Surprise ! Voici un nouveau chapitre !

Un énorme merci à tous ceux qui ont postés des reviews, merci à Essaidel, fuyuki417, et surtout à Delphlys, Melio Silverdjane et Marine02 qui me suivent depuis un moment déjà. Vos commentaires sont très motivants et encourageants. Merci

Le chapitre que vous attendez est là, et il répondra à beaucoup de vos questions, notamment à celle qui est revenu plusieurs fois dans les reviews et qui concerne l'origine d'Elanor. Je vous laisse lire ce chapitre sans vous en dire plus, en espérant qu'il vous plaira.

Bonne lecture

gallica


Chapitre 4 : Le Conseil blanc

- C'est donc ceci que vous vouliez nous montrer, s'exclama Celeborn impressionné par l'objet qui se trouvait devant lui. Niphredil, l'épée de Dior, roi de Doriath, il y a longtemps que je ne l'avais vu.

Celeborn la souleva, admirant l'objet.

- Par tous les Valar, en voilà un miracle. Je la croyais perdue dans les eaux d'Ulmo depuis des millénaires.

- Comment l'avez-vous retrouvée ? demanda Galadriel.

Elle était la seule parmi eux deux à ne pas montrer son enthousiasme, et observait la scène avec une certaine réserve.

Elrond la regarda avec un air interrogateur.

- J'espérais que l'un de vous deux puisse me donner une réponse. Je l'ai trouvé sur une jeune humaine qui était prisonnière d'une troupe d'orque, près de nos frontières. Elle me dit l'avoir reçu en héritage, et que Niphredil fut transmise de génération en génération dans sa famille.

Une lueur dans les yeux de Galadriel s'alluma.

- Vraiment ?

- Cela me semble pourtant improbable, confia Elrond. Comment l'épée d'un roi elfe aurait pu se trouver en sa possession ?

Galadriel se leva et se mit à faire les cents pas, tournant lentement autour de la table. Celeborn fronça les sourcils, et continua de regarder l'épée avec perplexité.

- Le roi Dior a transmis Niphredil à son fils ainé Elured, peu avant le sac de Menegroth, révéla t-il. Je l'ai vu de mes yeux portant l'épée, car j'étais là à Doriath.

- Mais il est mort, fit remarquer Elrond.

- Nous ne l'avons jamais su, lui répondit Galadriel d'une voix douce. Elured et son jeune frère ont échappés aux fils de Fëanor et se sont enfoncés dans les bois, si loin qu'ils se sont perdus dans les ténèbres.

Sa voix était devenue grave. Elrond et Celeborn l'écoutèrent avec perplexité.

- Ils ne sont jamais revenus, voilà pourquoi nous avons supposés qu'ils étaient morts, ajouta Celeborn en regardant Elrond.

Galadriel s'approcha de la table où Celeborn avait reposé la lame, puis souleva l'épée rangée dans son fourreau.

- Melian versa une goutte de son sang lorsqu'elle forgea cette épée. Sa magie sait reconnaître son héritier. Seul un véritable descendant de la lignée des rois de Thingol peut utiliser sa lame et la tirer de son fourreau.

Galadriel tendit la garde de l'épée en direction d'Elrond avec invitation. L'elfe posa la main sur la garde, et la sortit. Elle lui sourit, alors que l'elfe palpait l'acier froid avec ses mains.

- Moi-même, je ne peux la toucher, dit Galadriel. Elle me brûlerait sévèrement.

- Y a-t-il une possibilité pour qu'un des deux frères ait eut une descendance ? demanda Celeborn curieux.

- Il n'y a qu'un moyen de le savoir, répondit Galadriel.

Il sembla à Elrond que ses yeux riaient d'une lueur pétillante.


Elanor sortait de la grande salle pour monter se coucher après le diner, lorsqu'un elfe lui barra le chemin. Bien qu'ils se ressemblaient presque tous dans cette cité elfique, elle parvint à reconnaître le dénommé Glorfindel, un des rares ici qui avait les cheveux blonds et qui avait fait partie des soldats présents avec Elrond lors de sa libération.

L'homme portait la même tenue que lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois, une côte de maille dorée et un heaume étincelant en or.

