CHAPITRE VI

Quand Blaise fut réveillé par la sonnerie stridente de son réveil au matin du samedi, il était, étonnamment, d'excellente humeur. Bien qu'il déteste les matinées en général, la perspective d'organiser la grandiose fête qui se tiendrait le soir même dans la salle commune des Serpentard l'enthousiasmait tant qu'il en oublia se plaindre. Car si Pansy était la reine des soirées, Blaise en était le prince, et après avoir été privé de fête digne de ce nom pendant tout l'été, il jubilait rien qu'en pensant à la nuit qui l'attendait. Il avait toujours clamé haut et fort que l'unique intérêt de Poudlard était les fêtes et les jolies filles, et il le répéta quand, arrivé dans la salle commune des Serpentard, Aliyah se moqua ouvertement de son expression enjouée. Daphné eut une fois de plus la confirmation que son camarade n'était qu'un porc à qui on avait donné vie humaine (et encore, elle faisait là une insulte à un animal qui valait sûrement beaucoup mieux que Zabini), mais elle ne dit rien, ne voulant pas prendre le risque de subir les foudres de Pansy, qui avait déjà activé son mode « tyran du petit peuple ». Il était seulement 10h15, mais tout le monde était déjà rassemblé autour de leur table favorite, et personne n'avait même pris le temps d'aller prendre une douche : la brune avait hurlé en voyant Drago et Théo se diriger vers la salle de bain, et personne d'autre n'avait tenté d'échapper au discours qu'elle comptait apparemment de leur faire de si bon matin.

- Bien, puisque tout le monde est là, on va pouvoir commencer, lâcha la jeune fille quand les conversations intempestives eurent cessées devant le regard noir qu'elle leur avait lancé.

Bien que le fait qu'elle soit debout mette cruellement en évidence la petitesse de sa taille, et qu'elle soit vêtue en tout et pour tout d'une nuisette en soie marron, Pansy Parkinson était en cet instant si autoritaire et effrayante qu'à partir de l'instant où elle se mit à parler, il n'y eut plus un bruit. C'était presque fascinant de voir comment elle pouvait stocker autant d'aplomb dans un si petit corps.

- On a une longue journée devant nous. Il faut que cette salle soit transformée pour 20h, alors on a intérêt à être efficace.

Personne n'osa lui dire qu'en 10h, ils avaient le temps de préparer l'ensemble des cachots si l'envie leur en prenait, et la sorcière se tourna vers Drago et Blaise, tous deux affalés dans deux fauteuils de velours.

- Drago, Blaise, il faut que l'alcool soit là pour 17h. Je ne veux pas savoir comment vous allez vous débrouillez, mais faites en sorte que ça soit le cas.

- Tu veux quoi comme quantité ?, demanda Drago en baillant.

- Disons que… Mieux vaut trop, que pas assez, répondit Pansy avec un sourire en coin.

Autant dire que la boisson risquait de couler à flots.

- Pour la nourriture, Tracey, comme d'habitude, tu t'en charges. Crabbe, Goyle, vous irez avec elle pour tout transporter. Ne vous faites pas prendre, bien sûr, jugea-t-elle utile de préciser à la vue des regards vides de ses deux camarades.

Crabbe acquiesça immédiatement, trop heureux de pouvoir rendre service à sa belle, tandis que Tracey, dont les jambes vertigineuses étaient posées sur la table, hochait la tête.

- Daphné, il faut que tu t'occupes des petits, que tu expliques aux 1ère années que la fête leur est interdite, que tu le rappelles aux 2ème et aux 3ème années, et que tu vérifies que personne ne passe entre les mailles du filet. Jette aussi un sort d'insonorisation sur les dortoirs, ça évitera qu'ils viennent nous faire chier à cause du bruit.

La blonde, roulée en boule dans un fauteuil et enveloppée dans une épaisse couverture, se contenta d'acquiescer. Ça ne l'étonnait pas que Pansy, qui détestait les enfants, la charge de cette tâche, car elle avait toujours été la plus compétente avec les plus jeunes. Sûrement parce qu'elle était la seule à avoir une petite sœur, à comprendre ce que ça faisait de devoir prendre soin d'un autre être humain que soi-même, à connaitre la responsabilité qui incombait aux ainés.

- Théo, il faut que tu vérifies que la radio marche à la perfection ce matin, parce que cet après-midi, toi, Millie et Blaise vous occuperez de sélectionner la musique. Aliyah et moi, on s'occupera de la décoration.

- Pas de souci, mais tu vas me laisser manger d'abord, ou pas du tout ?, demanda Théo avec un léger sourire provocateur.

Quand Pansy le regarda, ses yeux étaient réduits à deux petites fentes, entre lesquelles on apercevait un éclat de pupille verte.

- Je vous préviens que si cette soirée est ratée à cause de votre désinvolture, je vous ferais manger vos cheveux, vos cravates et vos ongles, puis je vous pendrais à l'horloge de la tour Nord par les intestins.

