Bonjour à tous ! Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau chapitre. Je me fais un peu pardonner du retard en ayant écrit un chapitre plus long que d'habitude. On arrive enfin à la scène du banquet à Edoras, et il va se passer pas mal de choses !(Ce chapitre fait 26 pages Word, presque le double, mais il était impossible de le couper) Je n'ai pas eu beaucoup de retours sur le précédent chapitre, et j'espère qu'il ne vous a pas déçu. :s Je suis désolé pour les fautes d'orthographes (pour ceux qui ont lus avant que je m'en aperçoive et ne les corriges. Je sais combien ça peut être désagréable de lire un texte peu soigné.) Je ferais en sorte d'être plus attentive à l'avenir, encore désolé !
A part ça une bonne nouvelle, je viens de publier deux fictions sur le site, en lien avec cette histoire. Ce sont deux one-shot. L'un traite de la rencontre Sylvebarbe/Luthien, comme elle a été abordée dans le chapitre précédent, et l'autre concerne l'enfance de Legolas, notamment la mort de sa mère. J'en avais parlé au tout début de cette fiction, sans pour autant m'y attarder. Jetez-y un coup d'œil si vous avez le temps. Ca aura forcément son utilité pour la suite. ) J'attends vos reviews avec impatience !
Merci à Mello12, PaulinaDragona, Melior Silverdjane, James75 et Lereniel pour vos encouragements ! Vous êtes des amours !
Réponses aux reviews :
Mello12 : Merci beaucoup ! Oui il est vrai que j'ai fait beaucoup de fautes sur ce dernier chapitre, je suis désolé ! Je crois que j'étais un peu fatigué, et j'ai eu beaucoup de mal à me relire. Je vais peut-être avoir besoin d'une Beta si ça continu. J'ai plein d'idées dans la tête, et c'est dur de tout gérer. En tout cas j'ai revu le chapitre, et il a été corrigé.^^ Concernant Gimli, je suis d'accord avec toi ! Peter Jackson en as fait un personnage amusant, et ce n'est pas plus mal je trouve (même si ça ne respecte pas la vision de Tolkien… dans les livres le caractère des elfes et des nains sont inversés. Les nains sont un peu coincés, et les elfes plus irrévérencieux. Peut-être ferais-je une fic avec cette vision, si un histoire me venait à l'esprit. Ça pourrait être amusant ! Pour « L'envoyée des Valar » je préfère la vision de Peter Jackson. C'est aussi plus facile pour développer Elanor. Ça permet de créer des scènes cocasses entre les personnages ! J'ai bien entendu prévu la célèbre scène du concours de bière, et plus encore ! ) Il y a aura de nouveaux personnages qui vont apparaître, mais pas pour tout de suite. Je n'ai pas prévu d'en créer d'autres que ceux qui existent déjà dans l'univers de Tolkien. Il y a un personnage fétiche que j'ai hâte d'introduire, mais il faudra attendre encore un peu pour le voir. N'hésites pas à lire ma fiction sur La Forêt Noire (indice) J'espère que ce chapitre te plaira. Dis-moi ce que tu penses de ce chapitre ! Bises
PaulinaDragona : Hum… si tu réfléchis bien, je pense que tu peux trouver l'identité de la personne qui parlait à travers Elanor. Ce n'est en tout cas pas un Vala, ni Eru Illuvatar ) Et il n'y a une seule personne à Valinor qui est liée à notre héroïne et qui peut avoir un ascendant sur Saroumane avec ce pouvoir. Concernant Sylvebarbe, on ne le reverra pas, et je ne projette pas de développer cette histoire, hormis dans le one-shot que je viens d'écrire. Elanor va montrer davantage ses pouvoirs et ses motivations dans les chapitres à venir. Pour Legolas, je pense qu'il se pose beaucoup de questions, et qu'il se demande ce qui a pu se passer en Lorien. Je crois aussi qu'il a peur de perdre Elanor encore une fois, et qu'il ne sait pas vraiment gérer ses sentiments. Affaire à suivre… ce personnage est extrêmement difficile à écrire. J'ai eu beaucoup de mal à le développer dans ce chapitre. Tu verras pourquoi. ) Merci pour ta review, j'attends ton commentaire ! A plus !
Bonne lecture à vous tous !
gallica
Chapitre 16: Le banquet de la victoire
Le soleil se couchait lorsque la cité d'Edoras apparut à l'horizon. Du haut de son promontoire rocailleux, la ville surplombait la vaste plaine qui s'étendait aux pieds des montagnes blanches. Aussi vastes et enneigées que les Mont Brumeux, elles offraient un cadre à couper le souffle.
Théoden et Eomer lancèrent leurs chevaux à grande allure, heureux et pressés de retrouver leur foyer. Un sentiment contagieux qui s'empara peu après du reste du groupe. Le sourire aux lèvres, Elanor encouragea Nahar à courir plus vite, et se mit à faire la course avec Hasufel, le cheval de Legolas et Gimli. Le rire de Merry s'éleva dans l'air, et elle en oublia presque le vent qui lui fouettait le visage sous l'excitation et la joie.
Essoufflés, les chevaux arrivèrent bientôt devant la cité, et un des gardes ordonna l'ouverture de la herse. Théoden entra le premier dans Edoras.
Elanor découvrit la capitale des Rohirims avec curiosité. Les maisons étaient petites, toutes construites en bois, et il y avait des étables dispersées à chaque coin de rue. Les toits étaient recouverts de paille pour la plupart, et le sol poussiéreux en était aussi jonché par endroits. Une odeur de chaux et de crottin lui monta violemment au nez, et en observant plus attentivement les gens du Rohan, elle réalisa qu'ils semblaient assez modestes. Il n'y avait aucun signe ostentatoire de richesse, que ce soit dans leurs vêtements ou sur les bâtiments. Beaucoup de monde déambulait dans les rues, et la plupart des gens déchargeaient des charrettes près de leur maison. Ils revenaient tout juste du Gouffre de Helm.
Le martèlement des sabots de leurs chevaux attira leur attention, et plusieurs habitants d'Edoras se retournèrent à leur passage.
- Le roi est de retour ! s'écria quelqu'un.
La foule s'agglutina peu à peu autour d'eux tandis qu'ils remontaient la rue principale menant vers le palais. Des femmes, des enfants et des hommes furent bientôt rejoints par des soldats, qui acclamèrent le roi et les grands seigneurs qui l'accompagnait.
- Vive le roi Théoden !
Meduseld était le bâtiment le plus grand et le plus surélevée de la capitale. Une jeune fille blonde vêtue d'une robe blanche attendait sur la corniche, au bord du vide, les cheveux battus par le vent. Lorsqu'elle les vit, elle dévala les escaliers dans leur direction.
Théoden mit pied à terre, et l'accueillit dans ses bras. Il l'embrassa sur le front, et Elanor devina alors qu'il devait d'agir d'une parente, au vu de ses habits nobles et de ses longs cheveux blonds ondulés. La jeune fille alla ensuite enlacer Eomer, qui la garda longtemps contre lui.
Elanor se demandait qui elle pouvait bien être lorsque les cris de la foule en liesse et leurs mains tendues la firent sortir de ses pensées. Elle en serra quelques-unes, déconcertée et déstabilisée par l'attention dont elle et ses compagnons faisaient soudainement l'objet. Un sentiment de chaleur lui envahi le cœur en voyant tous ces visages heureux et souriants. Les gens s'embrassaient et se serraient dans les bras. Le moment de fêter cette victoire était enfin arrivée. Après toutes ces épreuves, et cette longue séparation, Elanor allait enfin goûter à une trêve bien méritée en compagnie de ses amis.
Le soulagement lui regonfla le cœur.
Elle s'aperçu soudain que ses compagnons étaient descendus de cheval, et elle s'empressa de les imiter. Merry se dandina sur la selle de Nahar, pressé de poser les pieds sur la terre ferme. Elanor le souleva de selle, et le hobbit se précipita pour rejoindre Pippin à quelques pas de là.
En le suivant du regard, Elanor s'aperçut que la jeune fille blonde avait quitté les bras d'Eomer pour aller se jeter dans ceux d'Aragorn. Elanor les regarda, intriguée, avant de sentir une présence à ses côtés. Elle leva les yeux et vit Legolas, qui s'était rapproché d'elle. Il lui sourit et son visage lumineux fit perdre à Elanor le fil de ses pensées. Une émotion de joie partagée et de complicité passa entre eux, sans qu'ils n'aient eut besoin de se parler, et l'elfe resta à ses côtés pendant que leurs compagnons et les Rohirims se félicitaient de la victoire. Elanor songea qu'elle ne s'était jamais sentit aussi proche de Legolas que maintenant.
Elle se rappela du moment où il lui avait pris la main, un peu plus tôt dans la journée et ressentit à nouveau l'envie de renouer ce contact. Mais l'hésitation et l'effervescence autour d'eux l'en empêcha, et elle retint son geste, effrayée à l'idée qu'il puisse la rejeter.
Bientôt, des hommes virent les décharger de leurs montures, et Elanor laissa la bride de Nahar à un garçon d'écurie. Theoden se mit à monter les marches menant à son palais, et leur cortège se mit en route, entouré de soldats.
Merry et Pippin sautillaient comme des puces, contaminés par l'ambiance bonne enfant qui régnait dans l'assemblée. Des sourires et des rires avaient naquis sur chaque visage.
