Disclaimer : Hormis mes OCs, les personnages et l'univers de TIGER&BUNNY appartiennent aux studio Sunrise.
Bêta-Lectrice
: L'irremplaçable Sayuri-Geisha


Chapitre XLIX : L'aveu derrière le Masque

Les trois jours suivants se passèrent dans le calme pour les deux Héros ; en général, ils se retrouvaient le matin devant un café non loin de leur hôtel pour prendre leur petit-déjeuner, puis ils partaient vagabonder dans les rues de la ville l'après-midi. Grâce à la curiosité de Karina, et aux connaissances de Barnaby, les journées passaient mais ne se ressemblaient pas : tandis que la première découvrait avec grand plaisir les traditions du pays, le second prenait toujours le temps de lui montrer des endroits uniques et merveilleux. Il l'avait par exemple conduite hors de la ville, dans un immense parc national, pour effectuer une randonnée avec elle. D'abord réticente, la Rose avait fini par se prêter au jeu et n'avait pas regretté cette escapade qui lui avait permis de découvrir un environnement coloré et dépaysant.
Une autre fois, ils s'étaient rendus à un concert, où se jouaient des musiques à base de xaphoon, de pahu et de ukulélé, des instruments propres au pays. Durant cette déferlante musicale, Karina avait fermé les yeux et s'était imaginée danser au rythme des compositions traditionnelles. Elle s'était alors souvenue des moments passés au bar de sa ville pour y chanter les morceaux qu'elle écrivait, et un amer sentiment de nostalgie s'était emparé d'elle à cet instant : pouvait-elle encore espérer reprendre un jour son activité ? Elle se doutait bien que non. Pas avec ce qui lui était arrivé. Pas avec son « départ » précipité.
Songeuse, elle avait regardé les musiciens se donner à cœur joie dans leur jeu musical, et elle avait fini par chasser de son esprit ses questions pour profiter au maximum du concert. L'heure n'était pas aux tourments.
Aux côtés de Barnaby, la vie se teintait de couleurs douces et apaisantes, et le tableau de sa vie regagnait ses reliefs d'antan. Les soucis ne gouvernaient son esprit que peu de temps, car quand elle trouvait le temps de se perdre dans ses réflexions, le jeune homme parvenait toujours à la ramener sur Terre. Lui aussi avait ses problèmes, des soucis sans doute plus difficile à gérer, mais il savait les balayer avant qu'ils n'étouffent ses pensées.

Au matin du 30 Janvier, les deux touristes avaient pris une décision : ils se rendraient à la cérémonie du renouveau et y participeraient. Pour cela, ils devaient acheter un masque adéquat. Ils retournèrent donc au marché pour y retrouver la marchande, rencontrée quelques jours auparavant. Lorsque celle-ci les aperçut parmi la foule, un grand sourire de satisfaction s'esquissa sur ses joues.

- Bonjour ! Vous vous êtes finalement décidés ? demanda-t-elle.
- Ah, bonjour. Oui, en effet, répondit Barnaby derrière un sourire poli.
- Nous nous sommes dit que ça pourrait être intéressant ! rajouta Karina.

Le sourire de la vendeuse s'élargit à l'entente de l'explication. Non pas parce qu'elle vendrait ses masques, mais parce qu'elle appréciait de voir des étrangers s'intéresser aux traditions de son pays. Elle les laissa donc regarder les articles exposés sur le comptoir, et profita de l'occasion pour leur présenter ses dernières acquisitions.

- Il me reste des masques décorés si vous le souhaitez !

Curieux, les clients s'attardèrent sur le carton qu'elle avait récupéré et posé sur le comptoir, et ils furent très vite fascinés par son contenu. En effet, alors que les masques traditionnels se voulaient identiques et sans vie, à la limite intimidants, ceux qui logeaient dans le carton s'avéraient légèrement plus colorés sans pour autant en faire des tonnes.
L'attention de la Rose se figea sur un de ces masques. Elle le ôta de sa boite avec précaution, l'observa un moment tout en faisant glisser ses doigts dessus, et se décida enfin à l'acheter.
Barnaby fit de même de son côté, et après avoir payé sa part, il discuta un peu avec la vendeuse. Au bout d'un moment, il la remercia d'un signe de main et s'en alla avec Karina pour continuer leur promenade. Sur le chemin, ils en profitèrent pour se donner une heure de rendez-vous pour la soirée de demain, et d'un commun accord, ils décidèrent qu'ils passeraient la matinée du 31 chacun de leur côté, et que Barnaby viendrait chercher Karina pour se rendre ensemble à la plage, lieu où se tiendrait la cérémonie.


