Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake

Rating : M

Warnings : langage vulgaire et violence (et accessoirement yaoi)

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…

G x J

Silence de son compagnon. Comme durant tout son monologue, d'ailleurs.

« Jûshirô ?

- Grimmjow… c'est une déclaration ? »

Bordel. Il était pas dans la merde…

« Grimmjow, je… Ecoute…

- Sérieux, laisse tomber, j'raconte que des conneries. J'veux dire, j'comprends qu'ça puisse te choquer que j'sois un mec et que… 'fin… tu vois… J'sais qu't'es japonais, mais moi j'ai jamais été trop regardant sur le sexe pour ce genre de choses… C'est-à-dire que j'me suis jamais posé mais…

- Grimmjow, s'il te plaît, écoute…

- Putain tu dois m'prendre pour un salaud… Pas que j'en sois pas un, juste… Si j'te dis tout ça c'est que j'veux pas coucher… Euh nan c'est pas ça que j'veux dire ! 'Fin si mais… Putain j'y arrive pas !

- Grimmjow, ça suffit ! »

Le jeune homme se tut. Il pouvait avoir de la voix, quand il voulait, Jûshirô…

« Voilà, c'est mieux. Calme-toi, arrête de paniquer pour rien, commença le plus vieux d'une voix douce. Je ne suis pas choqué, tu sais. J'ai beau être japonais, j'ai assez voyagé pour m'ouvrir un minimum. Alors non, le fait que tu sois homosexuel, ou bi, ou ce que tu veux, ne me pose pas de problème. Tu es mon ami, Grimmjow, et je te prends comme tu es. Je suis juste… un peu gêné par ce que tu m'avoues. Je ne suis pas vraiment en position de te… rendre ce que tu m'offres…

- Ouais, en gros t'es en train d'me foutre un râteau, là ? »

Silence. Le ton agressif de Grimmjow avait jeté un froid.

« Ne le prends pas comme ça… reprit Jûshirô. C'est bien plus compliqué que ça…

- Bah non c'est clair. T'es pas gay, ou alors t'es marié, ou bien t'aimes quelqu'un d'autre, ou tout simplement j'te plais pas. Du coup tu peux pas « me rendre ce que je t'offre ». T'sais, faut pas avoir de regrets, tu rates pas grand-chose… »

Son ton était amer, blessé.

« J'savais qu'ça finirait comme ça…

- Ne dis pas ça… S'il te plaît…

- Qu'est c'que tu veux que je dise ? De toute façon faut qu'tu t'éloignes de moi. C'trop dangereux.

- Je n'ai pas envie de m'éloigner de toi…

- T'as pas le choix, mon vieux. J'veux pas qu'il t'arrive un truc. Et puis j'aurais du mal à rester pote avec toi en sachant que tu m'as jeté. Putain de fierté…

- Grimmjow, je ne veux pas perdre ce qu'on partage tous les deux… Je… J'étais en pleine crise dans mon travail, et tu as redonné du sens à ce que je faisais. Je ne peux pas continuer sans toi…

- Bah il faudra bien. J'démissionne.

- Non, s'il te plaît ! Tu… Je ne veux pas que tu partes…

- On s'connaît à peine, Jû… Moi, j'ai craqué, mais toi, pourquoi tu voudrais que je reste ?

- Parce que… parce que… je… »

La question le déstabilisa. Après tout, pourquoi lui était-ce si difficile de perdre Grimmjow ? Pour finir le projet ? Ce n'était qu'un parmi tant d'autres, avortés avant d'avoir vu le jour ou détruits en cours de route. Parce que c'était un ami ? Pourtant il en avait perdu, des amis, sans que ça lui pose tant de problèmes. Shunsui était resté, et le perdre serait une épreuve terrible, mais ils se connaissaient depuis très longtemps. Son amitié avec Grimmjow était beaucoup plus récente, beaucoup moins forte. Et ce n'était pas exactement de l'amitié, si ? Plus une sorte de partenariat.

Rien ne lui venait. En tout cas, rien de plausible. Aphone, incapable de répondre, il suivit des yeux le jeune homme qui sortait du salon.

« Allez, casse-toi… Me fais pas souffrir… J'déteste être faible comme ça… »

A regrets, il obéit. Alors c'était fini. Voilà, c'était la fin. Ses pas étaient difficiles, ils ne voulaient pas le mener hors de l'appartement. Sur le palier, il se retourna vers Grimmjow.

« Tu prends tes décisions bien trop vite. A force, tu vas te bouffer de remords…

- Je m'gère, t'inquiètes.

- Ce n'est pas ce que j'ai vu tout à l'heure…

- Vouloir se cramer la gueule pour protéger les autres, c'est aussi s'gérer.

- Ne te détruis pas, Grimmjow.

- On va pas s'quitter sur un « Prends soin de toi », quand même ? Ca fait vieux téléfilm romantique à la con…

- Prends soin de toi.

- Tu m'emmerdes, Jû.

- Je sais… »

Ils échangèrent un dernier regard, puis la porte à moitié défoncée se referma. Incapable de quitter les lieux, Jûshirô s'assit dans l'escalier et se prit la tête à deux mains.

De l'autre côté de la cloison de bois, Grimmjow se laissa glisser le long du mur, le regard perdu.

G x J

Il était con.

Ouais, c'était bien comme déduction. Con comme un balai. Un abruti de première.