Sur cette promesse réjouissante, la brune sembla mettre en repos son mode « tyran du petit peuple », et tout le monde eut le droit d'aller prendre une douche. Après un copieux petit-déjeuner durant lequel Pansy exhorta tout le monde à se dépêcher (elle semblait décidément être la seule à ne pas mesurer la quantité de choses qu'ils avaient le temps de faire d'ici 20h…), à 11h, chacun put s'atteler à la tâche qui lui avait été confiée.

Théo s'installa dans son fauteuil favori avec la vieille radio trafiquée par Adrian Pucey plusieurs années auparavant, qu'il avait presque achevé de remettre en marche après qu'elle se soit brisée à la fin de l'année précédente. De l'autre côté de la table et au milieu de l'effervescence qui s'était très vite installée dans la salle commune, Tracey faisait la liste détaillée de ce qu'elle devrait rapporter des cuisines, et les autres ne se gênaient pas pour faire leurs suggestions personnelles et réclamer leurs aliments préférés.

Pansy et Drago, armés de leurs brillants insignes de préfets, étaient occupés à terroriser les élèves plus jeunes et à marchander avec les plus âgés pour obtenir de tout ce monde qu'ils se tiennent éloignés de la salle commune le temps de la journée, pour que la petite bande puisse se consacrer paisiblement à l'organisation méticuleusement prévue par l'héritière des Parkinson.

Cette dernière avait à peine réussi à faire déguerpir une nuée de 3ème années qu'une fillette blonde de 1ère année se dirigea vers elle avec une appréhension qu'elle peinait à dissimuler. Avant que Pansy n'ait l'occasion d'ouvrir la bouche pour l'assassiner verbalement, elle débita à toute vitesse que « le professeur Rogue l'avait chargée de lui donner ceci », tout en lui tendant un rouleau de parchemin d'une main tremblante. La brune ravala son venin et après avoir pris et déroulé le message, elle apprit avec mauvaise humeur mais sans surprise que Rogue lui avait donné une retenue pour le lundi suivant à 20h, en punition de l'humiliation qu'elle avait fait subir à Eddie Carmichael. Blaise, qui s'était approché pour lire par-dessus son épaule, s'exclama :

- Ta première retenue ! Et en plus, Rogue dit qu'il est scandalisé et affreusement déçu par ton attitude. Je suis tellement fier de toi !

La remarque dissipa l'irritation de Pansy qui éclata d'un rire léger, amusée par l'expression faussement émue de son ami. Drago fit remarquer d'un ton railleur qu'elle avait « perdu son immunité », à présent, immunité qui lui permettait de se moquer allègrement du blond et du brun qui avait déjà reçus nombre de parchemins similaires depuis le début de leur scolarité. La remarque fit rire tout le monde, et au milieu de ce joyeux brouhaha, personne ne remarqua Tracey qui, la tête toujours penchée sur sa liste, sentait un désagréable frisson de culpabilité courir dans ses veines.

A la suite de cet épisode, les préparatifs se poursuivirent dans une joyeuse cacophonie, si bruyante qu'on peinait à croire qu'elle était seulement provoquée par 10 adolescents. Les ordres, recommandations, questions et invectives se croisaient entre les murs de pierre sans jamais se tarir, sous l'œil amusé des sirènes qui avaient déjà observés ce manège de nombreuses fois, et à 14h, la salle commune était déjà bien transformée.

Aliyah, perchée sur les épaules de Drago, terminait de suspendre un large drap de soie émeraude devant la bibliothèque, tandis que près de la cheminée, Pansy transformait des boutons de manchette en lucioles. Boutons de manchette qu'elle avait subtilisée à Drago, Blaise et Théo dans leur ignorance la plus totale. De toute façon, ils en avaient bien trop.

- C'est quand même un comble que Dumbledore l'ai nommée préfète alors qu'elle organise une soirée qui risque de violer au moins ¼ des articles du règlement, fit remarquer Milicent à Théo en riant.

Tous deux étaient assis à leur table, et tandis que Théo griffonnait sur une demi-douzaine de parchemins étalés autour de lui, Millicent tapotait sur la radio avec sa baguette, changeant de chanson toutes les trois secondes car n'ayant pas encore trouvé celle qui lui convenait.

- Il a bien nommé Weasley préfet, à ce stade, je pense qu'on peut dire que le vieux est complètement sénile…, répliqua le brun en feuilletant un épais ouvrage de métamorphose.

Ayant terminé sa tâche de réparation de la radio, il ne lui restait plus qu'à assister son amie dans sa quête de musique, et puisque ce n'était pas une activité qui demandait une grande implication psychologique, il en profitait pour avancer la dissertation que leur avait donnée le professeur McGonagall. En face de lui, Daphné faisait de même et on ne l'avait plus entendu depuis de longues minutes. Même les bruyantes blagues de Blaise ne l'avaient pas fait relever la tête. C'est Aliyah qui réussit cet exploit, quand elle poussa un cri strident qui se répercuta contre les murs de pierre.

