Allez, fin du suspense, pour quelques minutes tout du moins, je vous poste la suite des retrouvailles entre Ziva et Abby! En espérant que mes chers lecteurs qui m'écrivent de si gentilles reviews ne soient pas trop atteints par l'AIPM...

Bonne lecture! Et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!


Chapitre 33 : Larmes et sanglots.

Un court frisson parcouru le corps d'Abby un instant. Les dernières paroles de Ziva et son regard lui avaient glacé le sang une petite seconde. Peut-être s'était-elle trompée, peut-être avait-elle mal réagi. Mais rien de ce trouble qui la secoua le temps de quelques courtes secondes ne fut remarqué par McGee, ni Ziva, qui atteignait déjà la porte d'entrée de l'appartement. Abby se reprit. De quel droit se permettait-elle de douter? Cette femme, elle, ne s'était pas gênée et ne s'était guère préoccupée de leurs sentiments en leur mentant ainsi durant quatre années. Ce n'était pas l'heure de la pitié.

Ziva ouvrit doucement la porte, et sortit sur le palier de l'immeuble. Elle referma la porte sans se retourner et prit la direction de la sortie. Elle descendait les premières marches des escaliers quand elle songea à ses valises qui étaient toujours dans la voiture de Tim, dont elle n'avait pas les clés. Elle devait attendre qu'il vienne les lui rendre pour pouvoir rentrer chez elle.

Ziva fit demi tour et tendit la main en direction de la clenche, ayant pour intention d'aller réclamer ses valises auprès du jeune homme, quand un sanglot la prit. Jamais elle ne trouverait la force de pénétrer de nouveau dans cet appartement. Elle refusait d'avoir à nouveau à faire face à Abby ce soir, et à ses yeux si froids. Elle n'avait jamais vu une telle distance dans ses yeux, jamais elle ne lui était parue si étrangère.

Ziva s'effondra et tomba accroupie contre le mur du palier. Elle avait bien rêvé en pensant pouvoir retrouver sa place ici auprès des siens. Ils avaient fait leur deuil, et faire marche arrière leur était impossible, elle devait se faire une idée. Jamais elle ne retrouverait cette vie qu'elle avait quittée il y a quatre ans. Ce qu'ils avaient enduré par sa faute était cette fois irrémédiable.

Ziva posa ses fesses sur le sol et déplia légèrement ses jambes. Elle rejeta sa tête en arrière, et celle-ci heurta le mur alors qu'un nouveau sanglot la prenait. Elle avait vraiment été folle de croire à toutes ces idées. Elle aurait mieux fait de rester en France. Au moins là bas elle avait été tranquille, et en sécurité. Ziva tenta vainement d'essuyer quelques larmes d'une main tremblante.

Son père rirait bien quand il apprendrait que contrairement à ce qu'elle avait dit, sa fille n'avait jamais reprit sa vie en main aux USA, qu'elle s'était lamentablement heurtée à un mur qu'elle n'avait pas eu la force de détruire, d'escalader, ou encore de contourner, lors de son retour. Il avait eu raison, elle ne valait rien. Il était parvenu à faire ce qu'il voulait d'elle.

Ziva enfouit péniblement sa tête dans ses genoux, seule dans ce couloir, où la lumière venait de s'éteindre. La minuterie avait fait son œuvre, l'abandonnant elle aussi à sa désillusion et sa solitude.

Des éclats de voix lui parvinrent quelques secondes plus tard, une dispute semblait avoir éclatée entre ses deux amis. Elle avait également réussi à les monter l'un contre l'autre, elle n'était décidemment bonne à rien.

Des phrases distinctes parvenaient maintenant aux oreilles de Ziva, qui serra un peu plus fort sa tête entre ses mains, refusant d'entendre ces paroles qui lui étaient pénibles.

- Tu n'avais pas le droit de réagir ainsi. Tu n'imagines pas le mal que j'ai eu à la convaincre de venir te voir ce soir, criait McGee.

