Bonjour ! Voici le chapitre 6, merci à Delphlys, LegolasKili, Melior Silverdjane, manelor et marine02 pour vos reviews ! Vous êtes très fidèles et ça me fait énormément plaisir.

Ce nouveau chapitre va apporter du changement à la suite de l'histoire. J'espère qu'il vous plaira, n'hésitez pas à donner votre avis ou vos impressions après l'avoir lu. ;)

Bonne lecture

gallica.


Chapitre 6 : La communauté de l'anneau

Le lendemain, Elanor se réveilla sous le soleil hivernal et rafraichissant de la vallée de Foncombe. S'étirant, elle constata qu'il était plutôt une heure avancé de la matinée.

Elle se pencha vers la fenêtre donnant sur les jardins, et vit Bilbon et Gandalf assis sur un banc, semblant en grande conversation.

Elanor décida de se préparer, et enfila sa tenue d'entrainement qui consistait en une tunique vert sombre et un pantalon de la même couleur. Elle attacha sa ceinture qui maintenait son épée, puis sortit de la chambre et descendit la volée de marches qui la menait aux jardins.

Elle entra dans la grande salle où se tenait le petit déjeuner, et y vit Elrond, assis sur le trône parlant avec Gloin, le chef des nains.

Elanor s'installa à une place non loin et prit une gorgée d'eau, avant d'engloutir quelques fruits. Alors qu'elle avait à peine fini de manger, le son clair d'une cloche retentit dehors et Elrond se leva.

- Veuillez me suivre mes chers invités, le conseil va se réunir sur la grande terrasse. Tu es également conviée Elanor, lui dit Elrond en se penchant vers elle.

Elanor acquiesça et suivit Elrond et la compagnie des nains menée par Gloin, qui se dirigèrent vers la cour extérieure. Ils arrivèrent sous un porche, où étaient installées de nombreuses chaises autour d'un socle en pierre. Peu de personnes étaient arrivées, hormis Glorfindel et quelques elfes.

Elrond lui indiqua une place entre Glorfindel et une chaise vide, et Elanor s'y assis, se posant toute sorte de questions sur cette réunion imprévue. Elle semblait la seule à ne pas être au courant, car aucun d'eux ne parut surpris d'avoir été convoqué et ils attendaient l'arrivé des autres avec calme.

Glorfindel brisa le silence en lui souhaitant le bonjour.

- Mae govannen, Elanor. Comment vas-tu depuis les festivités d'hier ?

- Hannon le. Je vais bien. Mais je ne m'attendais pas à cette réunion, que se passe-t-il ?

- Tu le découvriras bien assez tôt je pense, lui répondit Glorfindel. Elrond va tout expliquer, ne t'inquiètes pas.

Il lui fit un sourire rassurant, et la tension dans les épaules d'Elanor s'aténua.

Ils attendirent l'arrivée des autres qui arrivèrent au compte-goutte. Aragorn s'assit à ses côtés, tandis qu'au même moment elle vit apparaître dans son champ de vision l'elfe de la forêt noire à qui elle avait parlé la veille.

Elanor le regarda s'asseoir en face d'elle, et vit qu'il était suivit de trois autres elfes lui ressemblant. Lorsqu'il fut assis, l'elfe la remarqua enfin et il sembla surprit de sa présence.

Elanor soutint quelques secondes son regard, avant de baisser les yeux et de croiser les bras, mal à l'aise. Quand elle releva enfin les yeux, l'elfe avait tourné la tête.

- Il ne manque plus que Gandalf et nos deux hobbits, observa Elrond.

Ceux-ci arrivèrent juste après qu'il ait ouvert la bouche.

- Excusez notre retard, seigneur Elrond, dit Gandalf.

- Asseyez-vous mes amis. Il semble que nous soyons au complet, dit Elrond en regardant l'assemblée. Frodon, venez par ici.

Le seigneur elfe attira Frodon à ses côtés et le présenta à toute l'assemblée.

- Voici, mes amis, le Hobbit, Frodon fils de Drogon. Peu de gens sont venus ici au prix de périls plus grands et pour une mission aussi urgente.

Puis Elrond désigna chaque personne que Frodon n'avait pas encore rencontrée. Gimli, le fils de Gloin, et ses compagnons de route. Des conseillers de la maison d'Elrond, Galdor un elfe des Havres Gris, porteur de la parole de Cirdan le charpentier des navires. Puis Legolas, fils du roi Thranduil, du royaume de la forêt noire.

