Me revoilà pour poster ce premier chapitre. Après tous les adorables compliments que j'ai reçu sur le prologue, j'espère ne pas vous décevoir avec ce chapitre... Je croise les doigts ! Je ne vais pas trop blablater ici et je vais me contenter de répondre aux reviews anonymes. On se retrouve en bas du chapitre ;)

Réponses aux reviews anonymes:

Malefoyfan: Et bien, ça a au moins le mérite d'être clair. Je suis navrée que tu n'ai pas aimé, mais j'aurais espéré un peu plus d'explications sur le pourquoi du comment? Si tu n'aimes pas, je serais heureuse de savoir pourquoi exactement, de façon à pouvoir m'améliorer à l'avenir.

Tink: Merci pour cette très gentille review, j'espère que ce chapitre te plaira tout autant !

elina: J'aimerais discuter pour savoir où je t'ai paru avoir la grosse tête? Je ne pense pas que ça soit le cas, et pour faire valoir ton avis, il aurait fallu un peu plus de matière, de façon à ce que je puisse rectifier le tir si j'ai effectivement paru prétentieuse.

hlne: Merci beaucoup, ta review m'a fait très plaisir et j'espère que ce chapitre te plaira. :)

Sur ce, bonne lecture à tous !

Disclaimer: Rien ne m'appartient, tout est à la grande et vénérable JK Rowling.


CHAPITRE 1

Un éclair de lumière verte aveugla brièvement Blaise Zabini quand celui-ci ouvrit les yeux. Décidément, malgré ses longues années de pratique, il détestait toujours autant se déplacer par poudre de cheminette. Il toussa pour tenter d'expulser les cendres logées dans sa gorge, puis sortit de la cheminée du salon des Parkinson. La brise qui venait de l'extérieur faisait doucement tinter l'imposant lustre de cristal pendu au plafond, et on ne trouvait pas un mouton de poussière sur les tapis persans qui paraient le sol. Ici, comme chez le jeune homme, on affichait avec ostentation la richesse des Sang-Pur, ne sachant plus quoi faire des Gallions qui s'entassaient à Gringotts. Il époussetait son pantalon en lin en observant distraitement les lieux quand il entendit des éclats de voix par la porte vitrée grande ouverte.

- Puisque je te dis que j'ai vu des flammes !

Il reconnut sans peine la voix exaspérée de Pansy Parkinson, rapidement suivit de l'intonation désinvolte de Drago Malefoy.

- T'as du halluciner, il m'a dit qu'il arriverait en balai…, disait celui-ci de son habituel ton trainant quand ils pénétrèrent dans le manoir.

Le blond se figea en apercevant Blaise debout dans le salon, tandis que Pansy affichait un large sourire victorieux. Derrière eux, Théodore Nott, appuyé contre la porte, observait avec un amusement non dissimulé l'air faussement accusateur que Drago lançait à son ami.

- T'es vraiment un sale traitre, lâcha finalement le jeune Malefoy en gratifiant son ami d'une accolade chaleureuse.

- C'est toujours un plaisir de te donner tort Malefoy, répondit le jeune métisse avec un sourire amusé, en lui rendant son étreinte.

- Mais tu m'avais dit que tu viendrais avec ton nouveau Nimbus !, s'exclama Drago, offusqué.

- Ma mère a refusé. Elle avait, je cite, peur que je me « rompe le cou sur cet engin », expliqua Blaise en roulant des yeux, tandis qu'il étreignait brièvement Théodore.

- Content de te voir vieux, lui dit celui-ci avec un sourire.

- Je devrais remercier ta mère dans ce cas, dit Pansy en riant. Argh, va-t'en, tu sais très bien que j'aime pas les câlins !

- Je sais que t'aimes les miens Pans', c'est juste que t'assumes pas, répliqua celui-ci avec un rire malicieux.

- Reste loin de moi, lui rétorqua celle-ci d'un ton impérieux.

Le jeune homme rit, de ce rire grave et sincère, si communicatif, qui avait tant manqué à ses amis (même s'ils ne l'avoueraient jamais). Ils sortirent tous dans le parc rejoindre la table de jardin que Pansy, Drago et Théo avait désertée quand la jeune fille avait affirmé avoir vu les flammes causées par l'arrivée de Blaise dans la cheminée. On y repérait sans peine les places qu'avaient occupées les trois adolescents : en plus des verres de jus de citrouille, on y trouvait un livre là où avait dû s'asseoir Théodore, on repérait le foulard coloré de Pansy délicatement posé sur sa chaise, et les lunettes de soleil hors de prix de Drago étaient restées là, au lieu d'être posées sur son nez.

