Tadam! Et oui! Pour une fois mes prévisions de postage sont justes. ça vous étonne? Et bien je vous laisse à votre lecture, en compagnie de McGee, qui lui aussi est assez dubitatif...
2 chapitres en une journée... C'est pas beau ça? Oui bon allez, je vous en met un troisième...
Chapitre 49 : Joie de vivre.
Était-ce son sourire? L'air qu'il sifflait? Le fait qu'il ait opté pour un jean et une chemise de marque au lieu des costumes italiens qu'il portait ces dernières années? Son retard? Son air joyeux? Son entrain? Timothy ne parvenait à savoir ce qui le perturbait le plus chez son collègue ce matin. Il venait à peine de pénétrer dans l'open-space, il était seulement en train de poser son sac à dos au pied de son bureau, et pourtant Timothy était déjà totalement dubitatif.
L'homme qui lui faisait face était bien loin de l'homme abattu qu'il avait laissé seul dans son appartement lundi soir après avoir passé plusieurs longues minutes à lui révéler une vérité qui lui avait trop longtemps été dissimulée. Peut-être aurait-il dû prendre de ses nouvelles depuis leur dernière rencontre, lui passer un coup de téléphone en voyant qu'il ne venait pas travailler hier? McGee se demandait si il était bien en 2011 ce matin, où si sans s'en apercevoir il était monté dans une machine à remonter le temps qui l'aurait ramené des années en arrière, alors que son collègue insouciant passait chaque matin les portes du NCIS avec plusieurs dizaines de minutes de retard, un impeccable sourire plaqué aux lèvres, tout en se vantant de sa dernière conquête d'un soir.
Comment une telle métamorphose était-elle possible en seulement deux jours? Sans savoir pourquoi, Timothy avait un mauvais pressentiment. Il craignait pour sa personne. Le Tony qui lui faisait face était celui qui avait toujours une blague de mauvais goût à lui faire subir. Et après tant d'années sans qu'il ne l'ait appelé « le Bleu », où qu'il ne l'ait charrié sur un sujet X ou Y, Timothy craignait tout simplement le pire. Il aurait largement préféré qu'Hélène dévisse sa chaise plutôt que d'ainsi être le seul à faire face à Anthony Dinozzo, le vrai. Celui-ci s'était déjà montré futile et rieur lundi lorsque Hélène était partie, alors Tim se demandait réellement quel sort l'attendait aujourd'hui, alors que Tony avait enfin revu Ziva.
Les choses avaient d'ailleurs dues s'arranger entre elle et lui. Il ne pouvait pas en être autrement. Cette perspective réussissait à légèrement réjouir l'agent spécial, qui restait toutefois à l'affût du moindre des gestes de Dinozzo en sa direction.
- Il me semblait t'avoir demandé d'être à l'heure Dinozzo, gronda Gibbs en pénétrant dans le carré de bureaux, un café à la main.
McGee releva les yeux, remerciant intérieurement Gibbs de sa présence, et vit alors la main de son patron s'abattre sur le crâne de Dinozzo. Gibbs ne manquait pas de pratique. Hélène lui avait permis de ne pas perdre la main durant toutes ces années. Cependant, il y a bien longtemps que ces claques n'avaient pas été destinées à Tony. Et la vision de Tony se plaignant de douleur tout en se massant la tête lui fit comprendre que celui-ci avait pu réellement oublier que ce geste pouvait être douloureux. Cela ne lui fit pas pour autant perdre sa réparti.
- Je sais Boss, mais il y avait des embouteillages sur la 5e…
Gibbs fit demi-tour pour revenir se placer face au bureau de l'agent senior. McGee était étonné de voir Gibbs ainsi rentrer dans le jeu de Tony. Il lui avait fallu peu de temps à lui aussi pour reprendre ses vieilles habitudes envers son agent. On aurait pu croire que les deux s'étaient passés le mot. Tim restait sans voix face à la scène de théâtre qui se déroulait devant lui. Hélène aurait été bien surprise si elle avait été là. Contrairement à lui elle n'était pas habituée à ce genre de scènes.
- La 5e n'est pas sur ton chemin pour venir au NCIS Dinozzo, remarqua Gibbs.
Dinozzo fit une grimace exagérée en direction de Tim, qui le regarda sans réagir.
- Et il n'y a pas d'embouteillages à cette heure, ajouta Gibbs.
- Et bien, c'est que j'ai passé la nuit chez une fille, qui habite dans la zone Est de Washington. Donc j'ai dû passer par la 5e pour venir. Mais je te jure Gibbs, je me suis retrouvé pris dans des embouteillages! S'exclama Dinozzo.
