Titre : Can I take a photo ?
Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake
Rating : M
Warnings : langage vulgaire et violence
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama
Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…
NOTE ! : Vous pouvez lire ce chapitre en écoutant Radioactive d'Imagine Dragons
Réponse à la review de Guest : Ben ouais, ils l'ont fait. Belle bande de salopards, hein ? (tu as le droit de m'inclure dans le lot x)). La suite la voilà, on va voir si c'est ce à quoi tu t'attendais ...
G x J
Quelques taches de lumière éparses éclairaient la rue par morceaux, laissant dans l'ombre chaque recoin, chaque renfoncement. Les immeubles bas et sombres écrasaient de leurs lourdes silhouettes les trottoirs. L'asphalte humide dégageait une odeur de terre sale et de chien mouillé. Des silhouettes difformes se déplaçaient dans les ruelles adjacentes, dans un murmure mystérieux.
Le tout sentait la misère, la lassitude et l'ennui. Et peut être un peu le danger.
Alors c'était dans ce quartier qu'habitait Grimmjow.
L'immeuble indiquée par Kensei Muguruma était petit, étroit sale, peu accueillant. L'escalier semblait un véritable coupe-gorge et les murs dégageaient une odeur rance et désagréable. Peu engageant…
Jûshirô monta les marches unes à unes, passant devant les paliers sans oser s'arrêter de peur de tomber nez à nez avec l'un des habitants. La faune qui vivait ici ne devait pas être agréable à rencontrer. Il luttait contre une peur grandissante dans son ventre, une crainte qui rongeait peu à peu son estomac, le faisait regretter son acte irréfléchi. Il n'aurait pas dû venir… Bien sûr, il se doutait que Grimmjow ne squattait pas dans un palace, mais il avait imaginé quelque chose de moins… enfin de plus… quelque chose d'autre que ça.
A l'étage indiqué, la porte de l'appartement n°6 était fermée à clé. Sa main se posa sur la sonnette, prête à appuyer. Mais un bruit à l'intérieur le figea.
Grimmjow riait.
D'un rire hystérique, cruel, satisfait, terrifiant, un rire qui dégoulinait le long du dos de Jûshirô dans un frisson glacé. Il riait, encore et encore, sans avoir l'air de vouloir s'arrêter. Ça ne lui ressemblait pas… Quelque chose n'allait pas ! Etait-ce à cause de leur dispute précédente ? Non, le jeune homme ne se serait pas mis dans un état pareil pour quelques mots un peu trop secs… si ?
Une odeur de brûlé l'interrompit, tandis que de l'autre côté un crépitement lointain s'élevait.
Il se mit à marteler le bouton de la sonnette.
« Grimmjow, que se passe-t-il ?! Ouvre ! Ouvre, bon sang, il y a le feu ! »
Le rire ne fit pas mine de s'arrêter, et les poings de Jûshirô s'abattirent contre le bois.
« OUVRE ! » hurla-t-il.
Aucune réponse, pas un mouvement. La porte restait désespérément close. Alors il recula. Elle n'avait pas l'air si solide que ça, les parties métalliques était rouillées et elle ne devait pas être très épaisse. Il prit son élan et percuta le battant.
Il crut que son épaule avait explosé sous le choc. La douleur lui fit monter les larmes aux yeux, et il s'effondra par terre lorsque les gonds cédèrent, la porte l'emportant avec elle dans sa chute.
La fumée serpentait partout, s'infiltrait dans toutes les pièces, faisait de l'appartement son territoire en noircissant les murs, le plafond, le sol. Elle venait du salon. Se couvrant le visage de sa manche, Jûshirô se releva et courut vers le salon d'où elle semblait venir et où il entendait Grimmjow qui n'avait pas cessé de rire.
La pièce était plongée dans un brouillard toxique et gris qui collait aux vêtements. Au milieu, un tas de clichés déchirés brûlait en se recroquevillant. Assis à côté, Grimmjow. Le visage fou, les yeux perdus, un horrible rictus déformant ses lèvres, toujours emporté dans son fou rire hystérique, assis, tranquille et imperturbable. La toux qui le secouait ne le faisait pas s'arrêter, et sa voix perçait les tympans de Jûshirô.
