Oh oh oh! Voici le Père Noël, avec dans sa hotte tout plein de mots alignés rien que pour vous! Non je ne suis pas morte écrasée par une meute de hiboux, non je ne vous ai pas oublié après avoir été lobotomisée par des ours bleus, j'ai plutôt été capturée et enchaînée à mon bureau par de profs de prépa...
Mais à moi les vacances, et à vous la lecture! Je vous fait une promesse et je m'y tiendrai, avant le 7 janvier, vous avez lu le dernier chapitre d'Ava Zivdid, c'est-à-dire le numéro 65. (C'est un peu triste quand même...)
Enfin, voilà le chapitre 62. Rappelez vous, Tony et Ziva dans leur maison, avec Sarah et Hugo, et un mystérieux invité qui sonne à la porte.
Même si je me suis faite attendre, j'espère que vous serez encore nombreux à lire cette suite. J'attends votre avis avec impatiente même si il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre!
Bonne lecture et vive les reviews!
P.S : Et merci à Gwen pour ces MP qui font toujours plaisir =)
Chapitre 62 :Sur le seuil.
La première chose qu'il distingua furent ses yeux. Des yeux qu'il ne pensait pas recroiser de si tôt, des yeux qu'il ne pensait même pas recroiser un jour. A vrai dire, il avait vraiment cru et espéré que ce chapitre était réglé. Mais ça n'était visiblement pas le cas. Cette visite ne pouvait être de bon augure, et Dinozzo imaginait déjà le pire. Il ne savait pas encore vraiment quel comportement adopter, quelle attitude avoir face à cet homme, mais déjà il se renfermait et passait en mode agent du NCIS. Il craignait pour sa famille. C'était son rôle de tous les protéger, et il avait plutôt bien réussi jusque là. Il ne voulait pas que cet homme se décide aujourd'hui à venir tout envoyer balader. Pas maintenant qu'ils avaient enfin réussi se dit Tony.
Le visage de l'italien se ferma alors qu'il jetait un œil rapide au reste des traits de cet homme. Il devait bien avouer qu'il le trouvait changé. Un petit quelque chose qu'il n'aurait pu déterminer. Mais pourtant c'était là. Quelque chose était différent. Son visage était davantage ridé, plus boursouflé, ses cheveux totalement blanc, et il portait des lunettes. Il l'avait déjà vu avec des lunettes, mais uniquement lorsqu'il avait le nez dans un dossier. Sa vue n'avait pas dû s'améliorer avec le temps, pensa Tony en détaillant encore un peu plus l'homme qui lui faisait face et dont la stature pouvait paraître un peu moins imposante.
Il semblait porter un costume sous son grand imper beige. Il ne devait pas avoir bien chaud par ce temps se dit à juste titre l'italien. Les mains dans les poches, il avait pris de l'embonpoint. Il lui paraissait plus affaissé, moins grand. Était-ce parce que le temps avait passé? Parce que lui avait pris en assurance que cet homme lui paraissait un peu moins dangereux à cet instant? Parce que c'était cet homme qui était en terrain étranger et non lui? Tony ne pouvait trouver la bonne réponse, si tant est qu'il y en ait une.
- Tony, tu viens manger, ou tu campes dehors? L'interrogea Ziva, le sortant de ses pensées par la même occasion.
Tony reporta ses yeux dans ceux de l'homme face à lui. Pourquoi était-il là? Qu'avait-il encore derrière la tête? Tony n'avait aucune envie de le découvrir. Il ne voulait qu'une chose, retrouver la chaleur confortable de son foyer, et faire comme si ces dernières secondes n'avaient jamais existées. Il reporta son attention sur les yeux de l'homme face à lui, qui restait muet. Cela non plus ça ne lui ressemblait pas. Pourquoi est-ce qu'il ne disait rien? Qu'attendait-il? D'où venait cet air qu'il avait sur le visage? A quoi pensait-il?
Eli David baissa un instant les yeux face à ce regard plus qu'insistant que lui imposait Dinozzo. A quoi aurait-il pu s'attendre d'autre? Il était déjà heureux de ne pas s'être encore pris cette porte de bois dans le nez. Il se passa une main dans les cheveux. Il voyait bien le trouble qui s'était emparé de l'italien
-Tony? Entendirent les deux hommes. Ziva se répétait, s'inquiétant de ne pas avoir de ses nouvelles.
Cet appel ramena Tony à la réalité, qui lui répondit seulement.
- J'arrive. Commencez sans moi, j'en ai pour une seconde, dit-il d'une voix relativement faible.
Ziva, qui s'était approchée de l'encadrement de la porte, avança encore de quelques pas en entendant Tony lui répondre. Elle jeta un œil aux enfants pour vérifier qu'ils étaient bien installés à table, puis elle prit la direction du couloir qui menait sur l'entrée. Le ton de Tony l'inquiétait. Il avait parlé si faiblement qu'elle avait dû y réfléchir à deux fois pour comprendre le sens de ce qu'il venait de dire.
