ça y est, vous pouvez être heureux, la suite est là! Enfin! Je m'excuse de ne poster qu'un chapitre par semaine, mais je n'ai en ce moment vraiment pas le temps pour plus.
Dans ce chapitre, toujours Tony et Ziva, chez l'israélienne. La soirée se poursuit. Longue soirée pour nos deux protagonistes!
J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant que les deux précédents. Et rassurez-vous, même si cette fin de chapitre ne le prévoit pas forcément, tout va bien se finir pour tout le monde!
Caillou64, Gwenetsi, Abva, Skelette, Chloke, Tonyziva12, Chou05, Ju'liette92, Lady A, Newton 78, merci à tous pour vos si gentils messages!
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 45 : Le temps d'un dîner.
Ziva reposa sa petite cuillère sur le coin de son assiette. Elle venait enfin de terminer son dessert, Tony avait fini quelques minutes auparavant, et il était resté tout ce temps à la fixer, ce qui commençait à fortement gêner la jeune femme. Il l'avait laissé finir en silence, la regardant simplement.
Quelques mots avaient été échangés pendant ce dîner improvisé au milieu du salon de la jeune femme. Ils avaient continué sur leur lancé, enchaînant des banalités, évitant les sujets qui fâchent. Ils n'avaient pas abordé le NCIS, ni la façon dont-ils avaient occupé leur vie ces quatre dernières années. Ils avaient laissé les minutes passer doucement.
Plusieurs fois le silence avait pris place entre eux deux, et chaque fois reprendre la conversation n'avait pas été simple. Tony s'était plusieurs fois osé à quelques blagues, cherchant à faire apparaître sur le visage de Ziva ce sourire qu'il aimait tant. Il sentait ses traits tendus, crispés. Il avait tenté de la faire rire, de la détendre. Il avait cherché à la rendre heureuse, à voir une illumination de joie passer sur le visage de son amie. Son amie, oui, il pouvait l'appeler ainsi. Mais jusque là, il n'avait pas réussi à la faire rire sans aucune retenue.
Ziva posa sa petite cuillère et releva son visage en direction de l'italien. Elle posa son regard sur celui-ci, et étira ses lèvres dans un léger sourire, en le voyant ainsi l'observer fortement.
- As quoi penses-tu? Dit-elle en rompant son silence.
- A toi, répondit-il simplement.
Ziva baissa furtivement les yeux. Que pouvait-elle bien dire après ça? Elle cherchait désespérément. Elle voulait dire quelque chose, elle ne voulait pas que de nouveau un silence pesant s'installe. Elle ne voulait pas avoir à de nouveau réengager la conversation. Mais pour ça, il fallait quelle trouve quelque chose à répondre.
Ziva fit le choix de partir sur un sujet bien différent. Un sujet qu'elle n'avait pas encore traité avec l'italien.
- On m'a dit que, comme je le pensais, une autre femme avait pris ma place dans l'équipe.
- En effet, répondit Tony, surpris de la voir enfin aborder le sujet du NCIS.
- Hélène? C'est ça? Questionna Ziva en buvant un verre d'eau.
- Oui. Elle est sympa. Tu auras sûrement l'occasion de la rencontrer.
- Je pense oui. Il faudra dans tous les cas que je m'explique avec elle. Et que je m'excuse d'être partie et de l'avoir obligé à supporter tes âneries pendant quatre ans.
- Je ne pense pas qu'elle ait accepté ce poste par obligation, répondit Tony en souriant. Et puis, pour les âneries, tu me connais, dit-il en se redressant. C'est-ce qui fait mon charme!
- J'avais pourtant cru comprendre que de ce côté là tu t'étais calmé, dit Ziva en regardant les yeux de l'italien.
- Un peu, oui, répondit Tony plus sérieux.
- Un peu beaucoup, ajouta Ziva en le regardant toujours, bien que lui ait baissé les yeux.