Voyant qu'il n'avait pas l'intention de bouger, le plus vieux se précipita à la cuisine, cherchant un extincteur des yeux. Le sol était jonché de débris de vaisselle, et une chaise y gisait, comme un cadavre abandonné là. Que s'était-il passé ?! L'appartement avait l'air d'avoir subi l'assaut d'un gang ! Il évita les obstacles, repéra une bouteille d'eau vide et la remplit rapidement. Puis, désorienté par un vertige dû à la fumée, il avança tant bien que mal jusqu'au salon. Là, il renversa la bouteille sur le brasier, qui s'éteignit dans un murmure déçu.
Jûshirô s'autorisa un soupir de soulagement.
G x J
Vision rouge et floue. Qui était-il, cet homme à la silhouette impossible à reconnaître, qui était cette ombre blanche qui avait éteint le feu brûlant dans son ventre ? Pourquoi avait-il fait cela ? Pourquoi ne l'avait-il pas laissé se consumer dans l'incendie de ses souvenirs ? Ne pouvait-il pas le laisser retourner dans la poussière, là où il serait enfin tranquille ?
Menteurs, tous des menteurs ! Lui le premier… Toujours cachés derrière des masques, pour ne pas montrer le trou que la rue leur avait laissé à la place du cœur. Cette rue qui les avait vus naître, eux, les enfants de la violence, de la haine, du sang.
Alors, qui était-il, ce fantôme flageolant, pour décider que lui, Grimmjow, monstre destructeur à peine dissimulé derrière son appareil photo, avait le droit de vivre ?
Sa propre réaction ne l'étonna pas. Après tout, il n'était que Destruction.
Il saisit la silhouette par le col et la plaqua contre le mur.
« Va-t'en ! hurla-t-il. Va-t'en, qui que tu sois, va-t'en et laisse-moi crever ! J'en peux plus, de toute cette mascarade, et j'ai pas besoin d'un sauveur à la con ! Tu pouvais pas les laisser cramer, ces photos, et moi avec ?! J'suis fatigué ! J'ai plus envie de m'battre ! J'ai assez donné, j'veux plus voir crever tous ces gens autour de moi ! J'ai posé l'couteau il y a longtemps, mais c'est moi qui continue à les tuer, tu comprends ça ? C'est moi… J'suis un déchet… J'mérite que la mort ! »
L'homme respirait difficilement. Sa voix s'éleva, tremblante, rien qu'un murmure haché :
« Grimm… jow… C'est moi… Jûshirô Ukitake… Tu… Tu me fais mal, Grimmjow… »
Les mains du jeune homme s'ouvrirent, et Jûshirô s'affaissa sur le sol.
« Merde, merde, merde… fit le bleuté en se prenant la tête. Putain de merde, j'suis désolé… »
Il se sentait faible, sale, dégueulasse. Lui, d'habitude si fort, si provocateur, un fauve, un prédateur, un roi, il lâchait prise, il abandonnait. Il s'inclinait. Quelle merde… Il ne valait rien… Toute sa fierté brisée…
G x J
Son dos lui faisait mal. Appuyé contre le mur, il tenta de se relever, mais ses forces l'abandonnaient.
« Faut que tu t'casses, Jûshirô. Fallait pas m'sauver la peau, c'est dangereux... »
La voix de Grimmjow était rauque, agressive, encore emplie de colère.
« J'vais t'faire du mal. J'sais faire que ça.
- Ne dis pas de bêtises.
- Ah ouais ? Tu vas m'dire que j't'ai pas frappé ?
- C'était sous le coup de la colère.
- Ouais… La colère… C'est tout ce qu'il me reste après… après…
- Après quoi ? Pourquoi serait-ce la seule ? On ne peut pas être empli seulement de haine. Si tu m'expliques, je pourrai peut être t'aider…
- Personne peut m'aider. Kensei a essayé, j'ai fait que le foutre dans la merde. C'est dans mon sang, c'est la pourriture dégueulasse que m'ont laissée mon père et mon oncle. J'suis un fauve parce que j'suis né dans une jungle, et pour survivre fallait que j'bouffe tout l'monde. Mais depuis qu'on m'a mis dans une cage, j'lacère les gardiens du zoo, parce que j'sais rien faire d'autre… »
Le silence de Jûshirô était la meilleure des réponses. Alors Grimmjow se dit que, pour une fois, il pouvait bien raconter.
« J'suis né dans un appart' pourri d'la banlieue d'Paris. J'gueulais tellement fort qu'les voisins ont appelé les flics… »