Barnaby sentait son cœur tambouriner contre sa poitrine. Les mains moites, il tenait le masque de la cérémonie et le faisait nerveusement tourner entre ses doigts. L'estomac retourné, il essayait en vain de retrouver une respiration normale et régulière depuis plusieurs minutes à présent. De plus, bien qu'il ne portât qu'une simple chemise blanche, légèrement entrouverte en haut, et un pantalon noir plutôt moulant, il avait l'impression d'être trop comprimé à l'intérieur, et ainsi de manquer d'air.
Finalement, il passa une main dans ses cheveux, prit une profonde inspiration, et toqua à la porte de chambre de Karina.
Il l'entendit dire « J'arrive ! », et recommença à angoisser sans raison apparente. Il devait absolument se calmer avant son arrivée, il ne voulait pas qu'elle le voie tout transpirant, et stressé. Il était Barnaby Brooks Jr. après tout !
Il eut à peine le temps de se reprendre que la porte s'ouvrit de manière timide, laissant dévoiler une Blue Rose métamorphosée.
Ses cheveux, d'habitude libres de toute entrave, se retrouvaient cette fois attachés en un chignon haut, où pendaient deux longues mèches ondulées autour de son visage. Sa tenue, certes simple, se composait d'une large tunique blanche à manches courtes, dont le décolleté bateau permettait de dissimuler les quelques marques de son traumatisme. Le vêtement arborait de la dentelle au niveau de la poitrine, tandis que des broderies florales l'égayaient sur le bas. Ensuite, un short en jean clair dépassait légèrement de sa tunique, dévoilant alors ses longues jambes fines et laiteuses, qui, malgré les ultimes traces de brûlure restantes, la faisaient ressembler à un mannequin. Enfin, pour parfaire cette tenue, elle avait opté pour des chaussures un peu hautes, au laçage azuré sur le dessus, ainsi qu'un fin bracelet aux perles nacrées. Elle portait également son masque à la main.
Le souffle coupé, Barnaby demeura un moment pantois devant sa belle partenaire de soirée. Puis, avec son éternel sourire, il parvint à la complimenter :

- Tu es magnifique ce soir, Karina.

La concernée ne put retenir le feu lui monter aux joues, et balbutia un vague « Merci », gênée. Elle referma la porte derrière elle, et alors qu'elle s'apprêtait à le suivre, elle remarqua soudain que le bras du Héros s'était levé en sa direction.

- Me feriez-vous l'honneur de m'accompagner à la cérémonie, Mademoiselle Lyle ?

Surprise, mais touchée, Karina esquissa un tendre sourire et posa sa main sur le bras de Barnaby. Elle voulut alors lui adresser un remerciement, toutefois, lorsqu'elle redressa la tête, elle eut l'étrange impression de déceler une ombre d'anxiété sur le visage de son ami. Elle ferma les yeux quelques secondes, et finit par se convaincre qu'elle se faisait des idées.
Ce n'était pas son genre de toute façon.
N'est-ce pas ?


Il ne leur fallut pas plus de vingt minutes pour arriver à destination, et une fois devant l'océan, ils en profitèrent pour observer les alentours. La plage avait été spécialement décorée pour l'occasion : une grande scène de bois se tenait au centre de la place pour y accueillir les musiciens, et des dizaines de lanternes ornaient chaque point stratégique de la plage. Le crépuscule colorait les environs de teintes rosées et orangées, plongeant les visiteurs dans une douce atmosphère chaleureuse.
Une bonne centaine de personnes masquées venait d'arriver. Certaines se trouvaient à proximité de la scène et attendaient patiemment que la musique commence, d'autres contemplaient la beauté du paysage, tandis que les retardataires se hâtaient de rejoindre les lieux.
Très vite, les deux Héros comprirent leur erreur, et s'empressèrent d'imiter les villageois en installant leur masque sur le visage. Une fois mis, ils relevèrent la tête, et se contemplèrent un moment.
Recouvrant tout leur visage, les masques étaient faits dans un bois artisanal. Deux larges fentes se trouvaient au niveau des yeux, afin de permettre au regard de s'exprimer à la place de la voix. En effet, tout à son contraire, la bouche du porteur ne transparaissait qu'à travers une fine ouverture à l'endroit prévu.
Karina portait un masque peint d'un bleu dragée, orné de perles blanches, et de plus petites en turquoise, qui partaient du milieu du front, descendaient le long de sa tempe et sa joue, puis finissaient en arabesque au menton. Une étoile était dessinée sous son œil gauche.
Quant à celui de Barnaby, il était rouge pourpre et décoré de perles dorées. Elles dessinaient par ailleurs un V sur son front, tandis que trois petites en forme de L inversé se trouvait sur sa tempe gauche, et que d'autres traçaient une ligne sous ses lèvres. Enfin, son étoile se situait sous son œil droit.

- Pas trop anxieuse ? demanda Barnaby à son amie.

Karina releva doucement la tête pour fixer un point invisible. Malgré son masque, il n'était pas compliqué de remarquer son stress. Ses mains tremblotaient, sa respiration était un peu saccadée, et elle déglutissait.

- J'ai peur d'attirer l'attention..., murmura-t-elle.
- Tout ira bien Karina.

