Non, non, vous ne rêvez pas, la suite est déjà là! Je m'étonne moi-même. Merci encore à tous pour vos si gentilles reviews! Je vous laisse profiter de la suite.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 40 : Rien n'avait changé.
Anthony Dinozzo gara sa voiture et en rangea les clefs dans une des poches de son pantalon. Puis d'un pas nonchalant il traversa le parking et entra dans l'enceinte du NCIS. Il salua le vigil situé à l'entrée puis pénétra dans l'ascenseur. Il soupira alors que la cabine débutait sa montée, encore une journée sans Hélène. L'italien avait du mal à se faire à l'idée de son départ. Il commençait à penser que le bureau face au sien était maudit pour les femmes qui s'y asseyaient.
Cependant une présence féminine dans l'équipe était agréable, et Dinozzo n'aurait pas aimé travailler dans un milieu uniquement composé d'hommes. C'est pourquoi il espérait toutefois qu'une femme viendrait remplacer Hélène. Et une femme qui ne soit pas d'un ennui mortel pensa Tony, car l'équipe manquait déjà de vie depuis que la jeune blonde ne travaillait plus avec eux. Il avait hâte que du sang neuf fasse son apparition, même si il n'avait pas envie de tout reprendre à zéro.
Les portes métalliques s'ouvrirent et Tony prit la direction de son bureau. Il s'y assit tout en saluant McGee.
- Salut le Bleu! Lança-t-il d'un ton entraînant.
Tim releva la tête de son ordinateur regarda Tony d'un regard à la fois lasse et étonné. Ce curieux mélange intrigua Tony.
- Quoi? Qu'est-ce que j'ai fais?
- Tu ne vas pas t'y remettre et remplacer Hélène maintenant qu'elle est partie, fit remarquer McGee.
- Pourquoi est-ce que tu dis ça? Reprit Tony.
- Il est 08 h 20, en d'autres mots tu es en retard, et je ne me rappelle pas la dernière fois que tu m'as appelé « le Bleu ». Ce surnom était plutôt réservé à Hélène ces derniers temps.
- Vraiment? Je n'avais pas remarqué. Enfin, en l'absence du petit nouveau, c'est de nouveau toi le Bleu Tim, il faut t'y faire, répondit Tony en allumant son ordinateur.
Tim hésita avant de répondre à Tony, car il ne savait pas ce qu'il savait. Il se lança finalement.
- Et si la personne qui va remplacer Hélène n'était pas un bleu Tony, mais un agent ayant déjà de l'expérience, que ferais-tu, hein?
- Et bien… Tout dépendrait de son niveau d'expérience, mais je crois que tu resterais le bleu Tim, lui répondit Tony en s'adossant à son siège de bureau.
- Et si ce nouvel agent n'avait rien d'une personne comique et frivole sur les bords comme Hélène l'est et toi tu l'as été. Ne me dis pas que tu te retransformerais en clown Tony, s'inquiéta Tim?
- Réfléchis-y deux minutes le bleu, commença Tony. Notre boulot deviendrait bien ennuyeux dans ce cas. Et quelqu'un serait obligé d'amener un peu de vie sur ce lieu de travail. Pourquoi crois-tu que je suis en retard? Je n'avais aucune envie de venir! Tu te rends compte d'à quel point c'est terne comme travail depuis qu'Hélène c'est offert des vacances?
- Ça ne durera pas à mon avis répondit McGee.
- Tu crois? Tu vois l'avenir le bleu? Je te savais geek, mais la tu me surprends!
- D'accord, en l'absence d'un troisième agent c'est moi qui vais tout prendre… S'indigna faussement Tim.
- Allez, ça faisait longtemps McGee, profites-en! Ça te rappellera des bons vieux souvenirs.
- Oui… Répondit Tim, craignant que le comportement de Dinozzo reste celui-ci pendant un moment.
- Je ne pensais pas que le fait qu'Hélène soit affectée dans une autre équipe ait un tel impact sur toi Tony, ajouta Tim après une courte réflexion.
Il en était arrivé à la conclusion que c'était la seule explication possible à ce soudain changement de comportement.
Tony cessa toute activité et le regarda.
- Touché, coulé le bleu. Tu t'améliores! Dit-il ironique avant de replonger dans la lecture de ses mails.