Ils entrèrent à la suite du roi Théoden dans Meduseld. Elanor pénétra alors dans une salle immense, décorée de boiseries à l'effigie des chevaux et de l'histoire du Rohan, dans des tons verts et or. Un trône se dressait au fond de l'allée principale, derrière lequel se trouvait un mur orné de bannières colorées. Elanor contempla la salle, émerveillée. Les voyageurs qui passaient à l'auberge de Maggi lui avaient raconté de nombreuses histoires sur le palais de Meduseld, lui vanta sa magnificence.
A présent qu'elle pouvait contempler ce lieu mythique de ses propres yeux, Elanor ne pouvait qu'acquiescer et se sentit admirative.
Théoden se rassembla au milieu de la salle avec Gandalf, Aragorn et ses principaux lieutenants. Elanor resta plantée à l'entrée avec Legolas et Gimli. Merry et Pippin quant à eux s'étaient avancés, la tête en l'air, découvrant ce nouvel endroit qui leur était inconnu avec des yeux ronds.
Elanor songeait à les rejoindre lorsqu'Eomer arriva à cet instant accompagné de la jeune femme blonde.
A présent qu'elle la voyait de plus près, Elanor vit qu'elle était grande et belle. Son teint était parfait, d'un blanc laiteux sans imperfection, et ses longs cheveux blonds ondulés descendaient jusqu'en bas de son dos. Elle devait avoir son âge, ou peut-être même moins.
- Mes seigneurs, c'est une joie de vous revoir en pleine forme, dit celle-ci avec un grand sourire.
Elanor resta un peu en retrait tandis que Legolas et Gimli lui souriaient en retour.
- Ma dame, répondit Gimli. Nous vous rapportons de bonnes nouvelles. Saroumane est mort. Et nous avons retrouvé deux de nos petits amis en chemin !
Le nain désigna Merry et Pippin. Eowyn tourna la tête et découvrit les hobbits, qui attendaient au milieu des Rohirims. La stupeur transparut sur son visage quelques secondes, car c'était la première fois qu'elle voyait des semi hommes.
- Oh, dit-elle. En effet, ce sont de très bonnes nouvelles maître Gimli.
Le sourire sur ses lèvres s'accentua, mais se figea lorsqu'elle tourna la tête vers Elanor. La Rohirim la dévisagea avec surprise, et son regard s'attarda plus longtemps que nécessaire sur son épée et son armure.
- Je crois que tu ne connais pas encore Dame Elanor, dit Eomer en la voyant s'interroger silencieusement. Elle est arrivée au Gouffre de Helm, et nous vient tout droit de Fondcombe. Voici ma sœur, Eowyn.
Eomer désigna la jeune fille blonde de la main, et Elanor inclina la tête.
- Ravie de vous rencontrer.
Eowyn parut soudain reprendre contenance, et s'inclina gracieusement.
- C'est un plaisir de faire votre connaissance.
- Dame Elanor accompagne ces seigneurs et messire Gandalf et Aragorn depuis quelques temps, révéla Eomer.
- Oh, vraiment ?
Eowyn haussa les sourcils, étonnée.
- Ma sœur peut vous montrer vos quartiers si vous le souhaitez, proposa Eomer. Nous avons fait une longue route. Dame Elanor souhaite certainement se reposer.
Il adressa cette dernière phrase à Eowyn, qui acquiesça vivement.
- Oui, bien sûr.
Elanor échangea un bref regard avec Legolas. Elle aurait préféré rester ici avec lui et Gimli, mais elle ne pouvait refuser l'invitation d'Eomer. L'elfe perçut son hésitation, et l'encouragea d'un signe de tête.
- D'accord, répondit Elanor.
- Alors nous nous verrons au banquet, la salua Eomer.
- Suivez-moi. Je vais vous montrer votre chambre, l'invita Eowyn.
Elanor hocha la tête, et murmura un « à plus tard » à Legolas et Gimli, avant de la suivre.
Eowyn la guida travers la grande salle, et lui fit passer par une porte du fond. Elles débouchèrent sur un long couloir, qui donnait sur de nombreuses portes. Elanor fut étonné de leur nombre. A l'extérieur, Meduseld ne paraissait pas aussi grand, et pourtant le palais était gigantesque à l'intérieur.
Le couloir continuait à un angle, et Eowyn s'arrêta finalement devant une porte en bois massif, à quelques pas de là.
- Voici votre chambre.
Elle poussa la porte, et la fit entrer. La pièce était assez grande pour une seule personne. Rectangulaire, un grand lit à baldaquin se dressait contre le mur de droite, et en face se trouvait une cheminée. Il n'y avait pas de fenêtre, et les murs étaient principalement en pierre. La chambre était éclairée par quelques bougies, mais il faisait trop sombre pour distinguer le mobilier et les tapisseries qui la constituaient.
- Je vais demander à ce qu'on rallume l'âtre dans la cheminée, et qu'on vous prépare un bain, dit Eowyn. Je reviens.
- Merci.
Elle disparut, et revint une minute plus tard avec plusieurs jeunes femmes. L'une d'elle alla allumer le feu dans la cheminée tandis que deux autres posèrent une grande bassine et une jarre d'eau par terre.
- Merci, vous pouvez nous laisser, dit Eowyn.
Les servantes s'inclinèrent et sortirent silencieusement.
- Je vais vous aider à terminer. Ne vous occupez pas de moi, mettez-vous à l'aise, l'invita-t-elle.
Elanor hocha la tête, et observa la chambre illuminé, notant que la pièce paraissait soudainement beaucoup plus accueillante. Cependant, la simplicité des décorations et l'absence de lumière contrastait fortement avec tout ce qu'elle avait connu jusque-là. A Fondcombe ou en Lorien, tout était ouvert sur l'extérieur, en harmonie avec la nature. Quant à l'auberge du cheval blanc, en Eriador, sa chambre à l'étage avait au moins une fenêtre. Elanor n'était pas claustrophobe, mais cette impression d'être enfermée lui causa un sentiment de malaise pendant un certain laps de temps.
Eowyn se dirigea vers l'armoire et l'ouvrit. Elle en ressortit quelques couvertures, et les déposa sur le lit.
Se sentant étriquée dans cette armure qu'elle n'avait pas retiré depuis des jours, Elanor s'autorisa à l'enlever et commença à défaire son épée et ses attaches.
- Pardonnez-moi de vous poser cette question mais… vous êtes une guerrière n'est-ce pas ?
Surprise, Elanor leva la tête et vit qu'Eowyn la regardait fixement, ayant abandonné l'idée de faire le lit.
- Euh… oui, répondit Elanor. Enfin, je ne sais pas si c'est le terme adéquat...
- Vous vous êtes battus au Gouffre de Helm.
C'était plus une constatation qu'une question. Elanor vit sur le visage d'Eowyn une expression confuse qu'elle ne parvint pas à comprendre.
- Oui. En effet.
Un silence s'en suivit, durant lequel Eowyn ne dit rien et continua de la dévisager. Elanor se sentit soudain embarrassée.
- C'est la première fois que je vois une femme porter une armure et une épée, dit la jeune fille blonde. En tout cas aussi librement.
L'envie s'entendait dans sa voix.
Ce fut au tour d'Elanor de la scruter. Eowyn nourrissait-elle des désirs de batailles ? Elle était fine, pâle et n'avait pas la carrure d'une femme pouvant soulever une épée.
Pourtant, Elanor avait appris à se méfier des apparences et à ne pas sous-estimer les personnes fragiles, surtout les femmes. De par sa propre expérience, elle ne pouvait juger Eowyn par un simple regard.
- Je dois être une des rares femmes à porter une épée, acquiesça Elanor. Mon destin m'a obligé à prendre les armes. Je ne peux voyager avec mes compagnons sans savoir me défendre.
Eowyn acquiesça, et commença à déplier un drap.
- Oui, je comprends. Le seigneur Aragorn ne m'avait jamais parlé de vous auparavant. Cela fait-il longtemps que vous voyagez avec lui ?
- Depuis quelques mois. Nous sommes partis de Fondcombe l'hiver dernier. J'ai été séparée de mes amis lorsque nous avons tenté de traverser les Monts Brumeux.
- Que vous est-il arrivé ?
Elanor contempla Eowyn avec hésitation.
Elle ne pouvait lui révéler qu'elle était tombée dans la Moria peu après Gandalf. Aucune personne normale et saine d'esprit ne la croirait. A part les elfes, qui avaient connaissance de la magie ancienne et de l'existence des Valar, les hommes n'en accordaient que peu de considération en la résurrection. Eowyn la prendrait à coup sûr pour une folle.
Elanor songea alors qu'elle devait mentir, ou au moins éviter de mentionner ce passage.
- Nous avons été attaqués dans les montagnes par des gobelins, et je me suis perdue à ce moment-là, répondit-elle finalement.
- Vos compagnons ne vous ont-ils pas cherché ? s'étonna Eowyn.
- Ils m'ont cru morte. Je suis tombée dans un ravin.
Eowyn écarquilla les yeux. Elanor se demanda soudain si elle avait bien fait de lui décrire ce point.
Elle était effectivement tombée dans un ravin, mais n'avait pas survécu.
Même en dehors de la Moria, il est difficile de croire qu'on puisse survivre à une chute, sans parler du faire qu'il était incohérent que Aragorn et les autres ne l'ai pas retrouvée dans la montagne. Si cette version de l'histoire s'était avérée véridique, Elanor savait que ses compagnons n'auraient pas hésité une seconde à faire demi-tour pour partir à sa recherche.
Elanor se rattrapa aussitôt.
- Il faisait noir, et c'était impossible pour eux de savoir où j'étais. Ils étaient poursuivis.
Eowyn réagit avec compassion.
