Encore un long chapitre pour mes lecteurs préférés! Je suis TRES TRES TRES heureuse que le chapitre précédent ait fait l'unanimité, et dans le bon sens! J'espérais qu'il vous plairait, mais pas à ce point! Voici donc la suite, avec des dialogues, cette fois! C'est la suite des retrouvailles, il s'agit don encore d'un chapitre centré uniquement sur le Tiva.
Je viens de m'apercevoir que ma fic était la première sur NCIS, or rating M, à dépasser les 100 000 mots, je ne m'attendais pas à ça quand j'ai commencé! Merci d'être toujours là pour lire et reviewer!
Au risque de me répéter, bonne lecture et vive les reviews! =)
Chapitre 44 : Je suis là.
Ils restèrent de longues secondes ainsi enlacés dans l'entrée de l'appartement de Ziva, à ne penser à rien, à simplement profiter de la présence de l'autre dans ses bras. Plus rien n'avait d'importance. Seule cette étreinte qui calmait toutes ces années de distance ne compta, jusqu'à ce que Tony ne sente les larmes de Ziva couler dans son cou. Il mit plusieurs secondes avant de comprendre ce qui se passait, puis, étonné, il se détacha légèrement de la jeune femme et lui releva le menton d'une main pour voir son visage trempé de larmes. Un drôle de mélange de sentiments s'y trouvait, et tout cela lui rappela soudainement la réalité de la situation.
Pourquoi pleurait-elle? Tout un tas de réponses possibles lui venaient à l'esprit, mais il ne pouvait n'en choisir qu'une.
Cette étreinte avec la jeune femme l'avait comme reconnecté à la Terre, et toute sa soirée lui revint en mémoire, ainsi que tout ce qu'avait pu lui dire Timothy. Il chercha le regard de Ziva des yeux et la questionna silencieusement.
Les lèvres tremblantes, elle mit plusieurs secondes avant de lui répondre, cherchant ses mots, se demandant si c'était le bon moment pour le dire, et réellement la première chose à lui dire, car aucun mot n'avait encore était échangé entre eux. Elle doutait de tout. Elle ne savait pas quelle réaction adopter.
- Tu m'as tellement manqué, avoua-t-elle finalement d'une voix rauque en séchant ses larmes d'un geste précipité de la main, et en s'écartant légèrement de Tony. Elle baissa son visage pour cacher ses larmes, puis finalement se retourna et tenta de reprendre une respirations normale. Elle sentait ses yeux qui lui brûlaient le dos, mais elle se sentait incapable de lui faire face à cet instant.
- Je… Je ne m'attendais pas à te voir ce soir, continua-t-elle en avalant péniblement sa salive. Le regarder et supporter son regard sur elle lui était soudainement devenu insupportable.
Tony fit un pas vers elle, hésitant. Il continuait de la regarder. Il ne pouvait détacher ses yeux de son corps. Il voyait ses épaules qui se soulevaient en rythme au fur et à mesure qu'elle respirait. Il l'avait rarement vu si émotive.
Lui aussi un peu sous le choc, il décida de lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Le silence prit place.
Ziva tentait de se calmer. Elle apercevait la nuit par la fenêtre qui lui faisait face. Elle essayait de ne penser à rien, de se concentrer sur cette nuit noire et les quelques lumières qui y brillaient. Mais il n'y avait rien à faire, chaque fois ses larmes revenaient. Elle se haïssait de se montrer à ce point émotive. Elle n'avait pourtant pas était élevée ainsi. Combien de fois son père lui avait-il répété que pleurer c'était être faible, et qu'il n'y avait pas de faible dans sa famille?
Et qu'allait penser Tony à la voir rester ainsi dos à lui? Mais elle n'avait pas la force de se retourner et de lui montrer ses larmes, lui avouer ces faiblesses. Elle voulait se montrer forte. Elle refusait qu'il entrevoit combien la distance qui les avait séparés ces dernières années lui avait été pénible Elle ne voulait pas lui avouer si facilement qu'elle l'aimait. Car elle ne savait rien de lui. Elle ne savait rien de ce qu'il avait fait ces derniers temps, et de ce qu'il pouvait penser d'elle, des sentiments qu'il avait à son égard. Elle ne voulait pas passer pour une imbécile fragile. Cette fille n'était pas la Ziva David qu'il connaissait.
Elle se retourna finalement, sortant Tony de sa torpeur. Elle avait séché ses yeux qui continuaient pourtant de briller.
- Tu veux un café? Un thé? Une bière? Ou un verre d'eau? Je n'ai que ça pour le moment, dit elle d'une voix la plus posée possible en se dirigeant vers la cuisine, évitant de croiser le regard de l'italien.
