Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake

Rating : M

Warnings : langage vulgaire

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…

Note : I'm baaaaaaaaack ! Je sais, j'ai tardé... Mais le voilà ! Tout chaud tout neuf ! Et si je me motive, le 17 devrait être près rapidement ! Donc je vais essayer de me bouger ! Allez, bonne lecture !

Réponse à Yayuhe : eh bien merci ! J'espère qu'on ne te décevra pas !

G x J

Les ombres grandissaient peu à peu, en se mêlant aux pans noirs de son manteau. Adossé au mur gris, il ressortait, grande silhouette aux contours découpés dans la nuit. Son visage fin et pâle et ses longs cheveux blancs lui donnaient des allures de fantôme. Grimmjow avait l'impression qu'un souffle de vent un peu trop fort l'aurait emporté. Mais dans ce décor étrange, au milieu de ce complexe industriel abandonné pour la nuit, il était beau. Fragile, mince, friable, mais beau. C'était la première fois que le jeune homme le voyait comme ça. Une mélancolie douce s'était peinte sur ses traits. Il avait des airs d'oiseau solitaire, un peu trop grand pour les autres, maladroit, s'emmêlant dans ses grandes pattes et ses plumes cabossées par la vie. D'une beauté généreuse et sincère.

Il sortit de sa cachette, au coin d'une rue, et s'approcha tranquillement. En le voyant, Jûshirô quitta son expression triste, et lui lança un sourire pétillant. C'était incroyable la façon qu'avait cet homme de sourire… Avec des étoiles dans les yeux, et ces petites rides discrètes qui le vieillissaient et le rajeunissaient en même temps. Le bleuté avait l'impression que, dans la demi-pénombre, toutes ces choses lui sautaient à la gueule. Pourquoi est-ce qu'il le remarquait maintenant ? Il savait déjà que le porte-parole était plutôt sexy. Il se trompait rarement sur la marchandise, et il ne s'était pas privé pour le reluquer le jour de leur rencontre. Mais là… Jûshirô dégageait quelque chose de plus. Il s'était passé un truc qui le changeait et lui donnait cette beauté d'oiseau maladroit.

« Bonsoir, Grimmjow. Prêt pour une petite excursion nocturne ?

- Ouais… j'suis pas convaincu… t'voulais voir quoi ?

- Je vais te montrer. »

Toute trace de nostalgie avait disparue de son visage. L'arrivée du jeune photographe semblait le rendre heureux.

Ils slalomèrent entre des entrepôts vides, avant de tomber sur une bande de jeunes, tous vêtus de jeans et de sweats à capuche noirs. Le plus vieux des deux hommes s'approcha.

« Bonsoir ! » lança-t-il d'un ton guilleret.

« Mais qu'est ce qu'il fout ?! » pensa Grimmjow.

L'un des adolescents répondit d'un signe de tête, et tendit la main vers le porte-parole.

« J'pensais que vous viendriez pas… C'cool, dit-il.

- Une promesse est une promesse ! s'indigna Jûshirô en serrant la main offerte.

- Une promesse ?! demanda le bleuté.

- J'ai rencontré Ganju et sa bande lors de mon arrivée à Paris. Ils graffent. Je leur ai proposé mes talents, mais je trouve que ce serait plus intéressant si c'était toi qui t'en chargeais.

- Ah ouais ? fit Grimmjow, dubitatif.

- Paraît qu't'es venu pour nous prendre en photo… Alors grouille. Si on veut pas s'faire chopper par les keufs, on a intérêt à être rapides.

- Ok, montre-moi c'que vos bombes ont dans l'ventre… »

G x J

Le groupe se répandit autour d'un mur immaculé. Ils paraissaient bien organisés. Assurément, ils n'en étaient pas à leur coup d'essai…

Son appareil à la main, il se plaça parmi eux, peu soucieux de leur barrer la route ou de gêner leur passage. Après tout, s'ils pouvaient le faire sans lui, il fallait bien qu'ils s'accommodent de sa présence ! Jûshirô s'éloigna un peu pour avoir une vue d'ensemble.

Le bruit des aérosols et l'odeur de la peinture, voilà ce qui plaisait à Grimmjow. Ouais, si sa passion n'avait pas été la photographie, ça aurait été le tag. L'adrénaline à chaque trait, la peur de se faire choper, les dessins qui prenaient peu à peu forme. Ça lui rappelait les bons moments qu'il avait pu passer dans son adolescence. Ça lui rappelait Stark. Les nuits à traîner dans les gares pour faire chier les gardiens, et recouvrir les wagons de leur haine.

Les ados étaient doués, pas de doute. L'énorme canon pointé vers l'usine qu'ils s'efforçaient de représenter était frappant de réalisme, le trait était assuré et précis. Tout dénotait d'une maîtrise et d'une pratique régulière.

