Bonjour bonjour ! Me voici venir pour poster le chapitre 44 ! J'espère que vous allez bien, comme d'habitude. Je tiens à m'excuser de ne poster plus qu'un chapitre par mois, mais avec les vacances et surtout cette chaleur je manque terriblement de temps et de motivation en ce moment... De toute façon, il ne me reste plus que quatre chapitres, tout au plus, à rédiger. De ce fait "La Triste Mascarade" sera normalement terminée avant 2017, voire début 2017, tout au plus (ça me fait bizarre de dire ça T_T)
Bonne lecture !
Chapitre XLIV : Des renforts héroïques
Une force mystérieuse expulsa Lian-Hua de son sommeil involontaire. L'air lui picota les yeux, et l'odeur particulière des lieux lui fit comprendre qu'elle se trouvait encore dans la base souterraine d'Aiden et Ascelin. Elle passa une main sur ses paupières, observa ensuite les alentours, et resta figée sur l'image qui s'offrait à elle. Dos à la Next, Lina fixait d'un regard vague un corps gisant au sol et recroquevillé sur lui-même, semblable à un fœtus.
Avec un peu de concentration, Lian-Hua reconnut Ascelin, et à cette vision, son visage se décomposa sous l'incompréhension.
- Lina ! Que s'est-il passé ?! demanda-t-elle après s'être levée.
La concernée ne réagit pas, scrutant sans cesse l'homme d'une mine éteinte, comme si seule son enveloppe charnelle, dépecée de son âme, demeurait présente dans le monde réel. La chinoise continua d'appeler Lina, et voyant que cela ne menait à rien, finit par la secouer par l'épaule.
- Lina !
- J'en suis incapable..., marmonna-t-elle.
Un souffle s'évada de ses lèvres tremblantes, et sous l'expression interrogative de son alliée, elle craqua.
- Je suis bien pitoyable. Je croyais pouvoir en finir avec cette histoire et pourtant... je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à le tuer, Lian-Hua ! Pourtant regardez-le : il est si pitoyable. A ma merci. Mais mes doigts se bloquent au moment où je dois appuyer sur la détente...
La lueur dans les perles noires de Lina se ralluma et ses lèvres s'étirèrent en un sourire forcé. Quelle idiote. Quelle stupide gamine capricieuse incapable d'aller au bout de ses projets. Il suffisait simplement d'appuyer sur la gâchette pour fermer, à jamais, le livre contant l'histoire de sa vengeance. Elle s'y était préparée, elle l'avait maintes et maintes fois clamé qu'elle serait prête à tuer le bourreau de son aimé pour sauver son honneur. Pourtant, aujourd'hui, ses mots ne se résumaient plus qu'à de belles paroles, n'ayant servi qu'à protéger son Ego.
En vérité, elle cherchait surtout à se libérer d'une malédiction nommée « culpabilité ».
Une malédiction qui continuerait de la poursuivre au vue de la situation.
- Lina... Comment vous êtes-vous enfuie de son illusion ?
Surprise par la soudaine question, la veuve leva la tête en direction de Lian-Hua et se remémora en détail les événement survenus un peu plus tôt.
- Je n'en suis pas sûre mais..., commença-t-elle avec hésitation. Je me suis rappelée de ma fille, et j'ai compris que je ne devais surtout pas lui donner raison.
Elle se perdit un bref instant dans ses pensées, et écarquilla les yeux lorsqu'un élément lui revint en mémoire :
- A cet instant, j'ai repensé à ce que vous nous aviez expliqué sur Aiden J. Howards et lui. Et une de vos phrases a fait écho dans ma tête !
- La quelle ? interrogea Lian-Hua, intriguée.
- C'était quelque chose du genre : « Au fond, je me demande s'il ne rejette pas ses propres faiblesses sur les autres. », répondit Lina. Du coup, j'ai essayé de jouer à son propre jeu...
Un silence s'installa entre les deux femmes.
A cet instant, Lina aurait souhaité lui expliquer qu'elle ne se doutait pas que son idée marcherait, au contraire, car selon elle, cela paraissait bien trop simple et stupide. Néanmoins, au moment où elle s'apprêta à lui faire part de son avis, un gémissement, émis par Ascelin, brisa le mur du silence.
