Allez, voici maintenant un long chapitre en plusieurs parties. J'espère que ces trois chapitres vous auront plu, et que vous me donnerez votre avis. Pour la suite, je vous donne rendez-vous demain. =)
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 50 : Quinze jours.
Tony s'assit sur un banc devant le Navy Yard quelques minutes à peine après avoir gentiment embêté Timothy. Il observa quelques instants les gens qui défilaient devant lui, en buvant quelques gorgées du café qu'il venait de s'acheter. Il se demanda un instant où était passé Gibbs, car il ne l'avait pas vu au starbuck, puis chassa cette idée lorsqu'il vit une jeune femme brune passer à quelques mètres de lui.
- Abby! Cria-t-il.
La jeune femme se retourna à l'entente de son nom, puis fit demi-tour en direction de Tony qu'elle avait fini par repérer. Elle arrêta la poussette qui contenait Elina à coté du banc, puis s'assit aux cotés de Tony et lui fit la bise.
- Tu te ballades? L'interrogea Tony.
- Je venais chercher Tim, on a prévu de déjeuner ensemble.
- Il m'avait caché ça.
- Tu n'es pas le centre du monde Tony! S'exclama la jeune gothique.
Un léger sourire étira le coin des lèvres de Tony.
- Et toi, qu'est-ce que tu fais sur ce banc? Tu n'es pas censé travailler à cette heure? McGee m'a dit que tu n'avais déjà pas fait grand-chose hier… Gibbs ne va pas être content.
- Je m'offre une pause, méritée. Je viens de résoudre notre enquête, et en attendant que Gibbs revienne, je laisse Tim chercher encore un peu. Quant à ce que Tim t'a dit, je vais être obligé de nier. J'ai fait plein de choses hier. Et Gibbs m'adore, alors pourquoi s'en prendrait-il moi? Termina Tony en lançant un regard plein de malice à Abby.
- Et qu'as-tu fais hier dans ce cas? Questionna Abby, qui voulait en savoir davantage sur la journée qu'avait passé l'italien. Car bien que celui-ci était apparu ce matin de bonne humeur, il n'avait rien dit à personne de ce qu'il s'était passé pour lui depuis que Tim avait quitté son appartement. Et bien que chacun se fasse sa petite idée, Abby avait hâte de connaître la vérité.
- Je pense que tu te fais une idée assez juste de ce que j'ai fais hier, répondit Tony à cette question.
- Oui, mais tu sais combien j'aime tout savoir. Et puis il a pu se passer tellement de choses… Reprit Abby, soudainement très excitée.
Tony comprit rapidement qu'il ne pourrait quitter ce banc sans en avoir dit un minimum.
- Avant toute chose, ce que je dirai dépendra de ce que toi tu vas me dire.
- Comment ça? Demanda Abby en fronçant ses sourcils.
- Et bien je suis à la recherche d'un bon restaurant pour un dîner romantique, et j'aurai aimé avoir ton avis à ce sujet. Tu m'as toujours été de bon conseil.
Les yeux d'Abby s'ouvrirent en grand, et la jeune femme tapa plusieurs fois dans ses mains. Elle ne tenait plus du tout en place sur ce banc.
- Tu vas l'inviter au restaurant, dit-elle d'une voix incroyablement aigu.
- En fait, je l'ai déjà invité, la reprit Dinozzo, qui prenait un malin plaisir à lâcher ses informations au compte goutte.
- J'en étais sûre! S'exclama Abby. Vous ne pouviez pas rester fâchés, c'est impossible. Vous vous aimez beaucoup trop pour ça. Je savais que tu lui pardonnerais, et que vous seriez heureux ensemble. Je lui avais dit à Ziva, mais elle ne voulait pas me croire. Mais une fois de plus j'avais raison. Vous allez tellement bien ensemble. Le contraire aurait été impossible. Et ça, je l'ai su dès la première seconde où j'ai rencontré Ziva, dit Abby si rapidement que Tony dû se concentrer pour ne pas perdre le fil.
- Ça ne me donne pas de nom de restaurants ça…
Abby fit un sourire aussi grand que ses lèvres le lui permettaient.