- Ca a dû être difficile pour vous. Etre seule dans ces montagnes, blessée… je n'ose imaginer ce que vous avez dû endurer.
- Oui, c'était très dur, répondit Elanor. Heureusement que les elfes m'ont trouvée à temps. C'est eux qui m'ont soignée.
Elanor fixa le vide, et repensa aux dernières semaines qu'elle avait passées en Lorien, clouée sur un lit. Elle avait mit des semaines à récupérer ses forces. Son emprisonnement dans les cavernes de Mandos était encore dans son esprit. Le souvenir s'éloignait dans le temps, mais il était toujours aussi vivace.
- C'est incroyable, il est arrivé à peu près la même chose au seigneur Aragorn, déclara Eowyn. Vous a-t-on raconté qu'il avait disparu peu avant la bataille ? Nous l'avons cru mort.
- Non.
Elanor fronça les sourcils, et se demanda de quoi elle parlait.
- Nous avons été attaqué par des orques peu avant notre arrivée au Gouffre de Helm, révéla Eowyn. Lors de l'assaut, le seigneur Aragorn a chuté d'une falaise haute de trente mètres. Et aussi incroyable que ça puisse paraître, il est réapparut indemne deux jours plus tard.
Ses compagnons ne lui avaient pas raconté cet incident, songea Elanor stupéfaite. Comment Aragorn avait-il survécu ? Contrairement à elle, il n'avait pas pu bénéficier de la grâce des Valar.
Elle avait décidément raté beaucoup de choses durant ces quelques semaines.
- Le seigneur Aragorn est très brave, déclara Eowyn. Et il a le cœur noble.
Ses yeux brillaient d'admiration.
Elanor observa la nièce du roi et se demanda d'où lui venait cette passion tout à coup. La voix d'Eowyn était douce et tendre, et elle semblait lui vouer au rodeur une affection toute particulière. Son teint était aussi plus légèrement coloré. Elanor repensa à leur étreinte devant Meduseld, et fut alors prise d'un doute.
Eowyn avait-elle des sentiments pour Aragorn ?
- Hum... oui, il est remarquable, dit Elanor avec précaution.
- J'ai appris qu'il avait chevauché avec mon grand-père, Thengel, lors de nombreuses batailles, s'exclama Eowyn.
Elanor considéra la révélation de la jeune fille avec intérêt avant de froncer les sourcils. Son grand-père ? C'était impossible, Aragorn ne devait pas avoir plus de quarante-ans. Comment pouvait-il avoir chevauché avec son grand père ?
Elle savait que Thengel était parti en guerre contre les tributs de l'Est il y a au moins plus de cinquante ans. Ça voudrait dire qu'Aragorn avait au moins soixante-cinq ans à l'heure actuelle.
Impossible.
- Vous devez vous tromper.
Eowyn se retourna vers elle, haussant les sourcils.
- Aragorn ne peut avoir plus de soixante ans, rétorqua Elanor. Il a bien moins que ça.
- Messire Aragorn a quatre-vingt-sept ans, lui répondit Eowyn. Il me l'a dit.
Elanor lui lança un regard éberlué.
Quatre-vingt-sept-ans ?!
Si elle s'attendait à ça… ? Aragorn était si vieux ? Jamais encore il ne lui en avait touché un mot. A présent qu'elle y pensait, Aragorn faisait partis des Dunedains, descendants des Numénoriens. Et la légende courait en Eriador que c'était des hommes bénits d'une longue vie.
Pourquoi n'y avait-elle pas songé plus tôt ? Etait-elle bête à ce point ? Il était évident qu'Aragorn ne pouvait faire son âge. Elle était cependant stupéfaite qu'Eowyn le sache, alors qu'elle-même, qui avait passé des mois avec Aragorn ne le savait pas.
- Vous ne le saviez pas ? demanda Eowyn, assez surprise.
- Non !
- Oh, je pensais que vous étiez au courant.
Elle lui adressa un sourire d'excuse, et Elanor haussa les épaules.
- Aragorn est très discret, argumenta-t-elle. Je présume que j'aurais dû lui poser la question.
- Oui, peut-être bien.
Eowyn lui sourit et termina enfin de faire le lit. Elle retourna chercher quelque chose dans l'armoire, alors qu'Elanor finissait enfin de se débarrasser de son armure.
- Voilà votre linge de bain, dit-elle en posant un drap blanc sur le sommier. J'espère que vous apprécierez notre hospitalité. Nous n'avons pas de lit aussi confortable, et de vêtements aussi beaux que ceux à Fondcombe. Mais c'est tout ce que nous avons.
- Ne vous inquiétez pas, ça me convient parfaitement, répondit Elanor reconnaissante.
- Le banquet commencera dans quelques heures. Si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à demander à mes suivantes. Elles sont dans la pièce à côté sur votre droite. Je dois aller aux cuisines.
- D'accord, merci.
Eowyn s'apprêta à sortir, mais au même moment Elanor se demanda s'il fallait se présenter au banquet avec une tenue particulière et se souvint qu'elle n'avait rien emportée, à part des tuniques de voyage.
- Euh… Dame Eowyn ?
- Oui ?
La Rohirim se retourna sur le pas de la porte.
- Je n'ai aucune tenue pour ce soir, lui dit Elanor, embarrassée.
Elle la regarda implorante, et Eowyn esquissa un sourire rassurant.
- Je vais voir ce que je peux vous trouver.
- Merci.
Eowyn referma la porte derrière elle.
Elanor put alors souffler, et enfin seule, finit de se déshabiller. En faisant quelques pas, elle se rendit compte à quel point son corps était courbaturé et meurtri par toutes ces heures passées à cheval. Elle se laissa glisser dans la bassine, et versa le contenu de la jarre sur elle. L'eau était froide, mais malgré cela lui fit tout de même un bien fou. Ça ne valait pas les sources de la Lorien, évidemment, mais ce bain lui détendit tout de même les muscles, et fit disparaître la fatigue.
Il y a un an, jamais elle n'aurait pu chevaucher des jours entiers comme elle l'avait fait. Et elle aurait encore moins eut la force de se battre à cheval contre des Uruk-hai, qui étaient presque deux fois plus grands et résistants que les orques.
Elanor savait que quelque chose en elle avait changé. Ses capacités physiques semblaient s'être décuplées depuis qu'elle était revenue. C'était étrange. Et très satisfaisant à la fois. Elle ne se sentait plus aussi vulnérable qu'auparavant, et avait l'impression qu'elle pouvait terrasser un troll d'un moment à l'autre. Enfin, cette hypothèse seule restait encore à vérifier.
Au bout d'un quart d'heure, Elanor sortit du bain et se sécha avec le linge que lui avait laissé Eowyn.
Ses paupières étaient lourdes et commençaient à tomber. Il restait encore un peu de temps avant le banquet, pensa-t-elle. Le temps d'une petite sieste. Ne résistant pas à l'appel du sommeil, Elanor se dirigea vers le lit et se pelota nue sous les couvertures.
Elle ne mit qu'une seconde avant de tomber dans les bras de Morphée.
Un vacarme de voix d'hommes et de femmes dans le couloir la réveilla. Elanor ouvrit les yeux, alerté par le bruit. Elle comprit à l'agitation qui régnait dans le palais que le banquet allait bientôt commencer.
Elle avait trop dormie, pensa-t-elle affolée.
Elle se redressa vivement et sa pensée immédiate fut pour sa tenue. Elle fut vite soulagée en voyant qu'on avait déposé des vêtements au pied de son lit.
Elanor s'agenouilla et examina sa tenue.
Il y avait une jolie robe couleur vert d'eau, brodée au niveau de l'encolure et des manches par des motifs dorés, et une ceinture assortie, ainsi que des scandales. Elanor se leva et s'habilla rapidement. Elle fouilla ensuite dans sa besace à la recherche du peigne que lui avait laissé les elfes de la Lorien. Elle se brossa, lissa et démêla les cheveux, mais elle eut l'impression de faire des efforts en vain. Ses cheveux étaient longs, et indisciplinés. Il était impossible de les coiffer correctement, et elle n'osait imaginer le résultat. Rien qu'en les touchant elle sentait que c'était une catastrophe.
Quelqu'un toqua à la porte.
- Oui ? répondit Elanor.
Une jeune femme blonde, qu'elle ne connaissait pas, entra.
- Le banquet va bientôt commencer madame.
- Euh… très bien, j'arrive.
La servante s'attarda à la porte.
- Hum… avez-vous besoin d'aide madame ?
Elanor s'empourpra légèrement en voyant qu'elle regardait ses cheveux, et hocha la tête, un peu soulagée malgré tout qu'elle lui propose son aide.
- Oui, je veux bien.
La Rohirim ferma rapidement la porte, et s'assit derrière elle.
- Laissez-moi faire.
Elanor lui tendit docilement le peigne. Habile de ses mains, la jeune femme parvint en quelques minutes à coiffer et à tresser ses cheveux.
- Voilà.
Elanor toucha ses cheveux, et sentit une mince tresse à l'arrière de sa tête, nouée avec quelques mèches. Rassurée, elle laissa retomber son bras.
- Merci beaucoup… Comment vous appelez-vous ? demanda Elanor.
- Wilda, madame.
- Merci pour votre aide Wilda.
La servante se leva et s'inclina avec reconnaissance. Elle sortit et Elanor lui emboita le pas.
Le couloir à l'extérieur était bondé.