- Je n'en ai rien à faire Timothy. Si elle voulait venir me voir, elle n'avait qu'à venir il y a quatre ans, à ce moment là j'étais prête à la recevoir, surenchérissait Abby.

- Elle ne pouvait pas venir il y a quatre ans, c'est-ce que j'aimerais que tu me laisses t'expliquer et que tu comprennes. Elle n'a pas eu le choix.

- C'est nous qui n'avons pas eu le choix. Elle elle a été libre de prendre toutes les décisions qu'elle voulait. Mais nous on a eu qu'une solution face à sa disparition, accepter le fait qu'elle soit morte. Et si elle avait vraiment été notre amie, elle ne nous aurait jamais laissé face à cette situation inacceptable.

Ziva ferma les yeux le plus fortement possible. Que faisait-elle ici? Qu'elle idée folle l'avait poussé à survivre il y a quatre ans dans cette bande de Gaza? Pourquoi ne s'était elle pas simplement laissée mourir ce jour là? Plus rien n'allait à présent dans sa vie. Elle se sentait plus anéantie que jamais. Les paroles d'Abby la plaçaient face à une réalité qu'elle n'avait pas réellement vu jusque là.

Ce fut cette fois des pleurs d'enfants qui parvinrent jusqu'aux oreilles de Ziva., qui n'arrangèrent pas la confusion totale dans laquelle elle était plongée. Elle n'avait amené que des tourments dans ce foyer que s'étaient construits ses amis.

- Et voilà que maintenant par sa faute Elina est réveillée. Je vais avoir un mal fou à la rendormir. Tu n'aurais jamais du la ramener ici Timothy, reprenait Abby, de plus en plus enragée.

Elle laissa le jeune homme seul au milieu du salon et gagna d'un pas brusque la chambre de sa fille près de l'entrée. Elle poussa la porte, s'approcha du lit à barreaux où sa fille s'agitait et la prit dans ses bras. Elle la cala contre son corps, et alla s'asseoir dans le rocking-chair placé dans l'angle de la pièce, proche de la fenêtre. Elle s'y laissa tomber et tenta de s'y calmer elle aussi.

La tête de sa fille enfouie dans son cou, elle baissa son visage contre le sien, la serrant fort. La présence de sa mère calma quelque peu la petite fille, qui toutefois ne cessa pas de pleurer. Abby ferma les yeux, et chantant calmement une berceuse, elle commença doucement à faire osciller le rocking-chair.

Elle fredonna d'une voix chevrotante les premières notes de Belle lune, belle, et termina le premier couplet en se demandant soudainement si elle avait eu la bonne réaction.

Elle pensa à McGee lorsqu'elle entama le deuxième couplet après une courte pause, s'interrogeant sur le sens de ses paroles. Qu'avait-il voulu dire par « elle n'a pas eu le choix »? Et si elle avait eu tort de ne pas l'écouter?

Abby sentit Elina s'endormir contre elle durant le troisième couplet, alors que des premières larmes commençaient à lui brûler les joues, et que sa voix était de moins en moins assurée. Ziva restait pourtant son amie. Elle lui avait tellement manqué ces quatre dernières années.

Abby se sentait à présent coupable, mais tout de même pas au point de se lever et de changer le cours des choses, car peut-être avait elle tort de ressentir cette culpabilité qui peu à peu l'envahissait. Elle resta là, sur le rocking-chair, à se rappeler le peu de choses qu'avait dit Ziva et le regard déploré qu'elle avait eu, se demandant si c'était toujours sa fille qu'elle berçait si lentement.

Tim quant à lui, toujours seul dans le salon, se dirigea dans la cuisine. Il sortit un verre d'un placard, puis retourna dans le salon. Il s'y empara d'une bouteille de whisky et remplit son verre, puis l'avala rapidement, se remémorant les derniers instants. Il avait bien pensé que Abby n'accepterait pas si facilement la situation, mais jamais il n'avait imaginé qu'il en serait ainsi à 19 h 30.

Son verre vide, Timothy alla le poser dans l'évier. Il ne fallait pas qu'il commence à boire maintenant. Un verre était suffisant. Si il continuait, il ne pourrait plus s'arrêter.

