Bonjouuuuur ! Comment allez vous aujourd'hui ? Je sais, je sais, la publication de La Triste Mascarade s'espace de plus en plus, mais au moins, les chapitres sont là. Je respecte toujours la date donnée ! :D Surtout que là, il me reste quoi ? 6 chapitres à écrire ? Ce n'est pas la mort je vais essayer de faire de mon mieux pour la terminer au plus vite ! Surtout qu'à côté j'ai plein d'idées de One Shot, mais je préfère me concentrer sur cette histoire plutôt que de m'éparpiller. En tout cas, je tiens à vous remercier pour votre fidélité ! Ça fait toujours autant plaisir ! ^o^. Sur ce : Bonne lecture !
Chapitre XLII : L'éveil de la Rose
Soutenu par l'éclat de la lune, et malgré les épreuves survenues plus tôt, le véhicule des détectives continuait de rouler, tandis que Lian Hua expliquait plus en détails la situation. Et bien que Crowel fît de son mieux pour rester concentrer sur la route, les révélations de la Next le déconcentraient.
- De ce que j'ai cru comprendre, vous êtes tombé sur la lettre d'Aiden adressée à Elizabeth Lance, lança la chinoise. Il s'agissait d'une invitation la conviant à une des soirées de mon supérieur, Itsuki Shirow. Aiden J. Howards travaille pour lui, c'est un homme très malin, obsédé par son devoir de membre d'Ouroboros. Elizabeth n'était qu'un pion sur son échiquier, et ce soir, il va tenter d'embarquer les Héros dans un guet-apens.
- Dans quel but ? questionna Lina.
- Il pense qu'en ralliant les Héros à sa cause, d'autres Next se laisseront influencer et les rejoindront aussi. Il souhaite l'extinction de la race humaine, ou du moins les réduire en position d'impuissance.
Un silence pesant s'infiltra dans la voiture, laissant les inspecteurs se perdre dans leurs pensées et leurs peurs. Lian-Hua en profita alors pour leur raconter l'histoire d'Aiden J. Howards, anciennement nommé Joshua Hopkins. Elle leur expliqua d'abord qu'il vivait dans le même orphelinat qu'elle, qu'il se montrait plutôt calme et très distant avec les autres, sans pour autant se faire haïr de ses camarades. Depuis tout petit, il possédait une aura magnétisante qui lui permettait de gagner rapidement le respect d'autrui. La culture imprégnait son esprit, son sourire rassurait les plus peureux, il savait se montrer compatissant envers ses semblables sans pour autant paraître niais ou naïf. C'est pour cela qu'Itsuki Shirow l'appréciait, car d'après lui, il avait l'étoffe du parfait chef de meute.
La chinoise marqua une pause. Une question la taraudait ; pourquoi Joshua n'avait pas été choisi comme héritier ? Il possédait cette force dont elle était dépourvue, et un charisme digne d'un ange des ténèbres. Pourtant... Son supérieur avait préféré la désigner elle. Uniquement elle.
Elle repensa ensuite au soir où le couffin fut déposé devant la porte de l'orphelinat, puis au visage paisible et endormi d'Aiden, qui rêvait sûrement de sa mère, blotti contre elle, et qui lui murmurait des berceuses oubliées. Pendant que ce bambin innocent profitait de son sommeil, Itsuki Shirow réfléchissait déjà à son avenir. Un avenir bien trop sombre et manipulé par un fou en soif de vengeance et de puissance.
Que serait devenue la vie de Joshua Hopkins si le Destin s'était montré plus compatissant à son égard ? A cette question, un sourire mélancolique se dessina sur les lèvres de Lian-Hua.
Enfin, elle parla de Nel Casi, dorénavant nommé « Ascelin », avant de leur conter son admiration sans faille envers Aiden depuis l'enfance .Elle évoqua aussi son dangereux pouvoir de manipulation ; en s'infiltrant dans le subconscient de ses victimes, il parvenait à les convertir aux valeurs d'Ouroboros. Et s'il repérait des témoins humains, il les poussait à se suicider où les rendait fous.
- Son pouvoir est effrayant et dangereux... Mais au fond, je me demande s'il ne rejette pas ses propres faiblesses sur les autres..., termina-t-elle.
De nouveau, elle se perdit dans ses souvenirs, et se rappela du jour où Ascelin était parti rapporter à monsieur Shirow sa tentative de fuite, en plus de son lien avec Anju, sa seule et unique amie. En y repensant, Lian-Hua comprit qu'il était la cause de sa déchéance. Pourtant, même en ressassant la scène dans son esprit, elle ne parvenait pas à lui en vouloir complètement. A cette époque, Nel n'était qu'un enfant aveuglé par les propos d'un adulte irresponsable.
De leur côté, les inspecteurs restèrent abasourdis par ces révélations. Tous les indices ne formaient plus qu'une seule vérité, tout devenait plus clair, plus palpable, et un mauvais pressentiment les assaillit. L'affaire se révélait beaucoup plus périlleuse qu'ils n'avaient osé l'imaginer, comme s'ils avaient percé au grand jour un terrible secret d'état.