C'était l'elfe qu'Elanor avait rencontré.

Elle le regarda cette fois avec ébahissement. Un prince ? Elanor ne l'aurait jamais supposé. N'était-il pas un simple messager ? Elle se sentit tout à coup bête, et stupide. Comment n'avait-elle pas pu le voir ?

Elrond présenta enfin un des seuls hommes présent, Boromir fils de l'intendant du Gondor qu'Elanor n'avait jusque-là pas remarqué. C'était un homme de haute taille, au visage beau et noble, aux cheveux bruns et aux yeux gris, qui avait un regard fier et grave, et qui surplombait toute l'assemblée. Il portait un manteau et des bottes de belles factures, mais défraichies par le temps comme usées lors d'un long voyage à cheval, ce qui semblait être le cas. Il avait un col brodé d'argent, et sur ses genoux reposait un cor.

Un étrange sentiment de chaleur et de familiarité traversa Elanor, tandis qu'elle observait l'homme, ayant l'impression tout à coup de se retrouver à l'auberge du cheval blanc entourée des gens de son espèce.

Elrond commença enfin à parler de choses sérieuses, et les discussions dérivèrent sur les récents évènements qui s'étaient passés dans le Sud. Boromir annonça que les troupes d'orques s'étaient multipliées, et que du Mordor jaillissaient des légions que le Gondor avait de plus en mal à tenir à distance.

Elanor avait déjà entendu cette rumeur, et Boromir corroborait ce qui avait été dit par les gens en Eriador. C'était d'autant plus préoccupant, car Elanor n'avait jamais su si cette rumeur disait vraie, hormis quand elle avait été enlevée dans la forêt. Là, elle avait su, que c'était plus que des simples bruits de couloir.

Gloin prit ensuite la parole, révélant l'inquiétude des nains en ce qui concernait la Moria et l'alliance que Sauron leur avait offerte, mais qu'ils avaient décliné.

- Un cavalier noir s'est présenté à nos portes, dit Gloin. C'était un messager de Sauron, apportant avec lui des anneaux de pouvoirs comme au temps de jadis. Mais nous avons refusé son offre.

Elrond et Gandalf échangèrent un regard préoccupé.

- Un nazgul, commenta Gandalf.

- Vous avez bien fait de venir, déclara Elrond. Car le sort de l'anneau unique doit être débattu. C'est pourquoi vous êtes rassemblés en ce jour, étrangers venus de terres lointaines. L'histoire de l'anneau vous sera raconté, du début jusqu'à maintenant, afin que tous puissent comprendre de quoi il en ressort.

Elrond raconta alors comment le maître anneau fut forgé pour gouverner tous les autres. Chacun resta pendu à ses lèvres, découvrant certains passages de l'histoire qu'ils avaient oubliés ou n'avaient encore entendu. Elanor découvrait entièrement l'histoire de l'anneau, dont elle n'avait jamais entendu parler. Cette découverte lui fit l'effet d'un frisson glacial.

Elrond raconta les anciennes batailles, la chute des rois de Numénors, jusqu'au dernier combat devant les portes noires, où les hommes elfes et nains s'allièrent contre Sauron.

- Je me rappelle bien la splendeur de leur bannière, dit-il avec émotion. Elle me rappelait la gloire des jours Ancien et les armées de Beleriand, où tant de grands princes et capitaines étaient rassemblés.

- Vous vous en rappelez ? s'exclama tout haut Frodon, avec étonnement. Mais… ça s'est passé il y a une éternité.

- 3000 ans exactement. En effet, mais ma mémoire porte jusqu'aux jours ancien, dit Elrond. Eärendil était mon père, qui naquit à Gondolin avant sa chute et ma mère était Elwing, fille de Dior, lui-même fils de Luthien de Doriath. J'ai vu trois âges dans l'Ouest du monde, et maintes défaites, et maintes victoires sans lendemain. Je fus le héraut de Gil-Galad, et j'ai marché avec la grande armée jusqu'aux portes noires.

L'assemblée, et les elfes l'écoutèrent avec une admiration non dissimulée.

Elrond raconta alors la suite et le destin funeste d'Isildur qui choisit de garder l'anneau pour lui.