- Je te conseille le Coq hardi. Sur la 19e. Tu verras. L'ambiance est idéale pour un repas romantique. Je suis certaine que tu ne seras pas déçu.
- Bien, je te fais confiance. Mon avenir dépend de toi. Alors j'espère que tu as raison.
- Comment ça ton avenir dépend du restaurant que je te conseille?
- Ziva ne sait pas que je l'emmène au restaurant ce soir, c'est une surprise. Et j'ai une proposition à lui faire ce soir, alors si elle est contre mon idée, je te tiendrais pour responsable.
- Qu'est-ce que tu va lui demander? L'interrogea Abby, encore plus à l'écoute que la seconde précédente.
- Je ne vais pas tout te dire non plus Abbs, répondit Tony, qui aimait se sentir autant écouté.
- Tu vas lui demander de t'épouser? Ne put s'empêcher de demander Abby.
- Non, Abbs. Tu vas trop vite là. On s'est retrouvé avant-hier…
- Ouais, c'est-ce que je me disais aussi, finit par admettre la jeune femme. Mais en même temps avec vous je ne sais jamais à quoi m'attendre.
- Tu le sauras bientôt. Tu seras la première à le savoir, si bien sûr Ziva ne m'envoie pas balader, dit Tony en se levant.
- Tu t'en vas?
- Il faut que j'aille travailler. Gibbs doit m'attendre.
- Tu n'as pas tort. Attend, je t'accompagne, dit la jeune femme en se levant et en reprenant sa poussette en main.
Les deux amis marchèrent quelques secondes en silence en direction du QG du NCIS, jusqu'à ce qu'Abby ne reprenne la parole.
- Tout ça ne me dit pas ce que tu as fait hier…
Dinozzo sourit. Elle ne perdait jamais son but de vue. Il releva ses lunettes de soleil sur son front alors qu'ils pénétraient dans le bâtiment et qu'ils montraient leur badge au garde posté à l'entrée.
- J'ai prouvé à une femme que je l'aimais, lui dit l'italien dans un sourire en marchant vers l'ascenseur.
L'expression enjouée d'Abby s'agrandit davantage.
- J'en étais sûre, dit-elle en s'arrangeant pour faire passer la poussette dans l'espace exigu de la cabine métallique.
- Alors pourquoi poses-tu la question?
- Pour te l'entendre dire, répondit Abby alors que les portes se fermaient et qu'elle appuyait sur le bouton de l'étage auquel elle souhaitait se rendre.
- Tu ne vas pas voir Tim?
- Je vais d'abord allait voir comment se débrouille l'incapable qui me remplace, déclara Abby en perdant son sourire.
- Allez, plus que trois semaines et tu es de retour, tenta de la rassurer Tony. Et pour l'instant il n'a rien cassé.
- Ça ne saurait tardé Tony. Je n'ai aucune idée de l'état dans lequel je vais retrouver mon labo. Plus rien ne sera à sa place, et par sécurité il faudra que je change la totalité de mes codes. Et je vais devoir faire un inventaire, car on ne s'est jamais, il peut très bien emporter une partie de mon matériel avec lui, et…
Tony sourit en voyant les portes de l'ascenseur s'ouvrir. Abby était décidemment toujours aussi bavarde.
Dinozzo se présenta devant la porte de l'appartement de Ziva à 19 h 00 pile. Il avait plus tôt dans la soirée réservé une table au restaurant qu'Abby lui avait indiqué, et il avait hâte d'y emmener Ziva. Il avait tout simplement hâte de la retrouver. Il sonna en se remémorant la tension qui l'habitait lorsque deux soirs auparavant il s'était présenté à cette porte pour la première fois. Le numéro 144 sur la 13e. Il n'était pas prêt d'oublier.
Ziva le sortit de ses pensées quelques instants plus tard en ouvrant la porte, un grand sourire aux lèvres. Il sourit à son tour en s'approchant pour l'embrasser.
- Tu m'as manqué, lui dit-il lorsqu'ils se séparèrent.
- Et toi alors, si tu savais comme je me suis ennuyée toute seule toute la journée.
- Tu as bien survécu quatre longues années loin de moi, une simple journée n'allait pas te tuer tout de même.
- J'ai bien cru que si, répondit Ziva en le laissant entrer.