Après plusieurs kilomètres à rouler dans un silence oppressant, Lian-Hua demanda au conducteur de tourner à droite pour enfin arriver à destination : un immense parking vide, abandonné.
- C'est ici..., murmura-t-elle.
Dean observa avec minutie les environs : dans un climat peu rassurant, le parking s'étendait sur une centaine de mètres et laissait le souffle du vent voguer dans le vide. Il s'apprêta à en déduire que ce lieu désert ne se différenciait en rien des autres, jusqu'à ce que ses iris glissèrent sur la droite et y remarquèrent une somptueuse décapotable noire. Ce détail titilla sa curiosité ; en effet, le véhicule semblait parfaitement bien entretenu, sans aucun dommage ni aucune rayure, contrastant ainsi avec l'environnement délabré.
- A qui appartient cette voiture ? demanda-t-il.
- C'est celle d'Aiden J. Howards, répondit Lian-Hua. Lui seul a le droit de la garer ici. Les autres ont l'obligation de se garer plus loin et de continuer à pieds.
- Je vois...
Walter et Lina s'échangèrent un regard et en profitèrent à leur tour pour jeter un œil aux environs. Tandis que Dean et Lian Hua discutaient ensemble, ils essayèrent de trouver d'autres indices sur le parking, comme un élément intriguant, ou encore par miracle une entrée secrète.
- Que fait un ascenseur ici ? demanda soudainement Walter en apercevant la cage vintage un peu plus loin.
- Ah ça..., souffla la Next. C'est l'ascenseur qui mène à la base. Il va falloir le prendre.
Elle se perdit un instant dans ses pensées, et déduit rapidement une faille :
- Il y a un problème..., remarqua-t-elle.
- Le quel ?, s'enquit Lina.
- Je pense qu'il est beaucoup trop dangereux d'entrer à quatre, surtout avec un blessé. De plus... Il serait préférable de prévenir les Héros et la police non ? Qu'on mette un terme à tout ça.
L'asiatique marqua un point. De ce fait, l'inspecteur Crowel reprit la parole :
- Je vous accompagnerai dans ce cas. Lina et Walter préviendront la police et...
- Pardon ?! coupa la mère.
Bien qu'étant le chef de cette opération, Lina ne pouvait accepter le choix de l'inspecteur Crowel. Même s'il s'avérait plus expérimenté, plus réfléchi, plus stratégique et plus raisonnable qu'elle, c'était la goutte de trop. Il prenait les commandes depuis le début, sans jamais lui donner une chance, sans jamais lui accorder une quelconque confiance, sans même lui offrir l'occasion de se venger... A ces pensées, la mère se remémora les événements survenus plus tôt dans la soirée ; l'attaque de la Next télékinésiste, Dean face à la mort... puis la peur qui s'était emparée d'elle pour la confronter à son impuissance. Certes, Walter aussi s'était retrouvé paralysé par un effroi incommensurable, sauf que lui avait osé tirer, un peu plus tard, sur le chef de l'organisation.
Elle, depuis le début, n'arrêtait pas de prononcer des paroles en l'air, jurant de rester forte en toute circonstance, ou encore de se battre au nom de son mari, quitte à traîner derrière elle l'image d'une mère inconsciente.
Dépitée, elle planta ses ongles dans la paume de sa main, se mordit les lèvres, et ravala les larmes de frustration qui lui brûlaient la gorge.
« Je dois faire mes preuves. C'est ma dernière chance. Je ne peux pas fuir si près du but ! Non, je ne peux me résigner à abandonner après tout le chemin que j'ai parcouru ! », pensa-t-elle.
- Un problème ? souffla Dean, derrière une expression indignée.
- Vous ne pouvez pas y aller ! rétorqua la veuve. Laissez-moi accompagner Lian-Hua à votre place !
Le doyen du trio poussa un soupir. Il se doutait bien que Lina ne se laisserait pas faire devant la proposition. Néanmoins, alors qu'il s'apprêta à lui répondre, elle le coupa rapidement dans son élan :
- Non, ne dites rien, car je sais pertinemment ce que vous allez me dire ! J'admets que mes réactions ont été pathétiques et puériles lorsque nous étions dans le manoir. Il est vrai que j'avais peur. Terriblement peur. Cependant... Cependant je ne peux me permettre de revenir en arrière après tout ce que j'ai pu traverser avec vous ! Je ne peux me résoudre à repartir avec Walter pour confier à la police et aux Héros votre position. Avec tout le respect que je vous dois et toute l'admiration que je vous porte, j'estime que cette enquête est avant tout mon combat. Je ne pourrais jamais garder la conscience tranquille si je ne me débarrasse pas moi-même du meurtrier de mon époux !
Après cette tirade maladroite, Lina reprit son souffle, puis plongea ses yeux dans ceux d'un Crowel abasourdi. Devant sa mine à la fois déterminée et inquiète, il se savait en proie à un funeste dilemme.
Pouvait-il se permettre de lui accorder une chance, quitte à causer sa perte si jamais l'ennemi se montrait trop puissant ? Ou bien devait-il agir en bon inspecteur, et la forcer à rentrer avec son collègue, même si ce choix la plongerait dans une dépression excessive mais, hélas, véritable ?
