Bonjour ! Je suis heureuse de vous présenter ce chapitre 13 (qui va porter bonne chance j'en suis sûre). Je suis rentrée de vacances la semaine dernière, des souvenirs pleins la tête (et plein la valise aussi…), et je me suis mise doucement, mais surement, à l'écriture. Nous voilà arrivés à la moitié de cette fiction. Autant vous dire qu'il reste encore de nombreux évènements à venir, et je pense que vous allez vous enfoncer plusieurs fois au fond de votre siège ou de votre canapé. Tout est écrit, et planifié. :)
Merci à tous et toutes pour votre soutien et vos reviews. Vous êtes de plus en plus nombreux à me laisser des impressions positives et ça me fait très plaisir. J'espère que la suite vous plaira encore longtemps !
Voici les réponses aux reviews :
Guest Tara : Merci pour ta review Tara ! Alors je vais répondre à ta question, non Legolas ne va pas mourir. ;) Merci à toi pour tous ces compliments, je suis super contente que ma fic t'ai autant plut. J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes. A plus !
Laurne : Merci beaucoup ! A bientôt !
Marine02 : Merci ! Oui Elanor va faire de grandes choses, mais c'est un spoiler. J'espère que la suite te plaira Il va y avoir pleins de rebondissements, tu ne seras pas déçue. Bisous
Delphys : Merci ! Oui je suis d'accord avec toi :)
Calypso : Merci beaucoup ! J'ai essayé d'entrer un peu dans la tête de Legolas, et de voir ce qu'il pouvait ressentir à la mort de Boromir. .Je voulais aussi mettre fin à l'intrigue qui s'était développé entre les deux personnages, en montrant que finalement l'elfe lui pardonnait. J'ai mis du temps pour écrire ce passage, et j'en suis assez satisfaite J'espère que la suite te plaira ! A bientôt !
leslielouis : Merci ! aha… spoiler. La réponse est présente dans ce chapitre :)
Mello12 : En effet, c'est le chapitre qui donne sens à la fiction. Au départ je n'avais pas prévu de faire venir Elanor dans les cavernes de Mandos, elle devait rencontrer le Valar dans une autre scène, qui se trouve à la fin de ce chapitre. Ca me trottait dans la tête depuis longtemps, et finalement j'ai changé pas mal de choses du chapitre 12 et 13. J'ai trouvé plus logique qu'Elanor soit emmenée dans les cavernes de Mandos vu qu'elle meurt réellement. C'est un fait. Elle doit être jugée par Mandos, comme tous les morts. La faire survivre ou l'amener dans un endroit différent aurait été peu crédible, et peu interessant au final. (Elle n'est pas Maiar comme Gandalf, ce qui fait que lui n'a pas eu à passer par Mandos. Il est une entité à part entière). Je développerais la problématique et le pourquoi du comment dans le chapitre 14, sinon je vais te spoiler ce chapitre. Donc je me tais ^^ Bonne lecture, et merci pour ta review !
PaulinaDragona : hahaha Ca ne donne pas trop envie d'y aller, j'approuve totalement ta remarque. J'ai choisis de créer cette atmosphère parce qu'il fallait quelque chose de menaçant qui puisse effrayer, voir donner peur à ceux qui vont passer devant Mandos. Le but final est le jugement de la personne et de ses actions. Quoi de mieux qu'un environnement effrayant pour la faire avouer ses pires crimes ? Tolkien a appelé cet endroit des cavernes, donc je me suis dit que ça ne devait pas être un endroit très accueillant (du genre où l'on sert le thé le matin et où il y a des femmes de chambre pour les seigneurs elfes ^^) J'ai toujours vu les cavernes de Mandos comme une sorte de prison, où les gens sont retenus, avant de passer dans un autre monde. :) Merci pour ta review !
Bonne lecture
gallica
Chapitre 13 : Renaissance
Pendant des jours, Aragorn, Legolas et Gimli parcoururent les plaines à la poursuite des orques qui avaient enlevés Merry et Pippin. L'espoir de les revoir en vie les poussait à courir toujours plus vite à la poursuite de leurs ennemis.
Au troisième jour, Aragorn posa sa tête contre un rocher, et écouta l'écho des pas des orques.
- Ils ont forcés l'allure, annonça-t-il à ses compagnons. Ils ont dû flairer notre présence, vite !
Aragorn se remit en route, et ses deux compagnons le suivirent tant bien que mal. Legolas était étonné de l'endurance dont faisait preuve son ami. Il n'aurait jamais soupçonné de telles ressources chez un homme, même descendant des premiers Numénoriens. Aragorn menait la tête, bien loin devant, et Legolas arrivait à peine à le suivre.
Gimli était celui qui avait le plus de difficultés à tenir le rythme.
- Allez Gimli ! l'encouragea Legolas.
Le nain trainait loin derrière, et il reprit sa respiration appuyé sur sa hache.
