Bonjour à tous ! Même si je suis contente de pouvoir modifier cette fanfic, qu'est-ce que je me trouve niaise ! La différence dans le style et les genres utilisés entre cette "moi" d'il y a six ans, et mon "moi" d'aujourd'hui, est tellement perturbante. Je dois avouer que je n'écris plus pareille romance. Mon goût pour le angst, la dystopie et le gore surpassent le tout. Pour cette réécriture, je remanie juste les phrases, au présent, et je garde la trame d'origine de chaque chapitre. Les personnages sont complètement OOC, à mon grand damne mais tant pis.
Le Pope est différent depuis la dernière fois que nous l'avons vu. Cela m'a interpellé à mon arrivée, néanmoins tant que le sanctuaire reste le même et que tu es à mes côtés je m'en moque allégrement. De toute façon, ce n'est pas à moi de me mêler de cette histoire dont le sens et l'origine m'échappent. Les ors sont presque tous réunis. Il manque le Bélier, les Gémeaux, le Lion, la Balance, le Sagittaire et avant que tu ne reviennes toi.
Aujourd'hui, tu reviens au sanctuaire. Tu me reviens.
Du haut de nos treize ans respectifs, je reste éternellement le plus âgé de quatre mois. Pourtant avec ton regard profond, tu me donnes l'impression d'être un enfant devant un adulte. Tes cheveux, à l'allure si doux et soyeux, dégagent une sensation de cristal. Ils m'obnubilent par leur balancement alors que tu marches dignement, droit comme la justice. Égale à toi-même, tu t'inclines gracieusement devant notre chef. Toi aussi, tu as vu la différence entre le Pope de notre enfance et celui de notre adolescence.
Après un court échange, tu fais ton choix : ce faux Pope te convient tant que tout reste dans le sens voulu par notre déesse. Il te souhaite la bienvenue, comme nos frères d'arme. Aphrodite des Poissons est plus qu'heureux de te revoir et de récupérer un voisin qu'il apprécie. Je m'approche, timidement, de toi. Un regard est tout ce qu'il me faut pour que je t'enlace. Je sais que tu es pudique, mon Camus, mais je sais aussi que ce sentiment qui m'anime est réciproque.
Tu ne me chasses de ton cou ni physiquement ni avec ta glace. Le Pope, par contre, ne s'en prive pas. Nous partons tous de son temple et de son aura menaçante, un sourire stupide accroché aux lèvres. Malgré tout, je sens en toi une tension. Doucement, je me penche sur ta nuque que j'embrasse. Un frisson plaisant te traverse, seulement pour la bienséance tu me tapes gentiment et me rappelles les limites que ta présence me fait oublier.
Aphrodite nous salue et prend dans ses mains celles de DeathMask et de Shura. Tous deux ne peuvent que le suivre. Aucun ne proteste, et à quoi bon ? Le poisson sait y faire. Depuis toujours, gentiment, tendrement et avec acharnement il les a habitués. Shaka et Aldébaran, eux, pressent le pas pour préparer leurs affaires. Le Bélier et le Lion ne vont plus tarder à revenir d'une longue mission. Il ne reste que nous deux, descendant lentement les marches de nos temples.
Avec un regard en coin, j'entrelace nos doigts. Depuis toujours notre relation est un fait immuable. Nous sommes peut-être destinés à mourir dans une guerre qui nous dépasse, cependant nous avons aussi droit au bonheur sous toutes ses formes. Je ne comprends réellement qu'à cet instant précis que tu es mon ami, celui qui va disparaître avec moi, qui sera là et pour lequel je serais présent.
Je commence à cajoler une chose propre à l'adolescence sans le comprendre comme le Poisson ou un autre. Je connais mon premier et unique amour. Je suis amoureux de toi, mon Camus. Nous nous arrêtons à ton temple. Tu me guides vers une porte dérobée qui donne sur tes appartements. Sur une étagère, tu as posé une petite statuette formant ton signe.
- Tu te souviens ? Ta voix, si souple, traverse et danse dans les airs pour m'atteindre. Tu l'as faite avant mon départ.