- Sans blague Tony, soit sérieux deux minutes.
-D'accord. Dans ce cas cite moi une personne Tim, rien qu'une, qui se soit assise sur cette chaise, dit Tony en pointant le bureau face au sien du doigt tout en se levant, et qui n'en soit pas morte, ou qui, comme certaines l'ont fait avant de décéder, ne se soit pas volatilisée dans la nature, par un beau matin, sur un claquement de doigts. Cites m'en rien qu'une Tim, juste une, reprit Tony en s'approchant de Tim qui le regardait, toujours assis derrière son bureau.
Le regard de Tim dévia sur le bureau vide le temps d'une courte réflexion. Tony n'avait pas tort. Ziva était vivante et Hélène lui cédait simplement sa place, mais il ne le savait pas. Alors de son point de vue, il y avait de quoi être en colère.
- Je ne peux pas répondit simplement McGee en regardant Tony. Tu as raison sur ce point. Mais ce n'est pas une raison.
- Si s'en est une Tim. Alors si ce matin je viens à reculons et je n'ai pas envie de faire mon travail, c'est que j'ai des raisons. C'est encore Ziva qui a occupé ce bureau le plus longtemps, personne n'a encore réussi à la battre sur ce point. Tu crois que la prochaine y parviendra?
Tim, surpris d'entendre son ami prononcer le nom de leur collègue ne sut quoi répondre. Il ne se rappelait pas la dernière fois qu'il avait entendu Tony dire son nom. Ils avaient déjà abordé le sujet, mais jamais son prénom n'avait été prononcé par Tony depuis plusieurs années. Du moins, en la présence d'autrui.
Timothy se demanda quand la jeune femme allait se décider à dire la vérité à Tony. Elle était rentrée aux Etats-Unis depuis trop longtemps maintenant pour continuer de se taire et de ne rien dire à Dinozzo.
- Je ne sais pas, répondit simplement Tim à Tony.
- J'espère pour elle, ajouta Tony en retournant s'asseoir derrière son ordinateur, indiquant ainsi que le débat était clos.
Ziva était allée durant l'après-midi rechercher sa voiture au bar où elle s'était rendue la veille, espérant y trouver quelqu'un. Le barman qui lui avait confisqué ses clés les lui avait rendues, et elle avait pris le chemin du retour.
Après plusieurs minutes elle était arrivée devant chez elle, mais au lieu de se garer et de monter à son étage, elle avait bifurqué à droite sur un coup de tête, et c'est ainsi qu'elle était arrivée quelques minutes plus tard au pied de l'immeuble où Dinozzo louait son appartement.
Ziva sortit de sa voiture et entra dans le petit hall de l'immeuble. La décoration n'avait pas changé en quatre ans ne put elle s'empêcher de remarquer. Il était 16 h 30, et Ziva ne savait pas vraiment ce qu'elle venait faire ici en fin d'après-midi. Dinozzo ne quitterait pas le NCIS avant 18 h songea-t-elle en se dirigeant vers les escaliers. Il ne serait pas là, alors pourquoi venait-elle? Et puis peut-être avait-il changé d'appartement?
Ziva chassa cette idée alors qu'elle arrivait au premier étage. Abby ou Tim le lui aurait dit, eux qui la poussaient tellement à aller tout lui dire. Et si elle lui laissait un mot? Il faudrait déjà qu'elle ait de quoi écrire, ce qu'elle avait peu de chances de trouver dans les poches de son manteau. À la rigueur un papier, un vieux ticket de caisse, mais pas de crayon. Et agir ainsi serait vraiment lâche.
« Salut Tony, c'est moi, Ziva. Comment vas-tu? Moi très bien! Je suis en pleine forme. On se voit bientôt au NCIS. À plus. » Il ne le lui pardonnerait pas, et il aurait tout à fait raison se dit Ziva alors qu'elle grimpait les marches menant au troisième étage.
Elle était complètement folle. Complètement folle d'être revenue, d'être là dans son immeuble, alors qu'elle savait parfaitement qu'il n'y était pas… Elle était bien moins courageuse qu'il n'y paraissait, surtout quand il s'agissait d'affaires personnelles.
