Titre : Can I take a photo ?
Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake
Rating : M
Warnings : langage vulgaire, violence et yaoi
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama
Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…
G x J
« Qu'est ce que tu veux boire ? demanda à Jûshirô en posant son manteau sur le dossier d'un fauteuil.
- Whiskey-coca, tu aurais ?
- Mh, je dois pouvoir trouver ça. Shunsui est un grand amateur de whiskey, ça ne m'étonnerait pas qu'il ait laissé une bouteille au fond du placard.
- T'es arrivé quand dans cette chambre ? T'es bien installé !
- Juste avant l'expo où on s'est rencontrés. Mais chaque fois que je viens à Paris, je réserve ici, et la patronne me connaît bien. C'est un peu une deuxième maison. »
Le plus vieux sortit une bouteille de liquide ambré et se dirigea vers la cuisine pour ramener le soda. Lorsqu'il revint, Grimmjow était en train de détailler une photo posée sur la table basse. Il posa deux verres sur la table basse, et le jeune homme se fit la réflexion qu'apparemment, il avait également décidé de boire un peu…
« Sur cette photo, c'est toi et… demanda-t-il.
- Shunsui, oui, à l'époque du lycée. On était beaux, hein ?
- T'inquiètes, t'es resté canon. »
Il y eut un silence gêné. Grimmjow avait balancé ça, sans trop y penser, mais ça avait l'air de perturber Jû. Celui-ci but une longue gorgée avant de remettre la photo à sa place.
« Je… j'ai mis le gratin au four. On fera les steaks au dernier moment… lança-t-il.
- Euh… ok… t'avais genre… prévu que je vienne ? J'veux dire… un gratin ça s'fait pas au dernier moment..
- Hum… j'espérais que tu acceptes… je trouve… qu'on a besoin de parler tous les deux… »
Mais il n'avait pas l'air décidé à lancer la conversation. Ses yeux se perdaient dans le vague, et ses doigts se serraient nerveusement autour de son verre. Grimmjow décida alors de mettre un peu d'animation dans leur échange…
« Quand est-ce que t'as découvert la photo ? »
Il savait qu'il fouillait sûrement dans ce qui ne le regardait pas, mais il avait toujours été trop curieux. Le porte-parole haussa les épaules :
« Tu ne lâcheras pas le morceau, hein… Au lycée, il y avait un club, et on l'a rejoint par curiosité. Ça m'a plu. J'ai continué, et en faisant un voyage scolaire, j'ai rencontré Snowdrop. »
Son mensonge était bien rôdé. Cela faisait plusieurs années qu'il le répétait. En réalité, c'était au cours de ce voyage que Retsu l'avait quitté, et qu'il avait commencé à comprendre ce que cachaient les images. C'était là qu'il était devenu Snowdrop.
Sa mâchoire se crispa. Il aimait ces souvenirs, car ils avaient fait de lui le photographe qu'il était, mais il les haïssait également. Parce que cela remettait dans sa bouche le goût du chagrin et de la déception. Il se remémorait encore son visage adoré et son triste sourire, et puis la voix douce et prévenante qui avait brisé son cœur…
« Jûshirô, écoute… Toi et moi, ça ne marche plus… Je ne peux plus jouer la comédie. Je… je ne suis pas celle que tu crois, je ne peux pas faire ton bonheur. Ecoute-moi, laisse-moi finir ! Je veux être ton amie, Jû, pas ta fiancée. Je pense que notre amour… je pense que je ne t'aimais pas vraiment. Je suis désolée… Tu me rendais si belle, j'aimais tellement le miroir de tes images ! Mais il faut arrêter de se voiler la face. Je ne veux plus mentir. Jû, il faut que tu comprennes. Jûshirô, dis-moi que tu me pardonnes… »
Comme il les détestait, ces paroles creuses, ces excuses fabriquées à la va-vite, ces reproches voilés de regrets, ce long monologue qui voulait seulement dire « Va-t-en ». Il les haïssait tellement.
« Jû ? Hey, Jû, ça va pas ? »
La voix de Grimmjow le ramena à la surface. Il se tourna vers lui, et tenta de lui adresser un sourire. Mais les yeux inquisiteurs qui se plantèrent dans les siens n'étaient pas dupes.
« Ca… n'a pas été une période facile… »
Les mots semblaient dérisoires face à ce qu'il ressentait vraiment, ce vide, cette absence de sens, cette absence tout court. La souffrance de la voir heureuse avec un autre, rire, chanter, danser, loin de lui, le reléguant à jamais au rang d'ami.
Pourtant, alors qu'il repensait à l'instant où Retsu lui avait présenté son mari, oui, son mari, Kenpachi, quelque chose avait changé. La lame de la jalousie ne lui déchirait plus les entrailles comme avant. Il la regardait avec plus de nostalgie, moins de rancœur.
Et tout cela, c'était grâce à lui.
« Grimm… Je dois te dire… »
Il avait pris sa décision, non ? Ça n'était pas si compliqué, il lui suffisait de…
« J'ai beaucoup réfléchi… pendant mon absence… J'ai pris du recul sur nous deux, et… »
Il releva la tête. Le plus jeune l'écoutait attentivement, un pli soucieux entre les sourcils. Il s'inquiétait ?
« Je… »
Les mots ne sortaient pas. Ils restaient bloqués. Un semblant de doute persistait. Pourquoi y croire ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi avec lui ?
Ils échangèrent un regard. Ses pensées s'éclaircirent. Oui. Il avait pris sa décision.
Il saisit délicatement les épaules de Grimmjow, et l'embrassa.
G x J
« Pourquoi t'as fait ça ? »
Affaissé contre le dossier du canapé, le jeune homme l'avait gardé contre lui. Les battements étouffés du sang dans sa gorge résonnait contre son oreille. Une drôle de sensation restait au creux de son ventre.
« J'en avais envie. J'en avais besoin.
- Recommence.
- Grimmjow ?
- Mh ?
- Je crois que je t'aime. »
C'était venu si facilement. Mais Grimmjow garda le silence. Seule la pulsation sourde lui répondit. Mais il n'insista pas. Quelle signification avaient ces mots pour son compagnon ? Il ne pouvait pas le savoir.
« Du coup, j'sais pas trop c'que tu veux… éluda le plus jeune après un moment.
- Je ne sais pas… Je ne suis pas sorti avec quelqu'un depuis très longtemps… Donc…
- Donc on sort ensemble ?
- Comme tu veux…
- Bah… ça m'va plutôt… c'qui est étrange vu ma manière de faire habituellement mais… j'sais pas, j'me sens posé avec toi. J'peux juste carrément pas te promettre d'être le copain idéal…
- C'est tellement étrange.
- De quoi ?
- Cette situation.
- Ouais, c'est plutôt bizarre. Mais je crois pas qu'on soit normaux, d'habitude, alors pourquoi on le serait maintenant ?
- Tu as sans doute raison… »
Ils se turent. Ils s'étaient éloigné l'un de l'autre, et tous deux regardaient fixement le mur d'en face. Le silence était gênant.
« On a pas l'air cons, hein ?
- Complètement ridicules, oui.
- On s'en fout ?
- On s'en fiche, oui.
- Cool.
- ...
- Jû ?
- Oui ?
- C'est quoi c't'odeur bizarre ?
- …MERDE ! Le gratin ! »