Les genoux contre la poitrine, des rires s'échappèrent de sa gorge, et ses yeux, fixés sur un point invisible, semblèrent dénués de toute trace de vie, arrachant à Lian-Hua une mine attristée.
- D'une certaine manière... Vous l'avez votre vengeance, déclara-t-elle.
- … Vous pensez qu'il restera ainsi toute sa vie ?
Lian-Hua ne sut quoi répondre à cela. Bien sûr elle voulut acquiescer pour rassurer Lina, mais une part d'elle se le refusa.
Elle connaissait Ascelin depuis toujours, et même si cela s'avérait difficile à admettre, elle le voyait un peu comme un membre de sa famille. Certes, il y avait toujours cette histoire de trahison qui refaisait surface, seulement, était-il entièrement fautif ? Lui qui, jadis, se laissait bercer par les paroles d'Itsuki Shirow en le contemplant de ses grands yeux d'enfant ? Etait-il vraiment à blâmer ? Lian-Hua se persuada que non, préférant rejeter tous les torts sur son ancien mentor, et cela renforça sa pitié à l'encontre d'Ascelin et de son état pitoyable.
Alors qu'elle sentit les larmes lui monter aux yeux, un vacarme retentit à la surface. Intriguées, les deux femmes s'échangèrent un regard, restèrent un moment immobile, et tentèrent de discerner la source du bruit. Avec un rien de concentration, elles reconnurent les sirènes de la police. Il devait y en avoir une dizaine, tout au plus. Cependant, leur enthousiasme s'effaça aussi vite qu'il apparut. En effet, des cris se mêlèrent aux alarmes, et des coups de feu résonnèrent.
- Walter et Dean ont fait vite, conclut Lina.
La chinoise acquiesça d'un signe de tête. Soulagée, mais encore prudente, elle proposa à Lina de rester à l'abri sous terre et d'y attendre les renforts. Le vacarme d'en haut n'annonçait rien de bon, et Lina approuva ce choix, bien qu'inquiète pour ses deux collègues.
Dès la seconde où Walter et Dean retournèrent sur le parking abandonné, en compagnie des forces de l'ordre, ils se doutèrent qu'un danger imminent les attendait. Leur intuition se confirma aussitôt : des centaines d'individus se trouvaient à plusieurs mètres de l'ascenseur emprunté par Lina et Lian-Hua, quelques temps auparavant. A voir leur réaction, ainsi que leur expression étonnée, les deux inspecteurs comprirent rapidement que ces inconnus ne s'attendaient pas à voir débarquer la police.
- Que faites-vous ici ? demanda l'un d'eux.
Il n'eut pour seule réponse que le vacarme incessant des sirènes jusqu'à ce qu'un homme en uniforme quitte son véhicule, mégaphone en main, et s'adresse à la communauté :
- Nous allons vous demander de coopérer ! Veuillez poser vos mains sur la tête et vous coucher au sol !
Dean fronça les sourcils et pesta contre l'énonciateur, le trouvant trop bref et rapide dans ses paroles. Il aurait dû répondre à la question avant de commencer les négociations, quitte à mentir, car cela leur aurait permis de gagner un peu de temps.
Du temps. C'est ce qu'il leur fallait, en effet. Car selon les explications de Lian-Hua, cet endroit grouillait de Next rebelles et manipulés par un dictateur peu scrupuleux, et bien que l'équipe d'Hero TV ait été prévenue, les Héros tardaient à arriver.
Bien sûr, il existait aussi des Next au sein des forces de l'ordre, mais l'aide des protagonistes de l'émission n'était pas négligeable.
- Nous coucher au sol ? répéta un Next.
- Ils veulent nous rabaisser ?! s'énerva un autre.
- Où se trouve monsieur Shirow ?!
La colère voila soudainement le visage des surhommes au moment où le camp adverse ne répondit pas à la dernière question. Dès lors, la masse noire, créée par les individus, scintilla dans une lueur azurée, annonçant une attaque imminente.
- Ils vont attaquer ! hurla Walter.
Sans même laisser le temps aux agents de s'y préparer, les quatre éléments universels se dévoilèrent à eux par le biais des pouvoirs des Next.