De son côté, il tentait de capter les mouvements essentiels, les bases de ce qu'ils élaboraient. Le flash en éblouissait certains, mais ils s'habituèrent vite. Il pouvait sentir Jûshirô suivre chacun de ses clichés, dans son dos. Mais ça ne le gênait pas. Il se sentait à l'aise. Il avait hâte de voir à quoi les photos allaient ressembler. Est-ce que le porte-parole aurait pris le style de Snowdrop ? Ou, au contraire, se serait-il construit en opposition avec le célèbre artiste ? Grimmjow était curieux de le découvrir. D'ailleurs, Jûshirô devait toujours lui montrer ses propres œuvres…

G x J

Un quart d'heure et un demi-rouleau de pellicule plus tard, le tag était achevé.

« Beau boulot, complimenta le bleuté.

- Ouais, répondit Ganju. T'sais pourquoi on fait ça, au moins ?

- Bah… non…

- Parce que nos vieux crèvent dans ces usines à force de bosser. Parce que sans ces putains de chefs d'entreprise, ils seraient pas brisés, et on s'rait pas des gosses de la rue. Voilà pourquoi. »

Grimmjow acquiesça. Il n'avait rien à rajouter.

« Bon, nous on s'casse. On s'reverra p'têtre si vous passez dans le quartier, leur lança l'adolescent en s'éloignant.

- Au revoir, et merci pour tout ! » sourit Jûshirô.

Lorsque le groupe eut disparu dans les ombres, les deux hommes se dirigèrent eux aussi vers le trou du grillage par lequel ils étaient entrés, une centaine de mètres plus loin. Côte à côte, ils marchaient dans la nuit, en silence, savourant le travail accompli.

« J'pensais pas qu't'avais des relations avec ce genre de jeunes.

- C'est essentiel à mon travail. Etant donné que Snowdrop travaille souvent avec eux.

- Mouais, pas faux… J'espère que tu prends pas de ris… »

Le faisceau lumineux d'une lampe les interrompit.

« Il y a quelqu'un ? demanda une voix trop forte pour être amicale

- Merde… murmura le plus jeune. Le gardien… »

Il attrapa son compagnon par le bras et l'entraîna derrière un container. Cherchant une cachette fiable, il repéra un espace étroit entre le container et un bâtiment de petite taille. Il s'y engouffra, Jûshirô à suite. Ce fut à ce moment qu'il se rendit compte que l'espace était peut être un peu trop étroit…

Le porte-parole se retrouvait plaqué contre lui. Ils étaient à peu près de la même taille, et se faisaient face. Jûshirô haletait très légèrement à cause de l'effort soudain qu'il avait dû fournir. Et c'était juste… trop sexy. Grimmjow ne savait plus où mettre ses mains. Il avait envie de les poser sur les hanches de son compagnon, et de lui rouler une pelle magistrale, mais il se doutait qu'il ne serait pas très bien reçu. Quoi que… Ouais non, fallait oublier. Pas question de louper une chance d'être exposé. N'empêche, c'était dur de pas céder. Surtout que, mal installé contre le béton, le plus vieux se tortillait pour essayer de trouver une position plus confortable. Raaah, mais il avait conscience de qui il avait en face de lui ?! Si ça continuait comme ça…

Le gardien passa devant eux. Ils retinrent leurs souffles. Puis, lorsqu'il fut assez éloigné, ils s'extirpèrent de leur cachette. Il était temps… Lançant un sourire de prédateur à Jûshirô, il lui souffla :

« Cours ! »

Leurs jambes les portèrent le plus vite possible jusqu'au portail. Pas de trou dans le grillage, cette fois. Pas le choix, donc. Grimmjow fit la courte échelle au porte-parole qui grimpa, non sans mal, les grilles métalliques. La panthère bondit à son tour, s'accrocha et passa le portail. Une fois de l'autre côté, il attrapa une fois de plus l'avant-bras de Jûshirô et ils s'élancèrent vers le bout de la rue. Enfin en sécurité, ils s'arrêtèrent. Le plus vieux était essouflé, mais, plantant son regard dans celui du bleuté, il éclata de rire.

« Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ?! Pourquoi tu te marres comme ça ? »

Jûshirô ne pouvait plus s'arrêter, entraîné dans un fou rire plutôt communicatif… En effet, Grimmjow ne put s'empêcher de sourire un peu :

« Allez, pourquoi tu rigoles ? »

Reprenant son souffle et son sérieux, le porte-parole lui sourit :

« Ca faisait très longtemps que je n'avais pas couru comme ça…

- Et tu trouves ça drôle ?!

- Ca me rappelle mes années lycées… Tout ce que j'ai pu faire comme imbécillités avec mon meilleur ami.

- Toi, faire des conneries ? J'te crois pas !

- Tu ne connais pas Shunsui.

- Raconte ! J'veux tout savoir !

- Eh bien, il y a par exemple eu la fois où… »

Il y avait une drôle de lueur dans les yeux de Jûshirô. Quelque chose d'infiniment triste et d'infiniment heureux. Une étincelle de vie qui se débattait. Entre les larmes. Il pleurait ? A peine. Juste quelques gouttes d'eau salée qui brouillaient ses iris.

Alors Grimmjow prit une décision. Peut être que ça le regardait pas. Peut être qu'il en avait rien à foutre. Mais Jûshirô Ukitake avait des problèmes. Qu'à cela ne tienne. Il allait les lui faire oublier.

Et s'il fallait encore courir et sauter des grillages pour cela, il le ferait.

Ca lui rappellerait le bon vieux temps.