Ziva arriva au troisième étage et suivit le couloir jusqu'au numéro 8, l'appartement de Tony. Combien de fois avait-elle toqué à cette porte? Combien de soirs était-elle venue ici pour partager une pizza autour d'un bon film? Combien de verres avait-elle bu avec Tony en discutant de tout et de rien après une journée de boulot? Des dizaines. Et aujourd'hui il ne lui en restait rien. Juste une poignée de souvenirs qui la faisaient pleurer bien trop souvent. Quelques mélodies de piano qui lui revenaient de temps à autre.
Ziva resta un moment à fixer ce numéro 8 puis recula et s'adossa au mur opposé du couloir, face à cette porte. Elle était venue, c'était toujours ça de gagner… Elle avançait! La prochaine fois elle aurait peut-être le courage de faire le déplacement à une heure où elle le savait chez lui.
Ziva soupira. Elle sentait cette bouffée de stress monter et la prendre par surprise. Elle avait peur. Peur de pousser cette porte. De le revoir et de se retrouver face à lui après tant d'années. Après tout ce qui s'était passé en son absence, après ce mensonge qui durait depuis bien trop longtemps. Après la façon dont-ils s'étaient quittés. Comment lui faire face après ça?
Ziva se laissa glisser le long du mur et s'assit, les jambes repliées contre sa poitrine. La dernière fois qu'elle était venue elle avait couché avec lui. Et elle s'était enfuie. Et si il s'en fichait? Si elle n'avait été pour lui qu'une fille d'un soir, parmi tant d'autres? Ce n'était pas ce qu'elle espérait, ce n'était pas ce qu'elle elle pensait de lui, ce n'était pas ce que semblait lui dire Abby. Mais qu'est-ce qu'Abby en savait?
Ziva baissa la tête et se passa ses mains dans ses cheveux. Dans quelles embrouilles elle s'était encore fourrée? Elle avait vraiment un don pour ça. Ziva releva la tête et replaça ses yeux sur ce numéro 8.
Elle avait laissé sa vie dans cet appartement. C'est grâce à lui qu'elle avait tenu durant toutes ces années, alors ce n'était pas maintenant, si près du but, qu'elle allait flancher. Hors de question. Un David avait du caractère et ne se laissait pas abattre si facilement, se dit-elle, se remémorant ainsi les paroles que son père lui avait si souvent répétées dans son enfance et son adolescence.
Elle avait eu le courage de franchir la porte du bureau directorial du Mossad, alors ce n'était pas ce petit numéro 8 qui allait la faire reculer. Ziva porta machinalement une main à son cou où ses doigts entrèrent en contact avec sa peau, et se refermèrent sur du vide. Quatre ans que son étoile n'y était plus, et pourtant chaque jour, plus d'une fois, elle continuait de porter une main à son cou à la recherche de cette petite étoile dorée que sa sœur lui avait offerte. Elle continuait toujours, par réflexe, d'aller chercher cette étoile pour la faire glisser le long de la chaîne, ou la serrer dans la paume de sa main, comme elle l'avait fait tant de fois.
Elle n'avait aucune idée de ce que Dinozzo en avait fait, du temps qu'il avait mis pour la trouver où elle l'avait placé, sous cet oreiller.
Elle pensait revenir à cet instant où, n'ayant plus qu'à partir, elle avait ouvert le fermoir, ôter le bijou de son cou, et l'avait soigneusement posé sous l'oreiller. Elle avait espéré le revoir un jour, revivre ces instants qu'ils venaient de partager. Elle n'avait aucune idée de ce qui l'attendait et du temps qu'elle mettrait à revenir.
Et pourtant déjà elle avait peur. Elle avait eu si peur qu'elle lui avait donné son étoile, elle lui avait confié sa vie. Par amour elle lui avait donné ce que jamais elle n'avait donné à personne. Elle n'avait pas su trouver les mots pour lui parler, alors elle lui avait confié ce qu'elle avait de plus cher, espérant qu'il en prendrait soin, et qu'il comprendrait ce que ce geste représentait pour elle.
De nombreuses fois juste après son départ, alors qu'elle se battait pour survivre elle avait repensé à Tony, à son étoile. Elle l'avait laissé prendre soin d'elle par cette étoile, ce qu'elle avait de plus précieux, et tout ce qu'elle représentait. La lui donner avait pour elle été une façon d'admettre qu'elle avait besoin de protection.