Gibbs fit un pas en sa direction, lui adressant un regard des plus noirs, alors qu'au fond de lui il était plus qu'heureux de voir son agent si énergique. Car même si dans ces instants où il lui tenait tête Dinozzo était insupportable, Gibbs savait que son agent était heureux.
Tony fit semblant de céder à la pression de ce regard insistant.
- Bon d'accord, il n'y avait pas d'embouteillages sur la 5e. Mais tu aurais du voir cette fille Boss… Comment voulais-tu que je me sorte du lit plus tôt alors qu'une fille pareille s'y trouvait aussi? C'est déjà un miracle que je sois là à cette heure Boss, tu devrais t'estimer heureux de m'avoir.
Tony se tourna en direction de McGee avant de poursuivre.
- Tu aurais vu ses seins le Bleu, même toi tu aurais craqué. Je suis certain qu'elle faisait au minimum un 90D. Et ses cheveux, ils étaient d'un blond! On aurait dit une déesse.
Timothy hocha négativement la tête tout en se replongeant dans son travail. Il avait raison de craindre le pire, il en avait la certitude à présent. Dinozzo était de retour.
- Tais-toi Dinozzo, mets toi au travail et arrête de raconter des bêtises. Et tu donneras le bonjour à Ziva de ma part quand tu iras retrouver ta blonde à forte poitrine ce soir.
Dinozzo fit une nouvelle grimace, tout en s'attribuant lui-même une claque sur l'arrière de son crâne.
- Compris Boss, dit-il en s'asseyant à son bureau alors que Tim relevait les yeux en sa direction en entendant ce que leur patron venait de dire. Gibbs quant à lui sourit muettement en avalant une nouvelle gorgée de son café et en balayant l'open-space du regard depuis sa place de chef. Anthony Dinozzo était de retour, et c'était agréable.
Les trois agents travaillaient maintenant depuis plus de deux heures. Midi approchait, et ils n'avaient pour l'instant quasiment pas fait de pause dans les recherches qu'ils menaient. Gibbs et Tim s'étaient vu chargés d'une nouvelle enquête la veille, et Tony les aidait à présent à la boucler. Dinozzo épluchait un relevé téléphonique sur l'écran de son ordinateur lorsque son portable sonna.
- Dinozzo, dit-il d'une voix claire.
- Salut, répondit Ziva heureuse de l'entendre.
Tony jeta un rapide coup d'œil à ses deux collègues qui l'entouraient.
- Salut. Comment ça va aujourd'hui? Demanda-t-il tout en observant toujours des relevés téléphoniques, même si le cœur n'y était plus.
- Bien. Un peu fatiguée, mais je vais très bien.
- Il faut dormir la nuit!
Ziva rit doucement.
- Et toi tu vas bien?
- Comme quelqu'un qui travaille…
- Ça ne te fais pas de mal de bosser un peu mon petit derrière poilu.
- Hey! S'exclama Dinozzo, en s'appuyant contre le dossier de sa chaise.
- Je t'appelais pour te dire que je rentrais chez moi. J'ai pris le double de ta clé, je te la rendrai plus tard, expliqua Ziva, sans pour autant lui dire qu'elle possédait ce double depuis plus longtemps qu'il ne le pensait.
- Tu n'es pas obligé de partir tu sais… Ta compagnie me plait bien.
Ziva sourit.
- J'ai remarqué, mais j'ai des choses à faire. J'ai encore quelques points à régler avant de pouvoir de nouveau vivre tranquillement ma vie.
- C'est-à-dire? Questionna Dinozzo tout en jetant un œil à ses collègues. Tim paraissait totalement absorbé par ce qu'il faisait, et Gibbs n'était pas revenu de sa pause café.
- Tu es bien curieux.
- C'est pour que tu ne raccroches pas. Je n'ai pas envie de me remettre à travailler en pensant à toi qui n'as rien à faire.
- J'ai des tas de banalités administratives à faire. Rien de bien passionnant.
- Hum, je vois. Sinon ma clé, je pourrais passer la rechercher chez toi ce soir? Demanda Dinozzo, affichant clairement son sous-entendu.
- Avec plaisir, répondit Ziva après une très courte seconde de réflexion. Je t'attends même pour dîner.
- Il faut que je pense à garder ma faim dans ce cas. Quel sera le menu?
- Alors là tu m'en demandes trop. Je n'ai pas encore réfléchi à cette question.
- Dans ce cas je te propose de ne pas y réfléchir du tout, et de m'attendre pour prendre une quelconque décision à ce sujet.
- Vraiment, en es-tu sûr? L'interrogea Ziva, assise au volant de sa voiture, attendant que la conversation prenne fin pour démarrer et regagner son appartement.
- Certain. Je viendrais vers 19 h 00.
- Je t'attends. À ce soir Tony.
- À ce soir ma ninja.