Tim s'appuya sur le bord de l'évier et baissa la tête un instant. Il n'entendait plus sa fille pleurer depuis déjà plusieurs minutes. Plus aucun son ne lui parvenait de la chambre d'Elina. Il se demanda ce que Abby faisait à présent.

La curiosité le gagnant, il prit la direction de la petite chambre et après une courte hésitation en poussa la porte. Abs releva la tête, et il croisa son regard, alors que face à lui, dans l'angle, elle continuait de doucement faire bouger le rocking-chair à l'aide de son pied, Elina toujours endormie contre elle.

Timothy fut troublé de voir son visage ainsi ravagé par les larmes et resta quelques secondes immobile sur le pas de la porte, il ne pensait pas la trouver comme ça.

Abby resta elle aussi à la regarder, ne trouvant pas la force pour autre chose. Tim s'approcha tout en tentant de faire le moins de bruits possible. Il prit Elina dans ses bras et vint la reposer dans son lit, prenant toutes ses précautions pour ne pas la réveiller. Il aurait aimé à cet instant lui aussi s'évader dans le sommeil, et ne plus penser à rien. Simplement rêver à des moments heureux. Il faisait actuellement dos à Abby et en profita. Il resta quelques secondes de plus que nécessaire à regarder sa fille dormir.

Ses pensées revinrent ensuite rapidement vers Ziva, et c'est seulement à cet instant qu'il songea à ses valises qui se trouvaient toujours dans le coffre de sa voiture. Il se demanda où elle était partie puisqu'elle ne possédait ni ses affaires ni l'adresse de son nouvel appartement.

McGee se retourna enfin et s'approcha de la femme qu'il aimait. Elle le suivit des yeux et stoppa le mouvement du rocking-chair.

Que venait-il lui dire? Elle n'en avait pas la moindre idée. Elle ignorait tout à cet instant précis. Elle ignorait si elle avait réagi de façon juste, et quelles décisions elle devait prendre à présent. Elle observa Timothy venir s'agenouiller contre le rocking-chair et poser une main sur ses genoux, puis appuyer sa tête contre le creux de sa taille. Elle passa sa main gauche dans ses cheveux, et ils restèrent quelques instants en silence dans cette position, aucun d'eux ne désirait mener un nouveau combat.

C'est finalement Abby qui parla la première, chuchotant son aveu.

- Je ne sais pas si j'ai eu la bonne réaction Timmy.

Timothy se sentit un instant soulagé, car il connaissait la jeune femme, et savait que la discussion était à présent possible.

- Je ne pense pas, non, répondit McGee.

- Tu m'en veux? Reprit Abby au bout de plusieurs secondes.

- Non. Je ne m'attendais pas à ce que tu réagisses ainsi, mais je peux comprendre.

- Et elle. Tu crois qu'elle m'en veut? Reprit Abby, le regard perdu dans l'obscurité.

- Non. Pas du tout. Je pense que bien au contraire, c'est à elle qu'elle en veut d'avoir cru que tu l'accepterais, et que tu serais heureuse de son retour.

Abby commença à caresser les cheveux de Tim. Ils se turent de nouveau un instant, jusqu'à ce que Abby reprenne de nouveau, chuchotant toujours.

- Tu as dit la vérité tout à l'heure?

- Quand? L'interrogea Tim.

- Quand tu as dit qu'elle n'avait pas eu le choix, et que tu avais eu du mal à la convaincre de revenir, qu'elle aussi était très stressée.

- Oui, je ne t'ai pas menti. Ce n'est pas Ziva qui a décidé de partir il y a quatre ans.

- Il y a longtemps que… Que tu sais qu'elle n'est pas morte? Que tu sais la vérité?

- Huit mois, confessa Timothy.

- Vraiment! S'étonna doucement la jeune femme.

- Oui. Et j'ai eu énormément de mal à ne rien dire à personne durant tout ce temps, mais elle m'avait fait promettre.

- Et comment se fait-il que tu aies reprit contact avec Ziva il y a huit mois?

