Me revoilà déjà avec la suite! Et oui! Il faut croire que vos menaces font effet...
Dans tous les cas un grand merci à tous pour vos reviews!
Une fois de plus, ne me tuez pas, surtout une fois que vous aurez lu la dernière phrase. La suite arrivera la semaine prochaine.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 42 : Tout allait basculer.
Dinozzo était confortablement installé dans son canapé. Il lorgnait depuis plus de dix minutes sur la bouteille de whisky présente dans sa DVDthèque. Cependant il n'y avait toujours pas touché, car il avait déjà bu une bière et savait que s'il se saisissait de cette bouteille, il ne s'arrêterait pas et la viderait ce soir, ce qui ne serait pas très raisonnable. De plus, boire ne l'aiderait certainement pas à voir plus clair dans cette situation qu'il peinait déjà à comprendre sans avoir toucher au litre de whisky.
McGee avait quitté son appartement une demi-heure plus tôt, après une longue et pénible discussion qui avait complètement bouleversée Dinozzo. Il se demandait à quoi rimait sa vie. Il essayait de ne pas penser à Ziva, d'oublier cette soirée et de faire comme si rien ne s'était passé, mais il n'y parvenait pas. Ses pensées revenaient inlassablement vers elle.
Il ne pouvait s'empêcher de se questionner sur la jeune femme. Ce qu'elle avait fait de ces années, si elle avait changé, si elle pensait à lui elle aussi, pourquoi elle n'était pas venue le voir… Trop de questions tournaient dans sa tête. Il tentait vainement de fermer les yeux et de se calmer, mais chaque fois c'était son image qui venait à lui, et la douleur n'était que plus forte.
Dinozzo repensait à cette tombe qu'il fleurissait régulièrement, qui à présent n'avait plus aucun sens. À toutes les fois où, seul dans son appartement, il avait craqué et l'avait imploré de revenir. Ces soirs où personne ne l'avait entendu, et qu'il avait fini, ivre, les yeux bouffis, par regagner son lit en titubant, pour s'y écrouler et ne pas entendre sonner le réveil le lendemain matin. C'était à se demander si quelqu'un ne l'avait pas entendu quelque part, et n'avait pas exaucé son vœu.
Tony se sentait incapable de réagir. Et depuis que Tim était parti et qu'il s'était affalé sur son canapé, il se sentait incapable de faire le moindre geste. Il repensait à ce que son collègue lui avait dit. Au métier qu'avait exercé Ziva en France. Il n'arrivait pas à croire que celui qu'il appelait « Le bleu » savait la vérité depuis presque un an, et qu'il n'avait jamais rien dit. McGee était bien plus fort qu'il ne le pensait. Il se remémorait cette année passée, chaque fois où le sujet de Ziva avait été abordé, et où Tim s'était tu. Il admirait son courage. Il ne savait pas si à sa place il aurait eu suffisamment de détermination pour ne rien dire.
Tony se demandait à quoi allait ressembler sa vie maintenant que Ziva était de retour. Il avait appris que d'ici quelques jours elle reviendrait travailler au NCIS, d'où le départ d'Hélène. Un geste bien généreux de la par de la petite Lénou, ne pouvait également s'empêcher de penser Tony.
Ziva allait revenir au NCIS, et comme auparavant, ils allaient se croiser chaque jour, travailler ensemble, et bientôt, ce serait comme si ces quatre années de distance n'avaient jamais existées. Tony se demandait comment un tel retour à la normal des choses était possible. Comment il pourrait faire face à Ziva et simplement lui sourire, la taquiner comme autrefois, sans chercher derrière les apparences à trouver une trace physique, ou bien psychologique de ce qu'elle avait vécu, lorsque seule à Paris elle avait du tout reprendre à zéro. Comment la douleur avec laquelle il avait vécu ces dernières années allait pouvoir s'envoler comme ça, d'un coup?
Tony appréhendait ce moment où de nouveau il allait croiser son regard, où ils allaient se retrouver et où ils devraient se parler. Qu'allait-il bien pouvoir lui dire? Il se l'était en quelque sorte appropriée depuis son départ. Pas un jour n'était passé sans qu'une de ses pensées ne soit pour elle. Mais si ça n'avait pas été le cas dans l'autre sens? Et si Ziva, elle, avait très bien su tourner la page? Il craignait ce moment où ils allaient se retrouver face à face.
Ava… Tony avait encore du mal à croire à toute cette histoire et à l'accepter. Il guettait encore cet instant qui pourrait arriver à tout moment, celui où il se réveillerait en sueur emmêlé dans ses draps après cet étrange cauchemar qui l'aurait bien secoué.