- Alors, comment c'était Paris ? demanda Théo en se laissant tomber sur sa chaise avec sa grâce naturelle.

- Dément, ça m'avait manqué. C'est toujours aussi beau, et, par Salazar, les françaises sont…

Pansy lui balança le livre de Théo au visage sans lui laisser le temps de finir sa phrase (« Putain Pansy, mon livre ! », s'exclama le brun, mais la jeune femme ignora sa remarque).

- Merci, mais on se passera de tes commentaires de salaud misogyne.

- Non mais sérieux… Les mecs, l'été prochain, vous savez où on part, poursuivit Blaise en lançant un clin d'œil à ses meilleurs amis.

- Compte sur moi, acquiesça Drago avec un léger rire.

Dans un an, quand il aurait accompli la mission du Seigneur des Ténèbres, il aurait gagné le respect de tous les Mangemorts, son père serait un homme libre et sa famille aurait retrouvé sa grandeur d'antan. Il se voyait déjà, sirotant une Bièraubeurre en terrasse d'un café du Paris sorcier en compagnie de ses meilleurs amis, observant les jambes nues de jolies françaises en jupes courtes, dans un monde où tout aurait repris sa place.

- Sérieusement, faut vraiment que je vous emmène, c'est une ville fantastique, poursuivit Blaise, sortant Drago de ses pensées. La seule partie pas vraiment réjouissante de mes vacances a été le séjour qu'on a passé chez ma grand-mère… Ma mère a passé trois jours à tirer la tête de quelqu'un qui a avalé de travers, vous imaginez l'ambiance. Ma tante et mon oncle étaient là aussi, d'ailleurs, Diane vous transmet ses amitiés.

- Ta cousine, celle qui est venue en 4ème année de Beauxbâtons pour le tournoi des trois sorciers ? Elle avait flashé sur Drago, non ?, demanda Pansy en s'esclaffant.

- J'aimerais oublier cette période traumatisante de ma vie, s'il te plait, cette fille était pire qu'un Niffleur devant un tas d'or, répliqua Drago. Sans vouloir t'offenser, Blaise.

- Oh, tu peux y aller, elle est insupportable ! Une vraie sainte-nitouche, limite pire que Granger !

- T'y vas fort là..., railla la seule fille de la bande.

- Je te jure qu'elle rivalise très sérieusement. Heureusement que Cassie était là, sinon, je suis pas sûr que j'aurais survécu.

Le métisse ponctua sa phrase d'un roulement des yeux dramatique, en pensant à la plus jeune de ses cousines, la sœur de Diane, de deux ans leur cadette. Cassiopée de Rugès, à la longue chevelure auburn et au rire grave et contagieux, aux yeux rieurs et à l'air ingénu, différente en tout point de son aînée austère et docile. Blaise la surnommait Cassie, ce que leur grand-mère ne supportait pas, et c'était à elle qu'il devait le fait de ne pas être mort d'ennui durant ce séjour dans sa famille maternelle. La fougue enfantine et l'audace de la jeune adolescente, toujours prête à faire les 400 coups, l'avait délicieusement changé des manières guindées et protocolaires du reste de la maisonnée.

- Sinon, j'ai raté quoi ici, pendant ces deux semaines ?, finit par demander le brun à ses amis.

- Pas grand-chose, une soirée méga barbante chez les jumelles Carrow, on est partis avant minuit…, raconta Drago, l'air blasé.

- T'aurais vu leurs robes, ricana Pansy, on aurait dit qu'elles avaient été taillées dans les rideaux de ma grand-mère.

- Vu ce qu'elles portaient à la soirée de fin d'année en juin, je n'ai aucun mal à te croire, s'esclaffa Blaise.

