Bonjour à tous et toutes ! J'espère que vous allez bien, et que vous passez de bonnes vacances ! Merci d'avoir été patients, vous êtes des anges. Et merci beaucoup pour ces gentils commentaires que certains m'ont laissés. Vous méritez tous une médaille pour continuer à me suivre depuis tout ce temps sans arriver à vous lasser ! ^^ Je croise les doigts pour que ce chapitre soit à la hauteur de vos espérances. Il n'y a pas d'action dans celui-ci, mais davantage d'humour et de réjouissance pour les personnages.
J'aimerais vous annoncer que je vais publier très bientôt une autre fanfiction dans la continuité de « La Forêt Noire : l'ombre de Dol Guldur » qui s'intitulera « La Forêt Noire : la destruction de Dol Guldur ». Cette fic se passera à l'époque de la guerre de l'anneau, au moment même où a lieu la bataille de la Porte de Noire, et racontera les combats menés de front par Thranduil, Galadriel et Celeborn contre la forteresse de Dol Guldur. Cette fiction sera très étroitement liée à « l'envoyée des Valar », et il y aura même quelques éléments de référence dans ce chapitre. Donc je vous conseille vivement de la lire dès que vous le pourrez ! Ça vous aidera à comprendre certaines choses !
Deuxièmement, vous pouvez désormais m'ajouter sur Facebook ! Si vous avez envie de me suivre quotidiennement, vous me trouverez sous le pseudo « Gallica fanfiction ». J'y suis connectée très souvent. Voilà j'espère vous y retrouver ! :D
Mello12 : Merci beaucoup ! Oui en effet, le destin d'Elanor n'est pas encore tout à fait scellé, et il va se passer encore quelques petites choses avant la fin de l'histoire. J'espère que tu vas aimer ce chapitre. Mandos est devenu l'un de mes personnages préférés, et j'ai pris beaucoup de plaisir à l'é caractère sombre et intransigeant est ambigu, bien qu'il ne soit pas « mauvais » comme Sauron/Morgoth. Pour moi, c'est l'un des Valar les plus fascinants, il a donc eu une place de choix dans ce récit. (Evidemment, il n'y avait pas de raison d'impliquer plus que ça les autres Valar, je pense que ça aurait gâché la part de mystère qu'ils inspirent. Je n'aime pas trop l'idée de les faire apparaître ensemble d'ailleurs, c'est pour ça que je ne l'ai pas fait). J'attends ton prochain commentaire avec impatience ! Bisous !
Chapitre 23: La fin d'une quête
Frodon s'éveilla à la lumière du jour, couché dans quelque chose de mou, et d'incroyablement confortable et doux. Il ouvrit les yeux, et battit des paupières, ayant du mal à s'habituer à la lueur du soleil dont il n'avait guère le souvenir. L'air ici était pur et doux, et non plus acide et irritant comme ce dont il se souvenait. Cela voulait donc dire qu'il n'était plus en Mordor.
Frodon observa les contours d'une chambre se dessiner, et vit qu'il était allongé dans un lit. Où était-il ?
Le dernier souvenir qu'il avait était cet aigle immense qui le portait dans le ciel. Mais cela ne pouvait être vrai… n'est-ce pas ?
Cependant, tous ses souvenirs lui revinrent alors, et il se rappela de la montagne de destin et de l'anneau…
Il ne l'avait plus.
Gollum le lui avait pris. Pour toujours.
Frodon tourna la tête, et s'aperçut alors qu'il n'était pas seul. Son regard tomba sur le vieil homme, habillé de blanc qui était assis à son chevet.
Il se redressa, reconnaissant en ses traits familiers quelqu'un qu'il n'avait pas vu depuis longtemps.
- Gandalf ?
Frodon crut avoir une hallucination. Le magicien se mit à rire doucement. Non, c'était impossible.
Et pourtant, le rire joyeux du magicien s'amplifia, et Frodon réalisa soudain que son vieil ami était bien là, changé mais bien vivant.
- Gandalf !
Fou de joie, il fut alors pleinement éveillé et éclata de rire.
La porte s'ouvrit brusquement sur deux petites têtes brunes. Merry et Pippin entrèrent, alertés par le bruit et sourirent en voyant Frodon.
- Vous êtes réveillé ! s'écria Merry.
- Frodon ! s'exclama Pippin.
Les deux hobbits se jetèrent à son cou, et Frodon les serra contre lui, heureux et hilare de les retrouver en pleine santé.
- Ah ! Notre héros est réveillé !
Frodon tourna de nouveau la tête vers la porte.
- Gimli ! s'écria t-il.
Le nain écarta les bras, et tapa dans ses mains pour féliciter le hobbit. Aragorn entra à sa suite, vêtu d'une belle et élégante tunique pourpre. Les yeux de Frodon s'agrandirent lorsqu'il le vit.
- Aragorn !
L'homme brun lui adressa un sourire chaleureux, et posa une main sur l'épaule de Gimli.