Comment pourrais-je ne pas m'en souvenir ? Gêné, je serre ma nuque et rougis. Le signe, formé maladroitement par des mains enfantines, n'y ressemble pas réellement. Pourtant, tu traites cet objet en terre cuite comme une relique précieuse. Tu détournes ton visage, tentant de cacher ton propre émoi. Je sais que tu n'aimes pas être maître de tes émotions, toi le Chevalier de glace. Pourtant, pour moi tu es magnifique.
Je détourne ton attention en une simple demande. Tu l'acceptes, un léger sourire sur la courbe de tes lèvres. De ta main lunaire tu attrapes un livre alors que je m'installe déjà dans le sofa que nous partagions enfants. D'un simple mouvement de tes longs sourcils, j'enlève mon armure qui va se reposer non loin de la tienne. Ta voix, si belle et posée, vibre à mes oreilles dans une concupiscence pure.
L'heure avance. Malgré cela, ce n'est pas suffisant pour moi. Je ne me suis pas assez nourri de ta présence. Il m'en faut plus, alors même que tu entames un nouveau chapitre. Je m'endors, l'une de tes longues mèches prise entre mes doigts aimants. Tu me rejoins un peu plus tard après m'avoir pris dans tes bras. Le nez plongé dans la senteur de mes cheveux. Petits, nos maîtres nous ont souvent retrouvés ainsi. L'un contre l'autre, dans cette demeure qui est tienne et mienne.
Tu le comprends. Tu l'acceptes.
Le lendemain, on fait de même avec mon propre temple en mangeant un copieux déjeuner. Face à mes dons culinaires, tu m'interdis l'accès à ma propre cuisine. Je ne m'en offense pas, au contraire. J'en suis heureux car tu es là pour moi autant que je le suis toi. Des mois s'écoulent ainsi, je comprends de plus en plus les sentiments qui m'animent pour toi. Le Cancer m'aide, tout comme le Poisson te conseille.
Je me décide à te le dire. Nous qui avons si peu de temps, la guerre saint approchant cruellement ! Nous qui sommes armes, armures, boucliers et chair à canon pour la déesse. Je me dois de les prononcer de vive voix. Je nous le dois. Une sortie à belle étoile prend place dans mon esprit, et ce contre l'avis du Pope. Nous devrions rester cloitrer dans nos temples. Nous devrions seulement penser à Athéna. Nous devrions être prêts à le défendre.
Je n'en ai rien à faire de lui et de ses devoirs : il n'y a que toi qui compte, mon Camus.
Le lac athénien nous accueille, dans le silence sombre de son eau en cette nuit douce. Tu n'en sais rien jusqu'à ce qu'on y arrive, toi qui pensais partir en mission te voilà à notre premier rendez-vous non pas fraternelle mais romantique. Le 17 mars, jour de notre première rencontre et désormais celui où je vais me dévoiler à toi. Sous le ciel céleste, piqué de mille étoiles, je te regarde droit dans les yeux.
Ma bouche s'ouvre, se referme, se pince sous une indécision peu familière pour moi. Tu touches mon bras, tu m'encourages à exprimer ce qui m'agite. Tu prononces mon prénom. Il roule sur ta langue comme un caramel doux. Je respire, calmement, et te prends dans mes bras. Enfin, la fougue et l'impertinence qui sont mien passent outre mon inconfort et la crainte. Tout près de ton oreille, je te chuchote ces mots magiques. Pour moi, ils ont été créés en ton honneur.
- Je t'aime ! Depuis 13 ans, je t'aime de tout mon cœur, de tout mon être. Tu m'as trouvé, tu m'as touché de ton cosmos. Je t'aime non pas comme un ami. Je t'aime comme mon âme-sœur.
Je m'enfonce davantage dans la fraîcheur de ton corps. Des bras autour de moi tremblent un peu. Tu te recules. La peur me prend et tourne mes tripes d'une poigne de fer. De tes mains, si fortes et désirées, tu empoignes mon visage fuyant. Mes yeux s'affolent et s'apaisent à la vue tendre de ton sourire – si merveilleux et communicatif. Nos visages se rapprochent. Nos cœurs s'emballent. Nos bouches se touchent dans un premier baiser chaste.
- Je t'aime, mon Milo.