Grand et droit, il avait la main posée sur la garde de son épée, un réflexe qu'avait la majorité des gardes et des soldats de la cité. Il avait cependant une prestance différente des autres elfes, un petit quelque chose qui le rendait spécial.

Il avait des yeux bleus pénétrant et un visage joyeux.

L'elfe la salua avec distinction, sans la prendre de haut.

- Dame Elanor, veuillez me suivre, s'il vous plait.

Elanor acquiesça et lui emboita le pas, sans broncher.

Glorfindel se dirigea vers un endroit de la cité qu'elle n'avait encore jamais vu.

Ils quittèrent les habitations en bois et en pierres blanches, et suivirent un escalier marbré qui grimpa dans les hauteurs de Fondcombe.

Des lanternes avaient été disposées tout le long du chemin pour éclairer le passage. Elle vit alors que l'escalier montait à plusieurs mètres jusqu'en haut d'une falaise hors de portée, qui surplombait la cité et la vallée.

En haut se trouvait un petit bâtiment ouvert sur l'extérieur, composée d'une pièce circulaire entourée de colonnes. Un ruisseau né des chutes d'eau s'écoulait tout autour du bâtiment, jouait son cours entre les dalles de pierres.

Elanor s'avança, suivant les pas de Glorfindel. Lorsqu'elle fut assez près, elle vit qu'au centre de la bâtisse se trouvait une table ronde en pierre, et que là attendaient Elrond et les deux seigneurs elfes de la Lorien, qui étaient arrivés un peu plus tôt dans la journée.

Elanor s'immobilisa, figée sur place et émerveillé par la vision qui s'offrit à elle. La femme elfe était particulièrement ensorcelante, et encore plus belle de près. Elanor ne reprit ses esprits que lorsque Glorfindel la poussa gentiment dans le dos.

Les seigneurs elfes se tournèrent dans leur direction lorsqu'ils les virent arriver et Elrond l'accueillit avec une drôle d'expression sur le visage. Elanor sentit que quelque chose le perturbait, et vit qu'il serrait l'épée de sa mère contre lui.

- Bonjour Elanor, voici les seigneurs de la Lorien, le roi Celeborn et la reine Galadriel, déclara t-il.

Elanor s'inclina devant les elfes, et tous deux lui sourirent.

- Pardonnez-moi de vous avoir fait demander si tard, reprit Elrond. Mais il fallait que je vous demande quelque chose. Voudriez-vous bien vous saisir de ceci ?

Elrond lui présenta la garde de son épée, Niphredil et Elanor le regarda avec interrogation, ne comprenant pas ses intentions. Elle sonda son regard, mais ne parvint qu'à y voir de l'impatience. Cela la poussa à obéir, et elle posa doucement sa main sur le manche de l'épée.

Tous les elfes présents dans la pièce retinrent leur souffle, même Glorfindel qui se trouvait encore derrière Elanor et qui observait la scène.

Elanor tira l'épée hors de son fourreau, et la soupesa dans sa main, comme elle avait l'habitude de le faire lorsqu'elle était dans les bois. Elle apprécia un instant de retrouver la sensation agréable de l'épée entre ses doigts, et eut l'impression que ça faisait des années qu'elle ne s'en était plus servie.

- Et maintenant, qu'est-ce que je fais ? demanda-t-elle innocemment.

Elle regarda Elrond dans les yeux, attendant une réponse, lorsqu'elle vit qu'il la regardait avec une expression étrange et complétement différente de celle qu'il avait il a encore quelques secondes. Ses yeux s'étaient agrandis sous la stupeur.

- Par les Valar ! laissa échapper Celeborn.

Elanor observa les elfes, confuse, lorsqu'Elrond l'attira dans ses bras dans une étreinte puissante. Elle se retrouva d'un seul coup paqué contre le torse de l'elfe et étouffa un cri. Sous la surprise, elle faillit lâcher son épée, et les yeux écarquillés resta les bras ballants.

Lorsqu'il la relâcha, Elanor dévisagea Elrond et vit qu'il avait les larmes aux yeux, et qu'il la regardait avec affection. Elle ne lui avait vu ce regard que pour une seule personne, et c'était Arwen.

Ne comprenant pas sa réaction, et flattée, elle resta muette. Le seigneur Celeborn se mit à rire ouvertement avec Glorfindel, et la dame Galadriel s'approcha doucement d'eux.