Frodon les regarda les uns après les autres, soulagé et ravi de les voir tous en vie. Merry et Pippin babillaient joyeusement à côté de lui, lui racontant toutes sortes de choses, mais Frodon nes les écoutaient déjà plus. Son attention fut soudain attirée par un hobbit, qui tenta de se glisser discrètement dans la pièce.
- Sam !
Interpellé, le hobbit s'approcha timidement du lit.
- Bonjour Monsieur Frodon. Ça fait du bien de vous voir réveillé. Comment vous sentez-vous ?
- Je vais bien.
Frodon examina son meilleur ami. Il avait l'air fatigué, mais ses joues légèrement rosit laissaient à penser qu'il avait pris un peu d'air frais.
- Et toi Sam ? interrogea Frodon.
- Moi je vais bien, répondit-il. Mais nous nous sommes fait du souci pour vous monsieur Frodon.
- Vous êtes resté deux semaines alitées, déclara Gandalf. Vous avez dormis pendant tout ce temps, et maître Sam Gamegie aussi. Aragorn s'est occupé de vous.
Frodon tourna la tête vers l'homme, et le remercia d'un signe de tête.
- Tout ce temps ! s'exclama-t-il. Quel jour sommes-nous ?
- Nous sommes le quatorzième de la nouvelle année, ou si vous préférez le 17 avril selon le calendrier de la Comté, répondit Gandalf.
Frodon mit quelques secondes à prendre en compte l'information. Il ne pouvait pas croire que tous ses amis étaient en vie.
Enfin, presque tous… il regarda ses amis un par un, puis remarqua soudainement que quelqu'un manquait à l'appel.
- Où est Legolas ?
Son ton alarmé et inquiet traduisait qu'il pensait que le pire était arrivé à l'elfe. Mais ses amis se chargèrent vite de le rassurer.
- Oh, ne vous inquiétez pas monsieur Frodon, il va bien, répondit Merry.
- Oui ! Et même très bien ! ajouta Pippin. Nous l'avons vu-
Il eut alors un sursaut d'enthousiasme, et s'empara du bras de Frodon.
- Il faut que vous veniez ! Nous devons absolument vous montrer quelque chose !
- Quoi ? protesta Frodon. Mais-
Pippin tira sur son bras, avec l'idée de l'emmener avec lui. Frodon n'avait pas très envie de se lever et de quitter le confort de ses draps, toutefois son excitation le gagna bien vite, et le hobbit devint curieux.
- Mais que faîtes-vous ? rouspéta Sam. Laissez donc monsieur Frodon se reposer !
- Allons, doucement Peregrin Touque ! sermonna Gandalf.
- Venez monsieur Frodon ! s'exclama Pippin. Vous n'allez pas être déçu ! Merry, aide-moi !
Son cousin parut soudain comprendre quelque chose, et il vint soutenir l'autre côté de Frodon. Et à eux deux, ils parvinrent à lui faire quitter son lit et à le remettre sur ses pieds. Malgré les protestations du magicien et de Sam, Merry et Pippin prirent le hobbit par les deux bras, et quittèrent la chambre sous le regard amusé d'Aragorn et de Gimli.
Frodon se mit à rire innocemment, et avala une grande bouffée d'air lorsqu'ils sortirent à l'extérieur. Son visage s'illumina lorsqu'il vit la lueur du soleil dans le ciel, et qu'ils étaient dans un petit jardin.
Mais les hobbits l'emmenèrent bien loin de cela, et lui firent traverser un long couloir.
- Où m'emmenez-vous ? demanda Frodon.
- C'est une surprise, répondit Pippin.
Sam trottinait derrière eux, suivit de Gandalf, Gimli et Aragorn. Tous les quatre se demandaient quelle lubie avait encore frappée les deux hobbits facétieux.
- Voilà Frodon, on est arrivé.
Pippin et Merry s'arrêtèrent, et Frodon haussa un sourcil lorsqu'il les vit échanger un sourire complice. Il finit alors par tourne la tête et regarder dans la même direction qu'eux.
A quelques pas de là, se trouvait un autre jardin. Une pelouse verte y poussait, ainsi que quelques fleurs et plantes médicinales. Mais ce n'était pas ce qu'il y avait de plus intéressant.
Frodon repéra aussitôt le couple qui se baladait près du seul arbre de la cour, main dans la main.
Ils étaient de dos. La femme était brune, et portait une robe jaune ambrée légère. Sa taille fine, et sa silhouette gracieuse laissait penser qu'elle devait être assez jolie, bien que son visage ne fût pas visible. Son compagnon quant à lui était grand et élancé. Il avait des cheveux blonds très pâles et raides qui lui arrivaient aux épaules, et portait une tunique brune et verte, qui rappela soudain quelqu'un à Frodon.
- Legolas !
L'elfe se retourna en entendant son cri. La surprise traversa son visage, puis la jeune femme à ses côtés fit volte-face, et Frodon la regarda, et fut alors abasourdi par ce qu'il vit.
- ELANOR ?!
