Avant-dernier chapitre avant l'épilogue, avec Tony, et Hélène, qui fait une dernière apparition.

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Chapitre 59 : Mise au point.

Tony se leva de son bureau et prit le chemin de l'ascenseur. Cela faisait déjà un quart d'heure que ses collègues avaient pris le chemin de la salle de sport. Ils devaient vraiment l'attendre. Il se dit qu'il devenait vraiment temps qu'il s'y rende s'il ne voulait pas énerver Gibbs plus que nécessaire. Mais bon, il faut dire qu'il venait juste de déjeuner… Ce n'est pas bon de tant s'agiter après avoir manger. Gibbs devrait tenir compte de ces données, pensa l'italien, qui avait utilisé cette excuse pour traîner quelques minutes supplémentaires dans l'open-space. Bien sûr, personne n'avait été dupe, mais bon, cela lui avait permis de déguster un bon café bien tranquillement.

Tony appuya su le bouton d'appel de l'ascenseur et attendit que les portes s'ouvrent, se demandant s'il affronterait Ziva aujourd'hui, et si elle avait toujours la même condition physique. Les portes s'ouvrirent, et il se retrouva nez à nez avec Hélène, qui quatre cafés à la main, remontait retrouver sa nouvelle équipe dans laquelle elle avait rapidement trouver sa place, bien que son caractère puisse en irriter certains.

- Hélène, tu ne travailles donc jamais? Demanda Tony, qui ne l'avait pas vu depuis sa blague du matin, qu'il se remémora avec plaisir.

- Et toi? Je pourrais te retourner la question. A chaque fois que l'on se croise tu ne travailles pas toi non plus.

- C'est vrai, tu n'as pas totalement tort. Je t'accorde cet argument, répondit Tony alors qu'il entrait dans l'ascenseur et qu'il enfonçait le bouton correspondant à l'étage de la salle de sport.

- Tu as intérêt, sinon je te réduis en bouillie, rétorqua Hélène en s'écartant un peu pour lui laisser de la pace dans la cabine métallique.

- Ah oui? Et comment? L'interrogea l'italien en s'appuyant contre la paroi du fond de l'ascenseur. Je te mets à terre en dix secondes, et je te l'ai déjà prouvé poursuivit-il.

- Peut-être, mais je possède l'arme féminine. Et personne ne résiste à mes questions.

- L'arme féminine? Se moqua Tony. Fait moi rire!

- Tu ne veux pas non plus que je te dévoile tous mes secrets? Ce serait de la triche! Lui rétorqua Hélène en buvant une gorgée de son café.

- De la triche… De la triche… Vous avez fini oui de m'accuser de tricheur? Demanda Tony alors que la cabine débutait sa descente.

- Quand ça t'arrange tu es le plus perfide des tricheurs Tony, répondit Hélène en bloquant l'ascenseur entre deux étages. Elle était seule avec Tony, en train de discuter, c'était l'occasion pour elle de lui parler sérieusement en tête à tête, chose qu'elle n'avait pas encore trouvé le temps de faire depuis son retour de Californie. Pourtant, elle avait plus d'une chose à lui dire, mais aussi plus d'une question à lui poser.

- Tu sais, Gibbs va râler. Il m'attend déjà depuis plus d'un quart d'heure à la salle de sport.

- Tu ne parviendras pas à me faire culpabiliser et craindre les foudres de Gibbs Dinozzo, dit-elle en s'approchant de l'italien. De un car je ne suis en rien responsable du fait que tu te décides seulement maintenant à te bouger un peu pour les rejoindre, de deux car Gibbs ne m'a jamais fait peur, de trois car il n'est même plus mon patron, de quatre car j'ai des choses à te dire avant de te laisser sortir d'ici, et enfin car même si dorénavant c'est moi qui te retarde, c'est toi qui sera en retard, et donc toi qui te fera réprimander. Et tu ne me fais pas peur, ajouta Hélène en le fixant, les yeux dans les yeux. Et puis moi aussi je me fais attendre en ce moment. Il y en à trois qui attendent toujours leur café, ajouta-t-elle en montrant les gobelets du menton.