En l'espace de quelques mois, il avait réussi à sonder son âme, à prévoir à l'avance ses réactions et ses crises de rébellions. Lina était une femme butée et incorrigible, obsédée par son désir malsain de vengeance.
Il le savait, rien ne la stopperait. Non, rien. Pas même le plus violent des sermons, ou le plus beau des discours. Non. Dean se doutait bien qu'elle ne se laisserait pas faire. Elle le tenait par le bout du nez.
- Dean... Je ferai attention, déclara-t-elle lorsqu'elle remarqua le visage décomposé de son supérieur.
- Ce n'est plus un jeu, Lina. La mort sera à vos trousses dès que vous quitterez ce véhicule. Vous ne pourrez revenir sur vos pas, et encore moins compter sur nous pour vous protéger. La moindre erreur vous sera fatale. Êtes-vous prête à accepter ce risque ? souligna l'inspecteur.
- Chef ! s'offusqua Walter. Vous n'allez tout de même pas...
- Je suis prête à prendre ce risque. Je ne me laisserai plus faire, déclara la mère.
Walter émit un gémissement de surprise avant de tourner la tête vers Lina pour la fixer avec intensité. Celle-ci n'y prêta aucune attention, préférant se perdre dans le regard sérieux de son supérieur qui paraissait affecté par sa réponse. Par-delà son expression sévère et profonde, Lina décela dans ses pupilles une ombre d'inquiétude.
- Chef ! s'exclama Walter.
- Walter, ça reviendrait au même de toute façon..., se résigna l'interpellé. Je suis peut-être plus expérimenté dans mon travail, mais je reste un vieillard qui s'est quand même fait attrapé par une Next. Je n'ai plus autant d'endurance qu'avant, et même si j'accompagnais Lian-Hua, Lina serait prête à se mettre en danger pour nous suivre.
- Pas si je la force à rester avec moi !
La voix du jeune collègue tremblait de rage et d'amertume. Malgré les propos véridiques de son supérieur, il se refusait à laisser la jeune mère entre les griffes d'Ouroboros.
Indigné et frustré, il serra les poings jusqu'au sang, fronça les sourcils et se mordit les lèvres pour ravaler les larmes qui lui montaient aux yeux. Et alors qu'il commença à trembler de peur, une main douce et chaude se posa sur son épaule.
- Walter, votre réaction me touche..., murmura Lina. Mais comprenez que je ne peux me résoudre à abandonner si près du but.
- Cette histoire de vengeance t'obsède..., pesta-t-il. Tu peux pas penser un peu à ta fille ?!
La phrase cinglante, mêlée au fait qu'il la tutoyait si soudainement, agit comme un coup de poignard dans le cœur de la veuve.
- C'est dans ces moments-là que je pense le plus souvent à elle, justement, répondit-elle calmement. Avant de nous rendre au manoir, vous m'aviez dit que je ne mourrais pas car j'étais bien plus forte que cela. Était-ce de belles paroles ? Aviez-vous pitié de moi à cet instant ? Vous disiez que Dean et vous me protégeriez au pire des cas, et c'est ce que vous ferez ! Prévenez la police au plus vite, faites part aux Héros de notre position... je sais que je peux comptez sur vous.
Walter releva le menton pour dévisager de ses yeux larmoyants son interlocutrice. Son visage tourmenté par la tristesse affichait un sourire radieux qu'elle se refusait d'effacer. Elle était si forte, si dévouée et courageuse. Et cela contrastait avec la faiblesse du jeune homme, qui désirait la protéger de tous les dangers.
- Alors ? Vous vous décidez ?! s'impatienta Lian-Hua, jusque-là silencieuse.
- C'est bon. Allons-y, rétorqua Lina.
Sur ces mots, la chinoise acquiesça d'un mouvement de tête tandis que la jeune mère se tourna vers les deux hommes pour leur adresser un sourire en coin.
- Tout ira bien. J'ai confiance en vous et en mes capacités, déclara-t-elle avant de sortir de la voiture. Et puis, j'ai encore votre arme !
- Sois prudente et ne quitte pas Lian-Hua, conseilla Dean.
- Promis.
Sans se retourner, les deux femmes rejoignirent l'ascenseur devant elles, et y entrèrent sans adresser un dernier regard aux hommes. Ceux-ci quittèrent les lieux, afin de prévenir au plus vite les autorités.
C'est avec la boule au ventre que Lina entra dans la cage d'acier en compagnie d'une Lian-Hua détendue. Le calme s'installa entre elles lorsque la machine commença à descendre lentement pour se noyer dans les ténèbres. Alors que la chinoise fixait un point invisible, la mère tentait d'observer les alentours malgré l'obscurité.
- Ça ne rigole plus, prévint Lian-Hua.
- Je sais, répondit Lina. Vous avez une idée de ce que nous allons faire ?
- Oui, j'y ai réfléchi pendant que vous vous « disputiez ». Mais d'abord, laissez-moi vous donner quelques explications sur l'endroit qui nous attend. Il s'agit d'une « base » où reposent des centaines de Nexts à la solde d'un seul et même homme.
