La suite... Un chapitre que j'aime un peu moins.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 57 : Monologue.
Ziva laissait courir ses doigts sur le clavier noir et blanc de son piano. C'était redevenu une habitude ces derniers jours. Elle avait retrouvé là le pouvoir apaisant de cet instrument. Elle ne se lassait pas d'en user, surtout dans des soirées comme celles-ci, où elle ne parvenait à dormir convenablement.
Tony et Ziva étaient rentrés à son appartement plusieurs heures plutôt après cette agréable soirée en famille passée chez Gibbs. Les deux amoureux avaient fait face aux regards lourds de sens de leurs amis en regagnant la salle à manger de Gibbs, qui leur avait gentiment rappelé qu'ils étaient chez lui. Tony s'était alors empressé de commenter en long et en large l'attitude déplaisante d'Elina qui ne cessait de se réveiller et les avait occupé un moment, alors qu'ils tentaient de la rendormir. Le repas avait alors repris son cours. Tony et Ziva s'étaient servi une part de dessert et avait repris part à la conversation. Ce n'est que deux heures plus tard qu'ils étaient remontés dans la voiture de Ziva, quelques peu fatigués après cette longue soirée.
Arrivés chez la jeune femme, à la vue de sa mustang garée sur le trottoir, Tony lui avait rapidement rappelé que s'il n'avait pas retrouvé ses clés demain midi, il ne se gênerait pas pour mettre à sac l'appartement dans sa totalité. Ziva, afin de le faire taire s'était alors empressée de lui donner ce qu'elle lui avait promis. Elle s'était approchée et l'avait embrassé avec ardeur tout en le conduisant jusqu'à sa chambre.
Sur le chemin peu à peu ils s'étaient débarrassés de leurs vêtements encombrants, puis enfin ils s'étaient laissés tomber sur le lit où ils avaient passé de longues minutes à se prouver qu'ils s'aimaient.
Puis Ziva s'était endormie dans ses bras, comme souvent ces derniers temps. C'en était presque devenu une nécessité. Un léger sourire se dessina au coin des lèvres de la jeune femme à cette pensée. Certaines habitudes se prenaient vite… Elle était fatiguée et avait cru à ce moment là, dans ce demi sommeil, que la nuit serait bonne, comme chaque fois dans les bras de Tony. Mais elle s'était vite aperçue qu'il n'en serait rien, loin de là.
C'est vers trois heures du matin que Ziva avait rouvert ses yeux. L'obscurité totale régnait dans la pièce. Aucun bruit ne s'y faisait attendre, mise à part la respiration régulière de Tony, qui lui semblait toujours absorbé par ses songes.
La jeune femme avait brutalement soulevé ses paupières. La respiration haletante, elle avait rapidement tourné la tête à droite puis à gauche, afin de se repérer dans tout ce noir. Elle avait mis plusieurs secondes à réaliser qu'elle se trouvait dans son appartement, encore trop étourdie par le cauchemar qui venait de la réveiller.
Ziva s'était assise et avait tenté de se calmer, de revenir à des pensées plus calmes. Elle était restée plusieurs secondes à demi prostrée dans cette position, pensive. Cela faisait plusieurs semaines qu'un tel cauchemar ne l'avait pas surprise au point de la réveiller. Elle avait même cru en avoir fini avec ces vieux souvenirs. Le rappel était brutal. Heureusement qu'elle n'avait pas réveillé Tony, s'était-elle dit. Après quelques secondes passées à se rassurer et se dire que tout cela était terminé, derrière elle, qu'un nouvel avenir s'offrait à elle, elle s'était rallongée aux côtés de l'homme qu'elle aimait, et avait tenté de regagner les bras de Morphée.
Longtemps, observant tour à tour Tony et la pièce elle s'était dit qu'elle parviendrait à se rendormir. Mais rien n'y fit. Elle était restée éveillée. Après le cauchemar, l'insomnie, avait-elle constatée, un brin amère. Elle avait jeté un dernier coup d'œil à Tony, puis elle avait décidé de se lever, refusant de le réveiller lui aussi.