- Tu n'étais plus là pour en rire, alors à quoi ça aurait servi que je les fasse? S'expliqua Dinozzo quelques minutes plus tard.
- Tu faisais déjà le clown avant de me connaître, reprit Ziva en se levant et en se saisissant de leurs assiettes.
- Ce n'est pas faux, dit Tony en la regardant prendre la direction de la cuisine. Elle revint à peine quelques secondes plus tard.
- Parle moi d'Hélène, dit-elle en s'asseyant de nouveau face à lui.
- Que veux-tu que je te dise? C'est une collègue de boulot. Répondit Tony en s'étonnant de la question que venait de lui poser la jeune femme.
- Dis-moi quel est son caractère, à quoi elle ressemble physiquement, si Gibbs l'apprécie, ce qu'on pense d'elle au NCIS, quel type de relation tu entretiens avec elle… Je ne sais pas. Raconte moi. S'expliqua Ziva.
Dinozzo soupira et se resservit un verre de vin.
- Elle est blonde et un peu plus grande que toi. Elle porte souvent des bijoux imposants, et des vêtements assez féminins. Physiquement, c'est plutôt ton opposé. Elle est tête en l'air, et incapable de se concentrer plus d'une heure. Elle a toujours un pic à te lancer. Elle ressemble un peu à celui que j'étais quand on s'est rencontré toi et moi, dit Tony.
- Je vois, répondit Ziva.
- Elle s'entend bien avec tout le monde. Elle ferait craquer n'importe quel homme. Son atout c'est d'ailleurs les interrogatoires. Gibbs l'a engagé pour ça. C'est la reine en la matière. Elle aime légèrement dévisser la chaise de Tim pour que celle-ci s'écroule dès qu'il s'assoit dessus. C'est très drôle, tu devrais voir ça un jour. Mais elle n'a jamais pensé à le coller à son clavier.
- Tu ne lui as jamais soufflé l'idée? Demanda Ziva dans un sourire.
- Non. Ça l'aurait étonné de moi. Elle ne me connaît pas sous cet angle. J'ai beaucoup changé ces dernières années, ajouta Tony après une légère hésitation, qui n'échappa pas à la jeune femme.
- Quelle image a-t-elle de toi dans ce cas? Le relança Ziva, qui ne désirait pas que leur conversation s'arrête maintenant, alors que pour une fois elle était bien lancée sur un sujet, et que peu à peu les révélations se faisaient.
- Je crois qu'elle me voit plus comme un grand frère protecteur, toujours là si elle a besoin.
- Elle sait que tu n'as pas toujours été comme ça? Que c'est mon départ qui t'a…
Ziva cherchait se mots, elle ne savait pas du tout comment continuer. Il ne lui avait pas dit, il ne lui avait encore rien dit de ce qu'il avait vraiment ressenti à son départ. Mais elle avait bien compris que c'était cela qui l'avait chamboulé. Qui avait modifié sa façon de voir les choses, d'appréhender la vie. Sa façon d'être. Que c'était son départ qui l'avait à ce point atteint et fait se remettre en question. Comment dire ça en quelques mots, sans pour autant rentrer pour l'instant dans une discussion trop sérieuse? Elle ne savait pas.
- Oui elle sait, termina pour elle Tony.
Il n'avait pu résister à l'envie de poursuivre pour elle. À la fois car il n'aimait pas la voir ainsi dans l'embarras, mais aussi car lui non plus n'avait pas encore envie de traiter ce sujet.
- Elle a mis du temps à le découvrir, mais elle a fini par l'apprendre. Elle a eu du mal à y croire, termina Tony.
- Et tous les deux, vous avez toujours été de simples collègues? Demanda Ziva, sans trop savoir pourquoi. Peut-être un peu par jalousie. Par peur que cette Hélène n'ait pris sa place.
- Oui, répondit Dinozzo. Enfin, non, se reprit-il en s'apercevant qu'il avait répondu un peu trop rapidement à cette question qu'il aurait préféré que Ziva ne pose pas.