- T'es malade Blaise, j'aurais pu m'ouvrir le crâne !, hurla-t-elle à l'afro-britannique, toujours assise sur les épaules de Drago.

- Je t'ai à peine poussée, fit remarquer celui-ci entre deux éclats de rire.

Drago secoua la tête, aussi amusé que désabusé, avant de s'adresser à son amie brune.

- Aliyah, je vais te faire descendre, ok ? Blaise, il est temps qu'on y aille.

- Où ça ?, demanda Crabbe alors que l'adolescente posait pied à terre.

Sa question resta sans réponse, et les deux Serpentard sortirent de la salle commune, retrouva les courants d'air qui commençaient déjà à envahir l'école.

- Tu devrais te faire un peu moins remarquer quand Daphné est là, lâcha Drago tandis qu'ils remontaient les marches de pierre jusqu'au hall d'entrée.

- Pourquoi je ferais ça ? répondit Blaise en roulant des yeux.

- Pour éviter que l'ambiance soit aussi électrique que l'année dernière. Tu sais mieux que personne ce qui la met hors d'elle, alors pourquoi tu fais pas un peu profil bas ?

- Parce que je n'ai aucune raison de changer mon comportement pour faire plaisir à une coincée comme elle. Cette fille est une plaie, sérieusement, ma grand-mère est moins aigrie !

- Si tu faisais un effort, tu verrais qu'elle est bien plus appréciable que tu ne le crois. Fais-le au moins pour nous. L'an dernier, on a bien cru que l'un de vous allait finir par tuer l'autre.

- Je peux rien te promettre, marmonna Blaise alors qu'ils arrivaient au 2ème étage.

Drago soupira mais n'ajouta rien. Tout le monde se lassait des piques incessantes que se lançaient le brun et la blonde depuis des années, et ils avaient tous espérés que cette nouvelle année serait porteuse de davantage de sagesse et de maturité de la part des deux adolescents, mais force était de constater qu'ils avaient été trop naïfs. Comme s'ils avaient besoin de ça. Les conflits ouverts étaient rares chez les Serpentard, qui représentaient certainement plus que quiconque ce que signifiait l'unité d'une maison. A force d'être considérés comme les moutons noirs de l'école, archétypes de méchanceté, modèles d'arrogance et graines de mages noirs, ils avaient appris à ne compter que sur eux-mêmes, et à se défendre les uns les autres en toutes circonstances. S'en prendre à un vert et argent, c'était provoquer tous les serpents. Et gérer les hostilités incessantes qui les opposaient aux autres élèves occupaient déjà suffisamment les Serpentard pour ne pas avoir besoin de s'affronter entre eux. L'unité, c'était la seule chose qui les protégeait, et la stupide rivalité de Blaise et Daphné allait à l'encontre de toute cette philosophie. Mais de toute évidence, ce n'était pas aujourd'hui que Drago y changerait quelque chose, et sans un mot de plus, il regarda distraitement son ami tapoter la statue de la sorcière borgne, devant laquelle ils étaient arrivés, avec sa baguette. Il murmura « Dissendium », et tous deux s'engouffrèrent dans la pénombre du passage secret. En quelques instants, le mur se referma, et ce fut comme s'ils n'avaient jamais été là.

Trois quarts d'heure plus tard, les deux adolescents faisaient de nouveau leur entrée dans la salle commune, leurs baguettes pointées devant eux, intimant à leurs amis de reculer. Quelques secondes plus tard, plusieurs caisses de bois apparurent avec la dissipation des sortilèges de désillusion que les garçons leur avaient jeté, et tout le monde put s'assurer que l'alcool coulerait à flots ce soir-là. Tracey ne tarda pas à revenir, suivie de Crabbe et Goyle dont les bras étaient chargés de nourriture, et bientôt, tout sembla fin prêt.

A 18h, Pansy fit le tour de la salle commune d'un pas militaire dans un silence d'église, et quand elle revint vers eux, son expression sérieuse se transforma en un large sourire satisfait.

- Bon boulot.

- J'aurais espéré des remerciements un peu plus chaleureux, railla Drago avec un sourire en coin.

- Je voudrais pas que tu prennes la grosse tête, Malefoy.

Sur ces entrefaites, l'adolescente lui adressa un clin d'œil d'un air amusé, et se dirigea vers son dortoir. Il était temps pour elle d'aller se faire belle pour son heure de gloire.


- Mais quand est-ce qu'on pourra faire la fête nous aussi ?

La voix fluette d'une fillette de 1ère année, couchée dans son lit, retentit dans le dortoir faiblement éclairé par la lumière fluorescente des plantes aquatiques qu'on apercevait par la vitre.