Wilda lui adressa un dernier sourire, puis disparut au milieu de ces femmes et de ces hommes qui criaient, et marchaient dans tous les sens. Certains portaient des couverts et des chaises, tandis que d'autres soulevaient des tables et poussaient d'énormes barils de bière. Elanor zigzagua parmi eux, tout en essayant de ne bousculer personne. Cette effervescence lui rappela subitement l'allégresse de l'auberge du cheval blanc, et elle eut l'impression bizarre de revenir en arrière, quelques mois auparavant.
Elle finit par trouver la porte menant à la grande salle, et y entra.
Un capharnaüm assourdissant y régnait. Des tables et des bancs avaient été installés partout, et de nombreux soldats et habitants d'Edoras s'étaient regroupés et discutaient. Elanor chercha le signe de la présence de ses compagnons dans la foule, et parvint à distinguer enfin le manteau blanc de Gandalf.
- Ah ! Vous voilà enfin ! s'exclama le magicien lorsqu'elle fut arrivée à leur hauteur.
Merry et Pippin étaient assis sur un banc, et Gimli était debout à côté du magicien. Aragorn et Legolas n'étaient nulle part en vue.
- Vous êtes ravissante très chère, la complimenta Gandalf.
Elanor se souvint alors qu'elle portait une robe qui mettait en valeur ses formes féminines.
- Merci.
Gênée, elle tritura la texture fine de son vêtement. Elle avait perdu l'habitude de se déplacer avec des tenues aussi légères, et ce sentiment de retrouver des robes était très bizarre. A force de porter armure et pantalons de voyage, elle en avait oublié la sensation d'être une femme.
- On ne vous avons pas vu de la soirée, lui fit remarquer le magicien.
- Oui, j'étais dans ma chambre, répondit Elanor. J'ai dormis.
- Ah. Je vois. Ça se comprend, vous avez fait un long périple jusqu'ici.
Elanor médita les paroles de Gandalf. Elle songea à sa chevauchée de la Lorien jusqu'au Gouffre de Helm, puis à sa détention dans les cavernes de Mandos et sa rencontre avec Melian à Valinor. Elle se dit qu'il devait faire référence à sa première idée, et pensa qu'elle ne lui avait pas encore raconté le reste, et qu'il serait peut-être temps que le magicien sache.
Se doutait-il qu'elle avait été dans les cavernes de Mandos ? Probablement pas. Mais Elanor ne préférait pas avancer d'hypothèses, car Gandalf était un magicien. Et les magiciens pouvaient se révéler surprenants.
- Gandalf, pourrais-je avoir un mot avec vous, plus tard, après la fête par exemple ?
Gandalf haussa les sourcils.
- Bien sûr, je compte bien entendre votre récit ! Ne croyez pas que j'ai oublié, répondit-il.
- Quel récit ? demanda innocemment Pippin.
Elanor sentit le regard de ses compagnons tomber sur elle comme une enclume, et toute son assurance s'envola.
- Aucun. Occupez-vous de vos affaires Peregrin Touque, répondit Gandalf.
- Mais-
- Taisez-vous.
Pippin ferma la bouche, et ne pipa plus mot.
Merry et Gimli lui lançaient en revanche des regards curieux et interrogatifs. Gandalf parut en colère, et Elanor ne sut pourquoi. Théoden entra à ce moment dans la salle, et accapara l'attention du magicien.
- Nous parlerons de ça plus tard. Nous avons encore le temps, lui dit-il. Profitez de cette soirée mes amis. C'est un court moment de répit qu'il vous est donné, avant que les jours sombres commencent.
Il se tut sur ces derniers mots et partit en direction du roi. Gimli croisa les bras, alors que Pippin gigotait sur ses fesses, mal à l'aise.
- Des jours sombres ? Quelle drôle façon de nous remonter le moral ! s'exclama Merry ironiquement.
- Je préférais l'ancien Gandalf, se plaignit Pippin. Il était beaucoup plus amusant.
Gimli grommela son approbation, et Merry hocha vivement la tête. Elanor fixa le vide, perdue dans ses pensées.
Elle devait une fière chandelle à Gandalf, qui l'avait sauvé de la curiosité de Pippin.
Elle n'avait pas encore trouvée les mots justes pour raconter à ses compagnons les raisons et les conditions de son retour en Terre du Milieu. Comment leur dire la vérité ? Mandos lui avait donné encore une chance de faire ses preuves. Mais à quel prix ?
Elanor n'osait penser à la fin qui l'attendait, ni à la réaction de ses amis. Allait-elle encore une fois leur causer du chagrin en mourant ? Elle éloigna vite cette pensée, et se dit que tout ce qui comptait c'était de préserver la vie de ses amis. Pourtant elle devrait bien leur dire un jour.
Melian ne lui avait donné aucun indice pour réussir, si ce n'est de suivre son coeur.
Mais serait-ce suffisant pour gagner cette guerre ?
Sauron menaçait toute la Terre du Milieu, et de tout dépendait d'un minuscule objet, porté par Frodon. Si jamais l'anneau tombait entre les mains de l'ennemi, tout serait perdu. Et elle ne pourrait rien y faire.
Gandalf avait raison. Elle devait profiter de cette soirée, peu importe ce qui arrivait dans les prochaines semaines. Ces moments seraient rares à l'avenir. Peut-être même était-ce même la dernière fois où elle pourrait profiter de la présence de ses amis.
Elle regarda le magicien discuter au loin avec Théoden sur l'estrade. Ils avaient l'air détendus, et heureux.
Quelque chose dans le coin de son œil attira soudain son attention, et elle se tourna vers l'objet de ses pensées. Legolas fendait la foule, et se dirigeait dans sa direction. Elanor nota immédiatement qu'il s'était changé et portait une tunique elfique argenté. Il avait abandonné ses tuniques vertes et brunes habituelles, et étonnamment cette tenue plus formelle lui allait à merveille.
Elle se rappela alors soudainement qu'il était un elfe. Et que tous les elfes étaient beaux.
Legolas s'arrêta devant elle, la main sur le cœur.
- Suilad. (Bonsoir)
Elanor lui sourit et l'imita.
- Gen suilon, Legolas. (Bonsoir, Legolas)
Elle reposa sa main, et Legolas s'en empara brusquement et y déposa un baiser.
- Le banui. (Tu es très belle)
Surprise, Elanor demeura bouchée bée. Legolas la relâcha, mais elle fixa ses yeux bleus de longues secondes avant de pouvoir réagir.
- Hannad le (merci), murmura-t-elle.
Il y avait quelque chose d'indescriptible dans la façon dont il la regardait. Ses mains se mirent à trembler, et la nervosité commença à la gagner.
Elle ne comprit pas pourquoi elle se sentait tout à coup intimidée. Depuis quand Legolas la mettait-il dans cet état ? Et d'ailleurs, depuis quand était-il aussi galant ? Elanor le connaissait depuis assez longtemps pour savoir qu'il n'était pas particulièrement loquace.
Pourtant, il avait fait l'effort de la saluer à la façon de la race des hommes, ce qui était une attention particulièrement touchante et délicate.
Alors que le rouge lui montait aux joues, et qu'elle sentait la tension grimper entre eux, quelqu'un vint distribuer des coupes de vin. Elanor se détourna, et accepta le verre avec reconnaissance.
- Le banquet va bientôt commencer, déclara Legolas.
Elanor acquiesça, tout en évitant soigneusement de le regarder en face. Comme pour confirmer ses dires, Théoden se leva à ce moment précis et demanda le silence dans la salle.
- Peuple du Rohan et frères de contrés lointaines ! Nous sommes réunis ce soir pour fêter cette victoire ensemble !
Eowin monta l'estrade et apporta une coupe au roi. Elle était superbe dans sa robe bleu pâle, et ses longs cheveux dégringolaient comme une cascade dorée dans son dos. Comme la tradition le voulait, tout le monde se leva de table et porta un toast.
- Ce soir, souvenons-nous de ceux qui ont donnés leur vie et leur sang pour défendre ce pays. Saluons les morts victorieux !
Les hommes et femmes crièrent, et burent à la gloire de ceux qui étaient tombés au Gouffre de Helm.
Aux côtés de Legolas, Elanor porta la coupe à ses lèvres. Le vin avait un goût amer et âpre.
Ses pensées dérivèrent alors vers Haldir et Boromir, qui les avaient quittés trop tôt avant la fin.
Ce soir elle boirait à leur mémoire.
Aussitôt que les coupes furent vides, d'énormes plateaux chargés de nourriture déferlèrent des cuisines, et l'alcool coula à flot.
Les Rohirims s'attablèrent dans la bonne humeur, et un joyeux désordre s'installa. Les gens se baladèrent dans la salle, riant et discutant les uns avec les autres. Elanor trouva agréable qu'il y ait autant de femmes que d'hommes, ainsi que des enfants. Tous avaient été conviés au banquet, et même les Galadhrims qui s'étaient battus au Gouffre de Helm étaient là.
Les elfes étaient peu à avoir survécus dans la bataille. Près de la moitié de la garnison d'Haldir étaient morts, son capitaine avec. Ils avaient acceptés l'invitation de Théoden avec gratitude, bien que le banquet organisé par les hommes les intriguaient au plus haut point. La plupart s'étaient rassemblés dans un coin de la pièce, et n'avaient pas bougés depuis le début de la soirée.
Elanor s'était assise à une table avec ses amis, et Legolas les quitta quelques minutes plus tard pour aller les rejoindre. Elle le vit leur glisser quelques mots, et le suivit quelques secondes du regard, avant de retomber dans sa conversation avec Merry. Il ne revint pas s'asseoir avec eux avant un long moment.