Elle n'avait aucune idée de ce qu'il se passait, de qui se tenait sur le seuil de sa maison, mais son instinct lui criait que quelque chose clochait. La réaction de Tony n'était pas normale. Ce silence n'était pas normale. Même les enfants ne chahutaient plus, comme si ils avaient conscience que quelque chose d'important se jouait à cet instant et qu'il ne fallait pas déranger.
Ziva avança dans le couloir, et elle distingua alors cette silhouette. Elle cessa d'avancer et sa mâchoire se serra, alors qu'elle était encore à deux bon mètres de l'entrée. Elle se sentait incapable d'avancer davantage. Elle sentit sa respiration s'accélérer sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle ne pouvait s'empêcher de sentir la menace en cet homme. Elle voyait aussi la main de Tony qui restait serrée sur la clenche de la porte d'entrée, alors qu'il faisait fasse à Eli David. Tony n'avait pas remarqué sa présence, alors que l'israélien relevait à cet instant les yeux, et remarquait la présence de sa fille à quelques pas de lui. Il y a des années qu'ils n'avaient pas été aussi proches. Il avait compté les jours lors de son trajet en avion. Cela faisait un peu plus de sept ans maintenant qu'elle lui avait clairement fait comprendre qu'il n'avait plus rien à faire dans sa vie, après une surprenante entrée au Mossad.
Sept ans qu'elle s'était avancée dans son bureau, qu'elle lui avait exposé clairement le fond de sa pensée, et qu'il avait définitivement perdu sa fille. C'était il y a sept ans, la dernière fois qu'il avait usé de sous-entendus qu'elle s'était refusée à entendre, ne les remarquant même pas. Était-elle au moins revenue en Israël depuis ce jour? Il ne le savait même pas. Il avait continué de garder un œil sur elle durant tout ce temps, à distance, sans toutefois l'épier à chaque seconde de sa vie. Il s'était simplement tenu au courant. Qui pourrait lui reprocher ça?
Tony vit le regard de l'homme qui lui faisait face se poser sur un point dans son dos. Il vit toute l'attention de ce vieil homme se poser sur quelque chose qui se trouvait derrière lui. Eli David avait posé ses yeux dans ceux de sa dernière fille, et y lisait toute cette colère qu'il avait provoqué. Il distingua tous ces remparts que Ziva s'était construits dans le seul but de se protéger de cette partie de sa vie. De cette partie dans laquelle elle aurait tant aimé que les choses soient différentes.
Elle tentait de rester impassible dans ce face à face. Elle se tenait droite, sentant que tous ses muscles s'étaient crispés à sa vue. Elle voulait se montrer forte, sans faiblesse. Elle voulait qu'il voit qu'il pourrait toujours essayer, qu'il pourrait faire tout ce qu'il voudrait, il ne trouverait jamais plus en elle la moindre faiblesse dont il pourrait profiter et grâce à laquelle il pourrait obtenir tout ce qu'il désirait d'elle. Tout cela était terminé, depuis longtemps. Depuis qu'elle avait claqué cette lourde porte de bois en se jurant de ne plus jamais repasser par ce chemin.
Tony se retourna et aperçut Ziva, raide, derrière lui, au milieu du couloir. Il ferma les yeux un instant et un soupir lui échappa. Il aurait été prêt à tout pour éviter cet instant. Pour empêcher cet homme d'entrer, empêcher Ziva de sortir, les empêcher de se revoir. Il imaginait déjà les ravages de ce moment, de cette rencontre. Ils avaient enfin trouvé la paix à laquelle ils avaient tant aspirée. Mais il avait fallu qu'il revienne les hanter.
- Je t'avais dit que j'arrivais, déclara Tony du ton d'un constat.
Ziva lui lança un regard. Elle vit dans ses yeux combien il avait voulu empêcher ça, combien il était désolé, mais elle ne s'en préoccupa pas et reporta rapidement son attention sur l'intrus en faisant comprendre à Tony que de toute façon, désormais, il était trop tard. La machine était enclenchée. Il devait la laisser faire, Tony le comprit. Toutefois il resta là, à veiller sur Ziva. Il se préparait à arbitrer le combat et à venir au secours de celle qu'il aimait. Elle voulait qu'elle sache que comme toujours il était là.
- Que viens-tu faire ici? Demanda alors Ziva, restant où elle était.
Eli David mit plusieurs secondes avant de répondre, détaillant sa fille pendant encore quelques instants.
- Je crois qu'une réponse serait la bienvenue, ajouta Tony, voyant bien que l'israélien ne semblait pas décidé à parler.
- Je suis venu voir ma fille une dernière fois, dit enfin Eli David d'une voix rocailleuse.
Lui et sa fille s'affrontèrent du regard pendant encore plusieurs secondes après cette réplique.
- Il me semblait pourtant avoir été claire, déclara alors Ziva d'un ton froid, avant de marquer une courte pause. Je t'ai dit que je ne voulais plus jamais te revoir, que tu ne faisais plus partie de ma vie. La mémoire te fait défaut.