- Trois jours et trois nuits de poursuite sans manger, ni se reposer, haleta-t-il. Et aucun signe de notre gibier, alors que peut bien raconter un rocher ? s'exclama-t-il en rouspétant contre Aragorn.
Le lendemain, après n'avoir fait qu'une brève pause pour dormir et reposer leurs jambes, les trois compagnons se remirent en route. Tôt dans la matinée, Aragorn trouva une des broches de Merry ou Pippin, enfoncée dans la terre.
- Non sans raison tombent les feuilles de la Lorien, dit Aragorn.
Legolas le dépassa, et revint sur ses pas lorsqu'il découvrit ce qu'il avait trouvé.
- Ils sont peut-être en vie, dit Legolas.
L'espoir leur regonfla aussitôt le cœur, et Aragorn se leva vivement.
- Ils ont moins d'un jour d'avance, continuons ! lança t-il.
Tous deux reprirent la route, galvanisée par l'excitation et la détermination de rattraper les orques. Gimli dévala à ce moment une pente, et roula dans un fracas épouvantable sur le sol.
Alerté par le bruit, Legolas se retourna.
- Plus vite Gimli ! l'encouragea t-il. Nous gagnons du terrain !
Gimli se releva en grognant.
- Les longues distances m'épuisent. Nous les nains nous sommes des sprinters. Redoutables sur les courtes distances !
Legolas sourit, amusé. C'était peut-être la première fois depuis des semaines que Gimli le voyait sourire. Il ne savait s'il devait se sentir fier ou vexé de cet exploit. Soupirant, il emboita le pas de l'elfe. Legolas prit bientôt la tête du groupe, suivit par Aragorn. Gimli les suivait en soufflant bruyamment, mais il tenait la cadence et parvint même à les rattraper.
Lorsqu'ils arrivèrent en haut d'une colline rocailleuse, le groupe s'arrêta et examina les environs. La plaine s'étendait devant eux, déserte à des kilomètres à la ronde.
- Le Rohan, pays des seigneurs de chevaux, dit Aragorn avec admiration. Quelque chose est à l'œuvre ici, une force maléfique donne des ailes à ces créatures, et se dresse contre nous. Legolas, que voient vos yeux d'elfes ?
- Leurs traces dévient au Nord-Est.
Legolas plissa les yeux, et se rendit alors compte que cette direction menait tout droit à la demeure du magicien blanc.
- Ils conduisent les hobbits en Isengard !
- Saroumane, souffla Aragorn.
- Voilà une bien mauvaise nouvelle, dit Gimli. Il ne manquait plus que ça !
Une vague de nervosité les parcourut des pieds à la tête. Saroumane était un ennemi à ne pas sous-estimer, et sans Gandalf, ils ne pourraient guère se défendre, songea Aragorn. Sa magie n'était pas à leur portée. Maintenant que les orques emmenaient les hobbits dans cette direction, Aragorn était convaincu que Saroumane avait lancé de lui-même ses troupes contre eux sous les ordres de Sauron.
Savoir Merry et Pippin en sa possession ne lui plaisait pas du tout. Il fallait les sauver, et vite.
- Nous devons les rattraper avant qu'ils n'atteignent Isengard, déclara Aragorn en se tournant vers ses compagnons. Il faut se dépêcher, il nous reste peu de temps. Allons-y !
Le groupe se remit en route et courut des heures et des heures... La journée, puis la nuit passa, et au matin tous les trois courraient encore, sans avoir fait la moindre pause.
Alors que la nuit laissait place à l'aube, Legolas leva la tête avec inquiétude vers le ciel.
- Un soleil rouge se lève, nota-t-il. Beaucoup de sang a dû couler cette nuit.
Aragorn tourna la tête pour le regarder, et il ne put lui cacher son inquiétude. Ce présage ne pouvait dire qu'une chose. Il y avait eu une bataille et des tués pendant la nuit. Legolas espérait que les orques n'y avaient pas été mêlés, et que Merry et Pippin étaient toujours en vie.
Alors qu'ils traversaient les plaines du Rohan, un sifflement retentit dans les airs et les alerta. Legolas reconnut aussitôt le martèlement d'un groupe de chevaux, et il ne fallut pas plus de deux secondes à Aragorn pour qu'il se précipite derrière un rocher, les entrainant avec eux.
Une armée de soldats à cheval apparut et déferla devant eux, dans une masse compacte de lances et d'armures. Leurs heaumes brillaient au soleil, et leurs armures étaient de bronze. La crinière blonde qui dépassait de sous leurs casques indiquait qu'il s'agissait de Rohirims.
- Cavaliers du Rohan ! héla Aragorn. Quelles nouvelles de la Marche ?
Le cavalier en tête de peloton leva le bras et fit un brusque demi-tour, entrainant le reste de ses hommes avec lui.
La troupe se dirigea vers eux, et Legolas, Gimli et Aragorn les regardèrent nerveusement.