Les deux hobbits mangeaient comme quatre, et Elanor se demanda plus d'une fois comment il était possible que de si petits êtres puisse dévorer autant de quantité de nourriture. Gimli mangeait aussi avec appétit, mais elle n'était guère surprise par l'endurance du nain. C'était connu qu'ils étaient de gros mangeurs.
Au milieu de la soirée, Elanor rassasiée, posa une main sur son ventre et plongea dans ses pensées. Une main se posa à ce moment sur son épaule, et elle se retourna en sursautant.
Aragorn lui fit face.
- Le roi souhaiterait vous voir, lui dit-il à voix basse.
Un peu déconcerté, Elanor acquiesça et se leva.
Elle se dirigea vers l'estrade, se demandant ce que lui voulait Théoden.
Lorsqu'elle arriva devant lui, Eomer se tenait à sa droite, raide et le regard fier, et Eowyn était à sa gauche, aussi belle qu'un rayon de soleil. Elle lui adressa un mince sourire encourageant.
Elanor s'inclina devant le roi, et le salua aussi gracieusement qu'elle le pouvait avec une révérence.
- Vous m'avez fait demander, monseigneur ?
- Oui, Elanor. Je voulais vous dire quelques mots, répondit Théoden.
Il se redressa sur son siège pour mieux la regarder.
- Il m'était impensable de ne pas vous saluer pendant la soirée. Vous avez été remarquable sur le champ de bataille au Gouffre de Helm, et je tenais à vous adresser mes compliments.
Il baissa la tête avec respect, et Elanor fut prise de court par sa déclaration.
- Je n'ai fait que mon devoir, répondit-elle un peu naïvement.
Le roi posa sur elle un regard bienveillant.
- Je n'en doute pas. Cependant, je tiens à vous remercier comme il se doit. Malheureusement nos coutumes ne sont pas faites pour honorer les femmes qui se battent sur le champ de bataille. Y a-t-il quelque chose qui puisse vous faire plaisir ? Je ne vous donnerais pas mon trône si vous me le demander, évidemment, plaisanta Théoden.
Il rit, et Elanor réfléchit à ce qu'elle pourrait demander, avant de se décider.
- Rien ne me ferait plus plaisir que d'être remercié comme les autres hommes, répondit-elle.
Théoden haussa les sourcils, surpris de sa réponse.
- Vous êtes sûre ?
Elanor acquiesça.
- Oui.
Après une courte hésitation, Théoden laissa passer sa surprise et hocha la tête.
- Très bien si tel est votre souhait. Eowyn, peux-tu aller chercher le vin d'Eöl ?
Le visage radieux de la jeune fille était soudainement devenu froid comme la glace. Sans la moindre expression, Eowyn partit dans les cuisines, et revint avec une coupe à la main. Elle la donna à Théoden, qui à son tour l'offrit à Elanor.
- C'est une boisson d'homme, je ne garantis pas que vous allez aimer, l'avertit-il.
Elanor hocha la tête, et surprit l'expression mitigée d'Eomer alors qu'elle acceptait la coupe. Essayant de l'ignorer, elle but aussitôt le contenu de son verre.
A la première gorgée, elle s'étouffa presque dans le liquide, qui s'avéra râpeux, puissant et fortement alcoolisé.
C'était immonde. Probablement la pire boisson qu'elle avait bu de toute sa vie !
Elanor esquissa une grimace de dégoût qu'elle tenta de dissimuler en vain, mais pas assez pour le cacher aux yeux des Rohirims. Théoden et Eomer éclatèrent de rire.
- Je vous avais prévenu ! s'exclama le roi.
Pendant qu'ils s'esclaffaient, Elanor surprit le regard envieux et glacé d'Eowyn.
- Merci, beaucoup… pour ce présent, roi Théoden.
- C'est un plaisir pour moi.
Le roi lui sourit, et lui signifia qu'elle pouvait prendre congé.
Elanor s'éloigna sous le regard des Rohirims, et retourna dans la foule compacte chercher ses compagnons. Elle ne parvint pas à retrouver la table où ils étaient, car ses amis semblaient s'être volatilisés. Tout en faisant le tour, elle vit Aragorn adossé seul à une colonne, occupé à fumer sa pipe.
Il était perdu dans ses pensées, et mélancolique, fixait un point dans le vide.
Elanor s'avança vers lui, et le rejoignit.
- Ne vous joigniez-vous donc pas aux festivités ? lui demanda-t-elle.
Aragorn releva la tête, surpris et interrompu dans sa reflexion.
- Hum, et vous ?
- Je cherche en vain nos compagnons, répondit Elanor. Ils étaient pourtant juste ici il y a quelques minutes.
- Merry et Pippin sont avec Gandalf.
Aragorn désigna une table au fond de la salle. Il était difficile de les rater, et Elanor se demanda comment elle avait fait pour ne pas les voir plus tôt. Les hobbits faisaient un tel tapage que le quart de l'assistance s'était réunie autour de leur tablée. Pippin et Merry avaient l'air de raconter une histoire passionnante car tous buvaient ses paroles, et riaient aux éclats. Gandalf s'était installé à côté d'eux, et tout en fumant son tabac, souriait.
- Et j'ai cru voir passer Legolas de ce côté il y a quelques minutes, ajouta Aragorn.
Il montra le côté gauche de la salle, où étaient entassés les barils de bière. Elanor suivit son regard, et scruta à travers la foule, dans l'espoir d'apercevoir l'elfe. Mais elle ne vit rien, car trop de monde bouchait la vue.
- Vous vous êtes beaucoup attaché à lui.
Elanor tourna la tête vers Aragorn, et se sentit rougir furieusement.
- Que voulez-vous dire ?
- Vos sentiments pour lui. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure.
Aragorn expira une bouffée de sa pipe, et la fumée bifurqua sur le visage d'Elanor. Nauséeuse et les yeux piquants, elle secoua la main machinalement devant son nez pour dissiper la fumée.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, répliqua-t-elle un peu trop rapidement.
Aragorn laissa échapper un rictus amusé.
Elanor croisa les bras sur sa poitrine. Qu'insinuait-il ? Qu'elle aimait Legolas ? Non, bien sûr que non ! Oui elle était attachée à lui, c'est vrai. Mais de là à… avoir des sentiments amoureux ?
Elle songea à ce qui s'était passé depuis son retour, et à quel point elle se sentait désormais nerveuse en présence de l'elfe. Le baiser qu'il avait déposé sur la paume de sa main la troublait encore, et la sensation de ses bras autour d'elle lui manquait.
Elle se surprit à penser qu'elle aimerait retourner au Gouffre de Helm pendant quelques secondes seulement, rien que pour le sentir contre elle. Cette pensée lui fit soudainement peur.
Etait-elle attirée par l'elfe ? Oui, ça ressemblait à de l'attirance. Du désir même.
Elanor essaya de se donner une autre explication, se disant que c'était peut-être à cause de son physique. Après tout Legolas était un elfe, et il avait un certain charme.
Cependant elle ne pouvait admettre son attirance devant Aragorn.
- Legolas est juste un ami.
L'expression dubitative d'Aragorn lui prouva qu'il n'était pas convaincu, et qu'il voyait clairement qu'elle mentait. Les joues cramoisies, le regard d'Elanor tomba sur le bijou elfique qui entourait le cou du rodeur.
- Vous le portez toujours.
- Quoi ? demanda Aragorn, surpris.
- Votre bijou.
Il perdit son sourire lorsqu'il vit son regard fixé sur son pendentif.
- C'est Arwen qui vous l'a donné, n'est-ce pas ? interrogea Elanor.
- Ce n'est qu'un cadeau.
Une ombre passa sur le visage du rodeur et il dissimula le collier sous sa chemise. Elanor comprit que quelque chose clochait. Elle n'avait jamais abordé le sujet avec lui auparavant, mais comptait bien lui extirper des informations désormais. La dernière fois qu'elle les avait surpris ensemble à Fondcombe, Arwen semblait triste et en colère. Elle ne savait pas ce qui s'était passé entre ces deux-là, mais elle avait l'intime conviction qu'ils étaient amoureux l'un de l'autre. Aragorn n'avait pas passé une journée sans rêvasser, ni à fredonner des airs elfiques à fendre le cœur. Et Elanor n'avait pas vu Arwen aussi radieuse depuis qu'Aragorn était à Fondcombe.
- Elle doit vous aimer énormément pour vous avoir offert ce collier, déclara Elanor.
- Il vaudrait mieux pour elle qu'elle en aime un autre, répondit Aragorn.
La brusquerie de sa réponse stupéfia Elanor. La voix d'Aragorn était sèche et les mots semblaient difficiles à prononcer. A la tête qu'il fit, elle comprit qu'il n'aimait envisager cette idée, et qu'y penser lui causait un grand chagrin. Il ne pensait pas ce qu'il disait.
- Pourquoi dîtes-vous ça ? demanda Elanor. Vous l'aimez non ?
Aragorn se redressa, et parut mal à l'aise.
- Son père est contre notre relation, répondit-il avec une étonnante sincérité. En m'épousant, Arwen est condamnée à une vie de mortelle, Elanor. Et même si le seigneur Elrond accepte notre relation, il ne me donnera sa main qu'à une condition.
- Laquelle ?
- Je dois monter sur le trône du Gondor.
Oh.
La décision d'Elrond était compréhensible, mais dure. Avait-il fait exprès d'imposer à Aragorn cet obstacle insurmontable ? Elanor avait compris depuis longtemps qu'Elrond ne laisserait personne épouser sa fille, à moins que le prétendant soit un prince ou un roi. Et connaissant son lointain cousin depuis peu certes, mais assez, elle le soupçonnait de retarder au plus tard le mariage d'Arwen. Il chérissait sa fille unique comme la prunelle de ses yeux.