- Aiden J. Howards ? s'enquit la veuve.
- Oui. Comme j'en ai fait part tout à l'heure, c'est un homme très malin et influent, obnubilé par ses idées de conquêtes et de pouvoir. Il sait se faire écouter et rallier des faibles d'esprit à sa cause. Au pire des cas, il envoie son ami faire le travail à sa place. Sa base est un réseau effrayant qui réside sous terre. Il y a un nombre incroyable de salles et de couloirs ; s'y perdre est chose aisée quand on ne connaît pas les environs.
Lina déglutit à l'entente de ces mots inquiétants. Toutefois, elle se doutait bien qu'elle ne pouvait désormais plus faire marche arrière.
De toute manière, ce n'était pas comme si elle le désirait.
- Les Next ici présents ne savent pas que j'ai trahi monsieur Shirow, et ils m'assimilent à une figure d'autorité influente. Mon idée est simple : je vais parler au nom d'Itsuki et leur annoncer qu'ils doivent quitter les lieux et attendre sur le parking.
- L'idée est bonne... Cependant, et si je puis me permettre, il y a une faille... hésita Lina. Ils vont vous demander plus d'explications à ce sujet, non ? Cela risque d'être dangereux s'ils vous soupçonnent.
Un sourire mystérieux apparut sur le visage de la Next, ce qui arracha une mine perplexe à Lina.
- La plupart des partisans d'Aiden ont été « lobotomisés » par le pouvoir d'Ascelin. Ils obéissent comme de parfaits petits soldats de guerre. De ce fait, ils ne poseront pas de questions et ne feront qu'obéir à mes ordres. Au pire des cas... Et bien j'aviserais ! déclara la chinoise.
Lina fronça les sourcils avant de dévisager son alliée avec inquiétude, mais aussi avec une certaine admiration. Lian-Hua lui paraissait si forte et courageuse, capable de contourner les pires dangers au travers ses actions. D'une certaine manière, Lina enviait sa personnalité si noble et héroïque ; elle était une femme extraordinaire qui parvenait à captiver n'importe qui avec ses mots et son attitude audacieuse.
Tout à coup, une odeur nauséabonde vint agresser leurs narines,, et l'ascenseur se stoppa pour arriver à destination. A l'image d'un rideau divulguant une scène théâtrale, les portes de la cage coulissèrent pour laisser dévoiler un immense couloir vide et aux couleurs de l'organisation. Alignées par dizaine sur chaque mur, des lanternes à huile et à la lueur vermeille empêchaient les ténèbres d'engloutir intégralement les lieux. Lina remarqua l'énorme fresque d'Ouroboros qui se pavanait sur le plancher, et un frisson de dégoût s'empara d'elle. Sans plus attendre, les deux femmes s'échangèrent un regard, sortirent de l'ascenseur, et décidèrent de mettre le plan à exécution.
Adossé contre un mur, non loin de la porte menant à la salle qu'il venait de quitter, Ascelin tentait de reprendre son calme. Les paroles si futiles et niaises de Barnaby l'avaient mis dans tous ses états, et le poison de la frustration hantait encore son âme.
« …Nous avons eu une académie spécialisée, nous sommes devenus des idoles, nous pouvons être appréciés et mieux nous intégrer à la société ».
Les mots de ce Héros de pacotille résonnaient encore dans son esprit tourmenté. Si Aiden ne s'était pas interposé, il l'aurait frappé sans vergogne, jusqu'à forcer cet imbécile à ravaler ses propos.
Comment pouvait-il se permettre de prononcer de telles inepties ? Pourquoi s'abaissait-il ainsi ? Et il osait prendre la défense de l'humanité.
Lui, un Next.
Cela répugnait Ascelin. Plus que tout.
Manipulé par une rage incommensurable, il voulut frapper le mur, néanmoins, des bruits de pas l'en dissuadèrent. Et un rictus malsain s'esquissa sur son visage lorsqu'il reconnut Ehoarn, en compagnie d'une Blue Rose affaiblie.
- Oh ? Le spectacle va commencer ? ricana le marionnettiste.
- A croire. Faut dire que le petit Barnaby Brooks Jr. est vraiment audacieux. Il a préféré choisir la mort à Ouroboros. Alors on lui amène une petite invitée ! répondit Ehoarn, le sourire aux lèvres.
Les yeux de Karina s'élargirent à l'entente de ces mots alarmants, ce qu'Ascelin remarqua. Amusé par sa réaction, il s'avança vers elle pour lui faire face et ainsi se délecter de son expression affolée. Bien que tremblante de peur, les Next comprirent rapidement qu'elle essayait de prononcer quelque chose derrière le morceau de tissu qui cachait ses lèvres.
- Laisse-moi deviner, murmura Ascelin en la fixant droit dans les yeux. Tu nous implores de le laisser tranquille, n'est-ce pas ?
La concernée resta immobile devant le visage moqueur de son ennemi, et des larmes de désespoir voilèrent ses disques de bronze. Même si elle acquiesçait, elle se doutait que, de toute manière, ils n'en tiendraient pas rigueur.
