Titre : Can I take a photo ?
Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake
Rating : M
Warnings : langage vulgaire, violence et yaoi
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama
Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…
Note : Coucou ! Je sais pas trop quoi vous dire après cette si longue absence… Juste… Je suis de retour ! Et j'ai quelques chapitres sous la main… Je vous le répète, je mènerai ce bateau jusqu'à la fin ! Laissez-moi juste le temps…
G x J
La rue Broca était vide, à l'exception d'un petit chat gris qui cherchait au hasard quelque chose à manger. Jûshirô fit quelques pas vers lui, mais l'animal détala sans demander son reste. Le porte-parole se releva et détailla du regard les façades pastel. Cette rue lui plaisait. Avec son petit air caché et sa tranquillité, elle attendait qu'un œil curieux vienne y chercher une sorcière, ou une petite épicerie qui ne s'y trouvaient pourtant pas. Peut être un géant aux chaussettes rouges, alors…
Grimmjow et lui s'étaient donné rendez vous après cinq jours de séparation. Il avait beaucoup, beaucoup réfléchi. Et il savait ce qu'il voulait. Alors ils allaient parler. Sérieusement. Mais pas tout de suite. Là, il voulait prendre des photos. Faire des images, créer, capturer quelque chose. Se servir de ses mains, de sa tête, pour penser plutôt aux sentiments des autres qu'aux siens. Et puis l'expo s'organisait rapidement, il fallait qu'ils mettent le turbo sur le projet. Il avait déjà son idée pour la présentation visuelle des clichés.
« Jû ! »
Il sourit au jeune photographe qui descendait l'escalier. Il jeta un coup d'œil à sa montre :
« Toujours à l'heure ! » lança-t-il ironiquement.
Grimmjow haussa les épaules et ne répondit pas. Il était vraiment content d'être là, même s'il ne voulait pas l'avouer. Jûshirô et ses manières douces lui avaient manqué. Surtout que les cinq derniers jours n'avaient pas été évidents…
« Tu vas bien ? demanda le plus vieux.
- Ca peut aller. Et toi ?
- J'ai passé cinq jours très intéressants.
- Tu veux toujours pas m'dire ?
- Toujours pas !
- Bon… »
Le visage décidé de Grimmjow disait qu'il n'était pas près de lâcher l'affaire. Mais il mit de côté sa curiosité à propos de son compagnon, et s'intéressa plutôt au programme de leur journée.
« On va où ? Une maison abandonnée ? Un repaire de SDF ?
- Mmmmh, on va rendre visite à un vieil ami à moi…
- La vache, t'as des amis partout, toi ! »
Jûshirô lâcha un sourire énigmatique.
« En quelque sorte, oui… Tu connais la rue Mouffetard ?
- De nom, ouais. On va au marché ?
- Oui ! »
Ils se mirent en route, laissant derrière eux la petite rue tranquille et son épicerie imaginaire.
G x J
Le marché de la rue Mouffetard était comme un tourbillon de couleurs et de bruits, enchevêtrés les uns aux autres dans un carnaval joyeux et déstructuré. Tout se percutait, explosait en vol, les mots comme les silhouettes, tout ruisselait d'excitation contenue et débordante. L'œil curieux des photographes imaginait ça et là divers clichés, agencements, attrapait la lumière et la figeait sur le négatif de leur rétine. Tout se prêtait extrêmement bien à leur art.
« J'aime bien, ici, murmura Grimmjow.
- C'est une de mes rues préférées de Paris. Je me disais qu'on pourrait faire un peu de street photographie, ça pourrait rendre quelque chose de bien.
- Genre ce poissonnier derrière toutes ces écailles colorées ? Putain, mais comment il fait pour avoir un arc-en-ciel pareil ?!
- Mmh, oui, entre autres.
- Ca m'tente bien !
- Espérons qu'on ne tombera pas sur une sorcière, lança le porte-parole avec un clin d'œil.
- Hein ? Sérieux, entre les fantômes et les sorcières, t'as un problème, toi.
- Grimm… La sorcière de la rue Mouffetard…
- Oui, c'est ce que j'dis, t'as un problème !