Comme lorsqu'il avait retrouvé Gandalf quelques minutes plus tôt, Frodon ne put contenir sa joie, et se mit à rire à gorge déployée.
- Frodon !
Elanor lâcha la main de Legolas, et se précipita sur lui.
- Vous êtes vivante ! s'exclama-t-il.
Elanor s'agenouilla et le prit dans ses bras. Lorsqu'elle s'écarta, Frodon vit qu'un collier en forme de fleur serti d'une pierre d'or, étincelait contre sa poitrine. Son visage était légèrement rose, et ses yeux bruns pétillaient de bonheur.
Elle paraissait heureuse et était aussi belle que dans ses souvenirs… si ce n'est plus. Elanor n'avait pas changée. Elle était restée la même.
- Comment est-ce possible ? demanda Frodon. Que vous est-il arrivé ?
- C'est une longue histoire, répondit Elanor. Je vous la raconterais dès que nous en aurons le temps.
Elle laissa sa main lui ébouriffer gentiment les cheveux, et Frodon la serra à nouveau dans ses bras. Il leva ensuite les yeux, et vit que Legolas les avait rejoints.
- Bonjour Frodon.
L'elfe lui sourit, une expression heureuse et sereine sur le visage.
- Legolas ! Ça doit être un rêve, murmura Frodon.
Merry et Pippin éclatèrent de rire.
- Oh ça non, c'est bien la réalité, répondit Merry, goguenard.
- Pour sûr, c'est une heureuse surprise de vous revoir Dame Elanor, dit Sam.
Le hobbit se faufila jusqu'à eux, et regarda la jeune fille timidement. Tout juste réveillé lui aussi, il n'avait pas encore eu l'occasion de revoir son amie. Les autres membres de la communauté s'étaient d'ailleurs bien gardés de lui révéler son retour.
- Oh, Sam !
Elanor déposa deux baisers sur ses joues, et le hobbit rosit légèrement. Frodon ne put s'empêcher de ricaner en voyant son expression embarrassée. Sam avait toujours été sensible au charme de la jeune fille, et il semblait que ça n'avait pas changé.
- Vous m'avez manqué ! s'exclama Elanor.
- Vous aussi, répondit Sam. Nous n'espérions pas votre retour dame Elanor.
Elle esquissa un sourire triste et se releva. Alors qu'elle se tenait à côté de Legolas, Frodon réalisa soudain leur grande proximité. Une tension étrange planait entre eux. Quelque chose avait changé. Comme si une sorte de complicité s'était créer... Frodon se rappela alors de les avoir vus se balader main dans la main quelques secondes plus tôt.
Pourquoi se tenaient-ils la main ?
Perplexe, il les dévisagea longuement, puis lorsqu'il vit leurs mains se frôler à nouveau, il comprit.
- Vous êtes ensemble ?! s'exclama Pippin.
Leur rapprochement n'était également pas passé inaperçu au reste de la communauté. Sauf que Pippin fit preuve une fois de plus de son tact légendaire. Sam se cacha le visage dans les mains, gêné et désabusé par le manque de tact du jeune hobbit. Frodon et Merry regardèrent cependant le couple avec un air ébahit.
Gandalf et Aragorn ne purent également s'empêcher de hausser un sourcil interrogateur. Gimli quand à lui afficha une expression narquoise.
- Ah ! Ca explique tout ! s'exclama-t-il.
- Quoi donc ? demanda Merry.
Les joues d'Elanor s'empourprèrent violemment, sachant pertinemment qu'il faisait référence à la fois où il avait trouvé Legolas dans sa chambre au petit matin.
Gimli conserva son air moqueur alors que Legolas lui lançait un regard noir.
- Rien qui ne vous concerne, Meriadoc, répondit Elanor.
Elle glissa néanmoins sa main dans celle de Legolas.
- Pour répondre à votre question, Pippin, oui nous sommes ensemble, ajouta-t-elle.
Le hobbit explosa de joie.
- Tu vois, je te l'avais dit ! s'exclama Pippin en se tournant vers son cousin.
Merry croisa les bras, la mine contrariée.
- Oh, ça va ! répondit-il.
- J'avais raison ! reprit Pippin, enthousiaste. Tu me dois dix pièces d'or. Et j'ai gagné une saison entière de pinte gratuite au Dragon Vert !
Legolas haussa les sourcils, et se demanda un instant s'il avait bien entendu.
- Vous avez fait un pari ?! s'exclama Elanor.
Son cri réprobateur fut royalement ignoré, et Pippin tendit la main vers Merry avec excitation. Le hobbit sortit à contrecœur un petit sac d'or de sa poche, et le donna à son cousin. Elanor crût alors friser l'hystérie lorsqu'elle le vit en sortir un second et le lancer en direction de Gandalf.
Le magicien attrapa son butin avec un air plus que ravi, et le rangea aussitôt dans sa poche. Mais il dissimula bien vite son sourire vainqueur sous un masque neutre et innocent.