- Pourtant une petite blondinette comme toi…

- Tu la met par terre en dix secondes. Je sais, tu te répètes Tony. Ça peut cacher quelque chose de grave tu sais, tu devrais peut-être envisager de consulter un médecin.

- Oui bon allez, abrège, j'ai compris, je suis coincé ici jusqu'à temps que tu aies terminé de me livrer l'ensemble de tes pensées de midinette lui dit Tony faussement vexé, alors qu'en réalité il était quelque peu satisfait d'échapper à une séance de sport intensive supplémentaire avec Gibbs. Il s'assit contre la paroi du fond de l'ascenseur. Hélène l'imita quelques secondes plus tard en s'asseyant dos aux portes.

- Tu sais, les cafés de ta nouvelle équipe vont être congelés quand tu vas leur donner, si on reste encore longtemps comme ça sans rien dire, finit par déclarer Tony au bout de longues minutes d'un silence de plus en plus pesant.

- Laisse moi un peu de temps pour m'apprivoiser le nouveau Tony que je découvre un peu plus à chaque minute.

Tony ne put retenir un éclat de rire.

- La soirée d'hier ne t'a pas suffit? Questionna-t-il.

- Tu veux dire qu'une seule soirée serait nécessaire pour décoder un tel personnage? Tu es optimiste! Même en partant avantagée du fait que je te connais bien, et que ma façon d'être est souvent assimilée à la tienne, une unique soirée est loin de m'être suffisante. Je peux comprendre que certain ait cessé de tenter de résoudre l'énigme Dinozzo.

- Arrête de me flatter je vais rougir Lénou.

Hélène sourit face au surnom.

- Je crois que Ziva est d'ailleurs la seule à réellement être parvenue à te percer à jour.

- Oui et non.

Hélène lui lança un regard interrogateur exagéré afin de bien lui faire comprendre qu'elle ne se contenterait pas de si peu d'explications.

- Une part de moi restera toujours un mystère, et ce pour tout le monde. Je m'y applique, crois-moi. Si Ziva savait tout de moi, notre quotidien serait bien ennuyeux.

- Ça je m'en doute. Mais c'est elle qui te comprend le mieux. En n'échangeant qu'un regard avec toi, elle peut déjà prévoir ce que tu vas faire. Elle décode tes expressions comme personne. Elle sait tout de suite si tu es d'humeur taquine ou si au contraire il ne vaut mieux pas se risquer à t'embêter. J'ai découvert ça hier soir en la rencontrant. Elle sait toujours à l'avance comment tu vas agir. J'aimerais qu'elle me fasse partager les secrets de son pouvoir.

Tony sourit face à ce beau discours.

- Elle serait bien incapable de t'expliquer quoi que ce soit, commença-t-il à dire après un court moment de silence, où il avait pris le temps de chercher ses mots. Je crois qu'elle-même ne sait pas vraiment comment elle fait. On se comprend, c'est tout. Elle peut prévoir comment je vais agir, mais elle ne sait jamais vraiment ce que je vais faire. Crois-moi, je n'ai pas fini de la surprendre.

- Je n'en doute pas. Mais tu veux dire que dès le début ça a été comme ça entre vous? Demanda Hélène, curieuse d'en savoir plus.

- Elle a tout de suite su percer le masque de blagueur que je peux mettre sur mon visage. Dès notre premier échange elle est rentrée dans mon jeu. Nous deux, ça n'a toujours été qu'une question de temps, continua Tony avant de s'emparer d'un des gobelets de café dont Hélène disposait et d'en avaler plusieurs gorgées.

- Hey! S'exclama la jeune blonde.

- Quoi? L'interrogea-t-elle comme si de rien n'était. Tu ne veux pas faire subir à ce café l'affreux sort de refroidir sans avoir été savouré par un humain?