- Tu ne connais pas les Contes de la Rue Broca de Pierre Gripari ? »
L'air ahuri du japonais énerva son compagnon :
« Bah non j'connais pas ! J'ai pas été longtemps à l'école, et on peut pas dire qu'on m'ait raconté beaucoup d'histoires quand j'étais gosse. T'fais chier à m'rabaisser tout l'temps avec ça ! C'est comme ton Eluard, au père Lachaise. Non, j'connais pas, merde ! »
Il pressa le pas tandis que Jûshirô essayait de se rattraper :
« Excuse-moi, c'était très maladroit de ma part. Et puis il n'est pas si célèbre que ça, ce bouquin… Grimm, je suis désolé.
- Mh.
- Pour me faire pardonner, je t'offre un café, ok ?
- Mouais… deux cafés ?
- Marché conclu ! »
Le plus vieux laisse échapper un rire tandis qu'ils scellaient leur accord d'une poignée de mains. Grimmjow n'avait peut-être pas eu une enfance agréable, mais il était quand même resté un peu gamin. C'était attendrissant…
G x J
Attablés à une terrasse, malgré les températures fraîches, Jûshirô sirotait un capuccino et Grimmjow un café noir.
« Au fait, c'est qui ton vieil ami ? demanda celui-ci.
- Oh, en fait, je pensais à Papa Saïd, un personnage du roman. Enfin, des contes. Il tient une épicerie rue Broca.
- …
- Quoi ?
- T'es bizarre. Tu l'aimes tant que ça, ce bouquin ?
- Je l'adore. Je le trouve vraiment bien écrit et très imaginatif, j'aurais aimé le connaître quand j'étais petit.
- Au fait, c'était comment ton enfance au Japon ?
- Comme toutes les enfances « normales », je présume. Rien qui ne sorte de l'ordinaire. »
Le jeune homme but une autre gorgée, et fronça les sourcils.
« Tu parles pas beaucoup de toi… La seule fois où tu l'as fait, c'est quand tu m'as raconté les conneries que tu faisais avec Shunsui.
- Il n'y a pas grand-chose à en dire.
- Tu crois vraiment qu'il y a quelque chose à dire de ma vie ? Ca m'a pas empêché de te la raconter.
- Ca n'est pas comparable.
- Bah j'voudrais savoir quand même. »
Le porte-parole soupira.
« Non, vraiment Grimmjow. Je suis né, j'ai grandi, j'ai vécu, maintenant je suis là. C'est tout ce que je veux considérer. Le reste n'a pas d'importance. »
Il posa une pièce en guise de pourboire sur la table, puis se leva, et quitta le café. Grimmjow n'insista pas. Lui aussi avait été maladroit. Maintenant, il valait mieux se taire et se perdre dans les images.
G x J
Ils avaient déambulé toute la journée entre les ruelles, sans s'arrêter. Parlant, riant, partageant, et photographiant tout ce qui appelait leurs regards. Deux regards, différents mais mêlés dans les couleurs mouvantes de la foule. Mais déjà le soir tombait. La froideur de la nuit les chassait vers les lumières orangées et l'animation des grandes rues. La tension entre eux s'était apaisée, dissipée dans leurs pas. Jûshirô lança une question timide :
« Ca te dirait de venir prendre un verre chez moi ? Peut-être que tu pourrais rester manger.
- Euh… Faut pas qu'j'sois rentré trop tard mais ça m'f'rait plaisir.
- Tu as une permission de minuit, toi, maintenant ?
- C'compliqué… On a eu des problèmes, avec Nel. Enfin… On peut plus rester dans notre appart'. Du coup, on crèche ailleurs.
- Ton oncle ?
- Mh.
- Bon, eh bien, va pour un dîner de vieux qui finira à 21h ! J'imagine que tu ne peux pas me dire où tu habites ?
- Tu connaîtrais pas. C'est toi qui cuisines ?
- Bien sûr !
- Ok, ça m'va ! On attend quoi ? »
Le porte-parole haussa les épaules. Peut-être que ça serait l'occasion de parler sérieusement. Peut-être pas. Peu lui importait. Seuls comptaient la nuit et Grimmjow qui accompagnaient ses pas.