- Je ne peux pas le croire ! marmonna Elanor.
Gimli rit à gorge déployée, tout comme Frodon, et même Aragorn céda à l'hilarité générale.
Le nain s'approcha, et donna une grande tape dans le dos de Legolas, en guise de félicitation. L'elfe grinça des dents, mais ne vacilla pas d'un millimètre, bien que la puissance du coup ait pu faire vaciller n'importe quel homme.
Il haussa un sourcil, et jeta un regard perplexe en direction de Gimli.
Quel était l'intérêt de se congratuler de la sorte ? se demanda-t-il. N'y avait-il pas d'autres façons plus amicales de se saluer ?
Chez les elfes, un geste aussi violent était considéré comme extrêmement malpoli. Mais les nains étaient par nature très différents d'eux. Et il se demanda un instant ce que son ami nain lui réservait encore.
Ce sont d'étranges coutumes… peut-être les découvrirait-il toutes un jour ?
- C'est vraiment chouette ! s'exclama Pippin. Vous vous marriez quand ?
- Pippin ! s'exclama Sam.
- Quoi ?
- Taisez-vous donc idiot ! Vous en avez assez fait comme ça !
Pippin ferma la bouche, penaud, alors que le rire de Frodon et Merry résonnèrent dans la cour.
Elanor se racla la gorge, un peu mal à l'aise, mais esquissa tout de même un sourire amusé.
Alors que les hobbits et la jeune femme se mettaient à discuter joyeusement, Legolas sentit que quelqu'un se glissait discrètement à ses côtés. Il tourna la tête, et vit qu'il s'agissait de Gandalf.
Le magicien avait un visage sombre et une lueur indéchiffrable dans les yeux.
- Vous savez que votre père ne risque pas d'apprécier lorsqu'il apprendra cette nouvelle, lui dit-il doucement.
Legolas se raidit. Il aurait dû se douter que Mithrandir lui en toucherait un mot, car il y avait lui-même pensé.
Des souvenirs lointains lui revinrent en mémoire. Des souvenirs douloureux, qu'il s'était efforcé d'oublier durant des décennies… Il fut une époque où Thranduil avait essayé de s'opposer à ce que lui dictait son cœur. Mais il n'avait pas réussi.
- Ce n'est pas à lui de décider, répondit Legolas d'une voix calme mais ferme.
Gandalf ne dit rien, mais son inquiétude était perceptible. Legolas ressentait également un peu d'anxiété. Mais si son père avait appris de ses erreurs passées, alors il accepterait Elanor.
Il ne pouvait en être autrement.
Confiant, Legolas éloigna alors toutes les pensées négatives de son esprit, et se reconcentra sur le moment présent, en compagnie de ses amis. Ses yeux retombèrent sur Elanor, et il sourit alors que son rire clair résonnait dans l'air doux et printanier de la cour carrée.
Les jours qui suivirent la chute de Sauron furent probablement les plus heureux qu'Elanor connu dans sa vie.
Il n'y avait désormais plus aucune menace, et la guerre était terminée. Entourée de ses amis, elle pouvait enfin profiter de la tranquillité et rattraper le temps perdu.
Legolas passait le plus clair de son temps avec elle, lorsqu'il n'était pas parti dans l'exploration de la citadelle avec Gimli. Elanor avait parfois du mal à se séparer de lui. Cette sensation l'avait confortée dans ses sentiments, et elle savait à présent qu'elle ne quitterait jamais les côtés de l'elfe.
Elle lui avait avouée, peu après qu'ils soient revenus à Minas Tirith avoir revu Mandos lorsqu'elle s'était évanoui devant les Portes Noires. Legolas s'était montré surprit, puis extrêmement ravi lorsqu'elle lui avait déclarée avoir été autorisée à demeurer à Valinor.
Toutefois, Elanor se demandait de temps en temps si elle n'avait pas rêvée, bien que l'anneau d'Angmar ait disparu de la surface de la terre. Elle ne comprenait pas comment cela avait pu se passer. Son corps était resté en Terre du Milieu, et pourtant elle avait voyagée jusqu'aux cavernes, et c'est là que l'anneau avait été détruit. Une magie puissante semblait s'être opérée ce jour-là, une magie qui allait bien au-delà de sa compréhension…
Elle avait cherché des réponses auprès de Gandalf, mais il n'avait pas pu lui donner d'explication. Lui-même ne connaissait pas tous les pouvoirs des Valar, et il y avait des forces dans ce monde qui étaient selon lui imprévisibles et incompréhensibles, même pour le plus instruit des esprits.
L'anneau d'Angmar avait laissé à Elanor une cicatrice irréversible, aussi bien physique que psychologique. Parfois elle se sentait lasse, et elle sentait ses forces abandonner son corps. De plus en plus souvent, Elanor s'allongeait en pleine journée pour se reposer, sans pour autant parvenir à trouver le sommeil.