Il se demandait s'il s'agissait d'un « heureux » hasard que Tim soit allé traduire son roman dans la maison d'édition où travaillait Ziva. Un heureux hasard? De tragiques retrouvailles? Tony pour l'instant n'en avait aucune idée, il se sentait juste vissé à son canapé, face à sa pizza refroidit qu'il n'avait pas pu avaler. Abattu par une foule de circonstances, d'événements dont il n'avait rien décidé.
Ziva tournait en rond dans son appartement. Elle faisait la poussière sur une étagère, déballait un ou deux cartons, triait les livres de sa bibliothèque, posait une photo sur son piano, grignotait un morceau de pain, tirait les rideaux… Elle ne parvenait pas à se poser et à accomplir une activité calme jusqu'au bout. Elle ne tenait pas en place. Elle revoyait l'appartement de Tony dans lequel elle s'était incrustée comme une voleuse en fin d'après-midi. Elle anticipait et craignait sa réaction lorsque enfin elle se serait décidée et qu'elle irait toquer à sa porte pour lui avouer la vérité.
Elle repensait encore et toujours à son étoile et se demandait ce qu'il en avait fait. Où il l'avait rangé, s'il l'avait gardé, quand est-ce qu'il l'avait trouvé? Des questions banales et qui pourraient paraître sans importance, mais qui pour elle, ce soir, lui paraissait capitales.
Il était 21 h et elle avait dîné, mais comme souvent, l'anxiété lui donnait faim, et elle ne cessait de grignoter. Elle alluma son poste de télévision et choisit une chaîne au hasard, histoire de mettre un bruit de fond dans cet appartement dont le silence lui pesait. Ce silence semblait la juger et lui crier qu'elle avait tort de ne pas aller le voir, d'ainsi s'agiter. Elle serait bien allée courir, mais la nuit était tombée, et il faisait déjà très frais. D'autant plus qu'elle était déjà sortie courir dans la matinée.
Sur ce point elle avait hâte de retourner au NCIS, car au moins elle y aurait les mains et l'esprit occupés, ce qui lui ferait le plus grand bien. Elle cesserait de réfléchir et de tourner en rond. Car depuis son retour aux Etats-Unis, bien qu'elle ait été occupée, elle n'avait pas travaillé, et elle commençait à sentir un cruel manque d'action. On ne peut pas dire que le métier qu'elle avait exercé pendant trois ans en France ait été plein d'actions et de rebondissement, c'était même plutôt l'opposé. Mais là, de se savoir si près du but, de savoir l'action, son métier si proche d'elle, elle ne tenait tout simplement plus en place.
Mais elle avait conscience que retourner au NCIS signifiait aussi revoir Tony, et elle ne savait pas si elle était prête pour ça. Prête à reprendre sa vie d'autrefois dont elle avait pu tant rêvé. Elle n'était plus la même, eux aussi avaient changées, et elle se demandait si la situation pourrait un jour réellement redevenir celle qu'elle était il y a quatre ans.
Ziva s'assit devant sa télévision et tenta de se concentrer sur le film qui passait à l'écran. Une banale histoire de mariage et d'amants qui ne captiva pas Ziva, qui délaissa bientôt sa télévision pour une fois de plus changer d'activité. Elle se leva et alla éteindre la lumière de sa chambre qui était restée allumée, puis passa devant le piano alors qu'elle se dirigeait vers sa cuisine.
Il s'agissait d'un piano droit d'une couleur marron foncée, proche du noir, dans lequel elle avait investit très récemment pour son retour en Amérique. Se séparer du sien lors de son départ en France avait été une épreuve pour la jeune femme, qui avait tenu à de nouveau posséder un piano lors de son retour dans le pays où elle se considérait chez elle. Elle passa sa main droite sur les touches. Elle enfonça un sol aigu et l'écouta résonner dans son appartement. Elle n'avait pas encore touché à son piano depuis qu'elle l'avait acheté. Elle n'avait joué aucun morceau. Sa simple présence lui avait suffit jusqu'à ce soir.
Elle descendit légèrement dans les graves et appuya sur un do. Elle devait admettre qu'elle craignait d'avoir perdu la main. Elle descendit encore et atteignit des notes qui cette fois, bien que difficilement, étaient chantables par le commun des mortels. Elle s'essaya à un mi, et enchaîna avec le ré, puis le do qui le précédaient. Elle se laissa tenter et s'assit sur le tabouret qu'elle régla à la bonne hauteur.