Sans bruit elle avait quitté la chambre, et avait gagné la cuisine où elle s'était préparée une tisane, resongeant à son rêve. Elle l'avait bu adossée contre le plan de travail, en regardant son appartement, qui effectivement était en chantier. Elle était restée inactive plusieurs minutes, avait envisagé l'idée de se rendormir, puis d'un geste décidé avait reposé sa tasse. Elle s'était dirigée d'un pas pressé vers son salon, et avait entrepris de partir à la recherche des clefs de voiture de Tony. Cela l'occuperait un moment, et éviterait à Tony de tout retourner, s'était-elle dit. Il régnait déjà un bazar suffisamment grand entre ces murs pour ne pas en rajouter. Elle avait finit par retrouver l'objet si précieux aux yeux de Tony par terre, tombé entre deux cartons. Elle avait alors soigneusement posé le jeu de clés sur son plan de travail.
C'est seulement à ce moment, acceptant enfin l'idée que sa nuit était terminée, qu'elle s'était assise à son piano. Elle avait enfoncé la pédale d'appartement et avait commencé à aligner les notes, déchiffrant pour l'occasion une nouvelle partition.
Ziva reprit à la première note, recommençant ce morceau dont à présent elle maîtrisait la première partie. Elle n'avait aucune idée du temps qu'elle avait passé assise là, lorsqu'elle vit la silhouette de Tony approcher.
- Désolée, je t'ai réveillé? Demanda-t-elle, en cessant de jouer, et en regardant ses petits yeux qu'il gardait difficilement ouvert.
- C'est sûrement toi qui m'a réveillé, mais peu importe, répondit Tony en approchant toujours.
Il s'assit à coté de Ziva sur le tabouret alors qu'elle se poussait un peu.
- Continue, l'incita-t-il en désignant le clavier d'un signe de tête.
- Non, ce n'est pas la peine. Je vais aller me recoucher avec toi.
- Joue Ziva, reprit Tony, lui faisant gentiment comprendre qu'il ne lui en laissait pas le choix.
Ziva le regarda, légèrement surprise.
- Il y a des années que je ne t'ai pas vu jouer Zi, et maintenant que je suis réveillé tu sais… ajouta-t-il pour la forme.
Ziva finit par acquiescer en silence et reposa ses doigts sur le clavier, où elle entreprit de jouer des morceaux qu'elle connaissait davantage. Tony resta plusieurs minutes à la regarder, et à l'écouter jouer. Il observait ses doigts, l'expression de son visage.
Peu à peu il commença à la déranger. Il posa sa main sur sa hanche, fit remonter ses doigts dans son dos, lui souffla quelques mots à l'oreille, dans le simple but de la déranger et de lui faire perdre le fil. Ziva résista plusieurs secondes, puis finit par s'arrêter en plein milieu d'un rondo, soudainement complètement perdue. Elle soupira, faussement agacée.
- C'est bon, tu as gagné, j'ai perdu, dit Ziva.
- Tu peux répéter ça? Demanda Tony, voulant profiter de cette situation.
- Tu as gagné et j'ai perdu, répéta Ziva en se montrant plus frustrée que nécessaire.
Tony sourit en la regardant.
- Encore une petite fois? Osa demander Tony.
Ziva approcha son visage du sien.
- Si tu me forces à répéter je ne te dis pas où j'ai mis les clefs de ta mustang que j'ai retrouvées.
- Tu as retrouvé mes clefs? S'exclama Tony en s'éloignant.
- Oui.
- Bon, alors je ne te fais pas répéter, concéda-t-il. Mais seulement si tu me dis depuis combien de temps tu es réveillée, ajouta Tony.
- Depuis trois heures du matin, répondit Ziva en reportant son attention sur son livre de partitions.
- Tout ce temps? Mais tu n'as quasiment pas dormi! S'étonna Tony en la regardant toujours.
- Hum, répondit simplement Ziva, qui comme le comprit Tony, refusait de s'étendre sur ce sujet. Cependant il n'était pas décidé à la laisser s'en tirer si facilement.
- Qu'est-ce qui t'a réveillé? Demanda Tony après quelques secondes de silence.
- Je ne sais pas. Un camion à dû passer dans la rue.
- Tu mens, lâcha Tony après une courte hésitation. Il n'avait aucune envie de se brouiller avec Ziva ce soir. Enfin, ce matin plutôt.
Ziva soupira. Elle n'avait pas envie de s'expliquer et cherchait désespérément quelque chose à jouer pour s'occuper et repousser les questions de Tony.
- Un mauvais rêve peut-être? Questionna Tony au bout de plusieurs minutes où il sentit clairement la gêne de Ziva.
- Sûrement, acquiesça l'israélienne.
- Certainement même. Alors c'est donc ça. C'est un cauchemar qui t'empêche de dormir.