Par ailleurs la blessure à doigt, là où elle avait mis l'anneau, ne s'était jamais résorbée. Aragorn avait examiné sa peau brûlée, mais n'avait pu trouver de remède pour la faire disparaître. Une malédiction puissante semblait l'avoir atteinte lorsqu'elle avait mis l'anneau. Glorfindel lui avait avoué qu'elle garderait certainement cette marque toute sa vie, et que les symptômes disparaitraient avec le temps.
Mais Elanor n'était pas la seule à souffrir du mal causé par Angmar. Frodon se tenait parfois la poitrine, tiraillé par sa vieille blessure que le Nazgul lui avait infligée au mont Venteux. Il avait très souvent un teint pâle, et même s'il souriait, il y avait des moments où la douleur le rattrapait.
Le hobbit récupérait très doucement de ses diverses blessures. Son corps avait retrouvé des forces, mais son cœur et son esprit eux en étaient ressortis meurtris et affaiblis. L'anneau semblait l'avoir marqué à jamais.
Elanor le surprit à plusieurs reprises porter la main à son cou, à la recherche de l'anneau qui avait disparu.
Frodon et Sam racontèrent leur périple jusqu'en Mordor, mais il resta de nombreuses zones d'ombres dans leur récit. Aucun n'expliqua par exemple pourquoi Frodon avait perdu un doigt, ni comment Gollum était mort. Mais aucun membre de la communauté n'osa le demander, même si chacun d'eux avait une idée de ce qui avait pu se passer.
Elle leur raconta également ce qui lui était arrivée après sa chute dans la Moira, et pourquoi elle était retournée en Terre du Milieu. Frodon et Sam restèrent pendus à ses lèvres, fascinés et médusés par ce qu'elle leur raconta.
Ils passèrent ainsi de nombreuses soirées autour du feu à discuter, souvent en compagnie de Merry, Pippin, Gandalf, Legolas et Gimli. Il arrivait aussi qu'Aragorn, Glorfindel, Elladan, Elrohir, Erestor, Eomer et même Eowyn et Faramir se joignent à eux.
Aragorn les rejoignaient dès qu'il le pouvait, mais ses nouvelles obligations lui prenait beaucoup de temps et il y avait fort à faire depuis la défaite de Sauron. Certaines régions du Gondor étaient encore occupées par des orques, et il fallut alors envoyer des troupes pour les déloger. Les hommes du Sud avaient toutefois battus en retraite, et étaient retournés dans leurs contrées désertes sans demander leur reste.
Deux semaines passèrent, et approcha alors le solstice d'été, jour fixé pour la date du couronnement d'Aragorn.
Minas Tirith se mit alors en effervescence, et de nombreux visiteurs accoururent des quatre coins de la Terre du Milieu pour assister à la cérémonie. Fascinée, Elanor vit un balai incessant d'hommes et de femmes affluer chaque jour dans les rues de Minas Tirith. Beaucoup étaient des nobles, mais il y avait aussi des gens plus modestes qui virent à la cité blanche pour voir le nouveau roi.
L'excitation devint palpable au fil des jours, et lorsque la date du couronnement arriva, il y avait tellement de monde, que beaucoup ne purent atteindre la place haute de la citadelle.
Elanor avait la chance de se trouver parmi les invités d'Aragorn. Tout autour d'elle se trouvait des seigneurs habillés d'armures étincelantes, et de dames portant leurs plus beaux apparats. Elle reconnut le prince Imrahil dans la foule, ainsi que de nombreux autres princes et capitaines du Gondor. Un peu mal à l'aise, Elanor se demanda plus d'une fois si elle avait vraiment sa place parmi tous ces gens si distingués. Elle n'avait pas oubliée son passé, et même si son héritage elfique avait refait surface, à sa plus grande surprise, elle n'avait jamais grandie dans ce type d'environnement.
Heureusement, elle n'était pas seule dans ce cas-là, et les hobbits qui se trouvaient à côté d'elle paraissaient tout aussi perdus. Ils s'étaient toutefois habillés pour l'occasion, et chacun portait une jolie veste de satin et de velours.
Elanor elle-même avait revêtu une robe blanche nacrée de gemmes blanches, et brodée de fils d'or. Niphredil, son épée elfique, était accrochée à sa taille et le collier d'Estë reposait doucement sur sa poitrine.
Eowyn et Faramir se tenait à sa gauche, main dans la main, et Eomer se trouvait un peu plus loin dans la rangée.
Elanor n'avait pas été très surprise en apprenant qu'Eomyn et Faramir étaient ensemble. Ils n'avaient pas été très discrets, surtout lorsqu'ils s'étaient embrassés du haut des remparts de Minas Tirith. Beaucoup les avaient vus ce jour-là, et la rumeur s'était répandue comme une trainée de poudre dans la cité.
Eomer avait rapidement accepté la situation, et avait même promis la main d'Eowyn à Faramir, sans émettre la moindre hésitation. Le fait de voir sa sœur aussi heureuse l'avait conforté dans sa décision, et un respect et une admiration mutuelle s'était installée entre les deux hommes.
