Titre : Can I take a photo ?
Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake
Rating : M
Warnings : langage vulgaire (!) et violence (!)
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama
Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…
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NOTE IMPORTANTE !
Ce n'est pas pour rien que cette fic est classée en rating M. Ce chapitre risque d'être plus violent que les précédents, plus cru aussi. Je ne savais pas vraiment comment tourner ça... Je ne sais pas quelle est votre sensibilité personnelle, peut être que ça ne vous touchera pas, peut être que ça vous traumatisera (euh j'espère pas quand même O.o) alors je vous préviens. Jusqu'à maintenant, Citap? a été une fiction plutôt tranquille. Mais ce chapitre est un épisode charnière, et je me devais de le rendre violent et brutal. Je vous demande en tant que lecteur d'être vigilant et compréhensif. Merci.
Bonne lecture.
G x J
Nel avait quitté Paris. Ichigo avait tenu sa promesse. Le petit mot posé sur la table de la cuisine indiqua à Grimmjow qu'elle avait pris des congés pendant deux semaines et qu'elle et son petit ami étaient partis se ressourcer à la campagne. Il poussa un soupir de soulagement. Au moins une chose qui se déroulait comme prévu…
Se laissant tomber sur une chaise, il jeta un coup d'œil à la pile de courrier placée à côté du mot. Une enveloppe blanche sans destinataire ni expéditeur attira son attention. Il la saisit et l'examina.
« Encore un coup de Kensei ? » marmonna-t-il pour lui-même.
Il l'ouvrit. Tomba sur le haut d'une photo. Ouais, sûrement Kensei. Peut être un truc de Snowdrop, ou d'un nouvel arrivant à l'ADP. Il tira le cliché de sa gangue de papier avec précaution.
« Putain de merde ! » lâcha-t-il violemment en plaquant l'image contre la table et en se levant sous l'effet de la colère, du dégoût et de la surprise.
Ces yeux. Ces yeux vides, sans vie, voilés. Ce petit visage tâché de sang. Ce visage qu'il reconnaissait. Et ce corps mutilé. Ce petit corps d'enfant lacéré, déchiré, presque anonyme, mais malgré l'horreur, malgré les blessures, Grimmjow savait qui était cette victime.
Aizen avait fait tuer le gosse. Et s'était offert l'immonde plaisir de le prendre en photo pour l'envoyer à Grimmjow.
« Connard, enfoiré, salopard, comment t'as pu… comment t'as osé… T'es vraiment qu'un monstre…»
Lentement, il détacha ses yeux de l'horrible image, puis l'approcha de l'évier. Sortit son briquet. Le cliché fut réduit en cendres, emportant dans les flammes ce qui persistait à rester collé sur sa rétine.
Dans l'enveloppe, il y avait une petite carte à liseré rouge.
« Tu vois, Grimmjow, les Espadas aussi s'essaient à l'art de la photographie. J'espère que tu apprécies notre cadeau.
Sôsuke.
P.S. : ceci n'est pas une menace. Il est trop tard pour les menaces. Désormais, la chasse est ouverte. »
Il ne brûla pas la carte. Ça lui était impossible.
G x J
« Putain de merde ! »
Sa main saisit le verre encore à moitié plein d'alcool et le balança contre le mur. Les éclats transparents et le liquide ambré explosèrent contre la peinture fatiguée, comme une étoile étalée dans l'air.
Ça brûlait dans sa poitrine, ça brûlait fort mais ça n'était pas de la douleur.
Il n'y avait pas de place pour la douleur.
Juste la haine, la colère, la rage. La Destruction. Tempête rugissante embrumée dans sa propre fureur, il se leva. La chaise heurta le sol en premier. Choc sourd. Puis les deux assiettes qui reposaient sur l'égouttoir la suivirent. Bruit d'un espoir qui se brise. Traversant les débris, insensible aux morceaux de porcelaine qui entamaient ses semelles, il s'échappa de la cuisine trop étouffante. Le salon commença à subir ses attaques. L'étagère si peu remplie où reposaient les livres de Nel s'abattit par terre, faisant dégringoler ses précieux ouvrages. Un cri rauque prit naissance dans le fond de sa gorge.
Hurler. Hurler pour faire sortir de ses yeux, de sa tête, ce voile rouge qui floutait tout. Hurler pour cesser d'être ce monstre, cette tornade sur le point de tout casser.
Un feulement sauvage, un rugissement de bête s'échappa enfin de ses lèvres, tandis que les dossiers de photos entassés sur le bureau volaient dans tous les sens.
Tous ces morceaux de papier, ces images, ces horribles images, elles ne servaient à rien. Rien du tout. Elles ne faisaient que dissimuler, encore et encore.
Alors, dans une sorte d'apaisement soudain, il s'assit par terre. Puis, mécaniquement, animé par une volonté à la fois glacée et dévorante, il se mit à déchirer un à un les clichés étalés autour de lui.
G x J
Le vide. Le vide dans sa poitrine et dans sa tête. Ne pas bouger, juste laisser les antidouleurs agir et se laisser porter par leur vague d'apaisement. Fermer les yeux. Dormir peut être. Sauf que voilà. Il ne pouvait pas dormir. Il ne pouvait pas parce qu'il se sentait coupable. Tout chez Grimmjow le poussait à tout lui raconter, à le laisser entrevoir la vérité. A baisser le masque. Mais il avait peur. Comme d'habitude. Il n'était bon qu'à ça. Se cacher parce qu'il avait peur.
D'un seul coup, il se leva. C'en était assez.
« Jûshirô ! Secoue-toi, bon sang ! Tu es pire qu'un gosse ! »
Sa propre voix lui remit les idées en place, et dissipa instantanément les vapeurs d'inconscience que les comprimés laissaient dans son cerveau. Il ne pouvait pas se laisser abattre. Tout était encore réparable.
Le téléphone lui apparut comme la solution la plus évidente. Tout serait plus simple à l'autre bout d'un fil. Sauf que dit comme ça, ça ressemblait à de la lâcheté. L'appeler ou lui envoyer un message, c'était encore se cacher.
Alors que faire ? Donner un rendez-vous, auquel le jeune homme ne viendrait sûrement pas, par fierté ? Essayer de le croiser à l'ADP ? Ou peut être…
Oui, ça c'était une bonne idée ! Rapidement, il saisit son portable et chercha dans son répertoire la personne qui l'aiderait.
« Allô, M. Muguruma ? C'est Jûshirô Ukitake. J'aurais un service à vous demander… »