- Une bière, je veux bien, répondit Tony surpris. Il détailla alors les lieux qui l'entouraient. Il comprit rapidement que la jeune femme était encore en plein déménagement. Tout un tas de cartons n'étaient toujours pas déballés et la pièce était en désordre. Seul un petit coin salon avait été aménagé. Il distinguait un couloir à sa gauche grâce à la faible et unique lumière qui était allumée, au dessus d'un piano. Il s'en approcha doucement. Il remarqua le mélange de partitions qui y régnait et son sourire s'agrandit lorsqu'il songea que Ziva devait se trouver au piano lorsqu'il avait toqué. Il avait toujours adoré la regarder jouer. Il n'avait que des bons souvenirs des moments passés autour d'un piano en sa compagnie.
Ziva… Rien qu'à la pensée de ce nom tout son corps s'apaisait. Il était dans l'appartement de Ziva. Cette simple idée lui donnait envie de hurler de joie. Il se sentait capable de déplacer des montagnes à cet instant. Revoir la jeune femme l'avait complètement revigorer. Il se sentait revivre. C'était comme si, enfin, il avait pu trouver une gare, et remonter dans le train de la vie, pensa-t-il. Il reprenait conscience de tout ce qui l'entourait, de combien la vie pouvait être heureuse.
Ziva revint à cet instant de la petite cuisine, deux bières à la main. Elle s'approcha lentement de Tony et lui tendit sa boisson. Il la prit en détaillant son visage, et pendant quelques secondes ils restèrent là, à échanger un regard, jusqu'à ce que Ziva reprenne la parole.
- Ne fais pas attention au bazar, je suis en train de tout trier, expliqua-t-elle en balayant l'espace d'un timide geste de la main.
- Je vois ça. Tu étais en train de jouer? Demanda-t-il en désignant l'instrument du menton.
- Oui.
Il répondit d'un hochement de tête.
- Assied-toi, reprit-elle en montrant le canapé.
Il y prit place, et Ziva vint s'asseoir à sa gauche, laissant une légère distance entre eux. Aucun d'eux ne savait quoi dire. Aucun d'eux ne savait quel comportement adopter. Le silence se faisait de plus en plus lourd, et Ziva se sentait de moins en moins à l'aise.
- Qui t'a dit que j'étais en ville? Osa enfin demander Ziva, trop oppressée par ce silence sans fin.
- Tim, répondit simplement Dinozzo.
- J'aurai dû m'en douter, dit Ziva après un court un instant.
Elle buvait sa bière à petites gorgées, uniquement pour se donner une contenance, elle n'avait aucune envie de boire une bière à cet instant.
- Tu mettais trop de temps à venir me parler, à son goût. Expliqua Tony en osant jeter un regard à la jeune femme assise à ses côtés.
Il avait tant de questions à lui poser. Tant de points restaient obscurs dans son esprit. Bien sûr, Tim lui avait tout expliqué, mais c'était sa version qu'il désirait entendre. Et Tim était resté vague sur bien trop de points.
- Je ne savais pas comment venir te dire ça. Reprit Ziva, gardant son regard posé sur le poste de télévision éteint qui lui faisait face, bien qu'elle ait senti le regard de Dinozzo se poser une seconde de trop sur elle. Que pouvait-il bien penser?
- Ça? C'est comme ça que tu appelles ce mensonge? Déclara Tony.
- Ce n'était pas un mensonge, répondit Ziva, quasiment aussitôt.
Tony hocha de la tête dans le vide.
- C'était quoi alors? Un jeu? Reprit-il au bout de plusieurs longues secondes.
Ziva tourna son visage vers celui de l'italien. Les traits durs, le visage fermé et le regard froid, elle planta ses yeux dans les siens. Elle le dévisagea ainsi plusieurs secondes avant de répondre.
- Je ne sais pas ce que McGee t'a dit. Mais si tu penses que tout ça n'a été qu'un jeu pour moi, tu peux dès maintenant quitter mon appartement.
Tony la regarda. Il l'avait blessée. Il s'en voulait. Mais comment lui faire comprendre la douleur qu'avait généré son départ sans se montrer méchant? Il ne voulait en aucun cas la brusquer, mais il voulait des réponses. Et par-dessus tout, il voulait retrouver la Ziva qu'il avait quitté.
- Très bien, ce n'était pas un jeu, fut tout ce qu'il trouva à répondre, regardant toujours Ziva.
Ils restèrent quelques secondes encore les yeux dans les yeux, puis de nouveau Ziva reporta son regard sur la télévision éteinte, tout en buvant une autre gorgée de sa bière. Tony, lui, n'avait toujours pas touché à la sienne.
Il voyait bien que Ziva ne ferait pas le premier pas. Par peur? Pour se protéger? Parce qu'elle ne le voulait pas, qu'elle se fichait qu'il sache la vérité? Tony voyait plusieurs explications à ce silence et à cette distance qu'elle laissait entre eux.