- Dans 3 ans. Vous êtes trop jeunes pour le moment, répondit sereinement Daphné en bordant l'enfant.

- C'est injuste, marmonna d'un air boudeur l'occupante du lit voisin.

La blonde éclata d'un léger rire qui ne dura qu'un instant, et se dirigea vers la porte.

- La vie n'est pas juste, dit-elle simplement. Dormez bien.

Sur ces mots, la Serpentard sortit et ferma la porte sans un bruit, avant de jeter dans un murmure un sortilège d'insonorisation sur la pièce. Derrière la porte fermée menant à la salle commune, la blonde entendait déjà le bruit saccadé des basses sortant de la radio poussée à son volume maximum, mêlés au vacarme de rires et de conversations joyeuses. Elle avait terminé de faire le tour des dortoirs, empêchés plusieurs élèves de se faufiler à la fête, essuyé nombre de protestations et de pleurnicheries, et à 21h passées, la soirée battait déjà son plein, sans elle. Non pas que ça lui pose problème, car si ça n'avait tenu qu'à elle, elle serait restée dans son dortoir, avec un bon livre ou ses croquis inachevés, dans la solitude et le calme qu'elle affectionnait tant. C'est ce qu'elle avait toujours fait durant les soirs comme ceux-ci, les soirs où ces camarades décidaient de remplacer leur sang par de l'alcool et de laisser parler leurs plus bas instincts animaux. Elle faisait une apparition, pour faire plaisir à ses amies, puis elle s'éclipsait, sans jamais manquer à personne. Tout le monde le savait : Daphné Greengrass ne buvait pas, ne dansait pas, ne faisait pas la fête.

Mais ce soir-là, c'était différent. Ce soir-là, elle ne pouvait pas rester dans son dortoir paisible et tranquille, à écouter le clapotis de l'eau du lac contre la vitre. Ce soir-là, elle devait participer à cette soirée, se mêler à ses camarades, au milieu de l'alcool, de la musique et de la sueur. Parce que ce soir-là, c'était la première soirée d'Astoria, et Daphné ne pouvait pas aller se coucher en sachant sa petite sœur perdue dans ce chaos.

C'est ainsi qu'une fois qu'elle fut certaine que ses sortilèges d'insonorisation étaient fonctionnels et qu'aucun des élèves plus jeunes ne tentaient de sortir de son dortoir furtivement, elle se dirigea vers la salle commune, sentant à chaque pas les pulsations des basses résonner dans sa poitrine.

Quand elle ouvrit la porte, elle fut assaillie simultanément par le volume affreusement élevé de la musique, l'odeur entêtante du Whisky-pur-feu mêlé au parfum âcre du tabac sortant des pipes pendues aux lèvres de ses camarades, et la chaleur étouffante provoquée par la proximité de tant de corps. Heureusement, avant que ses pensées ne s'affolent, elle entendit son prénom, hurlé à travers la salle par une Pansy aux joues déjà bien rosies par la Bièraubeurre. Daphné se fraya un chemin jusqu'à son amie en se faisant aussi discrète que possible, et quand elle parvint enfin à son objectif, c'est tous ses amis qu'elle retrouva avec soulagement.

- T'es làààà !, s'écria Tracey en lui sautant presque dessus, apparemment rendue euphorique par l'alcool.

Blaise, qui avait été interrompu dans sa conversation avec Drago par le cri de Pansy appelant son amie, observa la blonde se dégager tant bien que mal de l'étreinte de Tracey, et se retint difficilement de faire une remarque cynique sur sa présence. Voir la sacro-sainte Daphné Greengrass en ce lieu de débauche l'inspirait pourtant beaucoup, et il avait une bonne demi-douzaine de railleries sur le bout des lèvres, mais il déploya des trésors de maturité pour garder le silence, se rappelant les paroles de son meilleur ami quelques heures plus tôt.

- Vous avez vu Astoria ?, demanda la blonde quand Tracey l'eut lâchée avec un grand éclat de rire.

- Elle était dans ce coin-là, y a une demi-heure, informa Théo avec un signe du menton.

- Tu bois quelque chose Daphné ?, proposa Drago en tendant la main vers une caisse de Bièraubeurre posée près de son siège.

- Non, merci.

- Je bois ta part dans ce cas, lança le blond en riant.

Sur ces mots, le tube pop que diffusait la radio céda la place au nouveau morceau des Bizzar' Sisters, et Pansy se mit à s'agiter en s'exclamant :

- J'aime tellement cette chanson ! Venez, on va danser !

