Titre : Can I take a photo ?

Pairing : Grimmjow Jaggerjack X Jûshirô Ukitake

Rating : M

Warnings : langage vulgaire, violence et yaoi

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo-sama

Résumé : Qu'est ce qu'une photo ? C'est capter un instant furtif pour le montrer à tous. Grimmjow Jaggerjack l'a bien compris et veut dévoiler au monde la banlieue qui l'a vu naître et le milieu dont il est issu. Malheureusement, son travail n'est pas reconnu et rien ne va pour lui, jusqu'à ce qu'il rencontre le fragile Jûshirô Ukitake…

G x J

Cela faisait deux semaines que Grimmjow avait dîné chez Jûshirô. Deux semaines qu'ils s'étaient mis d'accord pour un genre de… couple ? Ca sonnait bizarre. Lui qui ne s'était jamais posé, il sortait maintenant avec un mec qui avait dix ans de plus que lui. Ca ne lui ressemblait clairement pas…

Ils s'étaient vus une dizaine de fois, toujours pour des escapades photographiques, mais il y avait ce petit truc en plus qui changeait tout. Ces regards échangés, ces moments à deux, quelques baisers, de ci de là. Plutôt frustrant pour Grimmjow, donc. Parce que ouais, le sexe, pour lui, c'était quand même cool. Mais… il se sentait posé. Genre… zen, quoi. Il était en train de réaliser son rêve, il allait avoir une visibilité en tant que photographe, et en plus, il était calé niveau sentiments. C'était nouveau pour lui, mais ça n'était pas désagréable. Et Jûshirô paraissait heureux aussi, donc tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, non ?

C'est ce qu'il se disait. Mais il y avait comme un arrière-goût, une impression de calme avant la tempête, dont il n'arrivait pas à se défaire. Il n'oubliait pas qu'Aizen le cherchait, qu'à tout moment le miroir pouvait se briser, et que sa main noire pouvait l'emmener de l'autre côté.

C'était ce à quoi il pensait, assis dans la cuisine de l'appartement qu'Urahara leur avait prêté, fumant tranquillement une clope taxée à un passant.

Soudain, Nel poussa la porte, les bras chargés de sacs en papier. Surpris, il lâcha sa clope, comme un gamin pris en flagrant délit.

« Putain, Grimm, tu voulais pas m'aider à faire les courses ? Macho… Eh, tu fumes, toi ?

- Ca fait quinze ans que je fume… T'es rentrée plus tôt que prévu !

- Attends, tu vas me faire croire que ça fait quinze ans que tu clopes en cachette et que j'ai rien vu ?!

- Bah… ouais. C'est occasionnel et en général j'le fais pas à la maison.

- Bon, je vais pas me la jouer Kurosaki, dangers du tabac, cancer, etc…

- Ouais, ça m'ferait chier…

- De toute façon, il faut qu'on parle. »

Elle posa ses sacs, prit une chaise et s'installa face à son frère. Ses longues boucles tombaient devant son visage soucieux. Il reconnut la tête qu'elle faisait quand elle avait peur de lui demander quelque chose. Ca ne présageait rien de bon…

« J't'écoute… »

Elle soupira, et d'un geste nerveux replaça une mèche derrière son oreille.

« Grimm… Explique-moi ce qu'il y a entre ce Jûshirô et toi.

- Hein ?

- Vous vous voyez tout le temps, tu parles sans cesse des photos que tu prends avec lui, et à chaque fois que tu vas le voir, tu as la même tête que moi quand j'ai rencontré Ichi.

- On bosse ensemble, c'tout.

- Ne me mens pas, Grimm. Tu t'attaches à lui, je me trompe ?

- …

- Ca veut tout dire… »

Ils se turent un instant. La tension montait peu à peu entre eux. Elle eut un sourire crispé.

« Vous sortez ensemble ?

- Je sais pas trop… En quelque sorte…

- Grimm… Je vois bien que tu tiens vraiment à lui. Et je trouve ça génial. Mais tu le mets en danger. Je suis même pas sûre qu'il sache ce qu'il risque en s'approchant de toi.