Ils étaient beaucoup, remarqua Legolas, peut-être plus de deux cents. Les Rohirims les encerclèrent, et ils furent bientôt coincés entre une rangée de chevaux et de soldats, l'arme au poing. A travers les lances qui étaient braquées sur eux, un homme blond se fraya un chemin et arrêta son cheval juste devant Gimli.
- Que font un elfe, un homme et un nain dans le Ridermark ? demanda-t-il d'une voix autoritaire. Répondez.
- Donnez-moi votre nom dresseur de chevaux, et je vous donnerais le mien, répondit Gimli.
Le cavalier posa un regard dur sur lui, et le nain releva le menton fièrement. L'homme descendit de cheval et s'approcha de Gimli doucement.
- Je vous couperais volontiers la tête, nain, si elle sortait un peu plus du sol, répliqua-t-il.
La moquerie et l'insulte qui résonna dans sa voix révolta Legolas. D'un mouvement rapide et sec, l'elfe décocha une flèche et la pointa sur la tête de l'homme.
- Vous seriez mort au moindre geste !
Le Rohirim détourna les yeux du nain pour le regarder. Aragorn posa la main sur son arc. A contrecœur, Legolas l'abaissa et se contenta de fusiller le cavalier du regard. Celui-ci ne se pria pas de lui renvoyer un regard assassin.
- Je suis Aragorn, fils d'Arathorn, se présenta Aragorn. Voici Gimli fils de Gloin, et Legolas du royaume Sylvestre. Nous sommes les amis du Rohan, et de Theoden votre roi.
Eomer lâcha finalement Legolas du regard, et retira son heaume, dévoilant une chevelure d'un blond cendré. Les cavaliers qui les encerclaient cessèrent de pointer leurs lances sur eux.
- Théoden ne reconnaît plus ses amis de ses ennemis, déclara le Rohirim. Pas même les siens. Saroumane a empoisonné l'esprit du roi et a revendiqué ses terres. Mes cavaliers sont loyaux au Rohan. Et pour cela nous avons été bannis.
Il s'avança doucement vers Aragorn.
- Le magicien blanc est rusé. Il va et vient à ce que l'on dit. Vieillard enveloppé d'un manteau à capuchon. Et ses espions se faufilent partout à travers nos filets.
Son regard s'attarda plus longtemps que nécessaire sur Legolas. Craignant que l'elfe ne prenne cette remarque pour une nouvelle attaque, Aragorn reprit la parole.
- Nous ne sommes pas des espions. Nous pourchassons un groupe d'Uruk-hai en direction de l'Ouest. Ils ont emmenés captifs deux de nos amis.
- Les Uruk ont été détruits. Nous les avons massacrés durant la nuit, répondit Eomer.
- Mais il y avait deux hobbits ! Avez-vous vu deux hobbits avec eux ? s'exclama Gimli.
- Ils seraient petits, de simples enfants à vos yeux, ajouta Aragorn.
Eomer secoua la tête.
- Il n'y a pas de survivant. Nous avons empilé les carcasses et les avons brulées.
Il pointa du doigt l'endroit où s'élevait dans le ciel une fumée blanche. Aragorn, Legolas et Gimli regardèrent dans cette direction, effarés.
- Mort ? interrogea Gimli.
- Je suis désolé.
Legolas sentit la tristesse l'envahir une nouvelle fois, et l'espoir définitivement l'abandonner. Merry et Pippin morts, qu'allaient-ils devenir ? Aragorn et Gimli n'en menaient pas large. Voyant leur chagrin, Eomer eut pitié et siffla.
- Arod ! Azufel !
Deux chevaux à la robe blanche et alezane fendirent la foule de soldats, et s'arrêtèrent devant Eomer.
- Puisse ces chevaux vous apporter meilleure fortune qu'à leur premier maître. Cherchez vos amis, mais n'ayez pas trop d'espoir. C'est peine perdue sur ces terres.
Sur ces paroles peu encourageantes, Eomer remonta à cheval et après leur avoir adressé un dernier signe de tête, relança ses troupes au galop.
- Vers le Nord !
Legolas suivit les Rohirims des yeux jusqu'à ce qu'ils aient disparus. Il tenait la bride du cheval blanc, et tourna la tête vers l'animal. Les yeux d'Arod le fixaient avec calme et intelligence.
Aragorn monta en selle, et Legolas fit de même pendant que Gimli les regardait perplexe.
- Montez avec moi, l'invita Legolas.
Il tendit la main, et sans hésitation Gimli accepta. Legolas le hissa sans effort derrière la selle, puis ils partirent.
Ils galopèrent vers l'Ouest et mirent à peine une heure pour atteindre les ruines du champ de bataille. Une horrible odeur de cadavres en décomposition flottait dans l'air, et Legolas repéra aussitôt le tas où s'amoncelait les corps brûlés.
Gimli descendit aussitôt de cheval, et se mit à chercher dans le bucher avec sa hache. Legolas n'osait respirer, ni regarder les corps empilés, dégouté. Il eut aussi peur d'y voir les cadavres des deux hobbits. Il aurait voulu aider Gimli, mais malgré tous ses efforts il ne le pouvait pas.