- Tu n'as toujours pas fini de déballer tes cartons? Remarqua Tony en parcourant l'espace des yeux.
- Non. Je n'avais pas le cœur à ça aujourd'hui.
Tony regarda Ziva qui portait un jean avec un joli haut, alors qu'ils se faisaient toujours tous les deux face dans l'entrée de son appartement.
- Tu veux boire quelque chose? Demanda la jeune femme.
- En fait je préfèrerais que tu prennes ta veste et que tu me suives.
Tony sourit en voyant l'air étonné que prit Ziva.
- Pour aller où? Questionna la jeune femme, se demandant si il accepterait de lui répondre.
- Dîner, répondit simplement l'italien, une expression énigmatique sur le visage.
- Il faut que je me change avant de partir?
- Je n'en ai aucune idée. Je ne suis jamais allé dans ce restaurant, répondit Tony l'air penaud.
Ziva s'approcha de Tony pour prendre sa veste et l'enfiler en souriant. Elle partit ensuite en direction du salon récupérer son sac à main, puis revint auprès de Tony.
- Je suis prête, dit-elle simplement.
Tony ouvrit la porte et sortit sur le pallier. Ziva ferma la porte à clé puis prit la direction des escaliers. Tony fit de même à ses côtés. Ils avaient à peine fait trois pas côte à côte lorsque Ziva sentit sa main s'emparer de la sienne. Elle frémit à ce contact, puis serra sa main. Ziva appréciait ces petites attentions qu'il avait à son égard.
Tony et Ziva marchèrent ainsi jusqu'à la voiture de l'italien, où ils prirent silencieusement place. Ils démarrèrent ensuite en direction de la 19e. Un silence, loin d'être gênant, régnait dans l'habitacle. Ils avaient plein de choses à se dire, notamment sur le retour de Tony au NCIS, mais le fait que Tony l'emmène dîner dehors avait fait taire Ziva. Elle profitait simplement de l'instant présent, et de leur complicité. Elle aimait le côté romantique du caractère de Tony qu'elle découvrait.
Ce calme fut interrompu par la sonnerie du portable de Ziva. La jeune femme sortit de ses pensées et fouilla dans son sac à la recherche de l'appareil, puis décrocha.
- Allo?
- Ava?
Ziva resta quelques secondes sans voix. Elle mit plusieurs instants à reconnaître son interlocutrice, à reprendre ses esprits, puis envisager ce qu'elle allait pouvoir dire. Ces secondes de silence lui valurent un regard inquisiteur de la part de Tony, qu'elle tenta de rassurer silencieusement.
- Ava? Je ne me suis pas trompée de numéro? Reprit la jeune femme au bout du fil.
- Non Sarah, c'est moi, je… j'étais juste surprise de t'entendre, je ne m'attendais pas à ce que ce soit toi qui appelle, c'est tout.
Ziva sentit une nouvelle fois le regard de Tony se poser sur elle lorsqu'elle débuta la conversation en français. Elle tourna ses yeux vers lui pour croiser son regard une courte seconde avant qu'il ne reporte son attention sur la route. Ziva se doutait bien qu'il l'assaillerait de questions une fois qu'elle aurait raccroché. Il est vrai qu'à sa place, elle aurait elle aussi été étonnée.
- Tu vas bien? Reprit Sarah au téléphone.
- Oui, très bien et toi?
- Ça va. Je m'habitue à ne plus te croiser dans les couloirs.
- On ne se croisait pas tant que ça dans les couloirs, la corrigea Ziva.
- C'es vrai. Enfin, on se voyait toutefois plus souvent que ces derniers temps.
- C'est vrai.
- Alors, tu as retrouvé ta famille en Amérique? Et tes vacances en Israël?
- Tout s'est très bien passé. Et ma famille a été ravie de me revoir.
- Je suis contente alors. Tu as retrouvé le père de ton enfant?
Ziva sentit ses joues s'empourprer en un très court instant. Elle espérait que Tony ne la regarderait pas. Elle se sentait extrêmement gênée. Avec les récents événements, elle avait totalement oublié ce mensonge qui lui avait permis de démissionner, et de quitter la France.