De violentes bourrasques repoussèrent les voitures ; des pics de terre s'extirpèrent ensuite du sol pour tenter de transpercer l'homme au mégaphone ; un jet d'eau s'infiltra dans une des voitures et étouffa son conducteur ; et d'énormes boules de feu s'écrasèrent sur les véhicules. Heureusement les policiers Next se montrèrent plus rapides et réussirent à contrer certaines offensives grâce à leurs dons.
- Il faut faire quelque chose monsieur Crowel ! Ou nous allons en pâtir ! s'emporta Walter.
Néanmoins, il ne vit aucune trace de son supérieur quand il tourna la tête en direction du volant. Surpris, le jeune homme observa les alentours, par la fenêtre, et écarquilla les yeux en remarquant l'inspecteur Crowel à l'extérieur, revolver en main, en train de tirer.
Sans plus réfléchir, oubliant sa blessure, Walter saisit son arme et quitta à son tour le véhicule pour l'imiter.
Peu après, les policiers abandonnèrent un à un leur voiture pour en faire une barricade. Les coups de feu se mêlèrent au tintamarre causé par les pouvoirs des Next, et plusieurs corps tombèrent au sol, surtout du côté des forces de l'ordre.
- On ne tiendra pas longtemps ! pesta un tireur.
- Que font les Héros ?! s'affola son collègue.
Tout à coup, un hurlement de douleur expulsa un agent de sa tâche, et la vision d'horreur qui s'offrit à lui le paralysa de peur : un de ses collègues le fixait d'un air éteint, le cou tranché comme un vulgaire morceau de bétail. Son assassin se délecta alors de la peur du témoin, puis se liquéfia pour glisser sur le sol.
- MERDE, NON ! ILS NOUS ATTAQUENT AUSSI PAR DERRIERE !
A cet avertissement, la plupart des hommes se retournèrent instinctivement, ce qui ne fit que baisser leur garde. Dès lors, un ennemi en profita pour les attaquer en leur lançant des décharges grâce à son pouvoir électrique. Une dizaine d'humains perdirent connaissance, incitant les policiers Next à contre-attaquer. L'un d'eux se décupla grâce à sa capacité de clonage, et put remplacer les hommes vaincus. Un autre se téléporta derrière un ennemi, le tua sans une once de pitié, et échappa aux autres en usant une nouvelle fois de son don. Les plus puissants restèrent en retrait, usant de leurs pouvoirs élémentaires pour en éliminer quelques-uns.
Le sol se teinta d'un éclat pourpre. Qu'ils soient Humains ou Next, la couleur du sang restait la même.
Le carnage ne dura qu'un instant, pourtant face à ces ignobles homicides, Walter cru que la bataille s'éternisait. Il ne devait pourtant pas flancher, car il avait encore la chance de vivre, lui.
Mais pour combien de temps ?
Il tenta de chasser ces mauvaises pensées de son esprit, néanmoins, son souffle se saccada au moment où un mauvais pressentiment se joua de lui.
- Walter ! ATTENTION ! s'écria Dean d'une voix qu'il ne lui connaissait pas.
L'interpellé se retourna, et vit sa vie défiler sous ses yeux lorsqu'un Next, poignard en main, se jeta sur lui pour lui trancher la gorge.
Les mouvements de l'ennemi bougèrent au ralenti, comme si, l'espace d'un instant, Walter put discerner à l'avance ses faits et gestes. Hélas, l'homme ne réussit à bouger, paralysé par l'irréductible frayeur d'être rattrapé par la faucheuse.
« C'est donc terminé ? », pensa-t-il.
Par instinct, ses paupières se fermèrent, et son instinct de survie le poussa à tenter de se protéger de l'attaque.
Son heure était donc venue ?
Voilà où sa vie prenait fin ? Dans ce lieu malfamé, recouvert du sang de ses alliés et adversaires ? Parmi leurs dépouilles ?!
Son existence se terminerait sans même avoir revu une dernière fois Lina et Lian-Hua ?!
Plusieurs secondes s'écoulèrent sans que rien ne se passe. Intrigué, l'homme ouvrit lentement les yeux, et poussa un gémissement de surprise lorsque qu'il aperçut une immense silhouette devant lui. Le Next qui avait tenté de le tuer se trouvait désormais à terre, inconscient.
