Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake

Rating : M

Warnings : langage vulgaire

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…

G x J

Ils poussèrent la porte d'un petit café, recherchant la chaleur d'un endroit tranquille où discuter. La petite table au fond de la salle leur parut un endroit parfait. Ils s'assirent sans cesser de parler.

« J'te crois pas !

- Je te jure ! On a failli mettre le feu au lycée, tout ça pour un petit feu d'artifice…

- Tsss, sérieusement… »

Le serveur les interrompit en prenant leurs commandes. Lorsqu'il apporta le thé de Jûshirô et le café de Grimmjow, celui-ci glissa à son compagnon, avec un sourire carnassier que l'autre commençait à connaître :

« T'avais pas un truc à me montrer ?

- C'est vrai… Je ne les ai pas sur moi…

- Tsss, t'crois qu'tu peux m'échapper ? Où sont tes clichés ?

- A mon hôtel. Tu sais, Grimmjow, je pourrai te les montrer plus tard, ça n'a pas d'imp…

- Rien à foutre ! Moi, j'veux les voir ce soir !

- Je n'ai pas le choix, j'imagine ?

- Non.

- Alors laisse-moi finir ma tasse… »

Jûshirô essayait d'avoir l'air contrarié, mais il ne pouvait pas s'empêcher de sourire. L'insistance du jeune homme était amusante. Décidément, il l'appréciait de plus en plus. Avalant la dernière gorgée de liquide chaud, il se leva, le bleuté à sa suite. Avant que le plus jeune n'ait pu dire quoi que ce soit, il se dirigea vers le comptoir et régla leurs consommations. Le sourire en coin qu'il jeta à Grimmjow aurait pu très bien s'accompagner d'un « Nananèreuh » et d'un tirage de langue en règle, mais le photographe ne se vexa pas : le porte-parole avait l'air d'oublier ses problèmes, et c'était ce qu'il voulait.

Le métro qu'ils empruntèrent était plutôt vide, même si quelques passagers subsistaient. Dans leur wagon, un chanteur de rue dévoilait toute l'étendue de ses cordes vocales en massacrant allégrement « Bohemian Rhapsody » de Queen. Grimmjow lui aurait bien dit de fermer sa gueule, mais bon… Jûshirô reprenait en cœur :

« Goodbye, everybody, I got to go

Got to leave you all behind and face the truth… »

Il fredonnait à peine, mais il avait une assez jolie voix. Alors pour une fois, Grimmjow se tut.

Ils descendirent de la rame au bout d'un petit quart d'heure, et s'engouffrèrent dans la rue, balayée par une brise glacée et coupante. Il ne leur fallut que quelques minutes pour arriver à l'hôtel.

Ce n'était pas un hôtel luxueux, ni bas de gamme. C'était juste un petit immeuble qui paraissait chaud et confortable. Le genre d'endroit où l'on se sentait chez soi, peu importait si on était là pour une semaine ou deux mois. La gérante était une jeune femme rousse à très forte poitrine, avec un sourire un peu bête mais généreux, elle aussi originaire du pays du soleil levant. Elle fit tout de suite profondément chier Grimmjow. Surtout quand elle faillit leur sauter dessus en criant en japonais :

« Ohayo, Ukitake-samaaaa !

- Bonsoir, Orihime-chan. » répondit le porte-parole en français.

Puis il mena son compagnon jusqu'à l'escalier, et enfin, à sa chambre.

Ça n'était pas très grand. C'était joliment meublé, et il y avait une odeur de cire un peu partout qui n'était pas désagréable, au contraire. Ça lui rappelait les brocantes où Kensei l'emmenait, quand il était plus jeune. La chambre était séparée du petit salon où ils se trouvaient. Sur la table basse, juste devant le canapé, se trouvait une grande enveloppe marron. Grimmjow s'avança, et s'affala sur le sofa.

« Allez, montre ! »

En silence, Jûshirô lui désigna l'enveloppe. Le jeune homme la saisit, l'ouvrit, et en sortit une dizaine de carrés de papier glacé. Lentement, il les étala sur le bois verni.

G x J

Des arêtes brutes ou des courbes ondulées et mouvantes. Des lignes, du béton et du verre. Pas de visages, pas de corps. Rien que les formes géométriques et étouffantes de bâtiments amoncelés. Juste ces architectures cassantes, sans vie. Ces morceaux d'immeubles, ces fragments de maisons. Toute une ville couchée sur le négatif. Une ville immense, insaisissable, glacée. Pleine de reflets, de nuances étranges, déroutantes. Sous tous les angles, même les plus insaisissables. Mais il y avait une chose qui reliait toutes les photos entre elles.

C'était froid.