- Sauron fut diminué par sa défaite, mais pas détruit. L'alliance entre les hommes, les elfes et les nains fut la dernière. Beaucoup de lignées de rois furent détruites à cette époque, et la lignée des hommes de Numéror se perdit. Leur nombre diminua peu à peu, et leurs cités disparurent, poussant les derniers d'entre eux à errer dans les terres du Nord. L'anneau fut perdu, mais à présent il a été retrouvé. Frodon, montrez-leur l'anneau.

Frodon se leva alors, et posa quelque chose sur le socle de pierre au centre.

Elanor sentit aussitôt une force puissante l'attirer vers l'anneau. Une voix séduisante et maléfique lui murmura de prendre l'anneau, et de s'enfuir de Fondcombe en l'emportant loin de ces terres.

C'était donc ça l'objet qui attisait tant de convoitise, et que le hobbit transportait.

Chacun fut hypnotisé par la beauté de l'anneau et un silence lourd et pesant s'installa, avant que Boromir n'y mette fin.

- C'est donc vrai…

Il se leva lentement.

- J'ai fait un rêve, dit-il, où j'ai vu le ciel à l'Est s'assombrir. Mais à l'Ouest une pâle lueur persistait, et une voix s'écriait : « Votre fin est proche ».

Un silence lourd s'abattit dans l'assemblée, et la plupart des membres regardèrent Boromir s'approcher de l'anneau avec suspicion.

Elanor sentit que l'anneau l'appelait, et elle était certaine que Boromir ressentait également la même chose. Les murmures de l'unique résonnaient fortement dans son esprit, et Elanor porta la main à sa tête, sentant son crâne se comprimer tout à coup.

- Le fléau d'Isildur a été retrouvé.

Boromir tendit alors à ce moment la main vers l'anneau, et Elanor eut alors soudain l'envie de se lever et de lui hurler dessus.

- Le fléau d'Isildur a été retrouvé, répéta-t-il plus doucement.

Elanor serra les poings sur sa chaise nerveusement, et lorsque Boromir finit par atteindre l'anneau Elrond se leva brusquement de sa chaise, suivit d'Elanor et de la moitié de l'assemblée.

- ARRETEZ ! s'écria-t-elle.

- BOROMIR ! hurla Elrond.

Gandalf alors se leva et se mit à réciter des paroles en langage du Mordor. Un grondement infernal sortit de la terre, les écrasant tous. Elanor s'effondra sur sa chaise, terrifiée et tremblant de tous ses membres tandis qu'un nuage d'ombre s'étendait au-dessus de leur tête. Elle entendit des hurlements et ses cris de douleur résonner dans son esprit, ainsi que les gloussements des orques. Les larmes coulèrent sur ses joues sans qu'elle s'en aperçoive, tandis que les souvenirs désagréables de sa séquestration lui revenaient.

Boromir finit par reculer et se rassoir la mine défaite. La lumière du soleil revint finalement dans la clairière lorsque le magicien se tut, et Elrond se tourna vers Gandalf avec colère.

- Jamais de mots dans cette langue n'ont été prononcés ici, à Imladris.

La plupart des elfes se tenaient encore le cœur, bouleversé.

- Je n'implore pas votre pardon, maître Elrond, répondit Gandalf. Car le parler noir du Mordor peut être entendu dans toutes les régions de l'Ouest. L'anneau est totalement maléfique, conclua t-il.

Elrond se rassit sur son trône, mécontent, et ne regarda plus Gandalf. Son regard tomba alors sur Elanor. Celle-ci tremblait de tous ses membres, et des traces de larmes sillonnaient ses joues. Elrond se redressa, inquiet, mais quelqu'un l'interrompit avant qu'il ne puisse lui parler.

- Cet anneau est un don, s'exclama Boromir une nouvelle fois. Un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir ? Mon père, l'intendant du Gondor a tenu à distance les forces du Mordor. C'est grâce au sang de notre peuple, que vos terres sont encore en sécurité ! Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi, et laissez-le nous l'utiliser contre lui.

- On ne peut le contrôler ! s'exclama Aragorn en se levant. Aucun ne le peux. L'anneau unique ne répondu qu'à Sauron, il n'a pas d'autre maître.

Boromir se retourna vers lui et le regarda de haut.

- Et qu'est-ce qu'un rodeur connaît à ses choses-là.