Walter resta figé face à cette image, perturbé, puis se décida à relever la tête en direction du nouvel arrivant : installé dans une imposante armure, il s'apparentait à un colosse d'acier prêt à imposer son courroux.
Cependant, quand ce dernier tourna la tête en direction du jeune détective, celui-ci comprit qu'il lui devait la vie. Et après une profonde inspiration, il reconnut son sauveur : Rock Bison.
- Mettez-vous à l'abri ! ordonna-t-il.
Walter eut à peine le temps de réagir qu'une explosion créée par un Next ennemi retentit non loin de la barricade, ce qui le poussa à obéir à son sauveur. Il retourna donc dans sa voiture, reprit difficilement son souffle, avant d'être interpellé par un choc sourd qui s'écrasa sur le toit du véhicule. Envahi par la peur, il serra son arme de ses doigts chevrotant, se mordit les lèvres, et sentit les larmes lui brûler les yeux quand son esprit imagina les pires scénarios. Mais au même instant, il discerna des éclairs pourfendre les ténèbres avant de se diriger vers l'armée des Next. Son esprit encore embrouillé, il sursauta lorsqu'il aperçut une masse aux couleurs vives rouler du toit à son capot à une vitesse affolante. Pour autant, celle-ci se releva aussitôt, et il reconnut alors Dragon Kid, prête à repartir sur le champ de bataille malgré ses blessures.
En s'attardant sur ce qui se passait à l'extérieur, le jeune inspecteur étouffa une exclamation de surprise en reconnaissant la silhouette de Sky High effectuer un combat aérien contre deux Next qui partageaient la même capacité que lui. Un peu plus loin, d'un simple mouvement de main, Fire Emblem embrasait des dizaines d'ennemis tout en se souciant des victimes humaines. Ainsi, il s'empressa d'ordonner aux survivants de s'occuper des plus faibles, et surtout de les mettre à l'abri. Sitôt son ordre prononcé, il se tourna vers la nouvelle armée de Next qui se dressa contre lui, afficha un petit sourire confiant, et répéta son attaque.
De son côté, Origami Cyclone préférait rester à proximité de Dragon Kid. Ses talents de Ninja lui permettaient de se faufiler derrière les antagonistes les plus perfides et les immobiliser avant qu'ils ne s'attaquent à l'Héroïne.
- Ils sont enfin là... se murmura Walter.
Face à cette scène spectaculaire, Dean ne put contenir un souffle de satisfaction. Et alors qu'il s'apprêta à rejoindre son collègue, une voix familière l'interpella :
- Hey vous ! Monsieur !
Dean releva la tête et écarquilla les yeux. A sa grande surprise, l'armure de Wild Tiger se trouvait à quelques mètres de lui. Il crut à une hallucination, mais le vétéran reprit la parole :
- C'est vous qui nous avez prévenu pour Barnaby et Blue Rose ? Où sont-ils ?! Je ne les vois pas !
« Lui ? Ici ?!, se dit l'inspecteur Crowel, encore stupéfait. Je croyais qu'il était encore au sein de la second League ! »
- Vous m'écoutez ?! s'emporta Kotetsu.
- Oui. Veuillez m'excuser, répondit Dean. Nous ne savons pas vraiment où ils sont, mais il s'avère que les deux femmes qui nous ont accompagnés ont emprunté cet ascenseur !
Après avoir désigné du doigt l'appareil en question, l'homme posa de nouveau le regard sur le Tigre : sans vraiment comprendre pourquoi, il se sentait soulagé de le savoir aux côtés des Héros de la première ligue.
- De ce que j'ai compris, leur base se trouve sous terre. C'est là qu'ils tiennent en otage vos collègues, expliqua-t-il.
- Je vois. Dans ce cas je vais y aller, annonça Kotetsu, déterminé.
- Tout seul ? C'est de la folie ! Nous ne savons pas s'il y a d'autres Next en dessous !
- Peut-être, mais les Héros se battent ici, ils n'ont pas besoin de moi étant donné que je ne veux pas utiliser mon pouvoir maintenant !
- … Vous voulez le garder pour Barnaby et Blue Rose, c'est ça ?
La dernière question de l'inspecteur Crowel arracha une expression profonde et résolue de la part du vétéran.