Théodore les écoutait distraitement critiquer les choix vestimentaires de Flora et Hestia, amusé par leurs commentaires moqueurs. Blaise et Pansy étaient certainement les deux plus grandes fashion victims de Poudlard, et la quasi-totalité de l'école était passée au crible de façon régulière pour déterminer les malheureux qui s'habillaient le plus mal, et qui avaient donc l'honneur et la chance de gagner plusieurs mois de railleries de la part des deux Serpentard. La palme d'or du mauvais goût était encore disputée après cinq années passées au château, Blaise et Pansy ne parvenant pas à départager Ron Weasley (Pansy avait failli tomber dans le coma en voyant sa tenue au bal de Noël) et Luna Lovegood (que ses vêtements faits mains avait propulsée sur le devant de la scène en un temps record). Le jeune Nott ne participait que rarement à ces débats, qu'il jugeait trop superficiels, mais il ne pouvait s'empêcher de s'amuser devant certains traits d'humours de ses amis, qui n'étaient jamais à court de comparaisons toujours plus inventives pour manifester leurs mépris envers les choix esthétiques de leurs camarades.

- En parlant de soirées, Théo, tu serais capable de faire fonctionner la vieille radio qu'Adrian a laissée cachée dans la salle commune ? Si on n'arrive pas à la faire marcher, autant dire adieu directement à la fête de la rentrée, s'exclama Pansy, qui semblait être passée à un autre sujet de conversation sans que Théodore ne s'en aperçoive.

- Me mets pas la pression, surtout. Oui, je saurais la faire fonctionner, finit-il par dire en riant.

Pansy soupira de soulagement. Heureusement que son ami était un vrai petit génie, car sans lui, elle aurait été bien en peine de faire fonctionner l'engin.

- Il nous reste encore un mois de vacances, et tu penses déjà à notre première soirée, fit remarquer Drago avec un sourire narquois.

- Pourquoi tu crois qu'Adrian a passé l'intégralité de l'année dernière à lui expliquer l'art des fêtes clandestines en long, en large et en travers ? Il lui fallait bien une digne descendante pour prolonger la tradition de luxure et de débauche qui régit la salle commune des Serpentard depuis Salazar, fit remarquer Théo.

- Vous croyez qu'elle pourra faire aussi bien que la fête qu'on avait faite après les vacances d'hiver en 5ème année ? J'avais jamais vu Warrington aussi fait…, se remémora Blaise avec un début de fou rire, au fur et à mesure que les souvenirs de cette soirée lui revenaient.

Mais son hilarité fut vite stoppée quand son amie brune lui assena une claque bien sentie à l'arrière du crâne. De toute évidence, l'héritière des Parkinson n'appréciait pas qu'on parle d'elle comme si elle n'était pas là, et encore moins qu'on remette en cause ses capacités à organiser une fête. Car Pansy était aux soirées ce que Théo était aux cours : une pointure dans son domaine.

- Bien sûr que je peux faire aussi bien ! Je vais même faire mieux, déclara-t-elle avec orgueil.

- Par Merlin, tu vas arrêter de me violenter oui ?, s'écria le métisse en se massant le crâne. Je suis là depuis à peine une demi-heure et t'as déjà essayé de me crever un œil et de m'arracher la tête !

Drago, Théodore et Pansy ne purent qu'éclater de rire devant le ridicule de la remarque. Lui arracher la tête, rien que ça.

- J'arrive pas à croire qu'on rentre en 6ème année dans quelques semaines, finit par dire Théo quand leur hilarité se fut calmée.

- Argh, tais-toi !, s'écria Pansy, l'air sévère. Je préfère être dans le déni.

- Tu n'as pas hâte de retrouver Vincent ?, railla Blaise d'un ton mielleux.

- Je vais te faire bouffer ta langue Zabini, gronda la brune en lui décochant un regard noir.

Son ami éclata de rire, loin d'être impressionné par ses menaces, tandis qu'elle fulminait. Drago et Théo riaient sous cape pour éviter d'accroitre la fureur de la jeune fille, mais ils ne se lassaient définitivement pas de la faire enrager en abordant le sujet Crabbe. Celui-ci, en plus d'être depuis toujours l'un des faire-valoirs de Drago, avait le béguin pour elle depuis qu'ils s'étaient rencontrés à bord du Poudlard Express, à onze ans. Depuis, il ne cessait de la draguer (si on pouvait appeler draguer le fait de jouer des mécaniques avec un air dépourvu de toute intelligence), de lui offrir des cadeaux et de lui faire des compliments tous plus stupides les uns que les autres. Pourtant, Pansy était passée maitre dans l'art de le rembarrer sans une once de douceur et de tact, mais de toute évidence, le jeune homme devait avoir développé des penchants masochistes, car il s'accrochait.

- Je comprends définitivement pas ce qu'il te trouve, ricana Drago.