Alors qu'Aragorn regardaient les débris et l'état de l'herbe, Legolas se mit à l'imiter. Gimli poussa une exclamation au bout de quelques minutes et sortit quelque chose du bucher.
- C'est une de leur ceinture, murmura-t-il.
Aragorn et Legolas s'approchèrent et virent la ceinture qu'avait offerte la dame de la Lorien aux hobbits. Elle était calcinée et méconnaissable. Cependant on discernait toujours la finesse des dessins elfiques gravés dans l'objet.
Le cœur déchiré, tous les trois sentirent l'espoir disparaître aussitôt. Legolas s'agenouilla et récita des prières en elfiques. Aragorn hurla et de rage envoya un heaume valser d'un coup de pied sur plusieurs mètres.
- On les a abandonnés, murmura Gimli.
Le chagrin tomba sur eux comme une chape de plomb. Après quelques minutes de silence douloureux, Aragorn remarqua quelque chose dans l'herbe.
- Un hobbit était allongé ici. Et là un deuxième.
Curieux, Legolas rejoignit Aragorn.
- Ils ont rampés, continua-t-il. Leurs mains étaient ligotées. Leurs liens ont été coupés !
Aragorn se mit à s'agiter dans tous les sens, remontant la trace de Merry et Pippin sous les yeux de ses amis.
Oubliant le chagrin, ils eurent à nouveau espoir.
- Ils ont courus par ici, s'exclama Aragorn en désignant un endroit. Ils étaient poursuivis. Les traces s'éloignent du combat, et vont vers la forêt de Fangorn.
Les trois amis contemplèrent la lisière de la forêt sombre et sinistre.
- Fangorn ! Quelle folie les a conduits là ? demanda Gimli.
- Allons, nous devons les retrouver. Il y a peut-être une chance qu'ils soient encore en vie, dit Aragorn.
- Aragorn a raison, acquiesça Legolas. Allons Gimli, allons-y !
Gimli les suivis dans la forêt, bien qu'à contrecœur. Plus ils avançaient, plus les arbres étaient sombres et menaçant. Ils sentirent très vite qu'ils n'étaient pas désirés dans cette forêt.
Gimli s'approcha d'un buisson, et vit qu'il était parsemé d'un liquide noir. Il le toucha et le porta à sa bouche, mais le recracha aussitôt avec une grimace.
- Du sang d'orque !
- Ils n'étaient pas seuls, dit Aragorn.
Ils arrivèrent bientôt près d'un ruisseau, et découvrirent des branches et des troncs d'arbre cassés. Aragorn s'arrêta pour les observer.
- Ces traces sont étranges...
- Je sens que l'air est lourd ici, dit Gimli.
- Cette forêt est vieille, remarqua Legolas. Très vieille. Pleine de souvenirs. Et de colère.
Les arbres grincèrent, et Gimli leva sa hache, apeuré.
- Les arbres se parlent entre eux ! s'exclama Legolas.
- Gimli, abaissez votre hache, lui ordonna Aragorn à voix basse.
Le nain s'exécuta, et les arbres se turent.
- Ils ont des sentiments mon ami, dit Legolas, et cela grâce aux elfes. Ils ont réveillés les arbres, et leur ont appris à parler.
Legolas murmura quelques paroles elfiques pour rassurer les arbres les plus coléreux, mais il avait l'impression de s'adresser à un mur. Aucune réponse ne lui parvint si ce n'est des relents de colère. Les arbres ici étaient sauvages. Ils avaient oubliés le langage des elfes. Qu'avait-il bien pu se passer pour que les arbres soient aussi hostiles ? Fangorn lui rappelait en bien des points sa Forêt Noire, excepté peut-être que celle-ci était encore vierge de l'emprise maléfique de Sauron. Il aurait tant aimé venir ici dans des temps de paix.
- Des arbres qui parlent, hum. Et de quoi est-ce que ça parle un arbre, hein ? A part de la consistance des crottes d'écureuil ? se moqua Gimli.
Legolas l'ignora, bien qu'il fût partagé entre la consternation et l'amusement. Il sentit soudainement une présence anormale dans les parages.
- Aragorn, nad no ennas (quelqu'un vient) !
- Man cenich (Que voyez-vous) ? lui demanda Aragorn.
Legolas tourna ses yeux perçant en direction des fourrés, et vit l'éclat d'un manteau blanc.
- Le magicien blanc approche.
Legolas désigna l'arrière, et Aragorn comprit aussitôt que l'ennemi se trouvait derrière eux.
- Ne le laissons pas parler, dit Aragorn, il nous jetterait un mauvais sort.
Les deux autres acquiescèrent, et ils tirèrent leurs armes.
Ils pivotèrent d'un seul coup. Une lumière blanche les aveugla, obligeant Aragorn et Gimli à mettre une main devant les yeux. Legolas tira sa flèche, qui alla se briser sur le bâton du magicien, tandis que Gimli lançait une hache qui explosa en mille morceaux. Aragorn brandit son épée, mais celle-ci chauffa comme de la braise, et il fut obligé de la lâcher.