- Bien sûr que si. Tu m'prends pour qui ? J'ai été honnête avec lui. Et puis, c'est pareil pour Ichi.

- Non, c'est pas pareil. Ichi sait se défendre. Son père et ses sœurs aussi. Ils savent tous à quoi s'attendre en ce qui concerne Aizen. Tu veux que je te rappelle ce qui est arrivé à Masaki ?

- …

- Ton Jûshirô, il débarque du Japon comme une fleur, il te connaît à peine, et au moment où ce connard qui nous sert d'oncle se décide à nous emmerder plus que d'habitude, toi, tu te dis que c'est une bonne idée de te caser ?! Je sais bien que c'est pas pour ça que tu restais jamais longtemps avec quelqu'un, d'ailleurs je sais pas ce qu'il a de spécial, et j'aurais bien aimé le savoir. Mais pour une fois je t'encouragerais bien à laisser tomber. Ça lui fera toujours moins de mal de se faire larguer que de se prendre une balle dans la nuque. »

Il serrait les poings, mais ne disait rien. Il avait trop à perdre. Il allait pas lâcher maintenant. L'expo, Jû, ce qu'il avait trouvé dans leur façon de photographier à deux…

« Laisse-lui au moins une porte de sortie. Laisse-le s'en aller… »

Et cette gamine, qui se cachait derrière lui autrefois, qui le regardait prendre les coups, impuissante et fragile qu'elle était, cette sœur qui tentait de lui faire croire qu'elle était devenue forte, qu'elle savait ce qui était bon pour lui, elle voulait lui ôter ça ? Lui enlever ce qu'il méritait, après les combats qu'il avait menés ? Après ce qu'il avait affronté, parce qu'il était le plus vieux, parce qu'il était le fauve qu'on ne pouvait pas mettre en cage ? A quoi ça servait de se battre pour sa liberté s'il ne pouvait pas s'en servir comme il le voulait ?

« Grimm ? »

Il fallait qu'il sorte. Maintenant. Avant de faire une connerie.

G x J

La porte de la chambre d'hôtel s'ouvrit sur le visage inquiet de Jûshirô.

« Ca va, Grimm ? Tu avais l'air en colère au téléphone… »

Le jeune homme ne répondit pas et entra sans demander la permission. Oui, il était en colère. Oui, ça se voyait. Et non, il n'avait pas envie de se calmer. Il referma le battant derrière lui, et attira Jûshirô contre lui. Il avait besoin de lui. Tout de suite. Il le voulait.

« Eh, doucement ! »

Le porte-parole se débattit tandis que Grimmjow enfouissait son nez dans son cou. En profiter… avant que tout ne s'écroule… Avant de ne plus pouvoir… Parce que de toute façon, il fallait bien que ça s'arrête à un moment, ça s'arrêtait toujours…

« J'ai envie de toi. Maintenant. »

Il resserra sa prise, mais Jûshirô ne se laissait pas faire.

« Lâche-moi ! Qu'est-ce que tu as ? Arrête ça tout de suite. »

Mais l'autre ne semblait pas l'entendre.

« Allez… J'suis sûr que t'en as envie aussi… »

Il n'y avait que ça pour oublier. C'est ce qu'il avait toujours fait, de toute façon. Pourquoi est-ce que Jû faisait des manières, comme ça ? Puisqu'il en avait besoin… Il était sexy, non ? Ca coûtait rien, ça faisait du bien…

« Grimmjow, ça suffit maintenant ! »

Ce cri excédé et la douleur d'un coup de poing maladroit dans son ventre lui firent l'effet d'une douche froide. Putain, mais qu'est-ce qu'il avait encore foutu ?! Il s'écarta brusquement.

« Qu'est ce qui te prend ?! demanda le plus vieux avec une grimace.