- Moi non plus. Nous on te supporte parce qu'on y est forcé depuis qu'on est petits, mais lui…, renchérit Théo, l'air faussement désespéré.

- Je vous emmerde.

- Tu vois. Caractère de Chartier, ne put s'empêcher de railler Blaise.

- Je me demande ce que je fais encore avec vous, bande de petits cons. Vous ne me méritez pas.

- Tu rigoles ? Au contraire, tu devrais être contente que, dans notre grande magnanimité, on te laisse partager un peu de notre temps.

- Ça va, ta tête passe encore les portes Malefoy ?, rétorqua Pansy en haussant les yeux au ciel.

- Ma tête va parfaitement bien, merci de t'en inquiéter.

- Voilà qui me rassure, ma petite fouine.

Un large sourire sadique s'étira sur les lèvres de la jeune fille en voyant la mâchoire de Drago tomber sous l'affront, tandis que Blaise et Théo étaient pris d'un fou rire. Ok, c'était bas, mais il l'avait bien cherché.

- T'as pas le droit de mentionner ça !, finit par s'exclamer le blond, outré. Vous aviez promis qu'on en parlerait plus !

Autour de lui, ses amis morts de rire ne parvinrent même pas à lui répondre. L'expression scandalisée du jeune homme était décidément toujours aussi drôle à voir. En effet, ils se rappelaient vaguement avoir juré, en 4ème année, de ne jamais plus mentionner l'épisode de la métamorphose de Drago, mais cette promesse avait été bien vite oubliée… Aujourd'hui, c'était leur arme secrète pour rabattre le caquet du jeune Malefoy quand celui-ci devenait un peu trop invivable. Pansy se fit la réflexion qu'elle y était peut-être allée un peu fort, cette fois, mais c'était vraiment trop drôle.

- Et vous, vous pourriez arrêtez de vous marrer, non ? Faux frères, marmonna Drago à l'attention de Blaise et Théodore en croisant les bras, vexé.

L'air boudeur de Drago ne fit qu'attiser les rires de ses amis. Si les élèves de Poudlard l'avait vu, sa réputation se serait très certainement écroulée… Mais il était vrai que leurs réputations à tous se seraient écroulées si quiconque les avaient vus en cet instant. A l'école, ils faisaient honneur à la réputation de leur maison et de leurs parents : regard froid et hautain, menton fier, démarche souple et aristocratique, rictus arrogant, rire méprisant. Des façades de glace que tous craignaient et qui dissuadaient leurs camarades de trop s'approcher d'eux. Mais quand ils étaient tous les quatre, ils pouvaient se laisser aller, et le naturel revenait au galop. Loin des regards scrutateurs des autres élèves, ils riaient à gorge déployée, relâchaient leurs postures guindées, réchauffaient leurs regards et s'autorisaient de vrais sourires. Ils avaient vite compris qu'ils ne pouvaient être eux-mêmes que dans la solitude et le secret.

- Bref, vous pronostiquez qui comme capitaine de l'équipe de Quidditch cette année ?, demanda Blaise quand il se fut calmé. Théo, t'en penses quoi ?

- Par pitié, laisse-moi tranquille. Le Quidditch ça a jamais été mon truc, fais toi une raison, répondit le brun, qui avait rouvert son livre à la simple mention du sport en question.

- Personnellement, je parie sur Urquhart. Ou Vaisey, mais il est arrivé dans l'équipe plus tard…, argumenta Pansy, qui avait montré depuis de nombreuses années qu'elle s'y connaissait bien plus en Quidditch qu'elle ne le laissait paraître.

- Ouais, j'en sais rien… J'espère que ça sera Urquhart, il ne fera sans doute même pas de sélections vu qu'il n'a qu'à remplacer Montague… Heureusement qu'il est parti d'ailleurs, parce que depuis qu'il est passé dans cette armoire bizarre à cause des Weasley, il jouait nettement moins bien, dit Blaise en réfléchissant.

- Quelle armoire ?

- Mais tu te rappelles Pans', quand même ! L'an dernier, je sais plus ce qu'il a fait aux deux bouffons, mais ils ont fini par l'enfermer dans l'armoire qui était au 4ème étage, et on ne l'a retrouvé que quelques jours plus tard. Il a raconté que quand il était coincé, il réussissait à entendre ce qui se passait dans une boutique de l'Allée des Embrumes, hyper bizarre le truc.

