Titre : Can I take a photo ?
Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jushiro Ukitake
Rating : bon, j'ai réfléchi et... je vais passer la fiction en M. Pour la suite.
Warnings : langage vulgaire
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama
Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jushiro Ukitake…
Réponse à la review anonyme, comme d'hab', itachihaku ! (je t'adore, tu sais ! :3) : Calme... ça va pas durer, t'inquiète ! Et, oui, Jû se met en danger, mais il gère... il a l'habitude ! Les vacances en Irlande étaient géniales, et contrairement au temps pourri que vous avez eu en France, nous, on a eu du soleil ! :P Je suis un troll... x)
Et voilà la suite !
G x J
Le béton grinçait sous la poussée du vent glacial. La bise s'infiltrait partout entre les murs, et faisait virevolter les morceaux de tapisserie à moitié décollés. Par terre, des morceaux de plâtre sur la moquette verdâtre. Une poussière grise, collante, qui s'accrochait aux pas des deux hommes.
C'était Jûshirô qui avait eu l'idée de venir dans ces appartements abandonnés. Grimmjow avait accepté, mais il était un peu sceptique. Après tout, il n'y avait personne, là-dedans. Alors à quoi bon ?
« Plutôt… vide. » murmura-t-il.
L'autre sourit en caressant du bout des doigts le papier peint délavé.
« Snowdrop m'a dit beaucoup aimer photographier le vide. Il prétend qu'il y a toujours quelque chose, un reflet, un souvenir, qui vaut la peine d'être capturé.
- 'Tain, j'adore son boulot, mais des fois il raconte vraiment des conneries…
- Qui sait, Grimmjow, qui sait… Au fond, il a peut être raison… Qu'est ce que tu vois, là, dans ces pièces vides ?
- Bah… rien…
- Justement. C'est ça qu'il faut que tu voies.
- Rien ?!
- Rien.
- Okay, on va vite fait t'amener à l'hôpital, j'crois qu'tu nous as pété un plomb…
- Ne raconte pas de bêtises et écoute-moi. Rien, qu'est ce que c'est ? L'absence. L'absence de quelque chose. Il manque quelque chose ici, et c'est ce quelque chose que l'on devine à travers le vide.
- Mouais…
- Pas convaincu ?
- A moitié.
- Alors laisse-moi te montrer. »
Jûshiro se plaça au centre de la pièce, et invita le plus jeune à côté de lui.
« Regarde la tapisserie sur les murs. A ton avis, dans quelle pièce sommes-nous ?
- Bah vu la frise avec un petit train, dans la chambre d'un gosse.
- Et il manque ?
- Bah… tout…
- Le lit, la commode, la caisse de jouets, l'armoire, la bibliothèque, je ne sais pas… Tu peux imaginer tout ce qu'il y a pu avoir avant, tout ce qui faisait la vie. Et si maintenant tout a disparu, il en reste des traces… »
Il pose sa main sur une ligne droite, sur le mur en face d'eux. Seule, sur la surface quasi nue, elle vibrait. Vibrait de ces souvenirs qui envahissaient l'air. Et Grimmjow commençait à comprendre…
Leïla et Al. Frère et sœur, sans doute. Quelques coups de crayons indiquaient leurs tailles respectives. « Leïla, 2006 », et, plus bas, « Al, 2006 ». Plus jeune donc. Mais… mais sur le papier fatigué, la trace racontait autre chose. Leïla continuait de grandir après 2008. A partir de cette année, cependant, plus d'Al. Disparu. Effacé.
Jûshiro passa lentement le pouce sur le prénom gribouillé.
« Voilà ce qu'on lit dans le vide, Grimmjow… »
Sa voix était assourdie. Ses yeux vagues. Le bleuté avait l'impression qu'il avait envie de dire quelque chose, mais que les mots restaient coincés dans sa gorge, bloqué par une peur quelconque, par une barrière qu'il ne connaissait pas.
« Je le prends, dit soudain le plus jeune.
- Pardon ?
- Je prends le mur en photo.
- D'accord… »
Il cadra. Etonné de ne pas sentir Jûshirô se placer derrière lui, il se retourna et vit l'homme prendre plusieurs photos de l'appartement, puis le prendre, lui, face à la paroi, plusieurs fois. Un cliché n'aurait pas suffi, sans doute. Alors il se replaça, recadra, et appuya sur le déclencheur. Le temps s'arrêta quelques secondes, avec leurs respirations. Enfin, leurs regards se croisèrent. Et leurs pas les menèrent hors de la pièce.
Dans l'air, des rires d'enfants s'envolaient.
G x J
Au pied de l'immeuble fantôme, ils s'assirent sur un petit muret. Autour d'eux, les barres de bâtiments gris gémissaient, morts, privés de leurs habitants. Pas les moyens de les raser, on les laissait tomber lentement en ruine. Sans penser à ceux qu'ils auraient pu abriter, si seulement on avait pris le temps d'y consacrer un peu d'argent.
Et les ombres solitaires et multiples les rendaient mal à l'aise. Le silence devenait lourd et épuisant.
« C'bizarre, fit le bleuté pour le briser.
- Quoi ?
- Toi. »
L'autre leva les sourcils.
« J'veux dire… reprit Grimmjow. C'bizarre que l'porte-parole de Snowdrop soit lui aussi photographe.
- Le virus de la passion, j'imagine… »
Quelques minutes s'écoulèrent encore sans un mot. Si peu de choses à dire… Il fallait bien que le jeune homme pose des questions !
« Tu prendras plusieurs photos à chaque fois ?
- Oui, le but est de recréer un contexte autour de toi, alors j'ai besoin de t'avoir sans appareil à la main, juste dans le décor que tu vas capturer juste après. Ça ne te dérange pas ?
- Bah… non. T'fais bien comme tu veux, moi j'prends ma photo, j'me fous de c'que tu fais, tant qu'tu m'gênes pas. »
Un drôle de sourire éclaira le visage du plus vieux. En confiance, Grimmjow aborda un autre des sujets qui le titillaient.
« T'm'as pas encore montré c'que tu faisais, toi. J'aimerais bien voir un ou deux clichés.
- C'est-à-dire que… j'ai commencé il y a très peu de temps et… ils ne sont pas très bons…
- On s'en fout. T'crois vraiment qu'c'était bon quand j'ai commencé ? Amène-les la prochaine fois. J'voudrais jeter un œil.
- Grimmjow, je…
- Ya pas de « je » ou même de « mais » qui tienne ! J'veux pas savoir, j'veux voir. Alors t'as intérêt à avoir tes photos avec toi la prochaine fois ! »
Sur ces mots, il se leva.
« Bon, j'y vais, Kensei m'attend en voiture à la sortie du quartier. T'm'appelles quand t'as du nouveau, ok ? »
Il s'éloigna rapidement, aussi désinvolte qu'à son habitude.
Et, seul, comme à son habitude à lui, Jûshirô se prit la tête à deux mains.
« Comment… comment est-ce que je vais me sortir de là ?! »
G x J
Voilà ! Je vous laisse avec ce cliffhanger, rendez-vous au prochaine épisode ! :P
...
Nan, c'est pas mon genre de partir comme ça x)
Alors, cette histoire du "vide", ça vous plaît ? Et comment est ce que vous pensez que Jû va s'en sortir ? Grimm le met vachement en difficulté, là... *niark niark*
Sur ce, à bientôt !
N'oubliez pas ma review :P