Ziva raccrocha alors qu'un nouveau sourire s'étirait sur ses lèvres, puis prit la direction de son appartement, ne pensant déjà plus qu'à cette nouvelle soirée qui s'annonçait.
Tony replaça son téléphone dans sa poche, puis posa son regard sur McGee. Il remarqua alors les écouteurs qui étaient placés dans ses oreilles, et qui expliquaient son absence de réaction face à sa récente conversation téléphonique. Dinozzo se concentra sur son collègue, se demandant quel était le meilleur tour à lui jouer, bien qu'il lui réserve ses meilleurs pour plus tard. C'est-à-dire demain, quand Ziva serait là. Car il se doutait bien que la situation serait assez tendue et étrange le lendemain, pour le retour de Ziva. Ce serait alors à lui de détendre l'atmosphère, et il s'y préparait déjà.
Dinozzo se doutait également que Ziva devait déjà bien penser à la journée de demain, et commencer à l'appréhender. C'est pourquoi il avait prévu de lui rendre visite ce soir. À la fois car il en avait envie, mais aussi pour la distraire. Il ne comptait d'ailleurs pas rester simplement dîner chez elle, et tout en regardant Tim, il pensait déjà à la surprise qu'il lui préparait.
Cependant, ses pensées revinrent rapidement vers Timothy. Il devait faire quelque chose. Il ne pouvait pas se contenter de simplement lui demander si il avait avancé au sujet de l'enquête. Cela manquait d'originalité. Cela ne lui ressemblait pas.
Tony se leva finalement et se fit le plus discret possible lorsqu'il se déplaça jusqu'au carré de bureaux voisins, pour pouvoir ainsi se positionner juste derrière Tim sans qu'il ne s'en aperçoive. Une fois arrivé à quelques centimètres de la tête de son collègue, Dinozzo inspira profondément, et s'écria alors :
- Quid novis le Bleu?
Timothy sursauta alors vivement sur sa chaise de bureau. C'était clair, il s'était fait avoir comme un bleu, se dirait-il dans quelques instants, une fois qu'il aurait repris ses esprits. Il ôta vivement les écouteurs qui encombraient ses oreilles bourdonnantes, puis rouge de colère, se retourna vers l'italien.
- Tu es complètement fou, dit-il, passablement énervé. Et depuis quand parles-tu latin?
Tony haussa négligemment les épaules.
- Aucune idée. Je voulais dire « quoi de neuf », et sans savoir pourquoi, c'est-ce « quid novis » qui m'est venu, s'expliqua-t-il, accoudé sur une des étagères qui séparaient les carrés de bureau.
Tony fit mine de réfléchir avant de poursuivre.
- Certainement un vieux reste de ce qu'a désespérément tenté de m'inculquer cette vieille Mme Soriona à l'époque de mon jeune âge. Je suis quasi sûr que si elle m'avait entendu dire ça elle se serait retournée dans sa tombe.
Tim soupira d'exaspération. Il avait oublié à quel point Tony pouvait aimer raconter ces épisodes de sa vie qui n'intéressaient personne.
- Je crois qu'elle aurait été fière de m'entendre aujourd'hui, cette vieille bique. Mais la question n'est pas là, se reprit Dinozzo. Je vois à ton écran d'ordinateur que tu as cessé de réfléchir à l'enquête. Gibbs n'en serait pas ravi.
McGee ne put s'empêcher de rougir, puis se retourna vivement pour fermer sa fenêtre de jeu.
- Je pensais pourtant que la naissance d'Elina t'avait fait grandir et cesser de jouer à ce genre de jeux ridicules, ajouta Tony. Cette forme olympique qu'il ressentait lui avait manqué.
- Tu as fini Tony? Le sermonna Tim. Je te signale que toi non plus tu n'es pas en train de travailler.
- Mais c'est parce que moi j'ai résolu l'affaire, s'exclama Tony, fier de lui.
- Vraiment? Fit Tim dubitatif.
- Oui, je n'attends plus que le retour de Gibbs pour vous faire partager mes trouvailles, qui visiblement dépassent de loin les tiennes.
Timothy s'apprêta à répondre, cependant il fut forcé de constater que son collègue ne l'écoutait déjà plus, et qu'il était déjà parti en direction de l'ascenseur.
- Je vais me chercher un café, cria-t-il au pauvre Tim, juste avant d'être trop loin pour qu'il ne l'entende.
Tim se repositionna face à son ordinateur en rouvrant sa fenêtre de jeu. Tony lui avait simplement crié dans les oreilles se dit-il. Depuis ce matin il craignait le pire, et celui-ci lui avait simplement crié dans les oreilles. C'est qu'il devait certainement lui préparer quelque chose de bien plus surprenant. Tim craignait définitivement le pire.