Le visage de la brune s'éclaira pendant qu'elle se rappelait de cet évènement. Après cela, leur camarade était resté étrange, confus, inattentif. C'était malheureux à dire, mais l'équipe de Serpentard avait certainement plus de chances de gagner la coupe de Quidditch sans lui.

Pendant ce temps, Drago avait oublié qu'il était censé être vexé. Il était à présent plongé dans une profonde réflexion, et si ses amis avaient pris la peine de se concentrer sur lui, ils auraient presque pu voir les rouages de son cerveau s'activer. Blaise, en mentionnant la mésaventure de Montague, avait retenu son attention, et Drago se demandait à présent comment il avait pu ne pas se pencher davantage sur cette histoire à l'époque… Comment Montague avait-il fait pour entendre des conversations qui se déroulaient dans une boutique de Londres, à des kilomètres de l'armoire dans laquelle il était coincé ? Ça n'avait aucun sens… Le blond, désormais intrigué par cette apparente incohérence, demanda à Blaise :

- Tu sais ce qu'elle est devenue, l'armoire ?

- Aucune idée, j'imagine que…

Le métisse n'eut jamais l'occasion de leur exposer sa théorie, car il s'arrêta quand il vit ses amis se redresser brusquement, s'efforçant de se rasseoir correctement dans leurs sièges. Théodore posa précipitamment son livre et Pansy s'assit, droite et tendue, les mains posées sur les cuisses et un demi-sourire plaqué sur les lèvres. Blaise se retourna, et la vue de Moira Parkinson qui s'avançait vers eux ne fit que confirmer son intuition. Pour que ses amis réagissent ainsi, c'était forcément qu'ils avaient de la compagnie, et Pansy n'était jamais aussi crispée qu'en présence de sa mère.

- Les garçons, quel plaisir de vous voir !, s'exclama la maitresse de maison quand elle fut assez proche d'eux.

Drago, Blaise et Théodore la saluèrent avec déférence, comme on le leur avait appris dès leur plus jeune âge.

- Tout le plaisir est pour nous, madame Parkinson.

- Puis-je me joindre à vous quelques instants ? Cela fait si longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de vous voir.

Il n'était bien sûr pas question de refuser, et un Accio suffit à ajouter une cinquième chaise à la table.

- Alors, Blaise, ce voyage en France dont m'avait parlé ta mère s'est-il bien passé ?

- A merveille, madame Parkinson. Elle souhaitera sûrement vous inviter à prendre le thé dans les jours à venir, nous ne sommes rentrés qu'hier.

- Bien sûr, bien sûr, cela va de soi. Mais tu lui diras que mon mari et moi partons à Rome dans 15 jours, nous serons absents pour trois semaines, il serait donc bon que nous puissions nous voir avant notre départ.

Blaise hocha la tête avec courtoisie et ouvrit la bouche pour parler, mais fut coupé par Pansy.

- Vous partez ? Je n'étais pas au courant.

- Je n'ai pas le souvenir d'être obligée de t'informer de tous nos faits et gestes, répondit Mme Parkinson d'un ton dur. Et excuse-toi immédiatement auprès de Blaise, où as-tu appris à couper la parole de la sorte ? Est-ce comme cela que ton père et moi t'avons élevée ?

Pansy se recroquevilla sur sa chaise tandis que son visage blanchissait devant la colère sous-jacente de sa mère.

- Non, Mère, pardonnez-moi. Excuse-moi, Blaise.

- Ce n'est rien, assura celui-ci en espérant clore l'incident.

Autour de la table, Drago et Théo ne disaient rien, trop habitués à ce genre de scènes. Ils n'avaient aucun moyen de défendre leur amie sans aller contre tous les principes de bienséance qu'on leur avait inculqués, ce qui aurait à coup sûr créé un véritable incident diplomatique.

- Et toi, mon cher Drago, dis-moi, ta mère va bien ?

- Tout à fait, madame Parkinson, mentit Drago en déglutissant.

Il avait du mal à voir comment sa mère aurait pu aller bien alors que son mari était en prison et que le Seigneur des Ténèbres avait établi ses quartiers chez elle, mais ce n'était pas le genre de choses que l'on pouvait dire ouvertement chez les Sang-Pur.

- J'en suis heureuse, répondit la maitresse de maison avec un sourire factice.