- C'est elle la traductrice qui a traduit mon roman. Je l'ai rencontré en France, totalement par hasard. Elle a été aussi surprise que moi de me voir.

Abby ne répondit rien, alors Timothy releva la tête et la regarda. La jeune femme posa son regard dans le sien avant de lui poser une question supplémentaire.

- Elle t'a dit la vérité, elle t'a raconté les vraies raisons de son départ?

- Oui, elle m'a tout dit.

- Et tu trouves ses justifications valables?

- Oui Abs. Ziva n'a rien décidé. C'est son père qui une fois de plus lui a joué un mauvais tour il y a quatre ans. Il l'a cru morte, nous l'a dit, alors qu'elle ne l'était pas. Ziva a vu là une possibilité d'être vraiment libre pour une fois et a saisi l'opportunité, elle s'est construite une nouvelle vie. Si elle n'est pas revenue c'est uniquement car elle ne voulait pas nous faire de mal. Je peux te dire que vivre loin de nous ces dernières années à été très dur pour elle aussi.

Abby regarda Tim un instant après son court récit puis se leva. Elle prit la direction du couloir et se retourna une fois sur le pas de a porte.

- Bien. Je te crois Tim. J'ai bien vu qu'elle avait l'air réellement désolée quand elle a dit l'être. Tu sais où elle est partie?

- Pas très loin à mon avis, car elle n'a nulle part où aller. C'est moi qui ai ses valises et ses clés.

Abby acquiesça d'un signe de tête puis laissa McGee seul dans la petite chambre jaune. Elle prit la direction de sa porte d'entrée qu'elle ouvrit d'un geste assuré. Elle était à présent sûre d'avoir mal agi, elle devait se faire pardonner. Ziva avait toujours été son amie, et une amie devait être là dans les moments difficiles.

Abby alluma la lumière du palier et voulut prendre la direction des escaliers quand son regard se posa sur ce corps recroquevillé, à sa gauche, contre le mur. Abby sentit son cœur se serrer. Elle fixa son amie, et fit quelque pas en sa direction, s'arrêtant à environ cinquante centimètres d'elle. Elle resta immobile à la regarder jusqu'à ce que Ziva lève la tête. Les joues trempées par ses sanglots, Ziva fut surprise de trouver Abby debout face à elle. Elle vit son visage cette fois riche en émotion, et elle compris à son regard combien elle était désolée de la façon dont elle avait agi plus tôt dans la soirée.

Ziva vit finalement une main se tendre en sa direction. C'était là la façon qu'avait trouvé Abby de faire la paix et d'accepter le retour de son amie, elle n'avait pour le moment pas les ressources pour faire plus. Ziva saisit cette main tendue et se leva. Les deux amies, les yeux brouillés par les larmes se sourirent, puis Abby prit Ziva dans ses bras. Et pour la première fois, Abby sentit son amie fondre en larmes contre son épaule, s'abandonnant à cette étreinte qui lui était bien nécessaire.

Elle l'avait vraiment mal jugé. Jamais elle n'avait vu la jeune femme si frêle et vulnérable, songea Abby, alors que Ziva, elle, réalisait à cet instant combien ses amis lui avaient manqués. Combien leur présence pouvait être réconfortante. Pendant quatre ans elle s'était retenue et avait enfoui sa douleur le plus profondément possible. Mais aujourd'hui tout ressortait, et ses émotions la submergeaient. Elle aurait aimé pouvoir dire à Abby combien elle était heureuse à cet instant.

- Si tu savais Abs… Dit Ziva entre deux sanglots, n'ayant cette fois pas la force de se cacher derrière une quelconque carapace.

- Chut… Je sais Ziva, je sais… Je suis désolée.

Toujours dans les bras l'une de l'autre, Abby reprit au bout de quelques instants.

- Mais je crois qu'on a tous suffisamment pleuré pour ce soir.

Ziva sourit et s'éloigna légèrement de la jeune femme pour sécher ses yeux, puis toutes deux rentrèrent dans l'appartement, où Tim les attendait avec impatience.