Cependant, les clichés étaient magnifiques. Pleins d'harmonie. Très classiques dans leur cadrage et leur composition, mais lumineux et colorés juste comme il était nécessaire. Il y avait un petit quelque chose qui leur donnait une touche très professionnelle. Grimmjow aimait bien, mais sans plus. Ca ne le transportait pas, ça ne l'émouvait pas. Il reconnaissait leur qualité.

Il les reposa lentement sur la table. Et puis il vit la dernière photo, celle qui était restée au fond de l'enveloppe. Il la sortit délicatement et la regarda.

Wow. Ça , c'était légèrement déconcertant.

Une femme. Nue. Emmêlée dans un désordre de draps blancs. Très belle, à n'en pas douter. Endormie et sereine. Comme un rêve pas encore effacé.

Rouge comme il n'était pas permis de l'être, Jûshirô lui arracha le cliché des mains.

« Ce… c'est… j'avais oublié de l'enlever… »

Grimmjow étira un sourire de prédateur. Tiens donc… honteux, le petit Jûshirô ? On ne voyait pratiquement rien…

« Y'a pas de problèmes. J'pensais juste pas qu'tu prenais c'genre de photos. C'ta femme ?

- Plutôt… une vieille amie…

- Une amie ? 'Tain, t'es très proche de tes amies, toi…

- Je… ça n'est pas drôle ! Et c'est personnel ! s'énerva le porte-parole.

- Eh reste zen ! C'pas ma faute si c'était resté là ! »

Le bleuté avait haussé le ton. Un peu trop fort, apparemment.

« Je… je suis désolé, Grimmjow. Je suis fatigué. Tu veux bien rentrer chez toi ? soupira Jûshirô en détournant les yeux.

- T'veux pas savoir c'que j'pense de tes photos ?

- On verra ça une autre fois. Je t'appelle, d'accord ? »

Tout en parlant, il avait mené le jeune homme jusqu'à la porte.

« Au revoir, Grimmjow. Bonne nuit. »

Le battant se referma. Et il se retrouva planté là, tout seul dans le couloir.

« N'importe quoi… pensa-t-il en s'éloignant. Fait chier, il sait pas c'qu'il veut ! Tu m'emmerdes, Jûshirô Ukitake ! »

Pourquoi est ce qu'il avait réagi comme ça, cet imbécile ? Beaucoup de photographes faisaient du nu, ça n'était pas une honte ! Même si cette femme comptait pour lui, il n'y avait pas à s'énerver comme ça ! Et puis, pour une fois qu'il n'avait pas dit des conneries… Enfin, pas trop quoi… Peut être un peu… Merde ! Rien à foutre ! Il en avait marre. Il rentrait chez lui.

G x J

Jûshirô fixait le morceau de papier glacé, assit dans ce grand fauteuil si chaleureux. Puis, pris par une colère soudaine, il le déchira en deux.

Elle… toujours là… toujours… pour ruiner sa vie, lentement et sûrement, sans même en avoir l'envie. Parce qu'il savait bien qu'elle l'appréciait malgré tout, et qu'il restait son ami. Mais savait-elle combien elle le faisait souffrir ?

Comment avait-il pu laisser… ça… dans l'enveloppe ? Quel imbécile ! C'était trop personnel, trop intime… Et Grimmjow l'avait vue, elle. Il n'aurait pas dû s'en faire pour ça, il savait que le jeune homme aurait compris. Mais c'était plus fort que lui. Il fallait qu'il la cache.

Pourquoi son passé lui revenait-il toujours comme un boomerang ? Pourquoi ne pouvait-il pas juste se rappeler les bons moments et oublier le reste, comme il l'avait fait une heure plutôt ? Ça s'accrochait à lui… ça le bouffait… Et ça lui faisait faire toutes les conneries possibles et imaginables. Est-ce que le jeune photographe mettrait fin à leur collaboration ? Quel dommage… ça avait si bien commencé…

Dans sa poitrine, il sentit l'air siffler douloureusement. Non, pas encore, pas maintenant…

G x J

BOUH ! J'vous ai fait peur ? :P

Alors, ce petit chapitre 17 ? J'suis une sadique, je sais. Et j'en ai même pas honte !

Est-ce que vous aussi vous aimez quand tout n'est pas exactement comme on le voudrait, quand les personnages galèrent à s'entendre ? C'est pas drôle si c'est trop facile !

Et qu'est ce que vous pensez des photos de Jû ? Très différent de ce que fait Snowdrop, hein... En même temps il a sélectionné les clichés pour ça ! Hum, sauf le dernier bien sûr... Regrettable incident..

Allez, salut ! Bisou bisou !

(et oubliez pas ma review ! :P)