Oui. Plus que tout, Kotetsu désirait user de son don pour secourir ses deux collègues, quitte à s'engrener dans une course contre la montre et y risquer sa vie. Lui aussi avait sa fierté et son orgueil, même si, au fond, cela s'apparentait plus à un profond besoin de se faire pardonner, vis-à-vis de tout ce qu'il avait fait subir aux deux Héros.
- Dans tous les cas, y aller seul ne servira à rien, répéta Dean.
- Dans ce cas, j'accompagne Wild Tiger ! s'empressa de répondre Origami Cyclone, après avoir assommé un énième adversaire.
A l'entente de cette réponse, Pao-Lin et Wild Tiger se tournèrent vers le ninja pour le regarder avec de grands yeux. Toutefois, malgré toute la surprise qui pouvait se lire dans le regard de la chinoise, une petite pointe de fierté pétilla dans ses iris et un sourire se dessina au coin de ses lèvres.
- Je viens avec vous aussi ! déclara-t-elle en les rejoignant.
Une exclamation s'échappa des lèvres des deux Héros, ce qui arracha à Dragon Kid une petite moue faussement vexée.
- Et bien quoi ? Ça vous dérange ?
Kotetsu s'empressa de répondre d'un signe de tête négatif. Après tout, Pao-Lin était assez grande pour choisir d'elle-même ce qui lui convenait le mieux. Il trouvait simplement son acte... étrange, car elle était bien plus apte à se battre aux côté de Fire Emblem, Rock Bison et Sky High, plutôt que de partir en éclaireur.
Ivan partageait aussi cet avis, ajouté à cela la peur inconsciente d'être incapable de la protéger. Bien sûr, la bataille qui faisait rage sonnait à chaque seconde les clairons de la mort, toutefois Dragon Kid n'était pas seule, puisque ses collègues s'entraidaient pour en venir à bout.
Que pouvait-il faire, lui, avec son pouvoir pathétique ? Certes, Kotetsu se tiendrait à leurs côtés, mais c'était différent.
Dans un élan de peur, Origami souhaita lui faire part de son objection, seulement au moment où il entrouvrit les lèvres, le poing de Pao-Lin s'écrasa gentiment sur son épaule.
- Tu sais bien que je peux me débrouiller toute seule. Fais-moi confiance !
Ces trois derniers mots, agrémentés de son petit sourire espiègle, suffirent à balayer toutes les craintes d'Ivan. La conscience allégée, il lui rendit son sourire derrière son masque, et finit par la remercier d'un signe de tête.
- On y va ? s'impatienta le Tigre.
Les deux jeunes Next acquiescèrent et s'empressèrent d'entrer dans l'ascenseur, la boule au ventre. L'apocalyptique scène qui opposait leurs collègues et leurs adversaires s'effaça dans les ténèbres au moment où la cage d'acier redescendit.
L'air était glacial dans la salle de torture. Des pics de glace tombaient du plafond, se formaient en continu sur le sol, des flocons voltigeaient de-ci de-là, et personne n'osait bouger, complètement pétrifié par des émotions semblables, et pourtant si différentes. En effet, Karina, l'origine de ce chamboulement incroyable, fixait ses mains d'un œil perdu, tentant désespérément de reprendre ses esprits dans l'espoir de contrôler son pouvoir. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, et, comme une enfant insouciante, observait sa glace comme si elle la voyait pour la toute première fois.
De son côté, Barnaby se remettait petit à petit du choc et son regard passait tantôt à Blue Rose, tantôt à Aiden. Les pensées confuses, il crut un moment rêver, s'imaginant presque qu'il était repassé dans une dimension parallèle. Néanmoins, la douleur de ses attaches et de ses blessures lui revint très vite en mémoire.
Quant à Aiden, malgré sa propre paralysie, il essayait d'assimiler tous les événements étant survenus dans les cinq dernières minutes. Certes, il se sentait incapable d'esquisser le moindre mouvement, cependant, il cherchait déjà dans sa tête un moyen de s'échapper, ou de faire face à ce nouveau problème. Surtout qu'il se retrouvait dans l'incapacité de réutiliser son pouvoir, étant donné que celui-ci ne se réactivait qu'au bout de vingt-quatre heures.
La fuite se révélait donc la meilleure des solutions.