Pourquoi est-ce qu'il avait sorti cette pseudo-déclaration ? Au départ il voulait juste raconter sa vie, avoir quelqu'un avec qui partager un peu de son passé merdique Lâcher prise pour mieux se reprendre en main. Mais c'était sorti tout seul, il n'avait rien pu maîtriser.

Et le pire c'est qu'il le pensait vraiment. Lui, Grimmjow, l'éternel célibataire, toujours à courir les bars pour se dégoter une nouvelle proie, il avait fait une déclaration.

Il ne savait pas encore si c'était vraiment de l'amour. Peut être que c'était juste une très forte amitié, combiné au fait que Jûshirô était plus qu'agréable à regarder. Mais quand il était avec lui, il se sentait bien. Il n'avait plus besoin de garder son masque, de se protéger. Il pouvait être lui-même. Et puis le porte-parole avait un petit côté fragile, mais déterminé à survivre et à se battre qui plaisait au jeune homme. Il avait envie de le protéger, de le voir sourire et rire avec lui, de partager des moments ensemble. De l'avoir pour lui tout seul…

« Bordel, j'raconte n'importe quoi… Qu'est ce que tu m'as fait, Jû ? »

Peut être qu'il n'allait plus jamais le revoir. Peut être que c'était la dernière fois qu'il lui parlait. Et la dernière chose qu'il lui avait dit, c'était « Tu m'emmerdes » ?! Il s'en voulait.

En même temps, il avait sa fierté. Et le râteau monumental qu'il s'était pris ne lui avait pas vraiment fait plaisir. Mais est ce que ça valait la peine de se brouiller avec lui ?

De toute façon, il fallait l'éloigner… Rapport à Aizen, l'Espada, tout ça. Trop dangereux.

Oui, mais se dire qu'il ne reverrait jamais le porte-parole, ça lui foutait un coup… Peut être qu'il pouvait encore le rattraper ? Lui demander des excuses, se faire pardonner ? Et lui rouler la pelle du siècle histoire de lui montrer ce qu'il ratait ?

« T'es qu'un salopard, Grimm… Il te repousse et toi tu penses qu'à l'embrasser… »

Non, c'était trop tard. Il fallait accepter ça. Pour Jûshirô et sa santé. Et pour sa propre fierté.

G x J

Impossible de partir. De laisser derrière lui cette porte dégondée, d'oublier ce qu'il y avait derrière. D'abandonner la partie aussi rapidement, pour quelques mots échangés sèchement. Ce n'était qu'une petite dispute, même pas en fait ! Il lui avait juste dit… ce qu'il disait à chaque fois.

Qu'il ne pouvait pas.

Alors, si tout était comme les autres fois, pourquoi ne lui tournait-il pas le dos définitivement, comme d'habitude ?

Les paroles de Shunsui tournaient dans sa tête. Tapé dans l'œil ? Il n'avait pas une grande expérience amoureuse, mais il savait qu'il n'aimait pas les hommes, non ? En y repensant, la seule personne qui avait vraiment compté dans ce sens-là pour lui, c'était Retsu. Mais combien de fois avait-il apprécié le physique d'un homme, dans la rue ? Combien de fois s'était-il senti troublé ? Plusieurs, sans aucun doute. Chaque fois cependant, il avait repoussé l'idée.

Le souvenir de son ancien amour le hantait. Il ne pouvait qu'aimer une femme, une qui lui ressemblerait, qui tiendrait son souvenir vivant tout en le rendant plus supportable.

Mais à présent il fallait qu'il cesse de se voiler la face. Il était indéniablement attiré par Grimmjow. Physiquement, au moins. Et le jeune homme le fascinait, mentalement.

Bon, ça, c'était dit. Un pas de plus vers sa décision.

Que faire, à présent ? Le jeune homme l'avait repoussé, vexé. Pouvait-il se présenter comme une fleur, susurrer quelques mots et rabibocher leur amitié ? Il en doutait.

Présenter ses excuses ? Pourquoi pas. Peut être les accepterait-il. Mais Grimmjow paraissait déterminé à couper tout lien avec lui. A le « protéger ».

S'il savait… s'il savait tous les dangers qu'il avait encouru dans la peau de Snowdrop, toutes les situations périlleuses dont il s'était sorti in extremis. Il ne savait pas non. C'était bien ça le problème.

Il fallait qu'il sache.

Oui, sa décision était prise. Il ne reculerait pas.

Jûshirô se leva, et ouvrit la porte.

« Grimmjow… »

GxJ

Le bruit des gonds grinçants le fit sursauter. Lui ? Encore là ?

« Jûshirô ? » lâcha-t-il.

Le porte-parole eut un sourire un peu tordu, comme cassé.

« Grimmjow… Je dois te dire une chose… »

Mais le jeune homme n'écouta pas la suite. Il ne croyait pas au destin, mais là, il ne fallait pas qu'il loupe sa chance. Il n'en aurait pas d'autre.

« Prends tes couilles à deux mains, bordel ! » se dit-il.

Il sauta sur ses pieds, prit le visage du plus vieux dans ses mains, et l'embrassa.

GxJ

Aha ! J'vous ai manqué, hein ? :D

Hé non, je n'abandonne pas la fic ! Hors de question ! Je suis rentrée en prépa, ça va être chaud, mais je vous promets de boucler cette fiction coûte que coûte !

J'avais peu de motivation au départ, mais j'ai relu toutes vos reviews, et elle m'ont vraiment fait chaud au coeur.

Sinon, qu'est ce que vous pensez de cette fin ? J'vous ai eu(e)s, hein !

Allez, à bientôt pour le prochain chapitre !