Elanor parcourut la foules des yeux, remarquant qu'il manquait toujours à l'appel certains de ses amis. Legolas, Gimli, ainsi que le reste des elfes avaient disparus…
Elanor se demanda pendant de très longues minutes où ils pouvaient être, lorsque la grande porte du palais s'ouvrit et mit fin à ses réflexions.
Le silence tomba aussitôt dans l'assemblée.
Gandalf et Aragorn sortirent, suivit de Gimli. Le nain portait un coussin sur lequel était posée une couronne d'argent, en forme d'ailes d'oiseau marin.
Aragorn portait une lourde armure en argent, sous un pourpoint pourpre et une cotte de maille scintillante. Il était magnifique. Plus encore que lorsqu'il avait mené l'armée des hommes et des elfes à la Porte de Noire. Son visage était plein de sagesse, et c'est avec un air résigné qu'il s'agenouilla devant Gandalf.
Le magicien blanc prit alors la couronne et la posa sur sa tête.
- Et voici venir les jours du roi.
Aragorn se leva et se retourna. Tout le monde retint alors sa respiration, ayant l'impression de le voir irradier d'une lumière pure, comme celle qui faisait rayonner les rois des temps jadis. La foule éclata soudain en applaudissement tonitruant et se mit à l'acclamer :
- Elessar ! Elessar !
Les cris fusèrent et après quelques secondes d'allégresses, Aragorn leva la main pour réclamer le silence.
- Ce jour n'appartient pas à un seul homme, mais à tous. Reconstruisons ensemble ce monde, afin de pouvoir partager des temps de paix.
Ses mots furent à nouveau récompensés par des applaudissements. Elanor sentit alors quelque chose lui effleurer son front, et vit avec surprise que l'arbre blanc était en fleur. De nombreux pétales immaculés se détachèrent sous la brise du vent, et se déposèrent dans ses cheveux, et au même moment la voix d'Aragorn s'éleva dans un chant :
"Eärello
(De la Grande Mer)
Endorenna Utulien.
(en Terre du Milieu je suis venu)
Sinova maruvan
(En ce lieu, je me fixerai,)
ar Hildinyar
(moi et mes héritiers,)
tenn' Ambar-metta!"
(jusqu'à la fin du monde)
Lorsqu'il se tut, la foule applaudi à tout rompre.
Aragorn descendit les marches, et salua tous les seigneurs qui se trouvaient dans l'allée. Il mit quelques minutes avant d'arriver à leur hauteur. Eowyn et Faramir s'inclinèrent gracieusement devant lui, et Elanor sut alors que c'était son tour. Elle fit une révérence, un peu maladroite, et une main s'abattit sur son épaule pour l'arrêter.
Pétrifiée, elle leva les yeux pour croiser le regard d'Aragorn.
- Tu m'as sauvée devant la Porte Noire. Je te dois la vie.
De nombreuses émotions passèrent dans ses yeux gris, et Elanor se sentit ployer sous l'intensité de son regard. Elle y vit une sorte de questionnement, mêlé à de l'affection et un autre sentiment indéchiffrable.
- C'est quelque chose que je n'oublierai jamais, ajouta Aragorn. Le Gondor et moi-même te devons une dette éternelle. Merci mon amie.
Aragorn s'inclina légèrement devant elle, lui réservant par ce geste un honneur qu'elle ne s'attendait pas à recevoir. Elanor sentit son cœur battre furieusement dans sa poitrine. Elle n'arriva plus alors à ignorer le poids des regards qui étaient posés sur elle, et rougi violemment.
Aragorn se releva, et lui adressa un sourire. Ce fut à moment-là que son attention fut détournée, et il se tourna vers un nouveau groupe d'arrivants. Elanor suivit le regard d'Aragorn, et vit qu'un cortège d'elfes était en train de fendre la foule.
Legolas était en tête. Vêtu d'une tunique d'argent scintillante, et d'un diadème serti d'une gemme blanche étincelante, il était méconnaissable. Elanor sentit son ventre faire un bond, et elle ne put détacher son regard de lui, tandis qui lui apparaissait pour la première fois comme un elfe prince-héritier de haute lignée.
Aragorn s'avança vers Legolas, et posa une main sur son épaule.
- Hannon le.
L'elfe sourit, et tourna la tête sur le côté. Aragorn suivit son regard, perplexe.
Glorfindel et Elrohir se trouvaient derrière Legolas, et ils s'écartèrent pour laisser apparaître derrière eux une bannière brodée de l'arbre blanc du Gondor.
Aragorn fronça les sourcils, et retira lentement sa main de l'épaule de Legolas. Quelqu'un était caché derrière la bannière étoilée, et cela n'échappa pas à son regard.
De là où elle se trouvait, Elanor regarda Aragorn s'avancer lentement vers la bannière, le cœur battant. Elrond se trouvait juste à côté de la personne qui était cachée, et Elanor fut étonnée de voir qu'il avait une expression émue, plus qu'inhabituelle. Ses yeux brillaient, comme s'il allait pleurer, et son visage était triste et joyeux à la fois.
