'ai fait jurer de ne pas te braquer, et de prendre le temps d'examiner la situation sous tous ses angles avant d'émettre le moindre jugement. Rappelle-toi.
Un court silence emplit la pièce une seconde. Timothy continuait de garder ses yeux plantés dans ceux de sa compagne, alors que la respiration saccadée de l'israélienne s'imposait à lui durant ce court silence.
- Tu me l'as juré Abby, reprit le jeune homme, jouant sa dernière carte. Alors je te demande de respecter ta promesse.
- Non Timothy. Non. Tu avais peur de me décevoir avec cette, surprise, dit la gothique avec dédain, et bien tu avais raison sur ce point, tu m'as déçu. Ta surprise ne me réjouit en rien. Maintenant il me semble vous avoir demander de sortir de chez moi, reprit Abby en levant son bras droit en direction de la porte d'entrée, regardant de nouveau cette étrangère qui s'était permis de venir jusqu'ici.
Tim regarda froidement sa compagne, il ne la reconnaissait pas. Il avait craint sa réaction, mais jamais il n'aurait cru qu'elle réagirait ainsi.
Les yeux de Ziva croisèrent une dernière fois ceux de Abby, et essoufflée comme si elle venait de faire son jogging matinal, une larme solitaire lui échappa. Elle déglutit péniblement. Elle savait que sa présence avait poussé Abby dans ses derniers retranchements, et que quand la jeune femme atteignait ce point, il n'y avait plus rien à faire. C'est donc contrairement à l'homme à ses côtés qu'elle se résigna, souffrant horriblement. Elle se sentait profondément blessée.
- Laisse tomber Tim, ça ne sert à rien d'insister, dit elle péniblement d'une voix faible, à peine audible.
Elle marqua une pause, prenant le temps de regarder une dernière fois celle qui à une époque avait été son amie, avant de finalement lui adresser directement la parole, pour la première fois depuis plusieurs années.
- Je suis désolée Abby, sincèrement.
Une deuxième larme lui échappa, et elle tourna finalement les talons, regagnant la porte d'entrée d'un pas incertain, comme une automate l'aurait fait. Timothy lui continuait de fixer celle qu'il ne comprenait plus.