Elanor écrasa ses jointures, et sentit son voisin Glorfindel prêt à se lever. Mais un autre elfe les devança, et à sa grande surprise, ce fut Legolas. Il adressa un regard glacial à Boromir.

- Ce n'est pas un simple rodeur, dit-il. C'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.

Un silence pesant s'abattit entre les deux hommes, et Boromir bien que surpris par cette révélation, garda la tête haute et fière.

- Aragorn ? Le descendant d'Isildur ?

- Et l'héritier du trône du Gondor, déclara Legolas.

Elanor dévisagea Aragorn avec ébahissement. Il ne le lui avait pas dit !

Aragorn était donc un héritier ? Le futur roi du Gondor !

Boromir fixa le rodeur avec une lueur de surprise dans le regard, et Aragorn, gêné, fit un signe d'apaisement à l'intention de Legolas.

- Avodad, Legolas... , lui demanda-t-il en elfique.

Boromir jeta un coup d'œil à Legolas, puis défia Aragorn du regard avant se diriger vers sa chaise.

- Le Gondor n'a pas de roi. Il n'en a pas besoin.

Il se rassit avec un air mauvais, et continua de fixer Aragorn. Ce dernier mal à l'aise, se tut et ne répondit pas à l'insulte bien que ses mots semblèrent le blesser.

Elanor jeta un regard à son voisin de droite, puis après un moment d'hésitation elle posa sa main sur la sienne, en signe de soutien. Elle sentit les épaules d'Aragorn se détendre un peu, et il tourna la tête vers elle avec un signe de remerciement.

- Aragorn a raison, s'exclama Gandalf, on ne peut l'utiliser.

Elrond se leva alors une nouvelle fois, avec une expression grave.

- Vous n'avez pas le choix, l'anneau doit être détruit.

Boromir soupira, et tous les yeux se tournèrent vers l'anneau.

- Qu'attendons-nous pour le faire ! s'exclama Gimli.

Le nain se leva brusquement, et avant que tout le monde ne puisse l'en empêcher abattit sa hache sur l'anneau. Son arme se brisa en mille morceaux, et Gimli retomba en arrière, repoussé par une force invisible.

Les nains l'aidèrent à se relever, tandis qu'il regardait sa hache brisée, choqué.

Frodon se prit brusquement la tête entre ses mains, victime d'un malaise.

- L'anneau ne peut être détruit, Gimli fils de Gloin, par aucun moyen entre notre possession, lui dit Elrond. L'anneau a été forgé dans les flammes de la montagne du destin, il n'y a que là qu'il puisse être détruit. Il faut le jeter dans les profondeurs du Mordor, dans l'abime flamboyant d'où il est apparu autrefois.

Un silence interminable plomba l'assemblée, qui n'était que coupé par le murmure ensorcelant de l'anneau.

- L'un de vous doit le faire, déclara Elrond.

Chacun se consulta du regard, espérant qu'un volontaire se manifeste. Mais personne ne se leva.

- On n'entre pas si facilement en Mordor, dit Boromir en se massant le crâne. Ses portes noires ne sont pas gardées que par des orques ! En ces lieux il y a un mal là-dedans qui ne dort jamais.

L'assemblée se sentit soudainement mal à l'aise. Gimli souffla, et remua dans sa chaise. Elanor et les elfes ne se sentir pas mieux, et celle-ci regardait pour la première fois Boromir avec fascination.

- Et le grand œil, continua Boromir en le mimant avec sa main, est toujours attentif. C'est une terre, dévastée et stérile, recouverte de braises, de cendre et de poussière. L'air qu'on y respire… n'est que vapeur empoisonnée. Même dix milles hommes n'en viendraient pas à bout. C'est une folie !

Legolas se leva à nouveau et lui parla violemment.

- N'avez-vous pas entendu ce que le seigneur Elrond a dit ! L'anneau doit-être détruit !

- Et je suppose que vous croyez être celui qui doit le faire ! s'insurgea Gimli.

- Si nous échouons qu'arrivera-t-il ?

Boromir se leva, le ton de sa voix montant.

- Que se passera-t-il quand Sauron récupérera son anneau ?!

Gimli se leva à son tour.

- J'aime mieux mourir plutôt que de voir l'anneau dans les mains d'un elfe !

Une vague de colère traversa l'assemblée des elfes et la plupart se levèrent, et tous se mirent à se disputer pour l'anneau.