- Tu as l'air drôlement sûr de toi, remarqua Ziva en se tournant légèrement afin de lui faire face.
- Tu sais travailler quatre ans avec Hélène, ça n'a pas que des mauvais côtés.
- Tout dépend de la position qu'on occupe répondit Ziva en le regardant toujours.
- C'est vrai, avoua Tony dans un demi sourire. Tu ne veux pas me dire ce qui te dérange? Reprit Tony. Car tu sembles toujours préoccupée.
- J'ai si mauvaise mine que ça? Demanda Ziva.
- Tu es toujours magnifique, mais tu as l'air soucieuse, répondit Tony dans un grand sourire.
- Tu n'en loupes pas une, commenta Ziva.
- Et toi ne cherche pas à dévier le sujet de la conversation, la reprit Tony.
Ziva soupira.
- C'est compliqué, long, et je n'ai pas très envie d'en parler maintenant, dit-elle en commençant à aligner plusieurs notes sur le piano.
Pour tout réponse, Tony appuya au hasard sur plusieurs notes à l'extrême droite du piano, de plus en plus fort, empêchant Ziva de continuer.
- Dis le si tu as envie de jouer, on fait un quatre mains, répondit Ziva.
- Ce matin c'est de parler dont j'ai envie. Et il ne nous reste que deux heures avant d'aller au NCIS, alors autant commencer dès maintenant, tu ne crois pas?
Ziva soupira et lâcha le clavier une nouvelle fois, comprenant qu'elle ne lui échapperait pas.
- Et vue comme tu es décidé je suis sûre qu'en plus de ça tu as déjà choisi le sujet de la conversation, poursuivit Ziva en reportant son regard dans le sien.
- Me voilà démasqué, répondit comiquement Tony.
Il fut satisfait d'entendre le rire de Ziva suite à cela. Il lui vola un léger baiser, puis s'écarta en la regardant. Il reprenait déjà son sérieux, constata Ziva, ce qui n'était pas de bon augure.
- Tu ne m'as jamais parlé de ce que tu as fait ces quatre dernières années, à partir du moment où tu as quitté mon appartement, commença l'italien après plusieurs secondes de silence.
- C'est faux, déclara Ziva.
- J'ai eu droit à la version de Tim, mais j'attends toujours la tienne.
- Je t'ai déjà dit que j'avais travaillé dans une maison d'édition, je t'ai parlé de Sarah, plusieurs fois on a abordé le sujet.
- Tu n'es jamais rentrée dans les détails.
- J'ai occupé la conversation pendant plus d'une heure chez Gibbs hier soir, ajouta Ziva.
Tony soupira.
- Oui, tu as dit que tu travaillais chez Stirau, et tu as raconté tout ce qui c'est passé à partir du moment où tu as croisé Tim dans un couloir. Votre rencontre, la préparation de ton retour, ton retour… A force je connais presque ta version par cœur. C'est le reste que je veux savoir, poursuivit Tony. Ce qu'il s'est passé à partir du moment où tu as claqué la porte de mon appartement, jusqu'au moment où tu as rencontré Tim.
Ziva baissa les yeux. Il n'avait pas tort, elle n'avait pas été très bavarde sur ce sujet.
- Tim t'a raconté, ce fut tout ce qu'elle trouva à répondre.
- Oui, c'est vrai. J'ai dû passé deux heures à l'écouter parler. Mais c'est toi que je veux entendre. McGee ne sait pas tout, il ne l'a pas vécu, il a pu se tromper, mélanger des choses. Je veux que toi tu me racontes. Et pas ta vie à Paris, ça tu l'as déjà évoqué. Au risque de me répéter, ce que je veux savoir, c'est ce qu'il s'est passé avant que tu arrives en France Ziva. Et pas la version enjolivée pour les copines.
Ziva hocha la tête.
- Hum, avoua Ziva. Je comprends que tu veuilles savoir. Mais comprends que c'est difficile pour moi d'en parler Tony, dit-elle en plantant ses yeux dans les siens.
- Alors fait un effort.
- Tony…
- Non Ziva, je ne te lâcherai pas sur ce coup, pas la peine d'insister, répondit Tony en s'écartant un peu de Ziva.