A cet instant, la voix de Barnaby lui parut tellement rassurante qu'elle voulut plus que tout s'accrocher à ses paroles.

Quand vingt heures sonna enfin, l'atmosphère si bruyante et conviviale plongea soudainement dans le silence au moment où une femme monta sur la scène.

- Bonsoir et bienvenue à vous ! s'exclama joyeusement l'arrivante. Tout d'abord, sachez que je suis heureuse de vous voir si nombreux cette année : la cérémonie du renouveau est un événement qui nous tient tous à cœur dans ce pays, et j'espère que vos projets se concrétiseront par le biais de cette nuit. Sur ce, je ne vais pas vous faire plus attendre ! Que la fête commence !

Et sur ces mots, trois femmes vêtues de blanc arrivèrent sur scène et saluèrent leur publique d'une révérence. Instruments en main, le trio les accordèrent une dernière fois, et celle qui semblait être la leader du groupe empoigna son micro.

- Et bien bonsoir à vous, prononça-t-elle de sa voix claire. C'est un honneur pour nous d'ouvrir cette cérémonie en votre compagnie. Nous espérons vous divertir un maximum au cours de cette prochaine heure, et sachez que les choix que vous ferez ce soir ne seront que des bons choix !

A l'entente de la dernière phrase, le regard de Barnaby s'égara sur un point invisible, et tout ce qui l'entourait disparut peu à peu de son champ de vision.
« Des bons choix ? Vraiment ? », pensa-t-il en glissant ses yeux vers Karina qui semblait concentrée sur ce qu'annonçait l'artiste.
Puis des notes sortirent d'une flûte, l'extirpant ainsi de ses pensées. Un violon accompagna l'instrument à vent le temps d'une intro musicale, et les habitants commencèrent à se laisser emporter par la douce mélodie qui se mêlait au chant de la mer.
Un peu mal à l'aise, les deux Héros se regardèrent sans un mot, écoutant la voix cristalline de la chanteuse prononcer des paroles entraînantes.
Et maintenant ?
Que faire ? Que dire ?
Paralysé par une force méconnue, les amis se fixèrent un moment sans oser dire quoi que ce soit, et cette ambiance devint de plus en plus pesante malgré la chanson joyeuse qui résonnait dans l'air.
Karina serra le poing, fronça les sourcils, et lutta contre elle-même pour ne pas laisser l'angoisse prendre le dessus. Si elle se trouvait ici, en compagnie de Barnaby, ce n'était certainement pas pour rester figer comme une idiote devant lui.
N'était-elle pas assez forte pour prendre son courage à deux mains ? Ne valait-elle rien dans ces moments de festivités ? Dans tous les cas, elle se refusait de gâcher la soirée.
Alors, dans un élan de folie, elle recula de quelques pas, prit une profonde inspiration que son masque dissimula, puis claqua les doigts en rythme avec la musique. Hésitante, et ne prêtant pas attention à l'expression surprise de Barnaby, elle se déhancha lentement, fit glisser son pied droit, et se lança enfin dans une danse improvisée. Chaque pas effectué accroissait sa confiance en elle.
Oui, elle dansait. Comme pour conjurer le sort, comme pour rayer de son esprit ses plus mauvaises pensées.
Ses petits pieds sautillaient sur le sable tiède de la plage, sourire au bout des lèvres, elle ressemblait à un ange descendu des cieux. La musique, en rythme avec les vagues de l'océan, la guidait aisément dans ses pas. Elle en oublia ses peines, balaya ses souffrances, effaça toute la haine et la tristesse qui la submergeaient, le temps d'une danse qui reflétait le rythme de sa vie effrénée. Quelques mèches rebelles de sa chevelure dorée vinrent chatouiller sa nuque, et sous l'expression subjuguée de Barnaby, elle porta doucement ses bras au-dessus de sa tête pour tournoyer sur elle-même, telle une enfant heureuse.
Un tel comportement rassura le jeune homme, dont les lèvres s'étirèrent en un sourire franc. Dans un élan de joie, il saisit Karina par la main et l'entraîna avec lui dans une valse impromptue.
Le rire de la Rose accompagna les instruments. Elle eut l'étrange sentiment d'être en harmonie totale avec elle même. Tout était parfait à cet instant ; l'odeur rassurante de la mer, la douceur du vent frais, la mélodie enjouée de la fête... Sans parler du regard pétillant de Barnaby derrière son masque.
Oh, il pouvait bien le cacher, son visage, mais cela ne l'empêchait pas de percevoir sa mine heureuse, son grand sourire, son bonheur évident.
Elle prit alors une profonde inspiration et la vie lui parut tout à coup si simple et si limpide qu'un élan de joie l'envahit à son tour. Si bien que dans un rire qui se mélangea aux notes joyeuses de la mélodie, elle attrapa les mains de son ancien rival pour s'élancer, de nouveau, dans une danse improvisée. Plus rien n'existait alors : les deux touristes ne songeaient plus qu'à l'autre, laissant la chanson, les paroles, l'air, tout simplement, guider leurs pas élancés.
Au bout d'un moment, Karina plongea ses perles de bronze dans les émeraudes de Barnaby, et elle sentit son cœur marteler contre sa poitrine, comme prêt à se libérer de sa cage rouge.
Etait-il seulement possible de se sentir si bien aux côtés d'un homme comme lui ?
Lui, ce Héros qui passait son temps à prouver sa valeur, continuait pourtant à faire rêver cette Rose amoureuse. Il lui offrait encore de l'espoir, et l'arrachait des griffes de ses tourments. C'est pourquoi, plus que tout au monde, elle désirait danser avec lui jusqu'à ce que la fatigue ne devienne qu'un euphémisme.
A ses côtés, dans un tel bonheur constant, elle voulait que le temps n'ait plus aucune forme. Qu'il ne soit plus qu'une image à jamais figée dans le néant.
Oui, elle souhaitait pouvoir vivre à jamais cet instant si doux et rassurant.
Seulement, pouvait-elle se le permettre ?
Elle ne savait plus.