- Oui, nul ne peux se fier à un elfe ! continua Gimli.

Les hommes et les nains acquiescèrent à la remarque de Gimli et se rassemblèrent derrière lui, tandis que Legolas tendait de retenir les siens avec ses bras.

Sept personnes restèrent assises, dont Elanor, Glorfindel, Gandalf, Aragorn, et les deux hobbits, Bilbon et Frodon. Alors que tous se disputaient à grands cris et d'insultes, Frodon semblait aller de plus en plus mal.

La voix chuchotant et tentatrice de l'anneau se fit plus forte dans l'esprit d'Elanor qui perdit également le fil de la scène qui se déroulait devant elle. Ses yeux ne restèrent fixés que sur l'anneau, et elle dut se faire violence pour détourner le regard.

Quelle était cette chose qui lui donnait l'impression d'être un être égoïste et avare ?

Gandalf se leva pour prendre part aux discussions houleuses, essayant en vain de faire entendre sa voix. Il entra dans un conflit violent avec Boromir qui voulait absolument prendre l'anneau pour le Gondor.

Aragorn soupira, et se prit la tête dans les mains, découragé. Elanor observa alors Frodon, qui regardait l'anneau avec un air déterminé qu'elle ne lui avait encore jamais vu, ni chez aucun hobbit.

Il se leva alors soudainement.

- Je vais le faire ! s'écria-t-il.

Mais personne ne l'entendit, et tous continuèrent de se disputer.

- Je vais le faire ! répéta Frodon plus fortement en se faisant cette fois entendre.

Gandalf se retourna lentement, et toutes les conversations se turent l'une après l'autre.

- Je vais porter l'anneau en Mordor, déclara Frodon avec assurance.

Tous les regards des grands seigneurs de la terre du milieu se portèrent sur lui, et un silence stupéfait tomba. Frodon, les regardant tous, fut légèrement intimidé et baissa d'un ton.

- Bien que… je ne connaisse pas le moyen, dit-il d'une petite voix.

Elanor eut un pincement au cœur, et ressentit l'envie de le rejoindre, mais Gandalf la devança.

- Je vais vous aider à porter ce fardeau, Frodon Sacquet, lui dit-il en lui posant la main sur l'épaule. Aussi longtemps que vous aurez à la porter.

Elanor sentit alors Aragorn se lever à ses côtés, et le regarda avec stupéfaction s'agenouiller devant Frodon.

- Si par ma vie et par ma mort, je peux vous protéger, alors je le ferais. Mon épée est votre.

Aragorn se plaça derrière Frodon, et à la surprise de tout le monde un autre se porta volontaire. Legolas fit un pas en avant.

- Et mon arc est votre, dit-il à Frodon d'une voix douce.

Gimli quitta alors sa place près des nains et s'avança.

- Et ma hache.

Il les rejoignit, au plus grand énervement de Legolas qui se tenait à côté de lui et Elanor ne sut lequel des deux était le plus dérangé par la présence de l'autre.

Boromir s'approcha alors de Frodon.

- Vous avez le destin de nous tous entre vos mains, petit homme. Et si telle est la volonté du conseil, dit-il en regardant Elrond et la totalité des personnes présentes, le Gondor se joindra à vous.

- Hé !

Tout le monde se retourna vers les fourrés, et Sam Gamgie sortit en trébuchant d'un buisson. Celui-ci s'arrêta à côté de Frodon et les bras croisés.

- Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi.

- Non en effet, il n'est guère possible de vous séparer, et cela même lorsqu'il est convoqué à un conseil secret et vous non, lui répondit Elrond avec un sourire amusé.

- Oh ! Nous venons aussi !

Elanor se retourna, et juste derrière elle jaillit deux hobbits qui rejoignirent Frodon en courant.

- Il faudrait nous attacher dans un sac pour nous en empêcher, s'exclama Merry.

- Oui c'est vrai, ajouta Pippin. Vous avez besoin de gens intelligents pour ce genre de mission… quête… chose ?

Tout le monde le regarda avec interrogation.

- Bon là ça te met hors course Pippin, lui souffla Merry tandis que son cousin relevait le menton fièrement.

Elrond les contempla.