- Et comment je dois t'appeler? Questionna Dinozzo. Ava? Ava Zivdid? Où je suis autorisé à dire Ziva?
- Ava Zivdid n'existe plus, dit Ziva. J'ai refait tous mes papiers au nom de Ziva David. Je peux de nouveau être moi.
- Bien. D'accord, répondit Tony, en avalant une première gorgée de sa bière.
Le silence reprit sa place de maître, et de nouveau, chacun se perdit dans ses pensées, restant toutefois à surveiller les moindres gestes de celui qui se trouvait à l'autre bout du canapé qu'ils occupaient. Ziva avait peur de se dévoiler, elle sentait bien la rancœur dont il faisait preuve à son égard, mais aussi les efforts qu'il avait fait ce soir en se présentant à sa porte. Il avait réussi là où elle avait échoué. Il l'avait prise de vitesse.
Ziva voulait à la fois fuir de ce canapé, courir, loin, et se jeter dans ses bras, respirer son odeur, comme il y a quelques minutes. Comme lorsque, bien trop heureux de se retrouver, ils s'étaient d'abord laissés aller dans une étreinte. Mais maintenant, tous ces non dits et ces mensonges avaient repris leur place entre eux, et les séparaient.
- Je suis désolée, pour tout. Avoua enfin Ziva, alors que Tony commençait à se demander si il n'allait pas partir.
- Désolée? Répéta Tony en écho, voyant bien le courage dont faisait preuve la jeune femme à cet instant.
- Désolée de quoi? D'avoir menti à tout le monde, de t'être faite passer pour morte, d'avoir tout plaqué et de ne plus avoir dit un mot? Désolée d'avoir toqué à ma porte un soir alors que tu savais que tu ne serais plus là le lendemain?
Ziva baissa les yeux et regarda ses genoux. Tony se demanda pourquoi il avait dit tout ça. Cela ne ressemblait tellement pas à tout ce qu'il avait envie de lui dire.
- Je comprends que tu m'en veuilles, répondit-elle.
- Tu nous as tous laissé tomber Ziva. Tu n'as pas eu confiance en nous, tu as oublié qu'on était une famille, une fois de plus. Tu as joué avec nos sentiments.
- Je suis désolée. Répéta Ziva, ne sachant pas où se mettre. Voulant simplement qu'il comprenne, mais n'ayant pas la force de s'expliquer davantage.
- Désolée… Tu n'as que ce mot à la bouche…
Ziva ferma les yeux un instant. Elle aurait voulu disparaître, mourir même plutôt que de rester coincée là à essuyer les reproches de Dinozzo.
- Mais quand comprendras-tu Ziva? On s'est fait un sang d'encre. On t'a cherchée partout, on a eu la peur de notre vie. On a repensé à la Somalie, on s'est demandé si une fois de plus on allait se retrouver engagé dans la même galère. Et puis, un jour, par hasard, on nous a dit que tu étais décédée.
- Je ne voulais pas ça, le coupa Ziva, son regard toujours perdu entre les fibres de son pantalon. Tony quant à lui fixait son visage de profil. Il aurait tant aimé qu'elle le regarde, qu'elle tourne son visage vers le sien et qu'elle pose ses yeux sur lui.
- Je sais que tu ne voulais pas ça Ziva. Je ne t'en veux pas. Que voudrais-tu que je te reproche? D'avoir tout fait pour sauver ta peau? D'avoir un père inhumain? D'avoir une fois de plus tenter de survivre? Je ne vais tout de même pas t'en vouloir pour ça Ziva!
Tony la regarda, il ne savait pas par quoi continuer. Il avait tant de choses à dire. Ziva releva la tête et osa enfin le regarder, intriguée par son soudain silence après tout ce qu'il venait de lui dire.
- Seulement hier encore j'étais persuadé de ta mort Ziva. Je ne savais pas ce qui s'est réellement passé ces dernières années pour toi. J'ai juste besoin d'un peu de temps Ziva. Le temps de me faire à l'idée, de cesser de chercher un responsable à tout ça, d'encaisser le coup. De tirer un trait sur ces quatre dernières années qui n'ont pas été faciles pour moi non plus. Tu es là Ziva. Tu es là. C'est le principal. Je m'en fiche du reste.
- Vraiment? Tu…
- Hier encore j'étais prêt à tout donner pour entendre une fois de plus le son de ta voix, croiser tes yeux, toucher ta peau. Tout ça me semblait bien trop injuste, et irréel. Et aujourd'hui tu es là, et tout ce dont j'ai pu rêver ces quatre dernières années se réalise. Je ne vais tout de même pas tourner le dos à ce revirement de situation que j'ai pu tant désirer! J'ai juste encore un peu de mal à y croire. Si tu savais à quel point tu m'as manqué toi aussi Ziva, expliqua Tony en la fixant.