- Oui, non? Il faudrait peut-être trancher.
- Disons qu'on a un peu dépassé les limites un soir, mais que dès le lendemain tout a été oublié.
- Ce n'est pas très clair comme explication, reprit Ziva, un peu plus méchamment qu'elle ne l'aurait voulu.
- Quels intérêts as-tu à vouloir en savoir plus? L'interrogea Dinozzo en la regardant.
- Je ne sais pas. J'essaie de savoir ce qui s'est produit en mon absence. Rattraper quatre années n'est pas simple. Et je me demande si coucher avec tes collègues et une habitude pour toi, dit Ziva froidement.
Tony planta ses yeux dans ceux de Ziva.
- Une habitude? Je n'apprécie pas vraiment ce genre de remarque, dit-il blessé.
- Pourquoi? Reprit Ziva le fixant elle aussi.
- Je me demande si tu me connais vraiment pour oser penser ça de moi.
- Penser ça de toi? Dois-je te rappeler tous ces innombrables matins où tu es arrivé en retard au NCIS en ne te souvenant déjà plus du nom de la fille avec laquelle tu avais passé la nuit? Reprit-elle dédaigneuse.
- Tout ça c'est comme dans une autre vie Ziva. C'est loin. Ce n'est plus moi, tenta de s'expliquer Tony, qui n'avait pas envie de se froisser avec Ziva ce soir.
- As-tu couché avec Hélène?
- Je n'ai pas envie de répondre à cette question, répondit-il triste de la voir ainsi insister.
- As-tu ajouté cette fille à ton tableau de chasse des collègues? Reprit Ziva en ayant conscience de devenir mauvaise. Cependant elle ne pouvait s'en empêcher. La possibilité qu'elle n'ait été elle aussi qu'une fille d'un soir l'avait assailli de plein fouet lorsqu'il avait sous-entendu ce qui avait pu se passer avec Hélène, et elle avait pris peur. Elle s'était braquée.
- Tu deviens méchante Ziva David, tenta Tony pour repousser un peu plus ce moment où il avouerait, mais aussi pour lui faire comprendre qu'il n'appréciait vraiment pas le tour que prenait leur conversation.
- Ma question est pourtant simple. Un oui ou un non suffirait pour que je me fasse vraiment une idée de qui tu es. As-tu couché avec Hélène? S'enquit une fois de plus Ziva.
- Oui, osa enfin répondre Tony, sachant que cela n'arrangerait en rien la situation.
- Bien. Je vois, répondit Ziva.
- Non tu ne vois pas Ziva, répondit Tony énervé.
- Si, au contraire, je vois très bien, reprit Ziva en se levant et en débarrassant les derniers restes de leur dîner.
Tony la regarda partir d'un pas pressé vers la cuisine. Il se leva à son tour et la rattrapa alors qu'elle posait tout juste la vaisselle dans l'évier. Il lui attrapa le bras et la força à se retourner pour lui faire face.
- Si je dis que tu ne comprends pas, c'est que tu ne comprends pas Ziva.
- Comment peux-tu te permettre de dire ainsi savoir ce que je pense.
- Je le vois dans tes yeux Ziva. Tu n'as jamais pu me mentir.
- Lâche moi Tony. Tout de suite, dit-elle en cherchant à se dégager de son emprise.
- Non. Je ne te lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas écouté finir.
- Lâche moi, reprit-elle en haussant le ton.
- Oui j'ai couché avec Hélène. Une fois, un soir. Ça n'était pas du tout prévu et on était complètement ivre Ziva. Pour la première fois ce soir-là elle était venue chez moi et je lui avais parlé de toi. Cette nuit ne signifie rien pour elle comme pour moi. On n'y a jamais attaché aucune importance. Cette nuit n'a jamais rien signifié pour nous. Tu m'entends Ziva?