- Voici donc l'héritière du trône de Thingol, seigneur de l'ancienne demeure de Doriath.

- Après tout ce temps, s'exclama Elrond ému.

Galadriel posa une main sur son épaule et sourit chaleureusement à Elanor, qui était encore sous le choc de l'étreinte d'Elrond et qui venait à peine de comprendre ce que la sorcière elfe venait de dire.

Héritière du royaume de Doriath ? Elle ? Le royaume des elfes ?

Un tremblement agita ses jambes, et un rire nerveux lui monta à la gorge.

Non, impossible. Elle n'était pas une elfe.

- Je ne peux être l'héritière de ce royaume, je ne suis pas une elfe, répondit Elanor n'arrivant pas à croire qu'elle puisse avoir un lien de parenté avec cette lignée de rois.

- Vous avez du sang d'homme, mais aussi le sang d'elfe, c'est indéniable, répondit Galadriel. Melian la Maiar a forgé cette épée uniquement pour ses descendants. Si vous n'aviez été qu'une humaine, vous n'auriez pu vous servir de cette arme.

Elanor médita ses paroles, perplexe.

- Par ailleurs, si vous descendez d'Elurin ou Elured, cela veut donc dire que nous sommes cousins, lui dit Elrond en souriant.

Il la regarda, heureux. Le fait qu'elle n'ait peut-être qu'un gramme de sang elfique et que des générations les séparaient peut-être, ne semblait pas le déranger outre-mesure. Il la considérait déjà comme une parente, et un membre de son clan.

Elanor resta immobile plusieurs secondes, n'arrivant pas à réaliser l'étendue de ce que cela signifiait. Le choc était trop grand. Elrond avait posé une main sur sa joue et son visage resplendissait.

Puis lentement, d'un courage qu'elle ne se serait jamais imaginée avoir, elle joignit ses mains à celles d'Elrond et la serra.

Hier elle n'était qu'une humble serveuse de taverne, orpheline, vivant dans un village reclus de l'Eriador. Aujourd'hui, elle se découvrait héritière d'un des plus grands royaumes de l'ancien âge, et se trouva un cousin éloigné en la personne d'Elrond, seigneur elfe de Fondcombe.

Si on lui avait raconté ça une semaine plus tôt, Elanor lui aurait ri au nez, disant qu'il avait peut-être un peu trop bu. La barrière qui la séparait d'Elrond s'était brisée en quelques secondes.

Elanor lui tendit Niphredil, mais l'elfe la refusa.

- Gardes l'épée, lui intima Elrond, elle est à toi.

Elanor la ramena près d'elle et adressa à Elrond un regard reconnaissant.

- Ce n'est pas un hasard si Niphredil, l'épée de Luthien réapparait pendant ces heures sombres, déclara soudain Galadriel les sortant tous de leur torpeur joyeuse.

Elle plongea ses yeux bleus perçants dans ceux d'Elanor et celle-ci crut entendre sa voix dans sa tête lui dire : Vous avez enfin retrouvé les vôtres, mais le prix à payer pour pouvoir les garder près de vous sera lourd. Attendez-vous à devoir vous battre pour ceux que vous aimez.

- Une menace pèse sur la Terre du Milieu, reprit la sorcière comme si de rien était. Le seigneur de l'unique, Sauron rassemble ses forces en Mordor. Quelque chose me dit que vous avez votre rôle à jouer ici, comme nous tous, dit-elle à Elanor.

Elrond la regarda pensif. Elanor repensa à la troupe d'orcs qui l'avaient enlevé, et à la facilité avec laquelle ils l'avaient désarmé. Comment pourrait-elle se battre si elle ne savait même pas se défendre ?

- Ma dame, je suis désolé mais je ne suis qu'une simple fille de commerçant. Je doute de pouvoir vous aider, je n'ai aucune utilité et je ne sais pas me battre.

Les elfes la regardèrent pensivement, et Elrond posa une main bienveillante sur son épaule.

- Ce n'est pas ce que nous te demandons. Tu n'es pas obligée d'aller sur le champ de bataille, si tu ne le veux pas. Et ce n'est pas là ta place.

Elrond ne vit pas le regard que lui lança Galadriel, et qui disait tout le contraire. Elanor choisit de se taire, et se contenta d'acquiescer.