La jeune femme se leva, jeta un œil par la fenêtre et alla s'asseoir sur le canapé, tournant ainsi le dos à Tony. Celui-ci se tourna sur le tabouret pour continuer de l'observer. Il ne voyait que sa tête qui dépassait. Il l'entendit soupirer bruyamment. Il savait que ce qu'il lui demandait là n'était pas simple. Que c'était même douloureux. Mais il avait besoin de savoir. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il y pensait, et qu'il se forçait à remettre à plus tard cette discussion. Cependant ce matin il s'était dit qu'il était temps. Qu'il fallait cesser de reporter cet instant. Tout deux avaient besoin d'avoir cette discussion, de mettre une fois pour toutes les choses au clair.
- Tu sais que c'est mon père qui m'a demandé de partir, commença Ziva, le surprenant en mettant fin au silence à cet instant.
- Oui. Il t'a demandé une dernière mission, ajouta Tony, sachant qu'elle n'y arriverait pas si il se contentait d'écouter et la laissait seule face à cette épreuve.
- Dès que j'ai quitté ton appartement je me suis rendue à l'aéroport. Le lendemain, alors que vous commenciez à me chercher, je faisais face à mon père dans son bureau. On ne m'a même pas laissé le temps de passer voir quelques vieux amis, comme je m'en doutais. Il s'est montré froid et distant, m'a donné l'ordre de mission, et m'a aussitôt congédiée. Il est allé droit au but puis il a refermé la porte de son bureau derrière moi. Je suis allée à l'hôtel le plus proche. Une fois dans ma chambre j'ai commencé à éplucher le dossier. Je devais partir, comme je le découvrais, à Gaza, dès le lendemain matin. J'ai alors pris conscience de tous les risques que comportait cette mission.
Ziva marqua une pause que Tony respecta. Pour le coup, elle était entrée dans les détails, avait-il remarqué, mais il ne lui en voulait pas. Il l'écoutait, portant attention au moindre de ces mots. Il lui laissa prendre le temps qui lui était nécessaire, se faisant discret, comprenant qu'elle était bien loin, ailleurs que dans cet appartement à cet instant.
- J'évitais de penser à toi, continua Ziva. Je me posais des tas de question. À quoi est-ce que tu pensais? Que pensais-tu de moi? Comment tu m'accueillerais quand je rentrerai? Est-ce que cette nuit comptais aussi pour toi? Est-ce que je ne t'avais pas juste donné l'impression d'être une fille facile? Est-ce que tu étais en train de me chercher? Je ne me faisais aucun doute sur le fait que mon père s'était arrangé pour brouiller la moindre des pistes pouvant mener jusqu'à moi. Jusqu'à ce que je n'arrive à Gaza et rentre dans le vif du sujet, je n'ai cessé de penser à toi, et plus globalement à l'équipe. En étudiant l'ordre de mission, instinctivement j'avais compris que j'étais parti pour plus longtemps que je ne le pensais. Je ne me doutais aucunement que je resterai absente pendant quatre ans, mais je savais que je ne serai pas de retour pour la fête surprise à l'occasion de l'anniversaire de Gibbs, quinze jours plus tard.
Ziva se tut à nouveau. Elle parlait lentement, laissant les souvenirs revenir un à un.
- Vous l'avez faite, cette fête surprise? Finit-elle par demander, sans toutefois se retourner pour croiser les yeux de Tony. Elle savait qu'elle serait incapable de poursuivre si ces yeux croisaient les siens.
- Non, répondit Tony. On n'en n'a même pas reparlé. On était bien trop occupé à te chercher. On a passé la soirée ensemble, comme beaucoup des soirées qui ont suivies ton départ, pour se soutenir, et émettre de nouvelles hypothèses. C'est d'ailleurs à cette occasion que Tim et Abby ont fini par se remettre ensemble. Mais aucun d'entre nous n'avait la tête à faire la fête.
Un nouveau silence s'installa, qui dura près de cinq minutes. Tony était sur le point de céder, et d'arrêter là la discussion, prenant conscience d'à quel point cela était douloureux pour Ziva, quand celle-ci reprit soudainement.