Elle ne parvenait à présent plus à détacher ses yeux des siens. Elle était tellement surprise de l'entendre dire ça. Elle avait elle aussi encore du mal à y croire.
- Je suis quand même désolée de t'avoir fait du mal ces dernières années Tony.
- Je sais Ziva. Je sais que ce n'est pas facile. Mais je suis là. Et toi aussi. C'est tout ce qui compte pour le moment. Le reste, on verra plus tard. On a tout notre temps pour mettre les choses à plat et repartir de bon pied. On a tout notre temps pour se raconter ces quatre dernières années et redevenir les bons collègues qu'on était.
Ziva l'écouta attentivement tout en le regardant, puis laissa apparaître un léger sourire sur ses lèvres, au plus grand plaisir de Tony.
Elle ne savait pas vraiment quoi lui répondre. Le fait qu'il ne lui en veuille pas était déjà un exploit pour elle. Elle l'avait retrouvé, et tout le reste lui paraissait bien futile à côté de ce simple fait. Et même si elle avait envie de créer bien plus qu'une relation de collègues avec lui, comme il venait de le dire, ils avaient tout leur temps à présent.
- Tu as faim? Se décida enfin à dire Ziva. Parce que moi oui. J'ai mangé pourtant, mais… Tout ça m'a ouvert l'appétit, dit-elle, pour repartir sur un sujet plus léger.
- Avec plaisir! Répondit Tony dans un sourire. Que dirais-tu de bonnes pâtes à la bolognaise comme autrefois, dit-il d'un ton plus assuré.
- J'ai hâte de goûter ça, dit Ziva en se levant. Je crois que j'ai ce qu'il faut, ajouta-t-elle en prenant la direction de sa cuisine.
- Il y a intérêt! Et j'espère que tu n'as pas oublié ma technique imparable pour savoir si des pâtes sont cuites Zee-vah.
- Pas du tout, répondit Ziva en sortant une casserole d'un placard, un grand sourire aux lèvres, j'ai pensé à toi chaque fois que j'ai jeté une pâte contre un mur ces quatre dernières années, expliqua-t-elle en songeant à la façon dont il l'avait appelé. Pourquoi avait-il toujours été le seul à ainsi étirer les syllabes de son prénom? Sa façon de le refaire aujourd'hui la rassura encore plus, elle était heureuse de voir qu'il mettait tout en œuvre pour qu'ils reprennent leur relation comme ils s'étaient quittés. Ils reprenaient leurs vieilles habitudes, et elle adorait ça. C'était tellement rassurant.
- Ma mère faisait toujours ça, expliqua Tony en relevant les manches de sa chemise, et mon père passait chaque fois aussitôt un coup d'éponge en râlant.
Tony et Ziva échangèrent un regard complice lorsque celle-ci lui tendit un paquet de spaghettis, et chacun commença à cuisiner, comme il l'avait fait de nombreuses fois il y a plusieurs années, lorsqu'ils se retrouvaient le temps d'une soirée.
Ils se turent plusieurs secondes, puis la discussion reprit, de banalités en banalités. Tout doucement ils se retrouvaient, réapprenant à apprécier la compagnie de l'autre, bien que chacun de leurs gestes soient encore hésitants, que chacun continue d'observer l'autre à la dérobé, et que les contacts physiques soient encore difficiles.
- Tu as vu le dernier James Bond? Demanda Tony en versant le contenu du paquet de pâtes dans l'eau bouillante. L'acteur est excellent, et les scènes de cascades bien plus réalistes que celles du précédent.
- Non, répondit Ziva dans un léger rire, heureuse de constater qu'il n'avait pas changé.
- Il faudra que je vienne avec le DVD alors la prochaine fois, parce que tu ne peux pas ne pas voir ce film, d'autant que la James Bond girl est extraordinaire dit Tony, en songeant à la dernière fois qu'ils avaient regardé un film ensemble. Ses pensées dévièrent alors vers l'écrin à bijou qui se trouvait toujours dans la poche de sa veste et il se dit qu'il fallait qu'il le donne à la jeune femme. Elle serait certainement très heureuse de retrouver son étoile, car apparemment aucune autre n'avait remplacé celle qu'elle lui avait laissé.
- Abby m'avait pourtant dit que tu t'étais calmé depuis mon départ, s'exclama alors Ziva, retrouvant ses vielles habitudes de taquineries avec l'italien. Bien que tout soit encore bien fragile entre eux, elle était heureuse de l'entendre ainsi parler de la prochaine fois qu'ils se verraient.
- Que veux-tu, on ne se refait pas, dit Tony en lui adressant son plus beau sourire.