- Il nous faut rassembler le conseil blanc pour en discuter, affirma Galadriel. A-t-on des nouvelles de Gandalf ?

- Non, toujours pas. Peut-être devrions-nous demander à Saroumane s'il a des informations. Sa disparition m'inquiète.

Elanor fronça les sourcils.

Saroumane ?

N'avait-elle pas déjà entendu ce nom ?

Sa mémoire lui revint soudainement, et elle se rappela que c'était un nom que les orques avaient cités à de multiples reprises lors de sa captivité.

- Je connais ce nom, déclara-t-elle.

Les elfes qui l'avaient oublié se retournèrent vers elle, surpris.

- Les orques n'arrêtaient pas de nommer ce « Saroumane » et un endroit nommé « Isengard »…

- C'est un lieu au Sud-Est édifié par les Numénor, où se dresse la Tour d'Orcanc, lui dit Elrond.

- Qui est Saroumane ? demanda Elanor curieusement.

- Saroumane est un magicien blanc, répondit Galadriel.

Elle échangea un regard préoccupé avec son mari, et Elrond se tourna dans leur direction.

- C'est la direction dans laquelle les orques se dirigeaient lorsque nous les avons abattus, déclara Elrond. Glorfindel, peux-tu aller chercher ce que nous avons trouvés ?

Glorfindel acquiesça et sortit d'un pas rapide, il revient quelques minutes plus tard avec un objet. En y regardant de plus près, Elanor vit qu'il s'agissait d'un casque d'orque, tordu et crasseux, sur lequel était peinte une main blanche.

Elanor renifla, et grimaça. L'objet lui rappelait de nombreux souvenirs désagréables qu'elle aurait préférée oublier.

Glorfindel posa le casque sur la table et les elfes l'observèrent avec consternation.

- C'est la main blanche de Saroumane, déclara Celeborn.

- Il nous aurait trahis ? s'exclama Elrond, en colère.

- Le magicien blanc s'est détourné de notre route il y a bien longtemps, répondit Galadriel. Sa soif de pouvoir et son orgueil l'on poussé à abandonner sa mission et s'allier à Sauron.

- C'est un allié de poids en moins que nous avons perdu, dit tristement Celeborn.

- Mais Mithrandir est toujours avec nous, répondit Galadriel avec douceur. Sa volonté et sa magie grandissent ensemble, et son âme est pure. Cependant je sens qu'il est en difficulté, dévoila-t-elle avec un timbre de voix trahissant son inquiétude.

- Il devrait d'ailleurs déjà être ici, d'après ce qu'il m'a dit la dernière fois Gandalf a retrouvé la trace de l'anneau, dit Elrond.

- Les choses vont donc s'accélérer rapidement, déclara Galadriel.

- Nous devons rentrer en Lorien, Elrond. Nous ne pouvons-nous attarder et laisser le royaume sans protection. Thranduil ne peut veiller sur deux forêts en même temps, il a déjà bien trop à faire avec Dol Guldur, déclara Celeborn soucieux. Les forces noires de Sauron se sont aussi réveillées là-bas, et les orques se multiplient.

Galadriel semblait également d'accord, se languissant déjà de sa forêt.

- Il me faut rentrer. J'ai besoin de méditer, et de consulter mon miroir. Mes visions se sont confirmées. Transmettez mes hommages à Mithrandir, dit-elle.

Elrond inclina la tête.

Les deux elfes les saluèrent et prirent congés, et Elanor, Elrond et Glorfindel se retrouvèrent seuls.

Elrond se tourna alors vers Elanor.

- J'espère que tu n'auras jamais à te servir de ton épée, dit-il tristement, car il me serait alors douloureux de te savoir sur le champ de bataille. Mais comme l'a prédit Galadriel, il semble que ton destin soit incertain, aussi je voudrais que tu puisses convenablement te défendre si tu es attaqué. J'ai aussi formé Arwen à se battre, et nous pouvons t'apprendre, si bien sûr tu le désires. Tu n'es pas obligée d'accepter.

- Non, j'accepte.

Elanor se sentit enfin soulagée de savoir qu'elle allait apprendre à se battre, et accepta sans aucune hésitation. De plus, elle aimait les armes et avait toujours voulu s'exercer, ce que sa condition de femme ne lui avait jamais permis dans le monde des hommes.