- Très bien Tony, répondit elle froidement en le regardant dans les yeux. Il la tenait toujours fermement par le bras, ce qui les rapprochait considérablement.
- Et ce n'est pas parce que coucher avec Hélène était une erreur que passer une nuit avec toi l'était aussi. Bien au contraire. Il s'agit là de deux situations, deux soirées, qui n'ont strictement rien à voir, continua Tony en pensant que quitte à dire les choses, autant les dire jusqu'au bout. Avec Hélène c'était du sexe. Avec toi c'était de l'amour. Maintenant si tu ne comprends pas ça, je ne peux rien faire pour toi, continua Tony, voyant qu'elle ne quittait pas son air hautain. Il la lâcha et quitta la cuisine d'un pas décidé.
Il ne pouvait rien faire si elle ne voulait pas comprendre cela.
Ziva resta adossée au plan de travail, incapable de réagir. Elle s'était braquée, l'avait énervé, et l'avait poussé à avouer ce qu'il n'était pas prêt à lui dire ce soir. Elle avait brûlé les étapes. Elle l'avait blessé et déçu, ça ne faisait aucun doute. Elle se sentait incapable de réagir, incapable de rattraper cette situation qui avait dégénéré. Ils savaient tous les deux qu'ils avaient besoin de temps pour recréer ce lien entre eux qui s'était détruit. Et pourtant elle ne leur en avait pas laissé le temps.
Elle vit le visage de Tony réapparaître dans l'encadrement de la porte de la cuisine, mais elle se sentit incapable de réagir une fois de plus, incapable d'affronter le chantier qu'elle avait créé. Incapable de montrer qu'elle regrettait et qu'elle savait être allée trop loin.
Elle baissa la tête et admira le carrelage à ses pieds, fuyant le regard de Tony, le visage le plus neutre possible, bien qu'elle se sente abattue. Il avait des sentiments pour elle et elle avait tout gâché.
Diniozzo la regarda fuir son regard et se sentit encore plus vexé. Ils n'étaient définitivement pas sur la même longueur d'onde. Il avait pourtant cru cela possible lorsque, plus tôt dans la soirée, elle s'était jetée dans ses bras. Lorsque la bonne humeur avait régné lors du repas qu'ils avaient partagé. Lorsqu'ils avaient laissé le quotidien se réinstaller entre eux. Mais tout avait dérapé.
Il resta plusieurs secondes à attendre une réaction de sa part, mais rien ne vint. Ils restaient là face à face, sans qu'elle ne lève les yeux. Sans qu'elle n'ose affronter ses erreurs. Il se décida donc à faire demi tour et à rentrer chez lui, totalement désemparé face à la situation. Vue l'heure tardive, il n'avait plus qu'à aller se coucher.
Ziva le vit par la suite quitter son champ de vision, puis quelques courtes secondes plus tard elle entendit la porte de son appartement claquer. Il était parti. Elle se laissa glisser sur le sol de sa cuisine et une larme coula sur sa joue. Pourquoi tout avait toujours été si compliqué entre eux? Pourquoi ne pouvaient-ils pas s'aimer librement? Qu'est-ce qui les en empêchait? Pourquoi s'était-elle entêtée à lui poser cette question? Pourquoi est-ce qu'ils ne parvenaient jamais à s'avouer ce qu'ils pensaient vraiment?
Ziva aurait aimé pouvoir remonter le temps et agir différemment. Mais elle devait se faire à l'idée qu'une fois de plus elle se retrouvait seule, recroquevillée sur le carrelage de sa cuisine, à pleurer un homme qu'elle ne pourrait peut-être jamais aimer. Simplement parce qu'on ne lui avait jamais réellement appris à aimer.
Elle se maudit de son comportement, se demandant ce qu'il pouvait bien penser à présent. Elle avait tout gâché. Il n'était pas prêt de retrouver la relation qu'ils avaient lorsqu'ils s'étaient quittés.