- Voici donc neuf compagnons…

Elanor ressentit quelque chose de puissant en regardant le petit groupe, et une force inconnue la poussa à se lever. Elle sut du fond d'elle-même, qu'elle devait les rejoindre, et se porter volontaire.

Et elle devait le faire maintenant, ou sinon elle ne pourrait plus jamais faire marche arrière, et elle savait qu'elle allait le regretter tôt ou tard.

Aussi, Elanor se leva dans un élan de courage, et tous les yeux tombèrent sur elle.

Elrond et Glorfindel tournèrent brusquement la tête, et les neuf compagnons de Frodon la regardèrent avec étonnement. Ceux qui ne l'avaient pas encore remarqué, où qui l'avaient pris pour un elfe, furent surprit de voir une femme dans une tenue d'homme s'avancer. Elle sentit le regard désapprobateur d'Elrond sur sa nuque, tandis qu'elle rejoignait Frodon mais l'ignora.

La main sur la garde de Nephredil, son épée, Elanor resta droite et fière devant tous les hommes présents qui la jaugeaient du regard et s'agenouilla devant Frodon.

- Comme vous, je ne connais pas beaucoup la guerre, Frodon Saquet. Mais si par mon sang, je peux vous aider dans votre quête, alors mon épée est votre.

Une autre voix semblait dire ces mots, et Elanor rencontra le regard surpris mais aussi reconnaissant du Hobbit.

- Une femme n'a pas sa place dans la communauté, s'exclama alors Boromir.

Elanor se releva et l'affronta du regard.

Elle fut déçue de voir de la désapprobation dans les yeux de la plupart des autres membres, dont Gandalf et Gimli. Même Aragorn semblait hésiter. Elle tourna alors son regard vers Legolas, s'attendant à y voir la même expression, mais il la regardait avec un intérêt non feint.

- Je sais me battre contrairement à ce que vous pouvez penser, répliqua Elanor. Et ce n'est pas un homme de votre acabit qui va me dicter ce que je dois faire.

- Que dites-vous ? s'écria Boromir laissant éclater sa colère, vexé.

- Elanor, reprends tes esprits, lui conseilla Aragorn. Tu t'aventures vers une route dangereuse et semée d'embuches.

- Je ne vois pas pourquoi des hobbits prendraient part à cette quête et moi non. Cette quête, je peux l'accomplir comme eux.

- Et qu'est-ce qu'une femme aussi délicate que vous aurait à y gagner ? lui fit remarquer gentiment Gimli.

Elanor se tourna vers lui.

- L'honneur maître nain et le respect, répondit Elanor. Moi aussi j'ai des rêves, un peuple, et une famille à protéger.

En disant ces mots elle regarda Elrond. L'elfe s'était figé. Personne ne sut trouver les mots pour la contredire. Elrond la dévisagea pendant plusieurs secondes avant de prendre la parole.

- Maître Gimli, je pense que vous ne savez pas qui est cette femme qui se trouve devant vous. Il s'agit d'une descendante du roi elfe Thingol et de Melian la Mair. Elle a droit à une parole aussi forte que la vôtre en ces lieux, messieurs, car elle détient l'épée du roi Dior, Niphredil. Et c'est aussi une de mes parentes.

Le nain ouvrit la bouche et en oublia de la refermer tellement sa surprise était grande. Les yeux de Boromir descendirent sur l'épée qui était à la ceinture d'Elanor, et il se tut, bien que les mots lui mordaient à la bouche. Les hobbits, excepté Bilbon et Frodon qui la regardaient bouche bée, ne parurent rien comprendre à la conversation. Aragorn conserva la même expression indécise, et Legolas la regardait avec un air indéchiffrable qu'Elanor ne parvint pas à saisir.

- Si telle est ta décision, Elanor, alors tu peux te joindre à eux, lui dit Elrond. Mais saches que je n'approuve pas cette décision.

Elanor acquiesça, ressentant la tristesse dans les paroles d'Elrond. Elle prit pourtant place à côté des autres compagnons de Frodon, sans remord.

- Cela fait donc dix compagnons, dit Elrond en les regardant tous. Ainsi nait la communauté de l'anneau.

- Chouette ! s'exclama Pippin, sautillant sur place. Où est-ce qu'on va ?

Elanor baissa les yeux sur le petit hobbit devant elle, alors que tout le monde le regarda avec consternation.

Ça commence bien, pensa-t-elle. Et elle se mit à rire.