- Non. Je me souviens très bien de ta dernière visite.
Un nouveau silence étouffant prit place.
- Pourtant tu es là alors que personne ne t'y a invité. Moi la dernière.
- Je sais. Toutefois je suis venu directement de Tel-Aviv dans le seul but de te voir, toi et ta famille.
- Hum! Moi et ma famille. Dois-je te rappeler que tu n'en fais pas partie, de ma famille comme tu dis? Reprit Ziva en avançant d'un pas. Je te trouve drôlement secret, tu défends ta cause avec bien peu d'arguments. Dans mes souvenirs tu te montrais pourtant bien plus hargneux au combat.
- Avec le temps, j'ai fini par comprendre que la violence n'aidait en rien pour ce genre de choses.
- Hum! Hoqueta Ziva une nouvelle fois. La violence n'aide en rien pour ce genre de choses? Répéta-t-elle. Pincez moi je rêve! C'est vraiment toi qui viens de dire ça? Tu n'as pas perdu l'art du mensonge à ce que je vois. Que viens-tu faire chez moi à une heure pareille? Poursuivit Ziva en haussant fortement le ton.
- Constater mes erreurs, répondit Eli David sur le ton de la résignation.
Ziva se sentit bouillir. Elle ne reconnaissait pas l'homme qui lui faisait face. Elle ne comprenait rien à la situation qui s'imposait à elle. Elle s'était attendue à tout en le voyant, mais pas à cela. Et elle pouvait voir du coin de l'œil que sous ses airs renfermés, Tony pensait de même. Quel tour était-il encore venu leur jouer? Ziva était sur ses gardes, attendant le revers des choses, guettant le moment où il se déciderait à attaquer, et où une fois de plus elle se sentirait s'écrouler sous ses coups.
- Ne joue pas à ça avec moi! S'écria Ziva. Je te connais suffisamment bien pour savoir quand tu mens. Dis moi tout de suite où tu veux en venir ça nous fera gagner du temps à tous les deux. Ça nous évitera bien des mensonges, et ça n'en sera que bien moins douloureux pour moi. J'ai su dès l'instant où je t'ai vu que de toute façon ta visite n'annonçait rien de bon, alors parle maintenant, s'énerva Ziva en le voyant rester si immobile, si impassible.
Ziva remarqua alors du mouvement sur sa droite. Elle tourna vivement la tête et vit ses enfants, alertés par les cris, se tenir debout dans l'encadrement de la porte de la cuisine.
- Retournez manger, tout de suite, continua alors Ziva sur sa lancée, ne prenant pas le temps de changer de ton.
Tony vit ses enfants faire un bon en arrière, surpris par l'attitude de leur mère, qu'ils n'avaient jamais vu dans cet état. Il vit aussi qu'elle n'avait pas remarqué l'attitude qu'elle avait eu envers eux, et qu'Eli David, toujours stoïque sur le seuil, observait fixement ses enfants. Il se décida alors à lâcher la poignée de la porte d'entrée et à s'approcher de Sarah et Hugo.
- Allez les enfants, écoutez Maman, dit-il en s'approchant de quelques pas. Il vit Sarah parcourir le reste de distance qu'il y avait entre eux et venir se nicher contre ses jambes en jetant au passage un rapide coup d'œil à l'inconnu qu'elle devinait être à l'origine de l'ambiance tendue.
Tony sentit ses petits bras se serrer autour de ses jambes, le rendant prisonnier de son emprise, incapable de se dégager de ce couloir. Il ne parvenait plus à voir son visage, qu'elle avait caché contre sa jambe gauche. Il passa une main dans ses cheveux pour tenter de la rassurer un peu. Il releva la tête pour voir où était Hugo, et s'aperçut qu'il n'avait pas bougé d'un pouce. Il regardait sa mère. Tony tourna alors la tête vers Ziva et se rendit compte qu'elle aussi fixait son fils, qui semblait lui aussi très surpris du ton qu'avait employé la jeune femme quelques secondes plus tôt.
Tony savait que Ziva s'était peu à peu emportée les minutes précédentes, et qu'elle n'avait pas réfléchi avant de s'adresser à ses enfants, trop énervée pour cela. Il savait aussi que si elle avait agi ainsi c'était dans le seul but de les protéger. Elle avait voulu les faire partir afin qu'il ne voient pas qu'un homme se tenait sur le seuil. Cela n'avait pas vraiment marché.
Tony assistait au duel silencieux entre Ziva et leur fils. Il voyait dans les yeux de Ziva qu'elle cherchait le meilleur moyen de s'excuser, mais qu'elle n'y parvenait pas. Et la présence de son père n'arrangeait rien. Tony ne savait plus vers qui se tourner pour désarmer cette situation explosive alors qu'il avait pourtant d'habitude l'aptitude à trouver la bonne formule. Cette fois, il restait tout simplement lui aussi muet, alors qu'Eli David observait la petite famille.