Tony gara la voiture sur le parking du restaurant et porta de nouveau son attention sur elle. Elle baissa son visage dans une vaine tentative de camoufler sa gêne, mais elle se douta bien qu'il n'était pas dupe.
-Oui, répondit-elle enfin à Sarah. Oui. Tout va très bien, fut tout ce qu'elle trouva à dire.
- Tant mieux. En tout cas ta voiture aussi va toujours aussi bien, elle m'est très utile!
Ziva sourit franchement.
- Je ne regrette pas de te l'avoir laissé alors.
- Merci. Au fait, Diane, Émilie, Natalia et Stirau te donne le bonjour.
- Oh! S'exclama Ziva qui les avait légèrement oublié. Tu les remercieras, et tu leur diras que je vais bien.
- Sans problème. Tim est toujours aussi bien avec sa femme?
Ziva rit à cette question.
- Oui. Ils ont eu une petite fille.
Ziva écouta son amie s'étonner au téléphone. Elle était heureuse de l'entendre même si elle n'avait pas réellement eu le temps de penser à elle ces quinze derniers jours. Ziva s'étonna d'ailleurs de n'avoir quitté la France qu'il n'y a seulement quinze jours. Elle aurait juré que cela faisait beaucoup plus longtemps. Elle repensa avec une pointe de nostalgie à son amie, qui, elle ne pouvait le nier, lui avait été d'une grande aide ces quatre dernières années.
- Je suis désolée, mais je vais devoir te laisser Sarah, on m'attend.
- Oh, j'espérais ne pas déranger en appelant à cette heure, mais tant pis.
- Ce n'est pas grave du tout, la rassura Ziva. Je te rappelle demain ou après pour tout te raconter plus en détails.
- Ok. A bientôt alors, répondit Sarah. Donne le bonjour à Tim.
- Entendu. Salut Sarah.
Ziva raccrocha et resta quelques secondes encore la tête baissée avant de regarder Tony.
- Qui était-ce? Demanda-t-il.
- Sarah. Une amie qui travaillait avec moi en France. Elle m'a beaucoup aidé.
- Ah oui, c'est vrai, tu m'as un peu parlé d'elle.
Tony avait enlevé sa ceinture, et semblait prêt à sortir dîner alors que Ziva, toujours attachée, ne semblait pas vouloir descendre de cette voiture, ce que remarqua Tony.
- Quelque chose ne va pas?
- Non, non. Au contraire, tout va bien. Ça me fait tout drôle d'avoir parlé à Sarah. Je ne sais pas… Je ne m'y attendais pas. Ma vie a tellement changé en quinze jours, j'avais presque oublié à quel point elle était différente maintenant.
- Ton amie te manque.
- Un peu oui. Mais je suis surtout gênée vis-à-vis d'elle.
- Pourquoi? L'interrogea Tony, qui commençait toutefois à avoir faim.
Ziva prit le temps de regarder le parking qui les entourait avant de répondre.
- Je m'en veux de ne pas avoir été honnête avec elle avant mon départ, bien que j'y ai été obligé. Elle… Elle m'a appelé « Ava. » Elle ne sait pas qui je suis réellement, je ne lui ai pas dit. Elle attend ma visite, mais je ne sais pas si j'aurai un jour le courage de retourner en France et de me présenter une fois de plus sous le pseudonyme d' « Ava ».
- Je comprends, lui dit Tony.
Ziva soupira.
- Le pire est que j'ai été obligé de dire que j'étais enceinte pour obtenir des congés et pouvoir préparer et justifier mon départ. C'était une idée de McGee. Elle reste persuadée que je suis enceinte. J'aimerais pouvoir lui dire la vérité, mais je ne veux pas gâcher notre amitié.
Tony prit quelques secondes avant de répondre.
- Un jour peut-être tu trouveras le courage de lui dire la vérité. Mais ce n'est pas une nécessité. Et puis tu n'as pas à t'en faire pour ça. Tu étais obligé d'agir de la façon dont tu l'a fais, la rassura-t-il, tu n'as pas à te sentir mal pour ça.
- Tu as raison, lui dit Ziva dans un faible sourire.
- On va dîner?
- Avec plaisir, répondit Ziva.
Ils sortirent de la voiture et prirent la direction du restaurant, s'apprêtant à passer une soirée en amoureux.