- Alors pourquoi avez-vous attendu si longtemps avant de vous avouez vos sentiments respectifs? Poursuivit Hélène en ignorant sa remarque. J'ai vu toute la tension sexuelle qui règne entre vous deux. Elle en est quasiment palpable. Alors pourquoi avoir attendu si longtemps?

Tony sourit.

- On n'a pas attendu de se dire « je t'aime » pour se sauter dessus. Si tu as cinq minutes un jour tu devrais parler d'une certaine mission sous couverture à Tim, où Ziva se faisait passer pour Sophie Ranier. On se connaissait depuis très peu de temps à l'époque. Je crois que seuls elle et moi savons vraiment ce qui s'est passé ce soir là. Ça a souvent été comme ça entre nous. On se croisait, s'entrechoquait, sans jamais s'avouer ce qu'on pensait vraiment. On avait trop peur pour ça. Je t'en ai déjà parlé l'autre soir chez moi, il y a plusieurs mois maintenant.

- Alors tu crois que si la décision de son père de l'écarter du NCIS, et tout ce qui s'en est suivi n'avait pas eu lieu vous en seriez encore à jouer au chat et à la souris? Le coupa Hélène dans son discours.

- C'est fort possible. Il a fallu, je pense, qu'on ait le temps de s'apercevoir qu'on avait vraiment besoin de la présence de l'autre à nos côtés pour qu'on trouve le courage de surpasser nos peurs. Son père a toujours eu un rôle important dans toute sa vie, en bien et en mal.

Tony s'arrêta là, et Hélène ne continua pas, ce qui surprit quelque peu l'italien, qui s'attendait à davantage de questions de sa part. Cependant, elle semblait plongée dans de profondes pensées, et la conversation avait déjà pris un air très sérieux. Il respecta son silence, et savoura son café en réfléchissant lui aussi à ce qu'il venait de dire. Il ne se savait pas si sentimental.

- Tu devrais te voir quand tu parles d'elle, se décida enfin à dire Hélène après plusieurs minutes de silence. Je lui ai parlé en tête à tête hier soir, sur le perron de la maison de Gibbs. Quand elle parle de toi, elle a la même expression que quand tu parles d'elle. Hélène soupira. Je vais vraiment finir par croire que vous êtes fait l'un pour l'autre. Vous m'avez convaincu. Vous êtes différent quand vous étés ensemble. C'est une tout autre dynamique, qui vous rend meilleur. Je comprend un peu mieux que vous ayez tous eu tant de mal à vous faire au départ de Ziva. Elle fait vraiment partie de la famille elle aussi.

Tony sourit.

- Toi aussi tu en fais partie.

- Vraiment? Reprit Hélène. J'en doute de plus en plus quand je vous vois tous ensemble.

Tony haussa les épaules.

- C'est normal, tu ne nous a jamais vu réuni. Mais tu fais partie de la famille. Tu es comme la petite sœur intrépide qui découvre la vie et qu'on doit encore un peu protéger. Tu as ta place. Tout comme Ziva. Ce n'est pas parce que vous vous succédez au NCIS que l'une doit également laisser sa place à l'autre au sein de notre famille. Dans ce cas là vous occupez des places différentes.

- Je vais faire le pari de te croire, car d'après ce que j'ai vu hier, il me semble que tu as raison. Mais Ziva est elle aussi un personnage complexe à déchiffrer. Tout autant que toi je dois dire. Elle a elle aussi toujours une partie d'elle qui est enfouie profondément.

- Je sais. Répondit simplement Tony. Et je me demande encore si un jour elle se dévoileras totalement à quelqu'un.

- Et vous en êtes où exactement tous les deux? Parce que ça aussi c'est complexe. Surtout après ce que tu viens de me dire. Reprit Hélène d'un ton un peu plus léger. Entre ce que vous nous dites, ce que vous vous avouez, et où vous en êtes vraiment… On risque de s'y perdre un peu!

Tony rit doucement.

- On avance, tout doucement. On se retrouve, et on commence à se construire une vie à deux.