Sur ces mots, la brune empoigna les mains de Blaise, Tracey et Aliyah et s'élança sur la piste de danse. Elle avait bien essayé de décider Drago plus tôt dans la soirée, mais il appréciait peu la danse et préférait rester assis à observer, tout comme Théo. Milicent, elle, aurait voulu savoir exécuter les mêmes mouvements gracieusement lascifs que ses amies, dans leurs belles robes qui mettaient en valeur leurs courbes et leur minceur, mais elle savait pertinemment que ce n'était pas pour elle. Elle savait depuis longtemps que si elle voulait éviter de se ridiculiser, il lui fallait éviter les pistes de danse, où ses cuisses trop molles, son ventre trop gros et ses hanches trop larges faisaient tâche. Quant à Daphné, Pansy la connaissait trop bien pour prendre la peine de lui proposer, et la blonde resta debout contre le mur, cherchant sa sœur de son regard bleuté.

Sur la piste, Blaise faisait tournoyer Tracey, montra une fois de plus ses talents de danseur à toute l'assemblée, et attirant les regards déjà énamourés de nombreuses Serpentard. A leurs côtés, Pansy et Aliyah chantaient à tue-tête en se déhanchant, et ce ne fut qu'une question de seconde avant qu'elles ne trouvent des cavaliers.

Tout le monde dansa, longtemps, au milieu des vapeurs de tabac et des relents d'alcool, de la musique si forte et des rires si francs. Pour les Serpentard, il n'était plus question de dignité, d'honneur et de famille, mais seulement d'amusement, d'amitié et de lâcher-prise. Il n'y avait plus de postures guindées ni de visages fermés, d'adolescents qui essaient de jouer aux adultes, de vigilance permanente et de cages dorées. Il n'y avait rien d'autre que le frisson de l'alcool brûlant dans les gorges, que la musique cognant dans les cœurs et dans les veines, que la chaleur des corps. Cette soirée, comme toutes les autres, avait un formidable goût de liberté, et pour les Serpentard, la liberté était trop rare pour ne pas en savourer chaque instant.

Quand l'imposante horloge du château sonna minuit, Tracey avait les pieds en compote, et elle fit voler ses chaussures jusqu'à la table à laquelle Drago était assis, une 5ème année perchée sur ses genoux. Sa camarade fit exprès d'envoyer ses escarpins dans la jambe de ce dernier, et quand il releva la tête d'un air surpris, elle éclata d'un rire cristallin avant de repartir tourbillonner sur la piste.

Blaise l'avait abandonnée depuis longtemps et il partageait son temps entre leur table où ils enchainait les verres d'hydromel, de Whisky-pur-Feu et de Bièraubeurre, et les bras de deux ou trois jeunes filles qui espéraient bien finir la soirée en sa compagnie. Théodore, lui, était adossé à un mur, un verre en Bièraubeurre à la main, et observait la piste de danse, où Pansy se déhanchait avec talent, il se devait de le reconnaitre. Il était resté parler un moment avec Milicent, mais celle-ci venait d'être hélée par Chelsea Ambrose, une de ses amies de 7ème année, et le jeune homme retrouvait la solitude. Seulement, cette solitude avait été remarquée par Aliyah, qui venait d'avaler un minuscule verre d'une boisson vert fluo dont Théo aura été incapable de nommer la composition, et la brune se dirigea vers lui, le regard aguicheur et le pas conquérant.

- Salut Théo, lâcha-t-elle avec un large sourire quand elle fut parvenue à ses côtés. Tu t'amuses ?

- Ça va, merci, répondit l'intéressé en prenant une gorgée de sa boisson.

- Je ne t'ai pas vu beaucoup danser, fit remarquer sa camarade avec une moue boudeuse qui en aurait sûrement fait flancher plus d'un.

- C'est pas trop mon truc.

Non pas qu'il soit mauvais danseur : comme la plupart de ses camarades, il avait pris quelques cours dans l'enfance, et sans être un prodige, il se débrouillait. Mais ses connaissances sur le sujet touchait plus à la valse qu'au collé-serré, et il préférait de loin observer ses amis sur la piste que les rejoindre. Cependant, Aliyah ne semblait pas l'entendre de cette oreille, et elle poursuivit :

- Tu n'as sûrement pas trouvé la bonne danseuse.

- Je ne pense pas que ça soit le problème…

- Accorde-moi une danse et je te prouverais le contraire.

Elle lui tendit la main avec un sourire enjôleur, et debout dans sa robe bleue nuit, ses longs cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules, on ne pouvait nier qu'elle était superbe. Théo aurait pu céder, profiter de son corps que tant de ses camarades convoitaient, se laisser enivrer par ses yeux marrons et ses longs cils, son sourire cerise et sa peau douce. Blaise ne jurait que par ça, lui. Mais bien que tout le monde puisse s'accorder à dire qu'Aliyah était très belle, au-delà de cette simple considération esthétique, elle n'attirait Théo en rien. Et quoi qu'elle attende de lui, que ça soit une danse ou une myriade de promesses, il ne pouvait lui offrir ni l'un ni l'autre.