Un rire sournois s'évada de la gorge du manipulateur, et dans un élan de sadisme, il porta une main sur la joue de sa victime, ce qui lui arracha un frisson de répulsion.
- Comme c'est mignon. Tu cherches à le protéger ? Cela ne mènera à rien. Tu ne vaux rien sans ton pouvoir. Ton existence même est insignifiante. Regarde-toi, tu es si pathétique !
Sous la réaction attristée et perdue de la Rose, il ponctua sa dernière exclamation d'un nouveau ricanement.
- Une femme violée n'est qu'un déchet répugnant. Personne ne veut d'elle. Elle n'attire que de la pitié, termina-t-il dans une intonation cinglante.
A cet instant, les larmes brisèrent l'ultime rempart de défense et roulèrent sur les joues blêmes de Karina. Elle savait pertinemment qu'il avait tort, cependant, ses mots faisaient mal. Terriblement mal. Et bien qu'elle sût que cela ne servirait à rien, elle hurla son désaccord en plus d'adresser au marionnettiste un regard empli de haine.
Celui-ci savoura un moment sa victoire, et sentit son cœur s'embaumer d'une joie malsaine quand il distingua le désarroi sur le visage de l'ancienne Héroïne. C'était un bonheur ardent tissé dans un fil de paradis. Si bien qu'il en vint même à essayer de deviner ce qu'elle tentait vainement de lui dire.
Le traitait-elle de monstre ? Hurlait-elle des injures à son égard ? Ou souhaitait-elle lui affirmer qu'il se trompait sur toute la ligne ?
Jamais il ne le saurait, mais c'était le cadet de ses soucis.
- Allez, profite bien du spectacle. Ma chère Blue Rose, siffla-t-il derrière un sourire narquois. Moi aussi je vais y assister !
Seulement, au moment où il s'apprêta à suivre Ehoarn, un bruit sourd retint son attention. Il voulut ignorer ce détail, néanmoins, un autre bruit retentit. Intrigué, il fronça les sourcils et se concentra sur sa nature ; cela ressemblait à un brouhaha causé par des personnes un peu plus loin. En effet, des voix se mêlaient à ce qui s'apparentait à des bruits de pas, comme si une alerte imprévue venait de retentir.
Ascelin éprouva un mauvais pressentiment.
- Commencez sans moi, je reviens, annonça-t-il, avant de se diriger vers la source du problème.
Ehoarn hocha la tête et retourna dans la salle de torture, tandis qu'Ascelin traversa le couloir. En y réfléchissant, il savait qu'Aiden avait convoqué ses partisans et leur avait ordonné d'attendre dans la salle de conférence. Selon lui, il risquait d'avoir besoin d'eux si jamais son plan fonctionnait. Alors que se passait-il ? Avaient-ils été repérés ? Une taupe se serait-elle introduite dans leur base pour les trahir au dernier moment ?
Ascelin secoua la tête dans l'espoir de chasser ces pensées négatives et reprit son chemin d'un pas plus rapide. Il se fia tout d'abord à son ouïe, toutefois, plus il avançait, plus le vacarme devenait fort et désagréable, ce qui facilita sa recherche.
Finalement, il atterrit dans le couloir, habituellement bondé, qui menait à l'ascenseur de service. Or, cette fois, la surprise se peignit sur son visage lorsqu'il réalisa qu'il pouvait y circuler sans souci. Son étonnement s'accentua en remarquant certains Next accourir vers l'ascenseur. Il en attrapa un par l'épaule au passage pour lui demander des explications.
- Que se passe-t-il ?! Qui vous a donné l'ordre de sortir ?!
- C'est dame Lian-Hua, monsieur ! Elle nous a dit venir de la part de maître Shirow. Il a une annonce importante à nous faire et nous devons l'attendre sur le parking ! rétorqua l'interpellé.
- Hein ? Où se trouve-t-elle ?!
- Elle était dans la salle de conférence quand je suis parti...
Ascelin relâcha l'homme pour le laisser reprendre sa course. Il ne comprenait plus rien. Pourquoi n'avait-il pas été prévenu ? De ses souvenirs, Itsuki Shirow prenait toujours le temps de prévenir Aiden d'une visite quelconque, sauf s'il s'agissait d'un cas d'extrême urgence.
Est-ce que quelque chose de grave venait de se produire ? Et pourquoi seule Lian-Hua se trouvait ici ? Cela commençait à devenir inquiétant.
D'une marche hâtive, le marionnettiste se rendit vers la salle indiquée, et ouvrit brusquement la porte.
Une exclamation de surprise s'échappa de sa bouche lorsqu'il constata que la salle d'audience, d'habitude remplie, n'accueillait que deux femmes, dont une qu'il connaissait bien.
Lian-Hua.
Agenouillée au sol, Karina fixait continuellement Barnaby dans sa position humiliante. La vision de son ami, blessé et affaibli, continuait de lacérer son esprit meurtri par une image qu'elle n'oublierait jamais. Elle tenta de prononcer quelque chose ; des excuses, des encouragements, lui faire part de sa peur et de son chagrin, hélas, les mots restèrent coincés dans gorge. Sous l'œil amusé des deux Next tortionnaires, le Héros observa sa collègue de ses émeraudes tremblantes, et comprit à quel point la situation était critique.