- En clair, ça veut dire quoi? Le poussa à approfondir Hélène. Tu sais, tout le monde se pose la question.

Tony soupira. Ça y est, elle avait trouvé un point sur lequel ne pas le lâcher se dit-il, lui qui espérait pouvoir s'en tirer sans donner trop de détails, en répondant directement à ses questions pour éviter qu'elle ne fouille trop dans sa vie privée.

- Et bien à vrai dire, j'avais prévu de l'emmener visiter une maison ce soir, mais je commence à craindre que Gibbs ne me fasse rattraper mes heures de sports en retard, dit Tony en consultant sa montre, et nous empêche ainsi de faire ça ce soir. J'ai trouvé une maison pas mal pas très loin du NCIS, en banlieue, avec un étage, qui à mon avis à toutes les chances de lui plaire.

- Carrément! S'étonna Hélène. Ah oui, vous avancez quand même assez vite.

- On a assez perdu de temps jusque là, répondit Tony dans un sourire.

Hélène sourit légèrement à son tour.

- Tu n'as pas tort. Alors vous avez décidé de franchir le cap. Vous vous installez ensemble.

- Oui. Ça devient même urgent. On se marche un peu sur les pieds dans son appartement, d'autant plus avec toutes ses piles de cartons non déballés. Et puis, si on venait à être trois, je ne sais vraiment pas comment on ferait. On deviendrait de vraies sardines en boîte, continua Tony en se levant et en quittant Hélène des yeux par la même occasion. Pourquoi lui disait-il tout ça? C'est vrai qu'ils s'entendaient très bien tous les deux, et que ces derniers mois ils avaient pris l'habitude de discuter et d'entrer dans des sujets très personnels. Mais de là à aller jusque là. Il faut dire que tant d'événements s'étaient passés en presque deux semaines, qu'il avait encore un peu de mal à y croire. Il avait dû penser que en parler à Hélène rendrait tout cela un peu plus réaliste. Et puis il savait que derrière la carapace rieuse d'Hélène se trouvait une femme au grand cœur qui saurait protéger sa vie privée. Il aurait certainement droit à quelques remarques déplacées dans les jours à venir, se dit Tony en ramassant ce qu'il restait des cafés pour l'équipe d'Hélène, mais il savait qu'elle n'irait pas plus loin, se dit-il finalement, ce qui le rassura un peu.

Hélène, quant à elle, manqua de s'étrangler avec la gorgée de café qu'elle venait d'avaler.

- Vous envisagez sérieusement d'avoir un enfant, Ziva et toi, tous les deux, ensemble? Demanda-t-elle, par peur d'avoir mal compris.

- On en parle. Elle en a envie, moi aussi. Il n'y a plus qu'à… Répondit Dinozzo en la regardant de nouveau et en finissant sur un ton plus léger afin de détendre l'atmosphère.

- À ton plus grand plaisir tu va pouvoir passer à la pratique! Répondit Hélène.

- En effet, dit Tony dans un franc sourire. Mais ne va pas le dire à tout le monde. Tout ça est encore un peu fragile, ajouta-t-il tout de même.

- Peut-être, mais ça m'a l'air bien parti.

- Merci, dit Tony, alors qu'Hélène réenclenchait l'ascenseur, bien qu'elle soit encore un peu sous le choc des dernières révélations de Tony.

L'ascenseur reprit sa descente, et quelques secondes plus tard, alors que les portes s'ouvraient, Tony quitta la cage métallique dans une dernière grimace à l'attention d'Hélène, puis prit la direction des vestiaires. Il allait devoir faire vite.

Hélène le regarda partir, puis en soupirant appuya une fois de plus sur le bouton de l'étage de la sortie du NCIS. Un nouveau détour par le starbuck s'imposait. Elle en voulait à Gibbs de l'avoir rendue accro. Bientôt c'est elle qui allait contaminé sa nouvelle équipe. Entre la cigarette et le café, il allait peut-être falloir qu'elle pense à faire un choix.