La silhouette du magicien se détacha de la lumière, et ils lui firent face, désarmés et impuissants.
- Vous êtes sur les traces de deux jeunes hobbits, dit le mage d'une voix grave.
- Où sont-ils ? interrogea Aragorn.
- Ils sont passés par ici, avant-hier. Ils ont fait une rencontre à laquelle ils ne s'attendaient pas. Est-ce que cela vous rassure ?
- Qui êtes-vous ? demanda Aragorn, qui ne parvenait toujours pas à voir le visage du mage. Montrez-vous !
Le visage du magicien blanc se dévoila alors dans la lumière, sous des traits familiers.
- Gandalf ! s'exclama Gimli.
Estomaqués, ils le regardèrent avec les yeux écarquillés. Tel un fantôme revenu d'entre les morts, Gandalf se tenait là, vêtu d'un manteau blanc.
- Cela ne se peut, marmonna Aragorn.
- Pardonnez-moi, s'exclama Legolas. Je vous ai pris pour Saroumane.
L'elfe s'agenouilla devant Gandalf, honteux.
- Je suis Saroumane. Ou plutôt Saroumane tel qu'il aurait dû être.
- Mais vous êtes tombé, murmura Aragorn incrédule.
- A travers le feu et l'eau, répondit Gandalf. Du plus profond cachot au plus profond sommet je combattis le Balrog de Morgoth. Jusqu'à enfin je pus jeter à bas mon ennemi, qui alla se briser sur le flanc de la montagne. Les ténèbres m'entourèrent alors, et je m'égarais hors de la pensée et du temps.
Legolas, Gimli et Aragorn restèrent pendu à ses lèvres, écoutant son récit avec fascination.
- Les étoiles tournaient au-dessus de moi, et chaque jour était aussi long qu'une existence sur la terre, reprit Gandalf. Mais ce n'était pas la fin, je sentis la vie revenir en moi. Je fus renvoyé, jusqu'à ce que ma tâche fût accomplie.
Legolas regarda Gandalf, et un sentiment étrange lui noua le ventre alors qu'une pensée saugrenue lui venait à l'esprit. Il sentit un rayon de chaleur contre sa peau et toucha le collier qui pendait à son cou. Elanor était-elle aussi revenue ?
- Gandalf, dit Aragorn.
- Gandalf… oui, c'est ainsi que l'on m'appelait. Gandalf le gris. C'était mon nom.
Le regard de Gandalf croisa celui de Legolas.
- Je suis Gandalf le Blanc. Et je reviens vers vous en ce moment décisif.
Il sembla alors remarquer le collier que portait l'elfe et fronça les sourcils. La lueur jaune étincelait dans la pénombre, et elle avait attiré son regard. Il se demanda depuis quand est-ce que Legolas avait ce bijou, car il ne l'avait jamais vu auparavant.
- Où est Elanor ? demanda Legolas. Est-elle revenue avec vous Gandalf ?
Le visage plein d'espoir de l'elfe interloqua le magicien. Gandalf chercha dans ses souvenirs un nom et un visage, et se rappela finalement de la jeune fille.
- Elanor? Non… Que lui est-il arrivé ?
Les trois autres le regardèrent, gênés et fuyants. Legolas sentit tous ses espoirs s'effondrer. Le magicien semblait ignorer ce qui était arrivé à Elanor, cela voulait donc dire qu'elle n'était pas revenue avec lui.
- Elle est tombée dans la Moria, expliqua Aragorn. Peu après vous.
Une lueur de chagrin traversa les yeux bleus de Gandalf.
- Oh. Je suis navré de l'apprendre. Je suis désolé mes amis. Je n'ai pas vu Elanor.
Il plongea son regard dans celui de Legolas, et il sembla s'adresser davantage à lui.
- La volonté des Valar est mystérieuse, et elle n'est pas de mon ressort. Je ne puis répondre à vos questions. Si je suis revenu ici, c'est parce qu'il y avait une quête qu'il me fallait achever.
Legolas baissa les yeux, sentant à nouveau son cœur se briser. Comment avait-il put croire à son retour ? Elle était morte, voilà tout. Une mortelle ne revenait pas à la vie. Ca n'était encore jamais arrivé, et ça n'arriverait jamais.
Gandalf les conduisit hors de la forêt, et leur annonça qu'ils devaient rejoindre la cité des Rohirims.
- Une étape de votre voyage est terminée, une autre commence. Nous devons aller à Edoras à grande allure.
- Edoras ? s'étonna Gimli. C'est un peu loin d'ici.
- Nous savons qu'il y a la guerre au rohan, révéla Aragorn. Nous avons croisé des cavaliers, disant que le roi va mal.
- Oui, et il sera plutôt difficile de le guérir, répondit Gandalf.
- Tout ce chemin pour arriver ici et repartir. Et pour les hobbits ? Qu'allons-nous faire ? questionna Gimli, ronchon.