Bien évidemment, Moira Parkinson ne chargea pas Drago de la mission d'inviter sa mère à prendre le thé chez elle. Depuis l'emprisonnement de Lucius et la disgrâce des Malefoy, certaines des amies de Narcissa semblaient avoir énormément d'autres choses à faire…

- Oh, mais j'allais oublier, comment se sont passées vos BUSES ?

- Plutôt bien, madame Parkinson, répondit Théodore.

- Théo a été brillant !

Pansy n'avait pas pu s'en empêcher. « Plutôt bien » était un euphémisme pour quelqu'un qui avait eu dix BUSES ! Mais comme souvent en présence de sa mère, la jeune fille aurait mieux fait de rester silencieuse.

- Qui t'a permis de prendre la parole, Pansy ?, siffla Mme Parkinson d'une voix qui laissait transparaitre sa fureur latente. Et ton ami se prénomme Théodore, à ce que je sache ! Crois-tu donc que ses parents lui aient donné un prénom pour que tu le déformes sans cesse en employant ce surnom ridicule ?

Les trois garçons se tendirent en voyant leur amie baisser la tête, mortifiée d'être humiliée de la sorte. Celle-ci ferma brièvement les yeux et s'excusa d'une voix faible, tandis que sous la table, Blaise exerçait une brève pression sur son bras en guise de soutien.

- Excuse-moi, Théodore, tu disais donc ?, repris Moira Parkinson d'un ton infiniment plus cordial.

- Mes BUSES se sont bien passées, madame, j'en ai obtenu dix, ce qui va me permettre de poursuivre la plupart des disciplines à la rentrée.

- Et bien, je ne peux que te féliciter. Et vous, les garçons ?

- J'ai eu huit BUSES, madame.

- C'est un excellent résultat, mon cher Drago.

- Merci, vous devez également être très fière de Pansy, répondit celui-ci pour rappeler à madame Parkinson que sa fille avait obtenu le même nombre de BUSES que lui.

- Hm, oui, cela va de soi, éluda-t-elle. Et toi, Blaise ?

- Je n'ai malheureusement pas fait aussi bien que mes amis, mais je me contente de mes sept BUSES.

Le métisse n'avait pas l'air le moins du monde attristé par cette information. Il n'avait jamais été passionné par les études, et fort heureusement, grâce à la fortune que possédait sa mère, il n'aurait jamais besoin de l'être.

- Fort bien, fort bien, mes enfants. Et bien, il va être temps pour moi de vous laisser, dit Moira en se levant.

- Ce fut un plaisir de vous revoir, madame Parkinson.

- De même. Vous transmettrez mes amitiés à vos parents !

Théodore regarda Moira Parkinson disparaitre dans le manoir, en se faisant cyniquement la réflexion qu'entre sa mère morte et son père en prison, il allait être bien en peine de transmettre des amitiés à qui que ce soit. A côté de lui, Pansy poussa un long soupir de soulagement en penchant sa tête en arrière, relâchant tous ses muscles. Aucun des garçons n'eut la stupidité de lui demander comment elle allait, car aucun mot ne pouvait expliquer le mélange de lassitude et de tristesse qu'ils pouvaient voir dans ses yeux.

- Tu sais, moi, je préfère que m'appelle Théo, dit le concerné avec un sourire.

- J'espère bien, parce que ne compte pas sur moi pour arrêter, lui répondit la jeune fille, que la remarque avait permis de dérider.

Elle avait toujours le teint pâle, contrastant avec ses cheveux sombres, mais un léger rictus rieur illuminait ses traits. Elle avait appris il y a bien longtemps qu'il ne servait à rien de se lamenter sur ses relations avec sa génitrice, elle préférait donc ne pas y penser, et elle ne souhaitait surtout pas laisser cela gâcher l'après-midi enjoué qu'elle passait avec ses amis. Après-midi qui touchait d'ailleurs à sa fin, puisque bien que le soleil brille encore haut dans le ciel au-dessus du vaste jardin des Parkinson, la température commençait à chuter considérablement.

- Au fait, quand tes parents vont partir, tu peux venir chez moi, si tu veux, proposa gentiment Théodore à son amie.