Ravagée par le chagrin, Blue Rose peinait à prononçait quoi que ce soit, comme si elle se trouvait paralysée par une force invisible. Elle paraissait si bouleversée, si effrayée, et tellement perdue.
- Blue Rose..., murmura Barnaby, avant de glisser un regard rancunier vers ses ennemis. Que lui avez-vous fait ?!
- Mais rien voyons ! Rassurez-vous, nous nous sommes bien occupés d'elle, informa Aiden dans un ton mystérieux.
Il profita de la discussion pour ordonner à Ehoarn de rejoindre Karina. Sans se soucier des menaces que Barnaby lui crachait, le Next obéit. Remarquant une ombre au-dessus d'elle, la Rose releva la tête, et sentit son sang se glacer lorsqu'elle constata que son bourreau ne se trouvait qu'à quelques centimètres d'elle.
Entraînée par l'angoisse et la paranoïa, la jeune femme essaya de se lever pour partir à la recherche d'un secours illusoire, malheureusement, Ehoarn se montra plus rapide et la saisit par le poignet, et l'immobilisa pour la forcer à faire face à Barnaby.
- LÂCHEZ-MOI ! hurla-t-elle.
Sous le poids de l'adrénaline, ses jambes commencèrent à s'alourdirent, et tout commença à devenir flou autour d'elle. Cette situation... Elle ne la connaissait que trop bien. Elle portait le parfum de la Mort et de l'ultime souffrance, prête à l'envelopper dans un carcan de douleur inguérissable.
Voilà. Le moment tant redouté allait arriver.
Sans aucun doute, ce Next comptait la souiller, et qui plus est devant Barnaby. A cette pensée, son souffle s'accéléra, et l'effroyable crainte d'être à nouveau violée l'incita à tenter de se défaire de l'emprise d'Ehoarn. Hélas, celui-ci avait enclenché son pouvoir, et ses mains d'aciers la retinrent prisonnière.
- NON ! tonna Karina.
- Fichez-lui la paix ! ordonna le Héros, qui essayait tant bien que mal de conserver son calme.
Néanmoins, et à leur grande surprise, le bourreau ne fit rien.
- Vous savez, ma proposition tient toujours, révéla Aiden. Ouroboros se fera une joie de vous accueillir !
Karina tourna la tête en direction du Next masqué, et son visage se décomposa en comprenant où il souhaitait en venir.
- Ne l'écoute pas Barnaby ! Il cherche à t'amadouer ! s'écria-t-elle.
Barnaby ne répondit pas, préférant soutenir le regard d'Aiden avec haine et dédain.
- Qu'en pensez-vous ?, reprit ce dernier. Il ne vous restera plus qu'à inciter vos amis à nous rejoindre, et comme ça, l'humanité commencera à perdre pied !
- Barnaby, non ! implora Blue Rose.
- Ma réponse restera la même : je ne vous rejoindrai pas ! fulmina le concerné.
Un soupir soulagé s'évada des lèvres tremblantes de Karina. Cependant, elle ne fut pas bien longtemps rassurée lorsqu'elle remarqua la mine impassible d'Aiden. C'était comme s'il s'attendait à cette riposte négative, et qu'il en avait profité pour préparer le terrain.
L'intuition de la jeune femme s'avéra véridique.
En effet, le masque stoïque du bourreau disparut pour révéler une expression amusée et vaniteuse, et il plongea la main dans sa poche pour en ressortir la télécommande utilisée plus tôt. Les sourcils du prisonnier se froncèrent à la vue de l'objet, et il comprit rapidement ce qui l'attendait.
Un sourire mesquin s'esquissa au même instant sur les joues d'Aiden, et sans laisser le temps à la Rose de réagir, il appuya sur un autre bouton pour électrocuter, une nouvelle fois, Barnaby. La douleur se montra plus forte que la fois précédente, et les ondes qui traversaient ses bras, pour redescendre à ses jambes, lui arrachèrent un gémissement. Toutefois le Héros, bien trop attaché à sa fierté, se mordit les lèvres afin d'étouffer ses plaintes.
Il ne pouvait se permettre de s'écraser face à ces monstres.
Sa respiration s'accéléra au moment où Aiden stoppa les électrochocs, mais la souffrance demeura. Elle lui picotait la peau et les veines, tambourinait contre son crâne de manière bien sournoise. Toutefois, pire que la douleur liée à cette torture humiliante et vaine, les hurlements de Karina, spectatrice de la scène, qui résonnaient dans la pièce, lui déchiraient le cœur.
- Ah, décidément, votre rôle de Héros vous tient à cœur, ironisa le supérieur. Je vais vous proposer un jeu dans ce cas. Blue Rose assistera à votre humiliation, et plus vous résisterez, plus puissante sera la décharge !
- Non ! réagit l'ancienne Next, les larmes aux yeux.
- Comme c'est mignon, on dirait qu'elle tient à vous !