- Ce n'est pas un hasard si Merry et Pippin ont été mis sur cette route, répondit Gandalf. Ils auront un rôle à jouer ici. Un grand pouvoir réside ici, endormi depuis de longues années. Et l'arrivée de Merry et Pippin est comme une chute de petites pierres qui déclenche une avalanche dans les montagnes.
Sa réplique fit naître un sourire goguenard sur le visage d'Aragorn, et celui-ci se pencha sur Gandalf.
- Il est un point sur lequel vous n'avez pas changé, mon cher ami, dit-il.
- Hum ?
Gandalf tendit l'oreille.
- Vous parlez toujours par énigmes, chuchota Aragorn.
Gandalf rit, et le rodeur le suivit peu après.
Gimli les regarda avec désintérêt. L'idée de sortir de cette forêt le plus vite possible faisait naître des sentiments plus joyeux, assurément.
- Une chose est sur le point de se produire, annonça Gandalf, et qui n'est pas arrivée depuis les jours anciens. Les Ents vont se réveiller… et découvrir qu'ils sont forts.
- Forts ?! s'exclama Gimli.
Il leva la tête vers les arbres, non sans peur.
- Hum, c'est bien, ajouta-t-il sans conviction.
- Arrêtez de geindre, maître nain, s'exclama Gandalf. Merry et Pippin sont en sécurité. En fait ils le sont bien plus que vous n'allez l'être ces jours prochains !
Gandalf disparut derrière les arbres en compagnie d'Aragorn, et Gimli se retrouva seul avec Legolas.
- Ce nouveau Gandalf est bien plus bougon que l'ancien, rouspéta le nain.
Legolas acquiesça doucement.
- C'est assurément un miracle que Gandalf soit de retour, continua Gimli. Il aurait été bien sympathique de nous rendre aussi notre petite Elanor !
Le nain leva les yeux, en attente d'une réponse positive de la part de son ami. Mais contrairement à ce qu'il attendait, Legolas resta silencieux et se détourna. Sans aucun signe de tête, ni aucune parole, l'elfe marcha derrière Gandalf et Aragorn.
Gimli regarda le dos de Legolas avec étonnement. Un peu vexé, il lui emboita le pas.
- Voilà qu'il y a deux bougons maintenant ! ronchonna-t-il.
Ils atteignirent plus tard la lisière de la forêt, au grand soulagement de Gimli.
Leurs chevaux étaient toujours là, broutant tranquillement dans les herbes hautes.
Gandalf siffla, et après quelques secondes un hennissement lointain retentit. Un magnifique cheval blanc apparut en haut de la vallée, et galopa jusqu'à eux.
- C'est un des mearas, à moins que mes yeux ne soient abusés par quelque sorcellerie, dit Legolas admiratif.
- Voici Gripoil, dit Gandalf en caressant son encolure. C'est le seigneur de tous les chevaux. Et ce fut mon ami durant de mains dangers.
Gandalf donna son bâton à Aragorn et monta le mearas à cru.
- Nous sommes à deux jours de cheval d'Edoras, peut-être moins si nous allons assez vite, dit le magicien.
Il reprit son bâton.
- Allons, il faut se dépêcher mes amis. J'ai peur que Théoden ne puisse attendre encore longtemps.
Les autres se remirent en selle rapidement, et ils quittèrent la lisière de la forêt de Fangorn, en direction d'Edoras.
Gripoil était en tête, et galopait à vive allure. Les chevaux suivaient le méaras avec une nouvelle vigueur, galvanisés par sa présence. Legolas montait Arod avec Gimli, et ne décrocha pas un mot.
Le nain s'accrochait fermement à la taille de l'elfe pour ne pas tomber. L'air fouettait le visage de l'elfe, et le collier d'Este cognait contre sa poitrine. La chaleur et la lumière qui s'en dégageait s'était renforcée depuis les dernières heures. Legolas en oublia ses inquiétudes et sa souffrance, et se laissa porter par la chevauchée. Le temps passa sans qu'il s'en rende compte, et ils atteignirent à la fin de la journée la cité des Rohirims.
Pour la première fois depuis des semaines, Legolas se sentit bien.
Elle était si bien qu'elle ne voulait pas ouvrir les yeux, ni bouger. Tout était si confortable. Tout était si parfait. Une douce chaleur se répandait dans son corps et elle avait l'impression d'être enveloppée dans un cocon.
Il lui sembla même qu'on lui caressait doucement les cheveux.
Etait-ce un rêve ?
Dans ce cas-là, c'était un rêve très agréable.
- Debout, jeune enfant.
Une voix féminine, et mélodieuse la tira de son sommeil.
Elanor ouvrit les yeux.
La lumière blanche autour d'elle était si aveuglante qu'elle cligna des yeux plusieurs fois avant de s'y habituer. Elle distingua une forme penchée sur elle, et lorsque sa vision se clarifia, elle vit qu'il s'agissait d'une femme.
Elle se redressa, surprise.