- J'étais seule quand je suis arrivée à Gaza, sous un faux nom. Je n'avais qu'un sac, bien rempli, mais qui ne contenait comme effets personnels quasiment qu'une tenue de rechange. Le reste était le matériel qui m'était nécessaire. J'ai tourné un peu dans la ville où j'étais, puis à la nuit tombée je me suis dirigée vers le premier hôtel que j'ai vu, plutôt miteux. J'ai commencé à observer mes cibles, à faire ce pour quoi j'étais là, tout en restant la plus discrète possible. Personne ne devait savoir qui j'étais réellement, ou je le paierais de ma vie. J'avais constamment cette idée en tête. Je n'étais pas totalement concentrée sur ma mission comme j'avais pu l'être avant d'entrer au NCIS. Les choses étaient différentes. Je pensais à mon retour. J'avais envie de rentrer. Je savais qu'on m'attendait quelque part. Et cette idée changeait tout. Je faisais davantage attention à moi, car je voulais vous retrouver entière. Je me risquais moins dans des aventures périlleuses, j'assurais mes arrières. C'est ce qui m'a poussé à rester planquée à l'hôtel plusieurs jours, quand j'ai su que le café qui était ma cible avait explosé. Je n'avais qu'une peur, avoir été repérée. L'idée que je sois morte à dû bien plaire à mon père, c'est pour ça qu'il n'a pas insisté plus que ça pour me trouver, alors que je me cachais. Et puis il devait se dire que si j'étais toujours vivante, je l'aurai contacté, je me serais faite remarquer auprès de l'officier qu'il avait envoyé me chercher. Il n'avait pas si tort que ça, je dois l'avouer. La Ziva d'avant ce serait faite remarquer auprès de cet officier. Mais je n'étais plus la Ziva d'avant. J'avais peur, et je n'ai pas osé pointer le bout de mon nez. Cet officier et donc reparti en Israël, et j'ai été déclarée morte. C'est ainsi que ça c'est fait. Je n'ai même pas eu le temps de passer à la phase active de ma mission. J'avais mis ma vie en danger pour rien, j'étais seule.
- A l'époque je ne le savais pas, reprit Ziva après de nouvelle minutes de silence. Je n'avais pas vu cet officier. Je ne savais pas qu'on m'avait cherché, et encore moins que j'avais été déclarée morte. Je n'avais aucun contact avec l'extérieur, avec Israël, et je pensais que ma mission était toujours d'actualité. Je n'avais aucune raison de penser le contraire. Alors j'ai continué. Mes observations, mes recherches… J'ai commencé à agir. Jusqu'à ce que je reçoive cet appel, d'un vieil ami du Mossad qui m'a appris que j'étais officiellement morte, mais qu'il ne pouvait rien pour moi. Ça faisait deux mois que j'avais quitté Washington, et je commençais à désespérer. Je me suis posée des tas de questions, je ne comprenais plus rien. Et puis surtout, je me suis demandée si vous aussi vous pensiez que j'étais morte. Je ne savais plus quoi faire, je ne savais plus comment agir. Je me suis un peu laissée aller, et je me suis faite repérer.
Ziva s'arrêta là quelques instants, ce qui ne surprit pas Tony. Mais elle ne bougeait pas. Il comprit alors qu'elle avait l'intention de continuer. Il jeta un œil à sa montre, et remarqua qu'une heure était passée. Il était bien, là, avec Ziva, même si la conversation, ou plutôt le monologue, n'était pas des plus agréable. L'ambiance était calme, Ziva était plongée dans ses pansées, et il appréciait de l'écouter parler, mais il se dit que si ils ne se bougeaient pas dès maintenant, ils ne seraient jamais à l'heure au NCIS. Et il savait que Ziva n'apprécierait pas d'arriver en retard. Il se leva donc du tabouret sur lequel il était toujours assis.
- La suite je la connais, Tim m'en a dit les grandes lignes, dit-il, surprenant Ziva.
Il s'approcha du canapé, il lui sourit tendrement en lui tendant une main. Il évitait de la précipiter de part des gestes brusques, il savait qu'elle avait besoin d'un peu de temps pour sortir de ses pensées.
- On va prendre une douche? Lui demanda-t-il en la regardant. Tu me raconteras la suite plus tard, on a tout notre temps. Mais si on continue maintenant on va être en retard au NCIS.
Ziva lui sourit à son tour, et se leva en se saisissant de sa main. Elle lui était reconnaissante de la couper à cet instant de son récit. Elle n'avait aucune envie de lui confier la suite, elle ne se sentait pas encore prête pour ça. Et elle savait qu'il en avait conscience, qu'il ne l'avait pas arrêté à ce moment par hasard. Elle jeta un œil à l'heure qu'affichait le four, et constata qu'ils avaient tout de même encore un peu de temps devant eux.
- Merci, lui souffla-t-elle avant de l'attirer vers la salle de bain.
- Merci à toi, lui répondit-il en la suivant. Je sais que ce n'est pas facile.