Les dernières notes retentirent, ramenant par la même occasion les danseurs à la réalité. Alors que certains avaient déjà ôté leur masque pour se dévoiler à leur moitié, Barnaby et Karina se dévisagèrent en silence, main dans la main. Le visage de la jeune femme s'empourpra derrière le masque, et elle relâcha doucement les doigts de son ami. Celui-ci étouffa un soupir et garda son regard figé sur elle, perdu dans ses pensées.

- Merci pour cette danse..., dit Karina en détournant les yeux. Je ne m'étais jamais autant amusée depuis...

Elle se stoppa et ne put terminer sa phrase.
En effet, alors qu'elle glissa ses iris vers son partenaire, une vision inattendue s'offrit à elle : sans un mot Barnaby venait de retirer son masque.

- B-Barnaby ?!

Le nommé leva la tête et en profita pour l'observer. A cause de la chaleur causée par le masque et la danse, quelques gouttes de sueur perlaient sur sa frange avant de glisser sur son front, et un souffle tiède s'évadait de ses lèvres à demi ouvertes.

- … Et si on s'éloignait ? proposa-t-il calmement.

Surprise, Karina sentit un poids se bloquer dans sa gorge, si bien qu'elle resta un instant muette et figée comme une statue. Pourtant, elle redescendit sur terre lorsque le jeune homme effleura doucement sa main pour l'inviter à le suivre.
Ce qu'elle fit.


L'esprit confus, Karina suivit Barnaby sans poser de questions. Elle regarda une dernière fois en arrière, abandonnant presque avec tristesse les festivités. Elle sentit son cœur se contracter dans sa poitrine et s'imagina toutes sortes de scénarios angoissants.
L'avait-elle blessé sans s'en rendre compte ?
Alors qu'elle se perdait dans ses pensées, elle ne remarqua pas immédiatement qu'ils montaient de plus en plus haut. Légèrement essoufflée, elle regarda autour d'elle, et réalisa qu'ils grimpaient une colline, assez éloignée du village. Enfin, après quelques minutes de marche, ils arrivèrent au sommet.
Un magnifique champ de fleurs s'étalait devant eux ; éclairées par les étoiles et la blancheur vive de la lune, les fleurs colorées scintillaient de tous leurs feux. Tout au bout, au niveau de la falaise, se dressait un majestueux chêne dont l'imposant feuillage aurait pu cacher n'importe quel couple des indiscrétions.
Subjuguée, Blue Rose s'avança d'un pas timide, et se rapprocha du bord. De là, elle pouvait admirer l'océan calme, qui semblait être protégé par la clarté lunaire. Un peu plus loin, elle distinguait les villageois danser au son de la musique rythmée. Elle ferma les yeux un instant, et se laissa porter par la mélodie du vent. Durant de frêles secondes, son âme se détacha de son corps, afin de profiter de la beauté du temps.
Puis, elle reprit ses esprits, et se tourna vers Barnaby pour y chercher une réponse.

- Je dois te dire quelque chose Karina.

Il ne le remarqua pas, mais la nommée baissa les paupières derrière son bouclier de bois. Cette phrase n'envisageait probablement rien de bon. Il faut dire qu'il l'avait articulé avec tant de sérieux et de gravité, comme lorsqu'on doit annoncer une révélation bouleversante, qu'elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire.
La respiration de la jeune femme se bloqua dans sa poitrine, le rythme de son cœur s'accéléra, son sang se glaça, et sa gorge picota.
De son côté, Barnaby posa son regard sur ses mains tremblotantes, et tout le courage qu'il avait jusque-là conservé s'évapora. Cependant, l'heure n'était plus aux remises en question.
Il prit alors une profonde inspiration, ferma les yeux, puis les posa sur la Rose.