Un paquet de partitions qu'elle avait retrouvée à droite et à gauche étaient posées sur le dessus de son piano, mais elle n'avait pas envie de se lancer ce soir dans le déchiffrage de partitions qu'elle avait autrefois maîtrisées.
Elle préféra se laisser aller, et entama un des premiers morceaux qu'elle avait su jouer et qui avait bercé toute son adolescence. Elle débuta ce classique prélude de Bach qu'elle avait appris à une époque qui lui semblait être une autre vie. Un prélude qu'elle avait toujours particulièrement affectionné, et qu'elle avait toujours, à toutes les étapes de sa vie prit du plaisir à jouer, et au travers duquel elle avait fait passer bien des sentiments différents.
Elle savait qu'elle en connaissait la partition par cœur, et que ses doigts trouveraient bien vite les notes tellement elle l'avait joué. Elle débuta toutefois d'une main hésitante.
Sa main gauche était moins assurée que sa main droite, heureusement que ce morceau ne lui demandait pas trop d'efforts. Tout doucement elle se laissa aller à cette mélodie, et descendit dans des notes de plus en plus graves, retrouvant ses habitudes, son pied reprenant sa place sur la pédale.
Elle oublia un bémol et s'en aperçut aussitôt, un sans faute aurait été trop beau se dit elle. Elle parvint jusqu'au dernier accord en arpège. Mi, sol, do. Le temps était passé bien vite depuis qu'elle avait posé ses mains sur les touches. Depuis le jour où pour la première fois elle avait joué ce morceau, depuis la première fois où elle l'avait joué devant Tony.
Elle garda plus longtemps que nécessaire ses doigts sur les touches enfoncées, elle devait admettre que jouer ce prélude l'avait calmé et lui avait fait le plus grand bien. Elle rejoua ce prélude plusieurs fois, tout en pensant qu'elle ne s'en lasserait probablement jamais. Une foule de souvenirs lui revenaient en mémoire.
Tony resta plus d'une heure assis sur son canapé à ne rien faire, à simplement tenter de comprendre. Il décida finalement de se lever et se dirigea doucement vers sa chambre. Il en poussa la porte et resta quelques secondes sur le seuil. Il ne pouvait s'empêcher de se demander quel sens prenait à présent cette nuit qu'il avait passé ici avec Ziva, dont le souvenir lui revenait si souvent.
Il s'était senti si abandonné lorsqu'au réveil il s'était trouvé dans un lit vide, alors qu'il venait de s'ouvrir à elle et de se montrer pour la première fois honnête au sujet de ses sentiments à son égard. Il avait cru que pour elle aussi cette nuit avait été le début de quelque chose de nouveau, d'un futur commun, lorsqu'il avait fermé les yeux dans ses bras. Mais elle n'avait plus été là à son réveil. Il se demandait d'ailleurs si il s'était réellement réveillé, ou si durant ces quatre dernières années il avait simplement continué de dormir.
Pendant des heures il s'était torturé l'esprit pour tenter de savoir ce qu'il avait pu faire de travers ou dire de mal. Il avait tenté de se rappeler la soirée dans les moindres détails pour trouver quelque chose qui aurait pu prédire son comportement, ou montrer qu'elle, elle n'avait pas été sincère.
Jusqu'à ce qu'il arrive au NCIS. En retard, et se sentant complètement trahi. Il avait alors fait face à ses collègues, à leur regards inquisiteurs face au bureau vide de la jeune femme. Et alors qu'il se sentait au bout du rouleau, il avait compris qu'il pouvait toujours tomber plus bas.
Immédiatement il avait fait le lien entre son lit vide, et ce bureau vide. Il ne savait pas pourquoi, comment, ni où elle était partie, mais il avait tout de suite su. Et pourtant il n'avait rien dit, à personne. Il avait tu sa visite nocturne de la veille.
Puis d'autres questions avaient pris place. Son départ avait été prévu, puisque son bureau avait été trouvé vide. Elle avait prit le temps de le vider la veille au soir, une fois qu'elle avait été seule dans l'open-space. Et c'est après qu'elle était venue le voir. Alors pourquoi était-elle venue, pourquoi n'avait-elle rien dit si elle savait déjà qu'elle devait partir? Pourquoi avoir couché avec lui? Pourquoi lui avait-elle laissée son étoile? Était-ce un signe? Une façon à elle de lui dire au revoir? Après tout elle n'avait rien laissé aux autres…
Dinozzo avait mis des mois avant de cesser de retourner cette situation dans tous les sens. Il l'avait cherché partout, utilisé tous les moyens à sa disposition. Et l'annonce de son décès n'avait rien arrangé. Bien au contraire. Savoir que jamais il ne la reverrait, jamais il ne pourrait la retrouver, lui reparler, lui poser toutes ces questions et entendre ses réponses avait été encore plus cruel pour lui. Elle qui lui manquait tant, on lui avait dit qu'elle ne reviendrait plus jamais. Forcément il avait changé, c'est certain, même si il l'avait nié et n'en avait pas parlé.