Déconcerté mais encore lucide, Barnaby soutint le regard de son bourreau avant de le glisser vers Karina : ses cheveux dissimulaient son visage désemparé, et son corps, soulevé par un souffle rapide, chevrotait sous la pression.
A cette image, il se souvint des atroces tortures qu'elle avait subies par le passé. Décidément, il ne pouvait pas baisser les bras.
« Ma douleur n'est rien comparée à tout ce qu'a enduré Karina ! Je ne peux pas flancher de manière si misérable ! », pensa-t-il.
- Vous aussi, vous tenez à elle, non ? supposa Aiden. Après tout, elle vous a libéré d'un sort funeste, la nuit du premier novembre.
- De quoi parlez-vous ? siffla le Héros.
- Vous ne vous souvenez pas ? Le soir du viol de Blue Rose, mon collègue vous a tous plongés dans un sommeil artificiel dans le but de vous lobotomiser en usant de vos faiblesses. Tout le monde se faisait manipuler. Tout le monde, sauf vous.
Comment oublier ce songe aux teintes mélancoliques ? Comment omettre toute l'euphorie qu'il avait tentée de refouler au plus profond de lui ? Cette nuit-là, par le biais d'un doux mais amertume rêve, Barnaby avait pu revoir ses parents, et revivre un instant en leur compagnie. Néanmoins, il avait rapidement compris que ce monde trop parfait n'était pas le sien.
En y repensant, c'était comme si quelque chose l'avait encouragé à voir la réalité en face et à combattre ses propres fantômes. Inconsciemment, il pressentait que quelqu'un l'attendait de l'autre côté.
Ou du moins, il s'en était persuadé.
- Cette chère Blue Rose qui affrontait toute seule la réalité... Vous vouliez la sauver n'est-ce pas ? prononça subitement Howards, dans un rictus narquois.
Les émeraudes du Héros s'écarquillèrent. Et il saisit où le monstre, caché derrière ses sous-entendus, voulut en venir.
De son côté, Karina se retrouva subjuguée par l'étrange conversation. Ses yeux se figèrent sur Barnaby puis ses lèvres s'ouvrirent à moitié, cherchant à prononcer quelque chose sans que rien ne sorte.
Par la suite, et sans qu'elle ne s'en rende compte, ses joues s'empourprèrent.
« Je l'aurais incité à revenir... ? », se dit-elle, touchée.
- Je vous repose la question, Barnaby Brooks Jr. : souhaitez-vous...
- Non !
- … A la bonne heure, susurra le bourreau à son oreille.
Il appuya alors sur un autre bouton et de nouveau, de puissantes décharges encerclèrent le corps du Héros pour le paralyser dans une souffrance sans nom. Des spasmes l'attaquèrent, et il ne put retenir un gémissement de douleur. La souffrance fut si atroce qu'un filet de bave coula au coin de ses lèvres. Ses cris se voilèrent derrière ceux de la Rose qui hurlait son nom, suivi de phrases qu'il n'arrivait pas à saisir à cause de la migraine. Il eut l'impression que la torture dura une éternité, pourtant, pas plus de dix insignifiantes secondes s'étaient écoulées.
Les décharges avaient réveillé les récentes brûlures sur son corps, et il peina à reprendre son souffle, au point que la simple action d'inspirer lui procura une désagréable sensation de brûlure aux poumons.
- Voulez-vous rejoindre Ouroboros ? répéta Aiden.
- Ma... m-ma r-réponse restera l-la même... Je refuse ! toussa la victime.
Et le cauchemar reprit. Plus dur et violent. Un cran au-dessus du précédent.
Les décharges devinrent si rapides et frénétiques, qu'il crut que son corps ne tarderait pas à exploser. Plus que tout, il désira retenir ses gémissements, hélas, ses forces lui manquèrent désormais. L'humiliation mêlée aux maux de tête, lui procuraient des frissons irréguliers et accentuaient les spasmes de douleur. Le masque du courage était tombé.
Alors que sa vision commençait à se brouiller, les sanglots de Karina résonnèrent au loin, avant de se transformer en une complainte lointaine. Néanmoins, les railleries d'Aiden restaient palpables, elles.
- Qu'avait-elle de plus pour qu'elle vous pousse à vous libérer d'un monde illusoire mais parfait ? Vous teniez tant que ça à la secourir ? A croire qu'au final, vous l'aimez bien !
- Arrêtez ! Vous allez finir par le tuer ! sanglota la Rose.
Bien entendu personne ne lui obéit. Les deux tortionnaires n'avaient que faire de ses demandes.
Jamais Karina ne s'était sentie aussi mal et impuissante, si bien qu'elle chercha à se libérer de l'emprise d'Ehoarn dans l'espoir illusoire de secourir Barnaby. Malheureusement, le Next d'acier se montra trop fort pour elle.
Elle qui ne possédait plus rien pour se défendre et protéger autrui.
A cet instant, elle repensa aux moments passés en compagnie de Barnaby, des mots qu'il lui avait adressés, du sourire qu'il affichait de temps à autre.
Ce sourire honnête et si doux qu'elle ne lui connaissait pas.
L'électricité se coupa, Aiden reposa la même question, et Barnaby donna la même réponse.