- Je…

- J'ai essayé d'accepter beaucoup de choses, Grimm, mais j'avoue que je t'en voudrais un peu si tu me forçais à faire ce genre de… trucs…

- J'm'en doute mais… j'sais pas… j'pensais que…

- Que parce que tu étais en colère, ça irait ? Je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas… Mais personnellement, je suis plus du genre à en parler qu'à régler ça sur l'oreiller, tu vois ? »

Ouais, il avait vu ça. Pour lui, ça réglait pas mal de problèmes, mais bon, il ne pouvait pas mettre de côté l'avis de Jû. C'était tentant, mais il ne pouvait pas.

« On va s'asseoir sur le canapé ?

- Ok… »

C'était dingue comme il pouvait désamorcer les situations. Genre, tout laisser de côté. Cette manière de gérer les conflits, ça lui était inconnu. Pour lui, tout passait par l'affrontement. Le physique. Alors que Jûshirô préférait toujours le dialogue.

Ils étaient tellement opposés dans leur vision des choses… Est ce que vraiment, ça pouvait marcher ? Est ce que ça valait le coup ? Peut-être que Nel n'avait pas complètement tort lorsqu'elle lui disait d'abandonner… Pour une fois, ce ne serait pas si con.

Mais abandonner, il ne savait pas faire.

« J'ai parlé avec Nel. De toi. De… c'qu'on essaye de faire, tous les deux… Et… ça m'fout les boules, mais j'crois qu'elle a raison.

- Raison sur quoi ?

- J'suis toxique pour toi. J'te mets en danger.

- Quoi ?!

- Mon oncle est toujours là, dans mon dos, comme une putain d'ombre qui m'lâche pas. J'voudrais pas… j'veux dire… J'crois qu't'as pas conscience de l'ampleur du problème. Et j'veux que tu saches que t'as le droit d'avoir peur, et t'as le droit de t'enfuir… J'veux pas t'retenir. »

Jûshirô posa un regard étonné sur lui. Il fronça les sourcils.

« Tu penses vraiment que j'ai envie de m'enfuir ?

- Ben je…

- Grimmjow, sérieusement ? J'ai pris le temps de réfléchir, tu te rappelles ? J'ai choisi de venir vers toi, en prenant en compte tout ce qui te concerne, me concerne et nous concerne. J'agis en connaissance de cause, tu as toujours été honnête avec moi. Alors oui, je l'avoue, il m'arrive d'avoir peur. Mais je ne regrette pas mon choix. Vraiment.

- C'est pas parce que t'assumes qu'il peut pas t'arriver une merde…

- Tu crois vraiment qu'il s'en prendrait à moi ? Ma disparition se remarquerait, elle ferait louche. Je ne suis pas non plus n'importe qui. On me rechercherait, et ça le mettrait en danger, pour une raison futile. Je ne doute pas qu'il veuille vraiment t'éliminer et qu'il cherche un moyen de faire pression sur toi, mais ça m'étonnerait qu'il mette tout son réseau en jeu pour toi. Vraiment, ne t'en fais pas pour moi, ça doit déjà être assez dur de vous protéger, toi et ta sœur. »

Son visage était grave, et pourtant rassurant. Grimmjow sentit son ventre se dénouer. Tout était tellement plus simple, quand il regardait à travers les yeux de cet homme. Quand il chassait les pensées trop négatives d'un revers de la main pour ne garder que la paix, une paix profonde et douce. Pas celle de la solitude, non, une paix beaucoup plus agréable, qui le laissait lavé, épuré de la colère.

« Jû ?

- Oui ?

- J'pensais pas que parler ça marcherait aussi bien que baiser. »

G x J

Coucou tout le monde ! Voilà enfin le chapitre 27 de cette fiction !

J'en ai carrément bavé pour l'écrire, j'avais complètement perdu ma fluidité d'écriture, mes dialogues ressemblaient à la base à ceux d'une collégienne en mal d'amour, et en plus j'ai tenté des métaphores à la con, mais avec l'aide constante et progressive de Tisama, j'y suis arrivée !

Donc j'espère que ça vous a plu !