- Tu sais, j'étais bien loin de m'imaginer que « ça » prendrait une telle tournure.., débuta-t-il. Ce que je veux dire...

Il poussa un long soupir en constatant qu'il se perdait déjà dans ses mots. Lui qui d'habitude savait toujours parler distinctement, sans la moindre hésitation, avec clarté et détermination, il se sentait stupide devant un tel comportement. Néanmoins, Karina ne le releva pas. Au contraire : elle semblait attendre la suite.

- Je sais que je véhicule une image de moi une peu trop parfaite, reprit-il. On me prend souvent pour quelqu'un de séduisant. On me relègue toujours au rôle du prince charmant inaccessible. Les médias ont si bien forgé cette impression que ces derniers temps, je commençais moi-même à y croire...

Karina fronça tristement les sourcils à l'entente de ces révélations imprévues. Il paraissait prendre le principe de la fête au sérieux pour se dévoiler ainsi, et bien qu'elle ne pût s'empêcher de rougir, elle se sentit honorée de savoir que Barnaby lui faisait suffisamment confiance pour partager ses tracas avec elle.

- Il y a quelques années, j'étais complètement possédé par mon désir de vengeance. Ça m'obsédait plus qu'autre chose. J'avais besoin de venger mes parents pour avancer, ou du moins, c'est ce que je me persuadais. C'était devenu une priorité, une raison de vivre. Il était hors de question pour moi de mourir sans avoir atteint mon objectif...

Il marqua une courte pause pour réfléchir minutieusement à la tournure de ses phrases. Enfin, dans un souffle anxieux, il continua ses révélations.

- Les choses ont changé dès l'instant où j'ai fait équipe avec Kotetsu... J'ai appris à m'ouvrir, et à refaire confiance. J'ai vu les choses sous un autre angle, et au fil du temps, j'ai compris que je ne devais pas me renfermer.
- Pourquoi me dis-tu tout ça, Barnaby... ? demanda Karina d'une voix chevrotante.
- Parce que j'ai fini par comprendre quelque chose.

Il se stoppa pour plonger ses iris dans ceux de la jeune femme. Malgré le masque qui voilait son visage, de la surprise se lut dans son regard.

- Tout le monde au sein de l'équipe connaissait tes sentiments à l'égard de Kotetsu. Au départ, je me fichais bien de ce que tu pouvais ressentir, car pour moi, ça ne se résumait qu'à des histoires d'adolescentes... Et le temps a passé, si bien que j'ai fini par comprendre que tes sentiments étaient bels et bien réels. Et cette impression s'est renforcée le soir où tu m'as demandé l'adresse de Kotetsu.
- Barnaby..., murmura Karina, perturbée.
- C'était pour te déclarer à lui, n'est-ce pas ? la coupa le jeune homme.

La Rose resta un moment silencieuse, perdue dans l'expression profonde et sérieuse de son interlocuteur.

- Oui, mais ça n'a abouti à rien..., finit-elle par prononcer en baissant la tête.
- Et tu t'es cachée derrière un sourire hypocrite en espérant ne rien laisser paraître...

Pour Karina, la phrase eut le même effet qu'un coup de couteau en plein cœur. Tête toujours baissée, elle serra une prise invisible et ne parvint à répondre à cela. Pourtant, ce n'était pas les réactions qui manquaient : elle pouvait s'énerver, s'excuser, se défendre, mais elle ne trouvait ni le courage, ni la force de le faire, car au fond, Barnaby avait raison.
Elle avait toujours agi avec hypocrisie, et même si elle voulait conserver un rôle d'héroïne forte, elle restait une gamine incapable de montrer ses émotions.

- Tu te souviens du soir de mon anniversaire ? Nous nous sommes disputés par ma faute. J'avais dit des choses beaucoup trop dures..., continua Barnaby.
- Je n'avais pas été tendre non plus...
- Mais tu avais raisn. J'en ai pris conscience peu après. J'avais beau me dire que j'avais changé, que j'avais mûri... je restais cet imbécile qui entretenait sa fausse image. En réalité, je pense que je rejetais mes propres faiblesses sur toi... C'était moi le « bel hypocrite », l'idiot qui se cachait derrière un masque. Et c'est probablement toujours le cas aujourd'hui...

Face à de telles révélations, le cœur de Karina se compressa douloureusement : Barnaby aussi souffrait du rôle qu'il dévoilait par-delà les médias, et elle n'en avait jamais tenu compte, persuadée qu'il prenait du plaisir à jouer à ce petit jeu de faux semblants.
Pourquoi n'avait-elle jamais remarqué un détail pareil ? Quelle égoïste ! Tandis qu'il l'avait aidé à avancer en l'accueillant chez lui, elle n'avait jamais pris la peine de discuter clairement avec lui au sujet de ses propres sentiments. L'intonation dans sa voix lui paraissait, soudain, si mélancolique et si douloureuse qu'elle sentit les larmes lui monter aux yeux et les mots se bloquer dans sa gorge.