Ainsi, le plus discrètement possible, Aiden profita de l'état de choc de Karina, longea le mur et emprunta une porte située à l'autre bout de la pièce. La jeune femme ne l'aperçut que trop tard, et la porte se referma derrière lui au moment où elle s'apprêta à lui lancer une attaque.
Encore un peu secouée, elle resta un instant immobile, avant de se décider enfin à utiliser son pouvoir pour se libérer de ses liens aux jambes et aux poignets. Une fois ceci fait, elle se releva avec difficulté et accourut vers Barnaby pour le libérer.
Affaibli, il se laissa tomber sur Karina qui le rattrapa à temps. Un frisson parcourut son échine lorsque ses yeux s'attardèrent sur ses nombreuses blessures, et le contact de sa peau presque glaciale la fit trembler de rage et de peur.
La Rose se hâta de poser l'oreille sur le torse du Héros. Elle sentit des larmes de soulagement lui brûler les iris quand elle entendit les battements réguliers de son cœur. Aussi niaise soit son initiative, elle lui permit au moins de s'assurer qu'il était encore en vie.
Barnaby hoqueta avant de reprendre lentement sa respiration. Un peu remué, il se redressa et fut surpris de constater que Karina l'étreignait faiblement, rassurée de le retrouver.
L'air de rien, ce geste le toucha. Néanmoins, l'heure n'était pas aux retrouvailles.
- Karina..., prononça-t-il difficilement en se dégageant doucement de son étreinte. On ne peut pas laisser filer ce type.
Elle ne souhaitait pas entendre cette phrase. Tout ce qui l'importait, dorénavant, était de sortir d'ici. Pour une fois, elle se fichait de fuir et de se défiler, car elle n'en pouvait plus, tout ce qu'elle avait vu et enduré était au-dessus de ses forces.
Elle souhaita en faire part à Barnaby, cependant, lorsqu'elle porta ses disques de bronze sur ses émeraudes, une force mystérieuse la dissuada d'aller au bout de son initiative. Il lui adressa un regard si profond et déterminé qu'elle ne put s'exprimer. Pourtant, tel un magicien, Barnaby parvint à sonder l'âme de la Rose, et comprit rapidement ses craintes.
- Tu n'as plus à avoir peur maintenant. Tu as retrouvé ton pouvoir, dit-il.
- Mais si ce n'était que provisoire ? s'inquiéta Blue Rose.
- Raison de plus pour en profiter. Et puis je serais avec toi.
Ces derniers mots la firent sursauter. Et bien qu'ils pansèrent la plaie de son cœur, sa raison la ramena de force à la réalité : de ce qu'elle avait pu comprendre, Barnaby n'avait plus de don.
- Non ! Tu vas te mettre en danger ! Tu es déjà blessé et...
- Ça ira, la coupa le Héros. S'il nous a fuit, c'est qu'il nous craint. Il n'a plus ses assistants, et son pouvoir semble inutile à partir du moment où il ne nous touche pas.
- Barnaby...
Le poing de Karina serra une prise invisible avant de s'écraser contre son cœur. Elle ne savait plus, ne comprenait plus. Lucide, elle ne pouvait négliger les paroles de Barnaby, qui, malgré ses soucis et ses blessures, trouvait encore la force d'avancer et de se battre. Cela la frustrait terriblement.
Que faire dans ce cas ?
Obéir à ses pulsions ? Ou bien accorder sa confiance au Héros ?
Pourquoi se prenait-elle autant la tête ? L'évidence se tenait pourtant là, devant elle, et face au regard insistant de son ancien rival, elle comprit que la solution ne se trouvait pas dans la fuite.
C'est ainsi que son regard attristé se métamorphosa en une expression emplie de détermination.
- Tu as raison. Allons-y ! exprima-t-elle.
Non, elle n'avait plus à avoir peur.
Elle n'avait plus besoin de se cacher.
Elle pouvait se battre comme avant, et cette fois-ci, ce sera elle qui protégera Barnaby.
Note de l'auteur : Le combat final se fait sentir ! Comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner votre avis sur ce chapitre et vos idées sur ce que pourra contenir le prochain. En attendant, je vous souhaite un bon week-end, et vous donne rendez-vous le 24 septembre pour la suite ! :)
See ya !