Une pensée traversa soudain l'esprit d'Elanor, mais elle la rejeta.
Non. Cela ne se pouvait…
Elle était morte.
Aragorn arriva à la hauteur de la bannière étoilée, et celle-ci s'écarta lentement pour laisser apparaitre le visage d'Arwen.
Elanor mit une main devant sa bouche pour étouffer son cri de surprise.
Elle était bien vivante ! Et elle était aussi resplendissante qu'au premier jour. Son beau visage était illuminé de ses yeux gris, et sa robe était d'un vert pâle et d'un tissu léger qui épousait parfaitement ses formes. Enfin, un diadème en argent serti de perles reposait sur sa chevelure noire, lui donnant l'allure d'un ange.
Elrond la poussa gentiment en avant, et Arwen se détacha craintivement du groupes des elfes pour rejoindre Aragorn.
Ce dernier la regarda incrédule, osant à peine croire ce qu'il voyait. Il s'avança et lui toucha doucement le visage, comme pour s'assurer qu'elle était belle et bien réel.
Arwen baissa les yeux, gênée et très émue. Aragorn lui releva la tête, puis au moment où elle lui sourit, il lui prit soudainement la bannière des mains, et l'embrassa sans crier gare.
La foule explosa en rires et en applaudissements, alors que le couple s'enlaçait. Les elfes se tournèrent les uns vers les autres, certains souriant avec pudeur et d'autres riants et applaudissant de bon cœur.
Un premier vrai sourire se dessina sur ses lèvres d'Elrond lorsqu'il entendit le rire d'Arwen, et il se mit à applaudir avec le reste de la foule.
Elanor sentit à ce moment une main douce se glisser dans la sienne, et leva les yeux vers Legolas. Il lui adressa un sourire, et elle sentit son cœur rater un battement. Sans un mot, il enlaça étroitement leurs doigts, et l'entraîna avec lui vers le reste des elfes.
Elle se laissa faire, et se retrouva bien vite face à Elrond. Ce dernier sourit en la voyant, et l'accueillit dans ses bras.
- Tu sembles te porter à merveille !
Galadriel et Celeborn se détachèrent alors de la foule, et un grand silence respectueux tomba dans l'assemblée. Leur apparition mit fin aux retrouvailles, et tous les yeux se tournèrent vers les seigneurs de la Lothlorien.
Surprit, Aragorn s'inclina devant eux.
- Votre présence nous fait honneur, les salua-t-il.
- Relevez-vous, Estel, dit Celeborn. Car ce n'est pas à vous de vous incliner aujourd'hui.
- L'âge des Eldar se termine, le temps est venu de celui-ci des hommes, dit Galadriel.
Les deux seigneurs elfes s'inclinèrent devant Aragorn et Arwen.
- Allez-vous donc nous quitter ? demanda Aragorn.
Galadriel leva la main, et monta son anneau blanc Nenya.
- Je crains que notre temps soit malheureusement compté. Le pouvoir des trois anneaux n'est plus.
Arwen serra la main d'Aragorn, cherchant à travers lui quelque réconfort, et cela ne passa pas inaperçu aux yeux de Galadriel.
- Mais aujourd'hui est un jour heureux. Profitons de ces moments. Car l'heure des adieux n'est pas encore arrivée.
Un sourire ravissant éclaira le visage de l'elfe. Galadriel s'approcha alors de sa petite-fille, et la serra dans ses bras, suivit de Celeborn.
Lorsque le temps des retrouvailles fut terminé, Aragorn et Arwen continuèrent à faire le tour des invités, main dans la main. Ils s'arrêtèrent alors devant les hobbits.
Merry, Pippin, Sam et Frodon, paraissaient un peu perdus et dépassés par ce qui était en train de se jouer devant eux. Toutefois, en voyant Aragorn et Arwen devant eux, ils posèrent un genou à terre.
- Non, les arrêta Aragorn. Ce n'est pas à vous de vous incliner.
Il se prosterna alors devant eux, imité aussitôt par Arwen. La totalité de l'assemblée suivit son mouvement, et tous, même Elanor et les elfes s'inclinèrent devant les hobbits.
Ceux-ci regardèrent la foule, sidérés. Un grand sourire naquit bientôt sur le visage de Pippin et de Merry, alors que la réaction de Sam et Frodon se rapprochait plus de l'incompréhension et de l'étonnement.
Aragorn et Arwen finirent par se relever, et les hobbits furent applaudis longuement par les hommes et les elfes.
- Les festivités auront lieu pendant une semaine pour célébrer notre victoire ! s'exclama Aragorn d'une voix forte. Bien entendu tout le monde est invité à rester à Minas Tirith autant de temps qu'il le souhaitera.
Sur cette dernière phrase, Aragorn se tourna légèrement vers les elfes, et Elrond, Galadriel et Celeborn inclinèrent légèrement la tête, signe qu'ils acceptaient l'offre.