- Et quand le pire est arrivé, je me suis senti en proie à une terrible frustration...

Il hésita à développer sa pensée, toutefois, en remarquant l'expression intriguée de sa collègue, il finit par se convaincre qu'il devait continuer.

- J'aurais pu empêcher le pire... J'aurai dû prévoir le coup... Et pourtant... Je n'ai même pas été capable de te protéger. C'est pour ça que, peu après ton transfert à l'hôpital, je me suis persuadé que je le regretterais si je ne faisais rien pour te venir en aide. Alors j'ai commencé à chercher des indices, à essayer de trouver une quelconque trace des types qui t'avaient fait du mal. Je ne pensais plus qu'à ça, si bien que de nouveau, je n'interagissais plus avec mon entourage, j'oubliais le reste, je ne dormais presque plus... Je voulais te venger... Je voulais mettre un terme à ta souffrance...

Il parlait vite mais distinctement, souhaitant de toutes ses forces expulser ses souffrances refoulées. Les phrases déferlèrent sans laisser le temps à la jeune femme de s'interposer, et quand il termina enfin son monologue, un silence perfide avait bâti son mur imposant. Honteux de remarquer que les événements avaient pris une telle tournure par sa faute, Barnaby empoigna une emprise invisible dans l'espoir de calmer sa frustration.

- Je n'ai pas mûri. Je n'ai pas changé. Je suis resté le même, Karina..., articula-t-il finalement.

Paralysée par tous ces aveux, la bouche à demi ouverte, les yeux élargis, Karina déglutit difficilement et fixa Barnaby, qui venait de se perdre sur un point invisible. Son expression semblait désormais éteinte.
Lui aussi cachait des regrets.
En s'attardant sur ses pensées, la Rose comprit alors qu'elle faisait souffrir son entourage en leur imposant l'horrible malédiction d'une culpabilité inaltérable : Kotetsu s'en voulait terriblement de ne pas avoir pu la protéger, et ses parents devaient certainement ressentir la même chose.
Tyrannisée par la tristesse, elle fronça les sourcils avant de porter ses mains tremblantes sur son visage. Ses doigts fins se posèrent sur la ficelle du masque, chevrotèrent au contact du fil emmêlé, et finirent par dénouer le nœud qui le maintenait contre son visage. Dans un mouvement lent mais résolu, elle ôta finalement son bouclier.

- Karina ?!, s'étonna Barnaby en remarquant son geste.
- Je suis désolée ! s'écria-t-elle.

Des larmes roulaient sur les joues empourprées de la jeune femme. Néanmoins, trop concentrée à chercher ses mots, elle ne sembla pas y prêter attention. Ou peut-être n'en avait-elle tout simplement rien à faire.

- Je n'ai pensé qu'à moi. J'ai été une idiote doublée d'une égoïste ! Je n'avais jamais pris le temps de chercher à te comprendre, et je me renfermais dans les idées que je me faisais de toi ! Mais tu sais... Tu sais...

Elle avait donc fini par se lancer...

- Moi aussi je suis une belle hypocrite... Je me suis toujours cachée derrière le masque de Blue Rose : la femme fatale et désirée. Mais ce n'était pas moi. Ça n'a jamais été moi ! Je détestais ce rôle qui ne me correspondait pas ! Les médias on fait de moi un objet inaccessible... Et je tenais en horreur cette image que je donnais !

Jamais Barnaby ne se serait douté qu'elle se dévoilerait ainsi à lui. Une pointe de tristesse se décelait dans son intonation, mais envoûté par les soudaines révélations de la jeune femme, il ne parvint à reprendre la parole.

- C'est peut-être pour ça que je ne te supportais pas... Je revoyais tout ce que je haïssais chez moi en toi... Et en bonne lâche que j'étais, je te rejetais tous les torts.
- Karina, tu..., commença Barnaby, choqué.
- Je ne voulais pas y croire le soir où tu es arrivé pour me sortir de l'hôpital : tu tenais tête aux infirmiers pour me délivrer de cet enfer..., le coupa Karina en étouffant un sanglot qui se mêla à un rire amer. Tu ne peux pas savoir à quel point j'espérais que quelqu'un me sorte d'ici... Les piqûres, les médicaments, la nourriture qu'on me forçait à ingurgiter et que je recrachais l'heure suivante, mon corps souillé... J'avais l'impression d'être un monstre !

Afin d'empêcher l'inévitable crise de sanglots éclater, elle marqua une pause pour reprendre son souffle. Pendant ce temps, le jeune homme, l'observa sans savoir que faire.

- Tu m'as permis de remonter la pente, Barnaby. Tu m'as redonné confiance... Tu ne te rends pas compte à quel point tu m'as aidé ! Et c'est pour ça que je souhaitais te rejoindre : je ne voulais pas que tu te retrouves seul alors que tu avais besoin de soutien. Je ne voulais pas que tu vives la même souffrance que moi !, s'emporta Karina.