Ainsi, la sentence reprit, les cris redoublèrent. Le Héros perdait pied, et la souffrance se peignait sur son visage, plus déchirante que jamais.
Ne pouvait-elle donc rien faire ?! Était-elle à ce point inutile ?
« Tu cherches à le protéger ? Cela ne mènera à rien. Tu ne vaux rien sans ton pouvoir. Ton existence même est insignifiante. »
Les paroles du Next de tout à l'heure résonnèrent dans sa tête malgré toute sa volonté à les chasser de son esprit. Malheureusement, elles revinrent à la charge, plus fortes et dérangeantes.
« Regarde-toi, tu es si pathétique ! »
- Je vous en supplie..., hoqueta-t-elle, à bout.
« Une femme violée n'est qu'un déchet répugnant. »
- Pourquoi l'attaquez-vous ?! Il refusera de se joindre à Ouroboros ! Vous cherchez à le tuer ou quoi ?!
« Personne ne veut d'elle. »
- Si cela vous tiens tant à cœur... Je suis prête à vous rejoindre si vous me promettez de l'épargner !
« Elle n'attire que de la pitié. »
- Je vous en supplie...
Ses mots se perdirent dans le vide. Elle-même ne savait plus si elle criait ou si elle murmurait, voire s'il ne s'agissait pas que de pensées sans forme. Tout se mélangeait dans sa tête, à l'image d'un kaléidoscope qui faisait défiler une par une chaque séquence de sa misérable existence. Elle revit ainsi son viol, le sourire morbide son bourreau, puis son arrivée dans cet hôpital si froid et vide, ses longues journées interminables à contempler l'extérieur par sa fenêtre fermée. Soudain, une brisure apparut sur le miroir de sa mémoire, et de nouvelles scènes naquirent ; la venue fracassante de Barnaby dans sa chambre, les jours passés en sa compagnie, les tableaux qu'il lui avait offerts, le sourire de tous les autres Héros en la revoyant, et enfin ses parents...
Non son existence n'avait pas été si misérable. Elle était aimée, et plus que tout, elle souhaitait rendre la pareille à ceux qui lui apportaient tant de bonheur. Et plus que tout, ces derniers temps, à « lui ». Alors, dans ce cas, pourquoi se montrait-elle si impuissante face à sa souffrance ? Pourquoi ne pouvait-elle pas réagir ? Les moqueries et les humiliations du Next continuaient de la rabaisser et à fissurer le courage qui tentait vain de ressurgir en elle. Elle se les répétait, tel un automatisme, et pourtant... Pourtant elle désirait ardemment s'en sortir, elle désirait aider Barnaby, elle désirait le protéger, elle désirait... oui elle désirait le sauver ! Comme il l'avait sauvé elle !
- ARRÊTEZ ! hurla-t-elle.
A ce moment-là, sans qu'il ne puisse s'y préparer, une lueur turquoise recouvrit le corps d'Ehoarn, suivie d'une sensation désagréable de froid. Des flocons tombèrent de nulle part, et se glissèrent dans le col de sa chemise, lui mouillant la peau. Surpris, décontenancé, il eut à peine le temps de reculer qu'un énorme pic de glace surgit du sol, et traversa son estomac. Le pic ne s'arrêta qu'à plusieurs mètres de hauteur, faisant cogner la tête du Next au plafond, ce qui l'assomma net.
Alerté par le bruit, Aiden se retourna et écarquilla les yeux ; toute la pièce était désormais recouverte de stalactites et de pics de glace, tandis que des flocons de neige virevoltaient autour d'eux. Bien que l'air gelé lui engourdît les membres, il se figea sur place en remarquant Blue Rose, au centre de la salle, essoufflée et apeurée par ce qu'elle produisait par un simple contact. La peur, la colère, l'indignation, toutes ces émotions explosaient en elle. Semblable à un ange descendu du ciel pour rendre son jugement dernier, des stalagmites s'échappèrent de la terre et formèrent deux grandes ailes dans son dos.
Blue Rose venait de renaître.
- Qu'est-ce que... ! s'exclama-t-il, abasourdi.
Plus qu'affaibli, Barnaby, releva avec difficulté la tête. La vision inattendue qui s'offrit à lui le choqua : entourée de glace, les cheveux flottant légèrement dans le vent de l'impact, Karina scrutait un point invisible sans vraiment comprendre ce qui se passait.
- C'est impossible ! Elle n'aurait pas... ! déglutit le tortionnaire.
Et pourtant la vérité était là, devant lui, éclatante : Karina Lyle venait de récupérer ses pouvoirs.
Note de l'auteur : Comment ça je suis sadique de m'arrêter là ? Maiiiiis non ! Pas du tout ! Enfin je crois ? Ce n'est pas pire que le précédent de toute façon lol. Hormis cela, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Perso, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, surtout la scène finale, avec les phrases d'Ascelin qui faisaient echo dans l'esprit de Karina (il a été très très très méchant quand même à oser lui dire ça ce petit con è_é).
La suite arrivera le 23 Juillet, et là, vous pouvez m'insulter de tous les noms xD