- Je t'assure, ça va. Mais je crois que Warrington serait ravi de t'avoir pour cavalière, ajouta-t-il avec un léger sourire en désignant le 7ème année, accoudé à un fauteuil.

Aliyah lâcha un léger rire avant de répondre :

- Je vais voir ce que je peux faire. A plus tard, Théodore.

Et elle fit volte-face dans un lascif mouvement de hanches, sans se départir de son large sourire. Elle n'était pas triste ou vexée par le refus du jeune homme, au contraire. La résistance de Théo ne faisait que le rendre plus attirant à ses yeux, et ses efforts pour la repousser faisait de lui un vrai défi. Or Aliyah avait toujours adoré les défis.

Quelques mètres plus loin, Daphné commençait à étouffer. Depuis un moment déjà, elle ne sentait plus ses pieds, ni ses oreilles, elle se sentait à l'étroit dans sa longue robe beige, elle était fatiguée, mais en cet instant, après près de 3 heures et demi à surveiller sa petite sœur qui semblait passer une soirée fantastique en compagnie de ses amis, la blonde prit conscience qu'elle se sentait de plus en plus mal. Elle avait la boule au ventre et sentait son corps battre contre ses côtes, la musique semblait si forte et l'odeur de l'alcool si entêtante, et tous ces corps collés les uns aux autres sur la piste, tous ces éclats de rire et ces conversations autour d'elle… Après un rapide regard vers Astoria qui dansait avec deux amies, l'ainée des Greengrass se précipita vers la porte de la salle commune, se frayant un chemin parmi ses camarades sans se soucier de bousculer quelqu'un, et finalement, elle finit par atteindre le mur de pierre qui s'effaça pour la laisser sortir. Quand elle se retrouva dans le cachot et que l'entrée se fut refermée derrière elle, la musique se trouva inaudible, et le silence mêlé à l'air frais qui parcourait le couloir calma quelque peu les battements furieux du cœur de la jeune fille. Elle entreprit de remonter les marches et de trouver un coin tranquille pour observer les étoiles, un endroit où elle pourrait retrouver son calme et sa sérénité, qu'elle se donnait tant de mal pour conserver en permanence.

Dans la salle commune où le départ de la sorcière n'avait pas empêché la fête de continuer de plus belle, Blaise commença lui aussi à se sentir mal, mais ce mal qui venait d'une tout autre source. Les mains posées sur les hanches d'une jolie blonde de 7ème année dont il ne parvenait pas à se rappeler le nom, il sentit que la tête lui tournait, alors que les quantités astronomiques de Whisky-pur-Feu qu'il avait englouties remuaient dans son estomac. Il se détacha avec empressement de sa cavalière, qui le regarda avec incompréhension se frayer un passage entre les danseurs en direction de la sortie. Quand le jeune homme parvint à sortir de la salle commune, il s'adossa au mur frais et pris quelques longues inspirations, cherchant à retrouver son équilibre et l'ensemble de ses facultés mentales. Il attendit quelques minutes ainsi, respirant profondément, alors que la partie rationnelle de son cerveau le maudissait d'avoir bu autant. C'était vrai qu'il avait un peu abusé, cette fois. Il avait simplement voulu profiter, oublier les tracas de l'été, sa mère seule au manoir à la merci de cet enfoiré de Rookwood, sa vie qui prenait un tour qu'il n'aimait pas du tout. Mais à présent, alors que l'alcool brulait douloureusement son estomac, il était puni de ses folies et commençait sérieusement à regretter.

Quand il se sentit mieux, il fut tenté un instant de retourner dans la salle commune, mais la perspective de boire et de danser à nouveau avait perdu tout son attrait, et il commença à remonter les marches de pierre, respirant l'air frais qui lui oxygénait les neurones. Il laissa ses pas le guider jusqu'à l'aile Est du 1er étage, là où avait lieu la plupart des cours de sortilèges. Il avait prévu de continuer son chemin, et de redescendre dans les cachots par l'escalier du bout du couloir, mais une porte à demi ouverte attira son attention. La curiosité naturelle du jeune homme et la désinhibition due à l'alcool eurent raison de lui en quelques secondes et il poussa la porte, espérant tomber sur quelque chose de croustillant, tandis qu'une infime partie de son cerveau priait que ne pas se retrouver nez-à-nez avec Rusard.

Mais ce n'était pas le vieux concierge qui occupait la pièce. Ce n'était pas non plus un couple en plein moment d'intimité, ni un élève fomentant un plan maléfique ou préparant une potion interdite. Dans la vieille salle de classe remplie de tables et des chaises, il n'y avait que Blaise et son cerveau embrumé, et Daphné Greengrass, accoudée à la fenêtre ouverte dans sa robe beige, les cheveux relevés en un chignon sophistiqué. Mais ce qui surprit le plus Blaise ne fut pas la présence de sa Némésis dans la pièce, l'expression surprise et mécontente sur ses traits quand elle se tourna brusquement vers lui, ni même l'éclat scintillant de quelques larmes à demi séchées sur ses joues. La chose qui se fraya un chemin dans le cerveau ralenti du jeune homme et qui provoqua sa stupéfaction, c'était la cigarette que Daphné tenait à la main et la fumée qui s'échappa de ses lèvres quand elle eut un hoquet de surprise.