Saisissant qu'elle ne contrôlait plus l'intonation de sa voix, la Rose préféra se taire plusieurs secondes pour fixer en silence Barnaby, qui se retrouvait immobilisé dans les griffes de l'incompréhension.
Puis, dans un soupir, elle reprit la parole :

- Le jour où tu es venue me chercher à l'hôpital... Tu as dit quelque chose qui m'a profondément touchée.
- … ? Quoi donc ? interrogea Barnaby.
- Allons, tu as déjà oublié ? le taquina l'héroïne.

Le jeune homme détourna avec gêne le regard, si bien qu'un petit sourire en coin se dessina sur les lèvres de son interlocutrice.

- « Je ne te force à rien, mais sache que t'aider est ma première priorité », énonça-t-elle.
- … J'étais sincère, sourit Barnaby avec nostalgie.
- Je sais.

Durant plusieurs secondes qui s'apparentèrent à des minutes, ils se perdirent dans le regard de l'autre, comme hypnotisés par les émotions qu'ils transmettaient.

- Maintenant, t'aider est aussi devenu « ma première priorité ». Car il est hors de question que ça n'aille que dans un sens. Tu comprends... ?

Sans quitter les iris de l'autre, le silence se réinstalla entre eux. Toutefois, le mur imposant s'était transformé en un léger voile, et aucun malaise ne se fit ressentir le temps de cet échange mystique. Dans le regard de Barnaby se reflétait toute la reconnaissance qu'il souhaitait adresser à son amie, toutefois son expression s'aggrava légèrement peu après.

- Karina, je dois te dire quelque chose..., murmura l'ancien Next.

L'interpellée hocha la tête et fixa son interlocuteur avec interrogation. Celui-ci sentit sa respiration se bloquer et son cœur frapper avec violence contre sa poitrine. Il peina à déglutir.
Il devait cependant se lancer.

- Il y a quelque chose qui a changé depuis que je t'ai accueilli chez moi..., continua-t-il. J'ai appris à te connaître, à voir ta véritable personnalité, à te comprendre. Plus les jours passés, et plus je ressentais le besoin de te faire plaisir.
- Qu... Que veux-tu dire par là ? questionna Karina, surprise.
- Je n'ai jamais eu la prétention à chercher à te redonner le sourire, mais il est vrai que la première fois où je t'ai vu sourire depuis l'incident... Je me suis à la fois senti soulagé et terriblement heureux. Quelque chose se passait, et je ne voulais pas l'admettre.
- Je ne comprends pas Barnaby..., bredouilla la jeune femme.
- Aiden J. Howards avait raison.

A cet instant, le sang de la Rose ne fit qu'un tour. La dernière formule prononcée par Barnaby lui remit en mémoire la scène cauchemardesque du 10 janvier. Sa vision se troubla lorsque son esprit redessina l'image du jeune homme affublé de coups et de marques. Sans parler du sourire perfide de ses tortionnaires qui les avaient tous deux torturés psychologiquement.
Et enfin, les paroles mystérieuses d'Aiden résonnèrent cruellement dans sa tête :
« Cette chère Blue Rose qui affrontait toute seule la réalité... Vous vouliez la sauver n'est-ce pas ? Qu'avait-elle de plus pour qu'elle vous pousse à vous libérer d'un monde illusoire mais parfait ? Vous teniez tant que ça à la secourir ? A croire qu'au final, vous l'aimez bien ! »
Karina releva rapidement la tête et dévisagea Barnaby avec appréhension.
Il n'allait tout de même pas... ?!

- La nuit du 1er novembre, nous nous sommes jetés dans la gueule du loup sans réfléchir aux conséquences. Tandis que nos collègues étaient tous plongés dans un coma artificiel pour combattre leurs peurs refoulées, je vivais un instant idyllique en compagnie de mes parents. Mais alors que j'aurais pu m'abandonner à cette illusion, quelque chose m'a rattaché à la réalité, une personne m'a poussé à me battre. Et cette personne... c'était toi, Karina.

Le souffle de l'Héroïne s'accéléra progressivement, ses yeux laissèrent échapper de nouvelles larmes qu'elle s'empressa d'essuyer, et des questions affublèrent son esprit au point de lui donner la migraine.
Comment les choses avaient-elles pu prendre un tel tournant ?
Qu'est-ce qu'il cherchait à lui faire comprendre ?
Depuis quand s'en était-il rendu compte ?
Ne se trompait-il pas ?
Pourquoi elle ?
Pourquoi elle ?!

- J'appréciais ta compagnie. J'aimais te découvrir, et plus que tout... Je souhaitais pouvoir te rendre heureuse. Ces deux derniers mois m'ont fait ouvrir les yeux sur ce que je pouvais ressentir à ton égard...

Barnaby s'arrêta un moment pour plonger son regard timide dans celui, bouleversé, de la Rose.