Si Aragorn réussissait… Elrond ne surmonterait pas la perte de sa fille. Elanor n'osait imaginer le jour où cela se passerait.
Cependant il ne pouvait s'opposer au bonheur d'Aragorn et Arwen. Même si sa cousine choisissait une vie de mortelle auprès de lui, ce serait injuste de le lui refuser. C'était sa vie, et son choix.
Aragorn monterait tôt ou tard sur le trône. Melian lui avait demandé de s'en assurer, et Elanor comptait bien réaliser son vœu.
- Vous y arriverez. Vous monterez sur le trône.
Le rodeur la dévisagea comme si elle était devenue folle.
- Et comment ? s'exclama t-il. Avez-vous oublié tous les orques qui gardent la forteresse de Sauron ? La porte noire ? Avez-vous oublié l'anneau de pouvoir ?
- Non, répondit Elanor. Mais l'espoir est la seule source de courage qui nous permettra de remporter cette guerre. Si vous n'y croyez pas, qui le fera pour vous ? Voulez-vous déjà abandonner avant la bataille ?
Le choc transparut sur le visage d'Aragorn et il resta silencieux. Elle sut qu'elle avait fait mouche.
- Je ne sais pas ce qui vous est arrivée, dit-il. Mais vous avez changé. Vous parlez avec des mots qui ne sont pas les vôtres. Plus je vous entends, et plus je trouve que vous ressemblez à notre cher Gandalf.
Il y avait un ton aussi sérieux qu'amusé dans sa voix, et Elanor devina qu'il ne plaisantait pas.
A cet instant, Eowyn arriva avec dans les mains une coupe et les interrompit. Elanor vit qu'elle n'avait d'yeux que pour Aragorn, et sentant le vent tourner, elle choisit donc de s'éclipser, et de les laisser seuls. Aragorn lui lança un regard accusateur, mais elle fit mine de ne pas le voir, et s'éloigna.
Un peu amusée, elle le regarda de loin sourire à Eowyn et accepter poliment le verre qu'elle lui offrait.
Elanor se détourna et chercha alors Legolas dans la foule. Suivant les instructions d'Aragorn, elle s'avança sous les colonnades, à gauche de la salle. En se frayant un chemin parmi la foule, elle croisa quelques hommes ivres, qui lui adressèrent des sourires édentés et enjôleurs. La plupart étaient des soldats, et ne semblaient ne pas l'avoir reconnu. Connaissant trop bien les méfaits de l'alcool, elle les ignora et évita soigneusement de trop s'en approcher. Travailler dans une taverne durant toute son enfance lui avait au permit au moins d'apprendre une chose, l'art de l'esquive...
Après quelques minutes, elle trouva enfin l'elfe. Il était effectivement près des barils de bière, entouré d'un groupe d'hommes et de Galadhrims. Lorsqu'elle arriva derrière eux, Eomer était en train de distribuer des boissons aux elfes.
- Ni pause, ni goutte renversée, dit–il en donnant à Legolas une pinte pleine à ras bord.
- Ni régurgitation ! précisa Gimli, qui finissait déjà une première bière.
- Alors, on joue à boire ? lança Legolas avec innocence.
- Et le dernier debout à gagner ! approuva Gimli en riant grassement.
Les hommes rirent, et Elanor croisa les bras derrière Legolas et Eomer. Levant le nez, Gimli l'aperçu.
- Ah ! Elanor ! Vous voulez vous joindre à nous ?
Eomer se retourna brusquement, et Elanor vit qu'il portait deux autres pintes de bières. Elle le regarda avec gêne et refusa poliment.
- Non merci, Gimli. Je ne voudrais pas salir la jolie robe que dame Eowyn a eu la gentillesse de me prêter.
- Oh, allez ! Buvez donc avec nous ! l'encouragea-t-il. Ce ne vous fera pas de mal ! Et tant pis pour la robe !
Elanor regarda le nain avec méfiance et hésitation.
Elle en avait vu des tas, de ces concours stupides et Maggi s'était toujours opposée à ce qu'elle s'approche de trop près lorsque la gente masculine se lançait ce genre de défi. Par ailleurs, il lui avait toujours été formellement interdit de boire une goutte d'alcool, parce que selon sa mère adoptive c'était impensable et inconvenable pour une jeune fille de son âge. Mais à présent c'était différent. Maggi n'était plus là pour la régenter, et elle était assez grande pour prendre ses responsabilités.
Etait-ce cependant vraiment convenable, compte tenu de sa position ? Malgré qu'elle soit une femme, Gimli semblait trouver tout naturel de la faire participer, et Elanor se sentit légèrement flattée qu'il la traite comme son égal. Pourquoi pas après tout ?
- Veuillez la laisser tranquille, dit Eomer. Nous avons déjà de nombreux compétiteurs.
Il était embarrassé, et se retourna pour distribuer de nouvelles bières.
- Je pari que vous tenez moins bien l'alcool que les femmes nains ! s'exclama Gimli à l'adresse d'Elanor.
Sa remarque la piqua au vif, et elle finit par accepter.
- Pari tenu.
Eomer se retourna vers elle, sidéré. Même Legolas tourna la tête dans sa direction, et écarquilla légèrement les yeux. Elanor les ignora et tendit le bras, prenant une pinte des mains d'Eomer sans lui demander son avis.
Gimli rit, suivit des autres hommes qui trouvèrent la situation particulièrement amusante. Seul Eomer avait l'air de trouver cela déplacé, mais il ne fit aucun commentaire. Les elfes réagirent aussi avec retenue, et observèrent Elanor comme s'il lui était poussé une deuxième tête.
Gimli leva son verre en l'air.
- A la vôtre ! s'exclama-t-il.
Il ingurgita aussitôt le contenu de son gobelet.
Elanor regarda le liquide ambré dans le fond de son gobelet. Elle était consciente qu'elle allait peut-être changer le regard des hommes ici présent sur elle, pour toujours. Loin de lui faire peur, cette idée fit naître un mince sourire sur son visage.
Le vin d'honneur de Théoden lui avait laissé un mauvais souvenir ainsi qu'un arrière-goût désagréable dans la bouche, et elle se demanda quel goût avait la bière. En voyant Gimli et les hommes se jeter sur les gobelets, toutes ses inquiétudes s'envolèrent.
Elle plongea le nez dans la coupe et but.
L'alcool n'était pas si fort, même si la texture de la boisson paraissait un peu brute. Après quelques gorgées, Elanor s'y habitua rapidement.
Elle jeta ensuite un regard en coin vers Legolas et vit sur son visage un air profondément perplexe. Il humait la boisson avec curiosité, et affichait une expression si récalcitrante qu'Elanor ne put s'empêcher de rire.
Legolas la regarda, et à son visage surpris elle répondit :
- On dirait que cette bière vous fait plus peur qu'une troupe d'orque !
L'elfe lui lança un regard faussement offensé, et il finit par gouter à la bière, non content de lui prouver le contraire.
- Si vous voulez mon avis, c'est plutôt des femmes dont vous devriez avoir peur, maître elfe ! lança Gimli en rotant bruyamment.
Legolas s'étouffa presque dans sa coupe, et Elanor perdit son sourire. Elle lança un regard assassin à Gimli alors que les Rohirims éclataient de rire. Même les elfes sourirent et ils lancèrent un regard narquois à Legolas, dont les joues avaient rosies.
- Je vous garantis que je vais gagner cette compétition, aussi… étrange et inutile soit-elle, maître nain, répondit Legolas.
Gimli leva son verre.
- D'accord ! Et que gagnons-nous ?
- Un baiser de sa dame peut-être ? suggéra Eomer, moqueur.
Elanor lui lança une œillade noire, et alors qu'elle allait protester, le nain approuva.
- Bonne idée !
- Quoi ?!
Certains elfes et hommes se mirent à glousser franchement, et Elanor rougit furieusement. Gimli se remit à boire avec entrain, et Elanor ne sut croire s'il était déjà ivre ou s'il se battait réellement pour gagner. Un peu troublée, elle regarda tous les hommes se lancer dans la compétition avec ferveur, et se sentit soudainement impuissante. Lorsqu'elle se tourna, elle vit que même Legolas buvait un peu plus rapidement… au plus grand amusement d'Eomer qui regardait la scène discrètement.
- Il n'en est pas question ! s'opposa Elanor. Et moi, qu'est-ce que je gagne dans ce cas-là ?
Ils s'arrêtèrent de boire pour la regarder, sauf Gimli, qui continua à vider son verre.
- Hum… notre plus grand respect ? proposa Eomer, sans grande conviction.
Elanor vit dans son regard qu'il ne croyait pas une seule seconde à ses chances de gagner.
- C'est injuste, marmonna-t-elle.
Toutefois il n'avait pas tout à fait tort...
Les elfes et les hommes enchainèrent les boissons, sans compter, mais Elanor s'arrêta au bout de six pintes, vaincue par son estomac.
Une chaleur euphorisante lui monta à la tête, ses joues la brûlait et il lui était désormais impossible d'avoir une seule pensée cohérente.
En la voyant abandonner la partie, Gimli s'en félicita.
- Ah ! Vous avez perdu très chère ! Ma mère pouvait boire jusqu'à dix pintes d'affilée !
- Oui je vous l'accorde. D'accord, j'ai perdu ! s'exclama Elanor.