Les cheveux de cette femme étaient d'un noir profond, et ses yeux d'un gris intense. Une couronne d'argent, sertie de pierres pourpres, était posée délicatement sur ses cheveux bouclés. Son visage respirait d'une rare intelligence, et sa peau était légèrement rosée aux joues. Cependant, elle n'avait pas les oreilles en pointes, caractéristique de la race elfique. Elles étaient rondes, comme celles de la race des hommes.
La femme portait une robe de mousseline bleue, et elle dégageait une aura de puissance et de noblesse qui la laissa bouche bée. Elle était très belle, et étrangement, Elanor lui trouva une certaine ressemblance avec Arwen.
- Tu es enfin réveillée, lui dit-elle avec un sourire.
- Qui… qui êtes-vous ? interrogea Elanor.
- Je suis Melian.
Melian ?
Voyant son expression confuse, Melian ajouta :
- Je suis Melian la Maiar, comme vous me nommez ainsi en Terre du Milieu. Je suis ton ancêtre.
Elanor écarquilla les yeux, abasourdie.
- Cela ne se peut… murmura-t-elle.
- Tu es ici à Valinor.
Elanor regarda autour d'elle. Elle s'aperçut qu'elle se trouvait allongée sur le sol marbré d'une pièce circulaire entourée de colonnes blanches. Ca ressemblait fortement à un endroit bâtit par des elfes. Elle se serait presque crut à Fondcombe, sauf que le paysage était très différent.
Elanor ne put décrire ni mettre de mot sur la vision qui s'offrit à elle.
Une cité blanche se dessinait en contrebas, et il y avait des collines vertes qui s'étendaient à l'infini, et de multiples jardins aux couleurs exquises. Au loin se voyait la mer, et dans les terres lointaines se dressait une immense montagne, plus grande même que celles qui se trouvaient en Terre du Milieu. A y regarder de plus près, les Monts brumeux faisait pâle figure face à celle-ci.
Le ciel était d'un bleu azur sans nuage, et le soleil brillait intensément. Elle respira longuement et apprécia l'air était doux et les senteurs parfumées de cette terre. Elle eut brusquement l'impression d'avoir retrouvée une certaine paix intérieure. Tout ici était… magique.
Elanor baissa les yeux sur elle et vit qu'elle portait une robe de nacre blanc, dans un tissu curieux, et qui épousait parfaitement ses formes. Surprise elle toucha la robe, et celle-ci-lui coula entre les doigts comme un filet d'eau argenté.
Ce n'était pas la même tenue qu'elle portait, se souvint-elle. Où était sa vieille tunique ? Son pantalon marron, crasseux, et sa veste ?
Et que faisait-elle ici ? A Valinor ?
Elanor leva les yeux, et regarda la magicienne qui l'étudiait silencieusement.
- Pourquoi suis-je ici ? demanda t-elle.
- Mandos t'a expédié ici à ma demande avant de te renvoyer en Terre du Milieu, répondit Melian. Je dois dire que j'ai dû beaucoup insister pour te ramener ici. Mais il me devait bien ça.
Mandos.
Ses souvenirs lui revinrent tout à coup en mémoire, et elle rappela alors de ce qui s'était passé dans les cavernes. Elle se massa les poignets, là où les chaines avaient écorchées sa peau.
Elle avait dit à Mandos qu'elle voulait retourner en Terre du Milieu, se rappela-t-elle. Il avait accepté son marché et l'avait libérée. Ensuite, elle ne se souvenait plus de ce qui s'était passé, c'était le noir total. Jusqu'à maintenant.
- Voudrais-tu faire une balade avec moi dans les jardins ?
Melian lui tendit une main blanche et délicate, et Elanor la regarda avec surprise.
La magicienne avait un regard malicieux qui n'était pas sans lui rappeler celui de la dame Galadriel. Un peu intimidée, Elanor accepta et se releva.
Elle était pieds nus, et fit quelques pas hésitants. La magicienne lui prit la main, et l'entraina avec elle. Sa peau était douce et chaude, remarqua Elanor. Et elle était encore plus intimidante de près. Mais elle avait un contact chaleureux, identique à celui d'une mère, qui bouleversa Elanor. Maggi ne l'avait jamais touchée de cette façon, se rendit-elle compte. Son apparenté à Melian était indéniable. La façon dont elle la tenait et la conduisait démontrait à quel point la magicienne l'appréciait. La différence entre Maggi et Mélian lui sauta alors aux yeux, et une vague de reconnaissance déferla en elle.
Tremblante, Elanor ouvrit des yeux émerveillés alors que Melian lui fit traverser des corniches, et des chemins entourés de végétation et de petites roseraies. Elles arrivèrent finalement dans un des jardins, et des odeurs de fleurs et de plantes lui montèrent au nez.
Tout ici était beau et parfait. Elanor avait l'impression d'être au paradis ou dans un de ses rêves qu'elle faisait quand elle était petite.
Melian s'arrêta finalement, et elles s'assirent sous un amandier.