Daphné Greengrass, l'archétype de la parfaite petite sang-pur, qui faisait honneur à sa famille, à son nom, qui jouait du piano, avait de bonnes notes, restait digne et impassible en toutes circonstances, fumait des cigarettes moldues. A la pensée que les ancêtres Greengrass devaient se retourner dans leurs tombes, un incontrôlable fou-rire s'empara de Blaise, sous le regard perçant de la blonde qui hésitait entre la confusion et la colère.

- Je peux savoir ce qui te fait tant rire ?, demanda-t-elle d'un ton cassant alors que les hoquets d'hilarité du jeune homme emplissaient la pièce.

- Tu fumes, finit-il par lâcher quand il se fut un peu calmé.

- Et l'eau mouille, répliqua la jeune fille, sarcastique.

- Des cigarettes moldues. Toi, Greengrass la sainte-nitouche, tu fumes des cigarettes moldues, poursuivit le brun sans relever, accentuant son dernier mot.

A ces mots, Daphné détourna à nouveau son regard vers la fenêtre et se contenta de porter l'objet du délit à ses lèvres et d'aspirer la fumée, sous le regard toujours stupéfait de Blaise. Elle était toujours aussi impassible, hautaine, toujours la même statue de glace, mais c'était comme si elle était devenue quelqu'un d'autre. Comme si cette cigarette, entre ses doigts fins, était le symbole d'une rébellion, d'une liberté dont les autres Serpentard ne faisaient que rêver. Les autres élèves de Poudlard n'auraient certainement pas compris à quel point le fait de tenir une cigarette entre ses mains était étrange, peu conventionnel, voire téméraire. Mais chez les Sang-purs, on ne touchait pas aux objets moldus, on n'en parlait pas, on faisait mine de ne pas les connaitre. Tout ce qui pouvait constituer un lien avec ceux que l'on considérait comme des animaux était tabou et banni. Et du modèle de la parfaite petite sang-pur, Daphné Greengrass, sa cigarette moldue pressée entre ses lèvres roses, devenait une traître à son sang. Passée son hilarité, Blaise se retrouvait muet, incapable d'intégrer le fait qu'à l'aube de la guerre, celle qu'il considérait comme la plus soumise de ses camarades était en réalité certainement bien plus libre et bien plus audacieuse que lui.

- Si tu parles de ça à qui que ce soit, Zabini, tu le regretteras amèrement.

La voix calme de la blonde avait troublé le silence assourdissant de la pièce, juste avant qu'elle ne jette son mégot au sol et le réduise en cendres d'un coup de baguette. Blaise regarda le feu consumer le minuscule objet, et tous ces gestes étaient la preuve que ce qu'il avait surpris ce soir-là n'était en rien inhabituel. Quand le feu se fut éteint, Daphné rangea sa baguette, et sans un mot, elle dépassa le jeune homme, et sortit de la salle, s'éloignant dans la nuit sous le regard interdit de Blaise.

Plusieurs étages plus bas, dans la salle commune où la musique continuait de marteler les tympans des Serpentard, Pansy avait fait des pieds et des mains pour convaincre Théo de lui accorder une danse, argua du fait qu'elle en avait marre de le voir debout dans son coin. Et les quelques grammes d'alcool occupant le sang du jeune homme avait eu raison de ses protestations, et il s'était retrouvé sur la piste. Il avait l'esprit quelque peu embrumé, les poumons remplis de fumée, mal aux pieds et trop chaud dans sa chemise, et à la fin de la chanson, il manqua de quitter la pièce pour aller prendre l'air. Mais quand les basses du morceau suivant retentirent dans la salle obscure, et que son corps se connecta à la mélodie sortant à plein volume de la radio, il se rappela pourquoi il faisait la fête, et pourquoi il aimait ça : pour ce moment extraordinaire où il se sentait vivant. Quand il sentait l'adrénaline et l'allégresse courir à grande vitesse dans ses veines, et son cœur résonner au rythme de la mélodie, il se souvenait qu'il était en vie. Malgré tout ce qu'il avait vécu, les douleurs et les tragédies passées, présentes et à venir, cette nuit-là, au milieu de cette foule de gens avec qui il avait grandi, il avait la certitude de ne pas être un fantôme, un cadavre, mais bien un être vivant, dont le cœur battait avec une furieuse envie de vivre. Et cette sensation était si rare qu'il se devait d'en savourer chaque seconde.