Gimli leva son verre à la victoire, vantant d'une voix tonitruante les mérites de la race des nains. Ce qui agaça prodigieusement les elfes, qui grimacèrent. Son ivresse lui donna heureusement une circonstance atténuante pour dissiper tout malentendu.
Elanor se réfugia sur un banc, et regarda le reste de la compétition, avec l'esprit un peu plus léger qu'à l'accoutumée. Elle se sentait bien, et avait une irrépressible envie de s'amuser.
Le nombre des compétiteurs s'amenuisa de plus en plus. Legolas et Gimli furent les derniers, et Elanor les regarda enchainer pintes sur pintes, inquiète. Elle en compta vingt, ou peut-être plus, vingt-deux… non vingt-cinq. A vrai dire elle ne savait plus. Gimli commençait à ralentir sérieusement la cadence, alors que Legolas continuait sans s'arrêter. Il était très impressionnant, songea-t-elle. Comment arrivait-il à boire autant ? Il augmentait même le rythme, mais elle remarqua tout de même que ses traits étaient plus détendus et qu'il posait les gobelets avec nonchalance sur la table.
- Aha ! Ce sont bien les nains qui aiment nager ! Avec les jolies femmes poilues, dit Gimli complètement soul et riant bêtement.
Elanor mit sa main devant la bouche pour étouffer son rire. Le nain rota encore une fois sans aucune pudeur, et fit d'autres bruits qu'elle n'aurait pu décrire à voix haute. Les nains étaient-ils tous aussi dégoutants ? Elanor se posa la question pendant plusieurs secondes, avant de se remettre à glousser.
La moitié des hommes étaient ivres morts, ou partis de l'autre côté de la salle. Les elfes, un peu hagards, avaient abandonné leur breuvage, et certains même somnolaient sur les tables. Legolas était encore le seul debout. Gimli lui-même était assis, et dodelinait de la tête dangereusement.
- Je sens quelque chose, dit la voix mélodieuse de Legolas. Un picotement au bout des doigts. Je crois que ça me fait de l'effet !
Eomer le regarda ébahi, et Elanor observa l'elfe. Le front de Legolas était en sueur, et il avait des yeux vitreux. Elle eu envie de se lever pour s'assurer qu'il allait bien, mais tout ce qui sortit de sa bouche fut un rire long et clair.
Gimli reposa brutalement sa coupe sur la table.
- Hahaha ! Qu'est-ce que je disais ! Il ne tient pas l'alcool…
Tout d'un coup, les yeux de Gimli se retournèrent et il s'affala violemment sur le sol. Son ronflement leur indiqua qu'il s'était endormit.
- La partie est finie, dit Legolas.
Les hommes qui étaient encore à proximité le félicitèrent à grand cris, et Elanor applaudit à tout rompre. Legolas s'assit sur le banc à côté d'elle. Les élans de joie des Rohirims se transformèrent peu à peu en réclamation tonitruante.
- Le baiser ! Le baiser ! Le baiser !
Elanor, bien qu'elle se sente joyeuse, fronça les sourcils et ne parvint pas à comprendre ce qu'il se passait. Jusqu'à ce qu'Eomer se penche vers elle et lui souffle :
- Vous deviez récompenser le gagnant, avez-vous oublié ?
Son sourire narquois la réveilla, et elle tourna brusquement la tête vers Legolas, se rappelant du pari qu'avait lancé Gimli.
L'elfe la regardait avec un air timide et gêné, qu'elle trouva tout à fait adorable. Après une courte hésitation, Elanor se pencha, et lui saisit audacieusement le menton avant de poser un rapide baisé sur sa joue.
L'assistance répondit à son geste par des rires et des sifflements, et elle s'éloigna aussi vite de l'elfe qu'elle s'en était approchée.
Peu après qu'ils se furent calmés, Legolas parvint à esquisser un sourire, et replongea le nez dans sa pinte de bière. Lorsqu'il releva la tête, Elanor remarqua qu'il avait encore un peu de mousse sur les recoins de sa bouche.
Sans réfléchir, elle tendit la main, et l'essuya.
Le regard de Legolas se figea aussitôt, et Elanor comprit qu'elle avait fait une erreur.
Comprenant après coup l'impact de son geste, elle retira précipitamment sa main. Une chaleur intense lui monta à la tête, et elle vit Legolas braquer ses yeux sur elle pendant de longues secondes. Au loin, elle crut entendre Eomer se racler la gorge.
Le visage cramoisi, Elanor se détourna de l'elfe.
Il faisait chaud tout d'un coup. Très chaud.
Elanor resta assise encore quelques minutes sur le banc.
Puis elle se leva, un peu trop brusquement, et chancela. Le sol ne lui semblait pas très stable tout à coup, et tout tournait autour d'elle. Elle fit néanmoins quelques pas précautionneux.
- Où vas-tu ? lui demanda Legolas.
- Je… je vais voir s'il y a… autre chose… euh là-bas, bredouilla-t-elle avec incohérence.
L'elfe fronça les sourcils, et reposa sa coupe.
- Laisses-moi t'accompagner.
Avant qu'elle n'ait pu protester, il se leva et lui attrapa le bras. Elanor sentit ses poils se hérisser sur sa peau, et son cœur battre à tout rompre. Vaincue, elle se laissa faire malgré tout, et ils s'éloignèrent de l'autre côté de la salle sous le haussement de sourcil d'Eomer, qui les regarda disparaître d'un air soupçonneux.
Legolas était moins imbibé par l'alcool qu'elle, et ce fut lui qui la mena à travers le labyrinthe des tables et des personnes qui se dressaient sur leur chemin. Bien qu'il n'ait pas les idées très claires, il était toujours en alerte, et faisait attention au moindre pas qu'elle faisait. Il lui évita ainsi de nombreuses fois de trébucher et de se cogner.
Elanor entendit un chant entrainant, et réussit par un heureux exploit à l'entrainer vers la table où dansaient Merry et Pippin.
« Oh vous pouvez chercher loin voir et revoir dans tous les coins,
Jamais bière n'aura si non goût, que celle que l'on aura par chez nous !
Entrainée par le rythme de leur chanson, Elanor oublia ce qu'il s'était passé quelques minutes plus tôt, et se mit à taper dans ses mains en cœur avec les convives, riant avec eux.
Et quel que soit votre chopi-ne, même qu'elle fut divi-ne
Et quel que soit la taille de vo-tre fl-acon… »
Pippin s'arrêta soudainement de chanter, et regarda un coin dans la salle.
- Pippin ! l'appela Merry.
Son cousin tourna la tête, et se remit à danser.
« Et quel que soit la taille de vo-tre fl-acon…
Elle doit v'nir de notre Dragon ! »
Les hobbits trinquèrent et burent d'un trait leur pinte de bière sous les applaudissements de la foule. Elanor aperçut Aragorn et Gandalf qui discutaient ensemble dans un coin de la pièce. Le magicien blanc la vit et lui adressa un signe de tête, souriant.
Legolas glissa alors sa main dans la sienne, et se pencha vers elle.
- Il fait un peu chaud ici, tu ne trouves pas ?
Elanor acquiesça, un peu perturbée de sentir son souffle contre son oreille. Elle se laissa conduire par l'elfe en dehors de la salle, le pas mal assuré.
N'arrivant pas à marcher droit, l'elfe fut obligé de la tenir par la taille. Leurs rires amusés retentirent dans le couloir qu'ils traversaient, jusqu'à ce qu'ils sortent enfin à l'air libre.
La brise fraiche de la nuit leur souffla doucement sur le visage et leur fit oublier un instant la liesse de la fête. Ils s'assirent contre le mur du palais, face à la plaine entourant Edoras. Au bout de longues minutes qui parurent durer une heure, Elanor se sentit reprendre ses esprits et les effets secondaires de l'alcool s'atténuèrent peu à peu. L'envie de rire disparut. La chaleur brûlante quitta son visage, puis son corps, et elle se sentit mieux. Ne portant qu'une robe légère, elle commença cependant à frissonner et se frotta les bras.
Legolas qui était jusque-là resté silencieux, se tourna vers elle, la mine préoccupée.
- Tu veux rentrer ?
- Non, ça va, répondit Elanor. Je me sens bien ici.
La fête battait toujours son plein, même si les gens comme les vieillards et les enfants étaient rentrés depuis longtemps chez eux. Les soldats festoyaient aussi à l'extérieur du palais, avec le peuple du Rohan, et les chants s'élevaient gaiement dans la ville.
- Je ne m'étais pas autant amusée depuis des années, dit Elanor.
Elle ne pouvait s'empêcher d'avoir un large sourire, et Legolas acquiesça.
- Pour ma part, je n'avais encore jamais expérimenté une fête aussi surprenante. Est-ce que toutes les célébrations des hommes sont aussi divertissantes ?
Elanor rit en pensant au concours de bière qu'ils venaient de terminer.
- Je ne sais pas. Je n'ai pas une grande expérience des banquets.
- L'alcool des hommes n'est pas mauvais, déclara Legolas pensif, mais il n'a pas l'arôme du vin de mon père.
- Ton père? répéta Elanor, confuse.
- Oui, mon père choisit nos vins avec soin, répondit Legolas. Nous en avons toute une cave dans nos grottes.
Elanor en fut étonné. A Fondcombe, elle n'avait encore jamais vu les elfes se passionner pour le vin. Maintenant qu'elle y pensait, le seigneur Elrond ne buvait pas une goutte d'alcool.