Et à présent Tim venait lui dire qu'elle était en vie… Tout perdait de son sens, et toutes ces questions revenaient le hanter.
Il se trouvait bien trop sentimental en ce qui concernait Ziva. Il y a quelques années, jamais il n'aurait cru possible qu'Anthony Dinozzo puisse se mettre dans un tel état pour une fille. Enfin, plutôt une femme, comme elle lui avait fait remarquer. Dinozzo fit le tour du lit et dans un geste habituel replaça correctement l'oreiller du côté droit, puis s'assit.
Il lorgna quelques instants sur la table de chevet, se massa la nuque d'une main l'espace de quelques secondes, puis finalement tendit son bras et en tira le tiroir. Son regard se posa sur cet écrin à bijou. Il n'y avait jamais retouché depuis qu'il l'y avait placé. Bien des soirs il y avait songé à cet écrin, à la présence de ce bijou dans son tiroir, mais jamais il n'y avait touché. Il n'avait pas voulu rouvrir cette boîte de Pandore.
Longtemps après le départ de Ziva il avait gardé cette étoile à portée de main. Il l'avait prise, l'avait faite glisser entre ses doigts ou simplement fixer pendant de longues minutes. Puis un jour il avait acheté cet écrin, et pour mettre fin à ces souffrances, commencer à tourner la page, encaisser le fait qu'elle était morte et ne reviendrait pas, il avait rangé le bijou doré.
Tony se saisit de l'écrin qu'Hélène était a dernière à avoir touché, et le garda plusieurs minutes entre ses mains. Il se dit qu'il faisait tout lentement ce soir, comme ces secondes qui lui paraissaient durer des heures.
Enfin il l'ouvrit, et il regarda cette étoile. Ses yeux s'embuèrent et cette fois il ne put se retenir. Il se sentait seul et sans repères, et la vue de cette étoile n'arrangeait rien. Il essuya ses yeux humides avant qu'une larme ne s'en échappe et sortit le bijou de son écrin. Il réfléchit à tout cela, tenta de trouver la solution tout en gardant cet objet au creux de sa paume, réchauffant le métal froid.
Où était Ziva à cet instant? Que faisait-elle? Avait-elle refait sa vie? S'était-elle rachetée une étoile de David? Où en était-elle dans toute cette histoire? Pourquoi n'était-elle pas à ses côtés? Elle lui manquait tant.
Dinozzo ne savait pas vraiment si il avait envie de la revoir. Il avait peur de souffrir. Peur de l'entendre lui dire qu'il n'était rien pour elle et de sentir une fois de plus cette douleur lui enserrer le cœur, et de replonger. Cependant le fait de la savoir à quelques pâtés de maison le rendait fou. Ses yeux, ses cheveux frisés à la base de sa nuque, ses doigts fin. Elle était là, dans la même ville. Elle, son corps, et lui, il restait là à ressasser un mélange de souvenirs et de sentiments. Il se sentait aimanté à elle, et l'attraction était bien trop forte. Même si il se pouvait qu'il en souffre, il devait recroiser son regard.
Tony décida qu'il était temps qu'il en ait le cœur net. Il rangea soigneusement le bijou dans son écrin, puis sortit de la chambre et enfila sa veste. Il rangea l'écrin dans une de ses poches et se saisit de ses clés de voiture. Il voulait savoir. Il voulait la voir. Il voulait savoir s'il avait la moindre chance d'enfin vivre ce à quoi il avait tant rêvé ces derniers temps en sachant que c'était impossible.
Il fit le trajet en sentant son cœur palpiter dans sa poitrine. Il avait les mains moites. Il stressait. Il avait peur. Et si elle le rejetait?
Il avait conscience que tout allait se jouer ce soir. Que plus rien ne serait pareil à partir du moment où il serait devant sa porte et qu'elle la lui ouvrirait. Quoi qu'il allait se passer ce soir, tout allait basculer. Et Tony n'avait qu'une peur, que la situation ne bascule dans le mauvais sens. Mais peu importe, ce soir il allait revoir Ziva.