Non loin du brun, Drago, assis sur un fauteuil sur l'accoudoir duquel était perchée la même 5ème année que plus tôt dans la soirée, sentit une sensation bien moins agréable s'emparer de lui. Une seconde avant, il était d'humeur radieuse, profitant de cette soirée réussie, savourant la brûlure amère du Whisky-pur-Feu dans sa gorge, riant aux éclats et conversant avec tout le monde, et l'instant suivant, il sentit des larmes brûlantes lui monter aux yeux et avec elle, un désarroi irrépressible. Retenant à grand peine l'envie de fondre en sanglots qui le submergeait, il se leva et sortit de la salle commune avec une rapidité surprenante. Desserrant sa cravate pour laisser plus d'amplitude à son souffle qui se faisait erratique, il se précipita dans les couloirs jusqu'au premier cachot vide qu'il trouva. Il s'enferma dans la pièce, et à peine avait-il verrouillé la serrure que des sanglots secouèrent sa poitrine pour se matérialiser en de grosses larmes salées qui dévalèrent ses joues pâles. Il avait trop bu, c'était certain, et si l'alcool le rendait d'ordinaire joyeux et détendu, ce soir-là, il semblait faire ressortir toutes ses peurs, et surtout, la certitude terrifiante qu'une voix métallique psalmodiait dans son crâne : avant la fin de l'année, il serait mort. Et c'est avec la seule compagnie de cette phrase qu'il resta là, longtemps, prostré à même le sol de pierre, incapable de se calmer ou de réfléchir correctement. Tentant de faire le deuil de sa propre vie au milieu de sanglots salés et douloureux.

Il ne sut jamais que Tracey était passée juste devant la salle où il se trouvait, et elle-même n'apprit jamais qu'en tendant un peu l'oreille, elle aurait pu entendre la détresse de son camarade derrière le battant de bois. La jeune fille avait profité longtemps de la fête, et quand la sensation de légèreté due à l'alcool l'avait quittée, elle s'était détachée de son cavalier, sourde aux protestations de celui-ci, et s'était faufilée en dehors de la salle commune. Au dehors, loin de la moiteur des corps se pressant les uns contre les autres et de l'odeur entêtante des boissons, elle se sentait immédiatement plus alerte, et parcouru le couloir que Drago avait lui-même emprunté quelques instants plus tôt, avant de gravir les escaliers des cachots d'un bon pas. Un coup d'œil à sa montre lui indiqua qu'il était 3 heures du matin, et un sourire satisfait étira ses lèvres, dont le rouge à lèvres carmin avait presque disparu sous les assauts des baisers de Daniel Griggs, de 7ème année. Elle remonta jusqu'au rez-de-chaussée, profitant avec bonheur du souffle frais du vent sur ses jambes nues et de la lumière pâle de la lune éclairant les couloirs vides, et continua son chemin.

Quand Pansy, trois quarts d'heure plus tard, rejoint son dortoir avec un sourire plein d'allégresse, rendue joyeuse par l'alcool et radieuse par la réussite de sa soirée, elle remarqua à peine que le lit de sa camarade était vide.


J'ai été tentée de commencer mon blablatage en haut, mais comme je poste avec deux jours de retard, je me suis dit que vous méritiez d'avoir le chapitre tout de suite. Je poste avec 48h de retard, et je m'en excuse du fond du cœur. J'ai eu beaucoup plus de problèmes avec ce chapitre que je ne l'aurais cru, sans parler du TD monumental que je me suis retrouvée à avoir sur les bras la semaine dernière pour la fac, bref, ça n'a pas été de tout repos. J'ai le sentiment d'avoir réussi à vous pondre un truc convenable, bien que le recul me manque, et vous serez les meilleurs juges de mon travail. Mon retard ne va pas jouer en ma faveur car je ne le mérite sûrement pas, mais si vous pouviez me laisser une petite review, ça fait ferait plus plaisir que vous ne pourriez jamais l'imaginer.

Si le cœur vous en dit, je vous laisse ici quelques questions auxquelles vous pouvez répondre si l'inspiration vous manque: qu'avez-vous pensé, de manière générale, de ce chapitre? Est-ce que vous imaginez Pansy en mode tyran du petit peuple, comme moi? Que pensez-vous de la présence plus fréquente d'Aliyah, Milicent, Tracey et Daphné? Quelles sont vos impressions sur la fête en elle-même? L'attirance d'Aliyah pour Théo et l'attitude de celui-ci? Les ressentis de Daphné? La scène entre elle et Blaise? Drago qui passe une très mauvaise fin de soirée? Et enfin, des idées sur ce que fabrique Tracey dans les couloirs à 3h du matin?

J'espère avoir le bonheur de voir quelques-uns de vos petits messages, j'espère de tout cœur que ce chapitre 6 vous a plu, merci de me suivre du fond du cœur. Je vous embrasse très fort et je vous dis à dans deux semaines (si tout va bien, cette fois-ci, je serais ponctuelle).