La brune sourit, touchée par cette attention, surtout venant de la part de Théo. Elle savait qu'il devait grandement apprécier sa solitude au manoir des Nott, loin de son père enfermé à Azkaban, et tous constataient avec bonheur à quel point il était différent des autres étés. Et pourtant, il lui offrait de renoncer à sa tranquillité pour qu'elle ne soit pas seule, elle qui avait toujours détesté la solitude. Pourtant, celle-ci avait été sa seule amie pendant de nombreuses années, à l'époque où elle était encore trop jeune pour quitter le manoir quand ses parents s'absentaient. Mais elle ne s'était jamais fait aux craquements inquiétants de la vieille bâtisse qu'elle entendait dans le silence de la nuit, aux sifflements lugubres du vent qui s'infiltrait dans les murs de pierre et éteignait les feux dans les cheminées, à l'immensité de cette demeure sombre, froide, et bien trop vaste pour une petite fille, où elle avait parfois du mal à se sentir chez elle. Alors, dès qu'elle l'avait pu, elle s'était mise à passer des semaines chez Drago, Blaise, ou encore, à de plus rares occasions, Daphné Greengrass, quand ses parents la laissaient derrière eux sans regrets pour voyager. Mais elle n'allait jamais chez Théodore. Depuis qu'Isobel Nott était décédée, personne n'y allait plus.

- T'es la bienvenue chez moi aussi, comme toujours. Ma mère sera ravie de te voir, en plus, renchérit Blaise.

Merlin savait combien de fois il s'était retrouvé à devoir s'occuper tout seul pendant que Pansy et sa mère se perdaient dans de longues discussions qu'il jugeait assommantes… Il avait plusieurs fois demandé en riant à cette dernière si elle ne rêvait pas de l'échanger contre Pansy, et en retour, à la moindre incartade, elle l'en menaçait.

- Je te proposerais bien de venir chez moi comme les autres étés, mais crois-moi, tu n'en as pas envie, dit Drago avec un rire sans joie.

Personne ne lui répondit, tous imaginant aisément qu'il y avait mieux que de trouver des Mangemorts dans son salon au réveil.

- D'ailleurs, va falloir que je rentre, sinon ma mère va commencer à s'inquiéter pour rien, poursuivit le blond en se levant.

- Je vais rentrer aussi, ajouta Blaise en l'imitant. Pans', tu m'enverras Isis pour me dire si tu viens chez moi !

- Elle est épuisée depuis son vol jusqu'à Paris, donc j'enverrais sûrement le hibou de mon père discrètement, mais oui, je te tiens au courant.

Tous étaient maintenant debout et avaient ramassé leurs affaires. Les quatre amis se dirigèrent vers le salon, où Pansy empoigna le bol de poudre de cheminette, avant de le tendre aux garçons.

- Pansy, tu me diras aussi. Je vous contacterais par cheminette la semaine prochaine pour qu'on se voit, de toute façon, informa Théodore en se glissant dans la cheminée.

Le brun lança un « Manoir Nott » fort et assuré, et il disparut dans un tourbillon de flammes vertes. Puis ce fut au tour de Blaise.

- Je hais ce truc, pesta celui-ci en prenant une poignée de poudre.

- Dis bonjour à ta mère de ma part !, lui ordonna Pansy en riant, juste avant que le métisse ne disparaisse dans le conduit.

Enfin, Drago la regarda se tourner vers lui.

- Tu m'envoies Eole s'il se passe quoi que ce soit, et tu sais que tu peux venir quand tu veux, lui dit-elle sérieusement.

- Oui, Pans'. T'inquiète pas pour moi, lui répondit le blond avec un rire qui se voulait rassurant. On se voit la semaine prochaine.

Il rentra dans l'âtre immense et lança « Manoir Malefoy » d'un ton assuré. Les flammes vertes obscurcirent sa vue, et il ferma les yeux, après avoir jeté un dernier sourire à Pansy. Dans quelques secondes, il serait de retour au manoir, et il ne pourrait plus être Drago. Il avait plutôt intérêt à réenfiler tout de suite son masque de Malefoy.


Et bien, j'espère de tout coeur que vous avez aimé ce chapitre. Vous aurez sans doute compris qu'il sert surtout à poser les bases des caractères et des dynamiques entre chaque personnage, ainsi qu'à vous montrer un peu ce que vivent nos 4 Serpentard l'été de leur 16 ans.

Si vous laissez une review (n'oubliez pas leur importance pour l'auteur, s'il vous plait), vous me rendrez d'abord très très heureuse, et vous aurez le droit de passer l'après-midi avec le Serpentard de votre choix ;)

Je vous embrasse !