- Glorfindel, pourrais-tu te charger de son entrainement ? demanda Elrond.

- Oui, aucun problème.

Glorfindel adressa à Elanor un sourire charmeur, et elle sentit ses joues s'enflammer.

- Bien, maintenant que c'est réglé, allons-nous coucher, dit Elrond.

Les évènements semblaient l'avoir épuisé, et Elanor ne pouvait mentir qu'elle ressentait la même chose.


Le lendemain, Elanor se leva de bonne heure. Elle rejoignit les elfes qui étaient attablés à l'extérieur, et aperçu Arwen qui lui fit signe de venir à côté d'elle. Elle se leva et la serra dans ses bras.

- Mon père m'a raconté ce qui s'est passé hier soir. Ainsi nous sommes cousines, je suis tellement heureuse de cette nouvelle.

Arwen lui sourit avec tant de sincérité, qu'Elanor sentit son cœur se réchauffer. Elle n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse être apparentée à Arwen. Il n'y avait rien de comparable entre elle. L'elfe illuminait chaque visage par sa beauté, alors qu'Elanor était banale et discrète.

Elrond n'était pas là, cependant Glorfindel était aussi attablé et il sourit.

- Bonjour, chère Elanor. Prête pour une journée d'entrainement ?

Elanor acquiesça. Elle n'avait pas cependant la tenue adéquate et le fit remarquer à l'elfe. Celui-ci rit et lui dit qu'ils trouveraient une solution plus tard, et lui conseilla de manger.

- Vous en aurez besoin, lui assura t-il.

Une elfe se mit à jouer de la harpe, et Elanor décida de commencer son repas, discutant joyeusement avec sa nouvelle cousine. Malheureusement, les elfes ne mangeaient pas de viande, et Elanor dut se contenter de quelques fruits et d'un morceau de salade. C'était la seule chose qu'elle regrettait du monde des hommes.

A la fin du repas, Arwen la ramena dans sa chambre et essaya de lui trouver des vêtements à sa taille. Elle revint avec un pantalon brun et une tunique vert pâle.

- Ce sont mes vêtements. J'espère qu'ils vous iront. Nous confectionnons peu de vêtements de ce type pour les femmes. Il n'y a que moi qui en porte.

- Merci, c'est très gentil.

Elanor enfila la tunique et le pantalon sans difficulté, la taille lui allant parfaitement. La sensation était étrange. Elle avait porté des robes toute sa vie, et découvrait enfin le confort du pantalon. Elle était cependant un peu gênée de voir que ses jambes étaient autant moulées, et elle mit quelque temps à s'habituer.

Glorfindel l'accueillit en bas des escaliers et la mena à la caserne. Elanor n'y était jamais allée, et découvrit qu'elle se cachait non loin des écuries. L'elfe lui apprit d'abord le maniement de l'épée, lui montrant les bonnes positions à adopter en face d'un ennemi.

Elanor eut un peu de mal au début, mais au fil des heures, elle s'améliora et y prit même goût. Après quelques jours, elle finit même par faire d'énormes progrès.

Son épée, Nephredil, était très légère et facile à manier. Glorfindel lui dit que peu d'armes avaient été forgées pour les femmes, car très peu hormis les plus nobles étaient guerrières. Elles préféraient de loin la quiétude et le calme, plutôt que la guerre.

Elanor noua une vraie complicité avec Glorfindel. Surnommé l'elfe à la chevelure d'or, Elanor fut étonné d'apprendre qu'il avait vécu aux premiers âges de la Terre de Milieu, et qu'il avait connu la mort en affrontant un Balrog.

C'était un elfe d'exception, sans aucun doute, le plus fascinant et le plus beau qu'elle ait rencontré. Il ne manquait pas d'ailleurs de la taquiner à ce propos, car il s'était rendu compte qu'elle rougissait et baissait les yeux à maintes reprises. Il avait les yeux vifs et brillants et son visage lui donnait l'apparence d'un jeune homme intrépide et joyeux. Elanor se prenait au jeu, mais elle avait vite compris qu'il pouvait être sérieux lorsque la situation l'exigeait.