Ziva se releva. Elle avait tout laissé dans cet appartement. Elle lui avait confié sa vie. Ziva s'approcha de la porte et jeta un œil à la serrure. Elle se retourna pour vérifier que personne ne se trouvait dans le couloir, puis d'un geste sûr et rapide, crocheta la serrure. Elle poussa doucement la porte, hésitante, et se retrouva face à cet appartement qui n'avait pas du tout changé. Chaque meuble se trouvait toujours à sa place. Les papiers peints étaient toujours les mêmes. Le canapé, face à la télévision, séparés par la table basse. L'imposante collection de DVD, le coin cuisine, le petit couloir avec ses deux portes, la salle de bain et la chambre. Toutes ces photos. Rien n'avait changé.
Ziva avança de quelques pas dans la pièce principale de l'appartement. Son regard se posa sur le plan de travail où de nombreuses fois ils avaient cuisinés ensemble. Ce cadre, qui contenait une photo de l'équipe au complet, lorsqu'ils avaient fêté Thanksgiving tous ensemble. Elle s'approcha ensuite du canapé où ils avaient partagées de nombreuses soirées, un verre à la main. Elle avança jusqu'à la collection de DVD, toujours aussi bien rangée. Elle passa devant le grand écran de télévision et se dirigea tout aussi lentement vers le petit couloir.
Elle resta un moment immobile face à la porte de la chambre, puis l'ouvrit finalement. Elle se sentait hors du temps et de l'espace. La scène lui paraissait irréelle. Elle était là à visiter son appartement alors que personne ne l'y avait invitée. Elle tournait entre ses murs, violant son intimité, et entrait dans sa chambre à coucher qu'elle avait quitté en pleine nuit il y a quatre ans. Elle se demandait si elle n'était pas dans un de ses nombreux rêves qu'elle avait pu faire depuis son départ.
Ziva s'approcha du lit et en fit le tour en effleurant la couette bleue marine du bout des doigts. Elle s'arrêta à proximité de l'oreiller de droite, celui sous lequel elle avait laissé son étoile. Elle le fixa un moment, puis jeta un œil à sa montre. 17 h 15. Elle n'avait pas vu le temps passer. Les trois derniers quarts d'heure étaient passés en coup de vent alors que les quatre dernières années lui avait parues durer une éternité.
D'un geste précipité elle se saisit de l'oreiller et le souleva, à la recherche de ce bijou qu'elle lui avait laissé. Mais elle ne vit que le haut de cette couette bleu marine, et un petit bout du drap-housse. Il n'y avait que le vide sous cet oreiller. Elle aurait dû s'en douter. Elle aurait du le savoir. Pourquoi aurait-il laissé son étoile tout ce temps sous son oreiller? Peu importe ce qu'il en avait fait, il l'avait trouvé car elle n'était plus là où elle l'avait laissé. Est-ce qu'il en avait prit soin? Où l'avait-il rangé? Ziva n'en avait aucune idée, et c'était soudainement bien trop de questions.
Ziva reposa l'oreiller d'un geste brusque, réalisant tout à coup qu'elle se trouvait dans la chambre de Tony. Elle la quitta d'un pas précipité, n'ayant pas la force de chercher plus loin, alors qu'elle aurait pu simplement lui poser la question. Elle claqua la porte de la chambre derrière elle et se dirigea vers la collection de DVD. Elle écarta La vie est belle de Meurt un autre jour et se saisit du double de la clé de l'appartement, qui heureusement n'avait pas changé d'endroit.
Ziva ne savait pas comment elle s'était souvenue qu'elle se trouvait là, elle ne chercha pas à réfléchir plus loin et quitta cet appartement. Elle verrouilla la porte derrière elle, pour qu'il ne s'aperçoive pas que quelqu'un était entré chez lui en crochetant la serrure. Puis elle descendit les trois étages en courant presque. Elle lui rendrait sa clé plus tard. Elle monta dans sa voiture et démarra en trombe.
Qu'elle idée lui était passée par la tête pour venir ici et forcer sa porte? Elle aurait mieux fait d'attendre 19 h et de venir lui parler. Elle agissait vraiment n'importe comment depuis son retour.