- C'est un fait inéluctable... Je t'aime, Karina...

Il ponctua sa révélation en posant doucement sa main sur celle de la jeune femme. Ce geste toucha la concernée, et la tirade de Barnaby tourna en boucle dans sa tête, à l'instar d'un phonographe.
Cela ne se pouvait, elle rêvait forcément ! Comment une telle chose pouvait se produire ?! Elle était devant Barnaby ! Barnaby. Celui qui ne dévoilait jamais ses sentiments, celui qui gardait toujours un masque, celui qui...
Ses pensées se stoppèrent net quand ses yeux se perdirent dans ceux de l'ancien Next : ils brillaient d'une sincérité déconcertante, cherchant probablement à conserver une expression sérieuse, en toute circonstance.
« Je t'aime ».
Ces trois mots, pourtant banalisés, entraînèrent Karina dans la farandole des émotions contradictoires.
Elle était choquée. Sidérée. Émue. Touchée. Frustrée. Indécise. Déterminée. Heureuse. Charmée.
Au final, des larmes tièdes roulèrent sur ses joues empourprées, et bien qu'elle voulût rire de toute ses forces pour ne pas inquiéter son confident, ses lèvres restèrent scellées, étouffant par la même occasion des gémissements.

- K-Karina... ?!, suffoqua Barnaby, mal à l'aise.
- P-Pardon... Pardon Barnaby... C'est juste... Tu me prends de cours là... Je...

Elle ne réussit à terminer sa phrase, laissant finalement les sanglots s'évader de ses lèvres tremblantes. Pourtant, elle fit de son mieux pour se calmer. Elle tenta même d'essuyer ses joues trempées, mais à chaque fois qu'elle séchait ses larmes, de nouvelles dévalèrent ses pommettes malgré tous ses efforts. Des mots vagues s'effacèrent ensuite dans un hoquet, toutefois, Barnaby put entendre à plusieurs reprises le mot « désolée ».

- C'est moi qui m'excuse..., murmura-t-il tristement. Je ne voulais pas te blesser.
- « Me blesser » ? M-Mais... de quoi tu p-parles Barnaby ?! bégaya difficilement la Rose. Tu... Tu ne me blesses pas du tout ! Ce... Ce ne sont pas des larmes de tristesse... Ce sont des larmes de joie !

Le sang du Héros ne fit qu'un tour, et son cœur s'arrêta de battre un bref instant.
Avait-il bien entendu ?

- Je suis heureuse... Tellement heureuse...

Comme si les mots qu'elle articulait l'aidaient à calmer sa crise de larmes, elle arriva à reprendre peu à peu son calme. Puis, dans un souffle saccadé, elle releva la tête pour regarder de ses yeux larmoyants Barnaby, et lui offrit un sourire des plus touchant.

- Je ne l'ai compris qu'il y a peu tu sais... Mais j'appréciais ta compagnie, dit-elle d'une voix chevrotante. J'ai appris à me relever grâce à toi, je me suis maintes et maintes fois battue pour ne pas sombrer dans la déprime. Je n'avais plus peur, je n'avais plus aucune raison d'abandonner, parce que tu étais là ! Tu faisais des efforts pour moi, et ça m'encourageait à en faire pour toi...
- … Karina, murmura Barnaby après plusieurs secondes de mutisme. Tu n'as pas eu besoin de moi pour avancer. Tu es bien plus forte et courageuse que tu ne veuilles le croire. N'en doute jamais.

Il termina ses aveux en portant une caresse hésitante sur le visage de la Rose. Celle-ci ferma les yeux à ce doux contact et elle ne put s'empêcher de porter sa main sur la sienne pour la lui caresser.

- Dans tous les cas, je suis certaine d'une chose, commença-t-elle en ouvrant les yeux. … Je t'aime aussi, Barnaby.

Avec hésitation et crainte, elle vint se blottir tendrement contre son aimé pour poser sa tête dans le creux de son épaule. Surpris mais soulagé, il la laissa s'installer et lui effleura doucement les cheveux pour dégager une mèche de devant son visage.

- Merci pour tout, chuchota-t-elle dans son cou, un sourire au coin des lèvres.
- Merci à toi aussi..., murmura Barnaby, à son tour.

Elle ne le remarqua pas, néanmoins il l'observait avec une expression tendre et aimante. Jamais il n'aurait pensé ressentir une telle joie.
Et sous le regard de la lune qui illuminait cet instant sublime, les deux nouveaux amants restèrent dans cette position pour contempler le paysage.
Les masques étaient tombés.


Note de l'auteur : ... J'angoisse un peu de connaitre votre avis sur ce chapitre en général, et surtout sur la scène finale haha. J'attends quand même vos avis avec grande impatience ! Dans trois chapitres, cette fanfiction sera terminée. Je dois encore rédiger le chapitre final et je ne vous cache pas que je suis à la fois excitée et effrayée lol. Bref ! Rendez-vous le 18/02 pour la suite !