Les jours et les semaines passèrent, et Elanor ne savait toujours pas quand elle allait retourner chez elle. Plus le temps passait, et plus elle réalisait qu'elle n'y retournerait pas avant longtemps. Elle hésita à écrire à Maggi pour lui dire sa décision de rester, car elle avait trouvé à Fondcombe une maison et son cœur lui disait de ne pas partir.

Les paroles de Galadriel résonnaient également encore dans sa tête, et elle avait compris que malgré son envie de rester à l'écart, il lui faudrait un moment ou un autre prendre part à cette guerre.

Tandis que les semaines passaient, Elrond s'inquiéta de plus en plus. Gandalf n'était toujours pas réapparu, alors qu'il lui avait affirmé qu'il viendrait accompagner du porteur de l'anneau. Elladan et Elrohir revirent finalement à Fondcombe, et apportèrent avec eux de mauvaises nouvelles. Les Nazgul avaient quittés Minas Morgul et parcouraient à présent la Comté et les régions avoisinantes.

Elrond décida alors d'envoyer Glorfindel sur les traces du porteur.

Elanor apprit le lendemain son départ, mais n'en sut la raison. Elrond s'en garda bien de lui en parler, et elle attendit le retour de Glorfindel avec la même appréhension.

Finalement, le Gandalf arriva à Fondcombe deux jours plus tard, mais seul et en piteux état. Elrond l'accueillit avec inquiétude, et voyant son grand état de faiblesse, lui proposa de se reposer. Mais le magicien gris déclina l'offre, et affirma qu'il devait lui parler au plus vite.

Aussi, Elrond l'emmena-t-il avec lui dans son salon. Le magicien s'effondra dans un des fauteuils, fatigué et meurtri.

- Frodon est-il arrivé ? demanda Gandalf.

- Non, répondit Elrond.

Gandalf parut encore plus défait, et se ratatina dans son siège.

- J'ai eu du retard. Je lui avais promis de le rejoindre à Bree. Elrond, les neufs sont à ses trousses, il est en danger, s'exclama t-il.

- J'ai envoyé Glorfindel sur sa trace, il trouvera le porteur avant eux, lui assura Elrond.

Gandalf parut un peu soulagé, mais la culpabilité alourdissait encore ses épaules.

- Que vous est-il arrivé ? demanda Elrond en le dévisageant.

- Saroumane m'a emprisonné. Ce vaurien m'a enfermé du haut de sa tour. Il s'est allié à Sauron et ses amis sont désormais les orques, cracha Gandalf.

- Je le sais mon ami, répondit Elrond.

Gandalf se redressa, surpris.

- Comment le savez-vous ? s'étonna-t-il.

- C'est une longue histoire, mais quelqu'un nous a rapporté la complicité de Saroumane. Nous avons aussi retrouvé sa main blanche sur les casques des orques.

- Je vois. Et qui est cette personne ? demanda curieusement Gandalf.

- Vous la rencontrerez bien assez tôt. Mais à présent Mithrandir, prenez un peu de repos. Vous semblez exténué.

Gandalf acquiesça et s'appuya difficilement sur son bâton pour se relever. Elrond conduisit son ami à ses nouveaux quartiers.


Voilà ! Je pense que vous aviez deviné les origines d'Elanor, et en vérité, ce n'était pas très difficile à faire le lien. ^^ Il faut cependant savoir qu'Elanor, même si elle a du sang d'elfe qui coule dans ses veines, est complètement humaine. La seule particularité qu'elle a, et qu'elle ne sait pas encore, c'est qu'elle aura une vie beaucoup plus longue que certains mortels. Un peu comme Aragorn.

Mais je ne vous en dis pas plus.

A très bientôt pour la suite…


Ulmo : Valar. Seigneur de la mer et des eaux. En 601, le conflit contre Angband et Morgoth fut si terrible qu'une grande partie de la Terre du milieu fut anéantie et noyée sous les eaux. La région du Beleriand, où se trouvait Doriath disparut.

Istari : ils sont au nombre de cinq : Saroumane, Gandalf, Radagast, et les deux mages bleus. Ils furent envoyés par les Valar en Terre du Milieu pour aider les peuples à lutter contre Sauron, le sbire de Morgoth. Tous faillirent à leur tâche, excepté Gandalf le Gris qui guida la communauté de l'anneau et remporta la guerre avec succès.