- Je suis fière de ton choix, déclara Melian. Tu as choisis de te sacrifier et de retourner en Terre du Milieu. C'est très honorable.
- Je ne me voyais pas abandonner mes amis, répondit Elanor.
- Je n'en attendais pas moins de toi.
Melian lui sourit affectueusement, et Elanor ne put s'empêcher de rougir un peu.
- Si je t'ai amenée ici, c'est parce que nous devons discuter. Tu vas avoir beaucoup d'épreuves à affronter, as-tu une idée de la façon dont tu vas t'y prendre pour détruire les serviteurs de Sauron ?
La question de Melian laissa Elanor pensive.
- Non, je n'y ai pas encore songé.
Melian ramassa un objet posé à côté d'elle, et lorsqu'elle la souleva, Elanor s'aperçu qu'il s'agissait de son épée. Niphredil.
L'épée était enveloppée dans un fourreau de tissu brun, et Elanor reconnut aussitôt la garde noire finement gravée de runes inconnues.
- Prends-là, lui dit Melian.
Elanor la prit doucement des mains de la magicienne.
- Cette épée renferme tous mes secrets, et une grande part de ma magie, lui confia Melian. Tu ne trouveras pas de meilleure arme pour te protéger. J'y ai veillé.
- Comment puis-je m'en servir à bon escient ? interrogea Elanor.
Elle avait entraperçut les pouvoirs de cette épée, mais n'avais jamais pu s'en servir volontairement. C'est comme si Niphredil était une entité vivant à part entière, incontrôlable.
- Je vais te révéler quelques secrets, mais il faut que cette conversation reste entre nous, lui dit Melian. Tu es d'accord ?
La magicienne plongea ses yeux gris intenses dans les siens, et Elanor hocha la tête.
Melian lui parla alors de ce qu'elle savait, et lui donna de nombreux conseils. Elanor l'écouta attentivement, buvant ses paroles, à la fois intriguée et déterminée. Plus le temps passait, et plus elle regagnait confiance en elle, oubliant ses inquiétudes et son incertitude.
- Mon sang coule dans tes veines, affirma Melian. Ne t'inquiètes pas, même quand tu auras l'impression que tout cela te dépasses, ma magie sera là pour te guider et t'accompagner.
- Que va-t-il m'arriver à la fin ? demanda Elanor.
Mandos ne lui avait rien promit. Si elle échouait, Elanor savait que Mandos la renverrait sans sommation dans l'au-delà des hommes. Mais elle voulait éviter de penser à cette issue là, tout comme à la mort de ses compagnons. Melian la dévisagea, songeuse.
- Je ne sais pas. Moi-même je ne peux te dire ce qu'il va advenir dans le futur, je n'ai pas cette connaissance. Seuls Mandos et Vairë en ont une idée.
Melian posa une main sur sa joue.
- Tu dois rester forte. De nombreuses personnes ne soupçonnent pas ta force. Tu dois accomplir ta quête et respecter ton engagement à la communauté. Tu as fait une promesse, tu te souviens ?
Elanor acquiesça. Elle ne se souvenait que trop bien du jour où elle s'était portée volontaire à Fondcombe.
- Je ne sais pas quel sera l'issue de tout ça, mais quelque chose me dit que Sauron ne sortira pas vainqueur de cette guerre, déclara Melian.
- Je ferais tout pour qu'il la perde, répliqua Elanor.
- Tu dois t'assurer que l'héritier d'Isildur monte sur le trône du Gondor avant tout, déclara Melian.
- Aragorn ?
- Il est celui qui changera le cours de l'histoire de la Terre du Milieu. C'est pourquoi il faut le protéger à tout prix, tu comprends ?
Melian la regarda avec une expression si grave qu'Elanor en eut des frissons.
- Oui… et Frodon ? demanda Elanor.
- Tu ne peux rien faire pour le porteur de l'anneau, répondit Melian. L'issue de l'anneau unique n'est pas de ton ressort.
Elanor acquiesça, bien que l'idée de ne rien pouvoir faire pour Frodon la frustrait.
- Rassures-toi, tu ne seras pas seule. Tu as de nombreux alliés à tes côtés. Je serais là, et je veillerais sur toi.
Elanor avait encore de nombreuses questions en tête. Cependant, Melian semblait vouloir mettre fin à la discussion. Elle posa une main sur son front, et lui murmura :
- Il est temps pour nous de nous séparer. Reposes-toi. Tu as un long chemin à faire avant notre nouvelle rencontre. Dors, ma fille.
Elanor se sentit basculer contre le tronc de l'amandier, et la main de la magicienne la délaissa. Un voile noir lui passa devant les yeux, et Elanor sombra dans l'inconscience.
Lexique :
Vairë : femme de Mandos, surnommée « la Tisseuse » elle est aussi la Valar qui tisse tous les événements de la Terre du Milieu sur une immense tapisserie. Elle est la seule à connaître la fin du monde, et est la créatrice du destin de chaque être vivant.