Thranduil et les elfes de la Forêt Noire aimaient donc ça ? Intéressant. Voilà qui les différenciait encore plus de leurs congénères. Surtout qu'Elanor avait remarqué que Legolas mangeait de la viande, contrairement aux elfes de Fondcombe. Encore plus déroutant, car elle s'était toujours imaginée que les elfes étaient des créatures pures et inoffensives.
L'image de Legolas était loin de ses rêves de petite fille.
- J'aimerais voir ça un jour, s'enthousiasma-t-elle. Pourrais-je y goûter ?
- Si mon père t'y autorise. Nous buvons un vin très fort, tu risques de ne pas t'en sortir indemne, répondit Legolas, un brin goguenard.
Elanor grimaça.
- J'ai déjà eu ma dose d'alcool pour ce soir, mais qui sait peut-être tenterais-je un jour l'expérience.
Legolas sourit. Sa tunique et ses cheveux brillaient d'une couleur argentée sous la lumière de la lune. Elanor le contempla discrètement. Il était beau. Absolument divin. Et c'est dans ces moments-là qu'elle prenait conscience qu'il était un elfe, et elle... juste une mortelle.
Cette pensée la rendit un peu triste, sans qu'elle sache pourquoi.
Une lueur dorée sur la poitrine de Legolas attira soudainement son attention, et elle se pencha. Les mains moites, elle écarta avec hésitation les pans de son col et découvrit un bijou d'un jaune étincelant qui reposait autour de son cou.
- Oh, c'est magnifique, s'exclama t-elle. Qu'est-ce que c'est ?
- C'est un cadeau de la dame de la Lorien, répondit Legolas.
Il enleva le collier et le déposa dans sa main.
Elanor regarda le bijou en forme de fleur jaune qu'il lui avait donné. Elle avait déjà vu cette fleur quelque part. Mais où ?
- C'est la fleur étoile-soleil, qui pousse sur la plaine de Cerin Amroth, lui révéla Legolas. On l'appelle l'Elanor.
Elle leva les yeux, et dévisagea l'elfe. Etait-ce une coïncidence ? Cette fleur portait son nom, étrange…
- Ah oui, je la reconnais, murmura-t-elle la voix tremblante.
Elle en avait effectivement déjà vu quelque unes en Lorien. Elanor se sentit soudainement fébrile, sans savoir pourquoi, alors qu'elle caressait doucement le Crystal jaune entre ses doigts. Pour quelle raison Galadriel lui avait donné ce présent ? Y avait-il un sens caché ?
- Elle m'a rappelée chaque jour ta présence, dit Legolas.
Le cœur d'Elanor rata un battement.
Etait-ce une déclaration ?
Son ton était assuré, mais ses yeux étaient fuyants. Même si l'alcool lui embrouillait encore un peu l'esprit, Elanor vit la raideur dans ses épaules et comprit qu'il n'était pas à l'aise. Que lui arrivait-il ? Pourquoi lui faisait-il cette confession ?
Lui avait-elle vraiment manquée durant son absence ? Est-ce qu'il l'aimait ?
Son cœur se mit subitement à battre plus vite dans sa poitrine.
Elanor remarqua en regardant de plus près le visage de Legolas de multiples détails qui lui avaient jusqu'alors échappés. Son visage était fin, et la ligne de sa mâchoire était très masculine et virile. Ses oreilles en pointes étaient exquises, et les contours de sa bouche tout autant. Quant à ses yeux, ils étaient un puits sans fond dans lequel elle tombait à chaque fois.
Legolas continuait de la fixer, mais Elanor restait plongée dans le silence, pétrifiée. Après de longues secondes, le visage de l'elfe trahit sa déception, et redevint rapidement un masque d'impassibilité.
- Il est peut-être temps de retourner à l'intérieur, proposa-t-il.
Il se leva et Elanor se rendit alors compte du vide qu'il avait laissé à côté d'elle. Elle sauta sur ses pieds, et lui attrapa le bras.
- Attends.
L'elfe se retourna lentement, et elle lui glissa le bijou dans la main.
- J'ai beaucoup pensé à toi aussi, avoua-t-elle. Tu m'as manquée. Je ne croyais pas que je m'en sortirais, ni que je reviendrais.
Les larmes lui virent aux yeux lorsqu'elle repensa à ce qu'elle avait ressenti dans les cavernes de Mandos. Le désespoir, une grande détresse, et une sensation de solitude extrême.
Legolas était la dernière personne qu'elle avait vue avant de tomber dans la Moria. Et elle n'avait cessé de penser à lui à son retour.
- Heureusement, tout a changé lorsque je suis revenue en Lorien, dit Elanor.
Elle sourit et voulut lui dire en le regardant qu'elle avait alors eut de nouveau l'espoir de le revoir. Elle pensait que le visage de Legolas allait s'illuminer de joie, mais ce ne fut pas le cas. L'elfe resta pétrifié par ses paroles, et elle vit se refléter dans son regard une lueur confuse.
- Est-ce que…
Elanor attendit la fin de sa phrase, perplexe. Quelque chose le tracassait, et il semblait contrarié.
- Est-ce que tu l'as aimé ? interrogea-t-il finalement.
Elanor eut un mouvement de recul.
- Quoi ? Qui ?
- Haldir.
Son nom parut lui écorcher les lèvres, et Legolas regarda dans le vide, semblant dissimuler une douleur intense.
Elanor le regarda stupéfaite.
Haldir ?
Non elle ne l'avait jamais aimé, quelle idée ! Elle se demanda brusquement pourquoi il s'imaginait cela. S'était-il inventé des choses au Gouffre de Helm ? Avait-il prit sa peine et ses larmes pour de l'amour ?
Etait-il… jaloux ?
Elanor l'étudia sérieusement, et vit tous les signes qui allaient dans ce sens. Legolas était tendu comme un arc, et ne cachait plus sa nervosité. Il semblait même… déçu ? Cette réaction inattendue la troubla davantage.
- Non.
Elle serra sa main, se voulant réconfortante. En vérité, c'est elle-même qui se rassurait, car elle eut du mal à soutenir ses jambes qui tremblaient. Elle n'arrivait pas à croire qu'ils avaient cette conversation.
- Non je ne l'ai pas aimé. C'était seulement un ami.
La tension quitta les épaules de l'elfe, et son regard se radouci.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je pensais…
Il baissa les yeux sur leurs mains jointes, et se tut.
- Je n'arrête pas de penser à ce jour où tu es tombée dans la Moria.
La respiration d'Elanor se bloqua dans sa gorge.
- Je t'ai vu mourir sous mes yeux, reprit Legolas. Mais tu es revenue. Les Valars auraient-ils entendus mes prières ?
Il sera sa main dans un étau, ne semblant plus vouloir la lâcher. Elanor sentit la chaleur et l'émotion gagner son visage.
- Je réalise que j'aurais dut te le dire plus tôt.
Elle ouvrit la bouche pour lui demander quoi, lorsqu'il se pencha et déposa sur ses lèvres un baiser aussi léger qu'une caresse.
Elanor garda les yeux ouverts, à moitié consciente de ce qu'il se passait. A peine eut-elle réalisée que Legolas l'embrassait, qu'il s'éloignait déjà.
- Gerich meleth nîn.
Son murmure lui provoqua des sueurs froides et une fièvre brulante. Elanor sentit le sang lui monter au visage, et son ventre la tordre violemment. « Vous avez mon amour ». Avait-il bien dit cela ? Ses lèvres avaient laissés une trace humide et chaude sur les siennes, ainsi qu'un goût de trop peu.
Elle se demanda un instant si elle ne rêvait pas.
Non elle ne rêvait pas. Le goût de sa bouche était encore là. Elle porta les doigts à ses lèvres, et brusquement elle se sentit petite et frêle, redevenant aussi intimidée qu'une enfant. Legolas la regardait, et elle se retrouva à fixer ses deux yeux bleus pénétrants sans savoir quoi faire. Elle aurait eu plus de courage au milieu d'une bataille. En vérité, elle ne s'était jamais sentit aussi vulnérable, ni aussi effrayée.
Elle ne savait pas quelles étaient les usages des hommes ou des elfes dans cette situation. Elle les ignorait. Elle n'avait jamais été une érudite en matière d'amour. Personne ne l'avait embrassé. Jusqu'à aujourd'hui. Sa sœur adoptive, Uriel, aurait su lui donner des conseils. Mais elle n'était pas là, et Elanor en vint à regretter de ne pas avoir écouté ses conversations puériles à propos des hommes lorsqu'elle était adolescente.
Legolas s'était un peu écarté, et lui avait lâché la main. Cependant il était encore assez proche pour qu'Elanor puisse sentir sa respiration sur son visage. Elle réalisa soudain qu'elle n'avait pas envie de reculer. Loin de là.
Alors elle suivit son instinct, et se dressa sur la pointe des pieds, puis l'embrassa. Legolas lui répondit dans la surprise avec une fougue inhabituelle, et passa son bras autour d'elle. Oubliant tout, Elanor s'accrocha à la tunique de l'elfe, alors qu'il la pressait un peu plus contre lui.
Le souffle chaud de sa respiration finit par tomber sur sa joue, et Elanor ferma les yeux.
Legolas la garda serrée dans ses bras. Et elle resta blottit contre lui dans la tiédeur de la nuit, à l'écoute de son cœur qui cognait doucement contre sa poitrine.
Note de l'auteur : Bon, je crois qu'on peut dire que c'est la scène la plus difficile que j'ai eu à écrire. Respecter la pudeur et la retenue de Legolas est la chose la plus compliquée à faire dans une scène d'amour ! J'espère que cette fin vous aura plu, je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour le prochain chapitre. L'histoire n'est pas finie. ;) A bientôt !