Les elfes rejoignirent rapidement Aragorn et Arwen, et un petit groupe se forma autour d'eux, composé de plusieurs seigneurs de la race des hommes. Gandalf, Gimli, Eomer, Faramir et Eowyn se rendirent également à leur côté.
Alors qu'elle les regardait partir, Elanor sentit qu'on lui touchait les cheveux, et se retrouva face au visage souriant de Legolas.
- Tu avais des fleurs dans les cheveux, dit-il rieur.
Elanor saisit non sans peine l'allusion à son propre nom, qui était aussi celui d'une fleur, et laissa échapper un rire amusé face à l'ironie de la situation.
Elle vit alors dans un coin de son œil, Galadriel et Celeborn s'avancer dans leur direction.
Legolas se retourna au moment même où ils s'arrêtaient devant eux. Il les salua en posant une main sur le cœur.
- Dame Galadriel. Seigneur Celeborn.
- Mae govannen, lui répondit Galadriel.
Les deux elfes leur sourirent avec chaleur. Elanor imita Legolas, tout en s'inclinant.
- Mes seigneurs…
- Nous sommes soulagés de te revoir en pleine forme, la salua Celeborn.
- Tu as fait du chemin depuis la dernière fois que nous nous sommes vus, dit Galadriel. Tu sembles avoir menée ta mission avec succès.
- Je n'y serais pas arrivée sans votre aide, répondit Elanor.
Galadriel sourit. Elanor se tourna alors vers Celeborn, avec une expression embarrassée.
- Pardonnez-moi mon seigneur. Vous m'aviez interdit de quitter votre royaume, mais j'ai désobéi à vos ordres.
Celeborn hocha la tête.
- Excuses acceptées. Cependant, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Je crains qu'il ait été difficile de te retenir plus longtemps à Caras Galadhon, surtout contre la volonté de ma bien-aimée.
Il se tourna vers Galadriel, qui avait une expression innocente, mais néanmoins amusée sur le visage.
Elanor songea soudain à Nahar, que Galadriel avait confiée sous sa protection.
- Ma dame, je suis désolé mais… Nahar… votre cheval. Il est mort.
Galadriel acquiesça tristement de la tête.
- Oui, je sais. Mais son sacrifice n'aura pas été vain, murmura-t-elle. Nahar n'appartenait à personne… il était son propre maître, et c'est lui seul qui a décidé de te suivre dans cette quête. Il aurait pu faire demi-tour à tout moment, mais il ne l'a pas fait. Sa destinée aura permis de préserver l'espoir dans la Terre du Milieu.
- Nombreuses ont été les pertes, s'exclama Celeborn. Nous n'avons pas été isolés. Et il aura fallu du courage et des sacrifices pour qu'un nouvel âge commence, sans le joug de Sauron.
- Beaucoup sont venus de très loin pour saluer le nouveau roi du Gondor, cependant il y en a un que je ne vois pas...
Galadriel leva les yeux, paraissant chercher un visage dans l'assemblée.
- Où est Thranduil ?
Elle se tourna vers Celeborn, interrogative, mais celui-ci ne sut lui donner de réponse. Les deux elfes échangèrent un regard lourd de sens.
- Il n'est pas venu, bien évidemment.
- Le seigneur des elfes Sylvains aurait-il décidé de demeurer dans les ténèbres de sa forêt ? murmura Galadriel.
- Mon père n'aime guère voyager, crût bon de justifier Legolas.
- Oui, en effet. Et c'est une habitude qu'il n'a cessé de conserver et de revendiquer, répondit Celeborn. Cependant les temps ont changés, et il ne pourra rester indéfiniment terré dans ses cavernes.
Legolas baissa les yeux, la mâchoire serrée. Elanor lui jeta un regard inquiet, de multiples questions lui traversant l'esprit.
Galadriel posa une main apaisante sur le bras de son mari.
- Il n'a jamais été prompte au dialogue, mon amour, tu le sais, dit-elle doucement. Hormis lorsque cela concernait ses affaires privées. C'est bien le fils de son père.
- C'est bien ce qui m'inquiète. Thranduil est buté. Cependant, je pensais qu'il tenait Estel en estime et qu'il aurait fait l'effort de venir, déclara Celeborn.
- Une ombre réside encore dans le cœur de la forêt noire, déclara Galadriel d'une voix lointaine. Dol Guldur a été anéantit, cependant j'ai peur qu'il ait encore un mal qui perdure…
Sa déclaration fut suivit d'un silence.
- Avez-vous vu mon père ? demanda Legolas, curieux.
- Oui, répondit Celeborn. Il y a trois semaines. Nous avons menés une attaque ensemble sur la contre la forteresse.
Celeborn caressa le bras de Galadriel, et son air soucieux n'échappa à Elanor. Elle se rendit compte alors que la peau de l'elfe était plus pâle que d'habitude, et qu'il y avait une certaine fatigue dans ses traits.
Est-ce qu'elle aussi était allée à Dol Guldur ? Elanor songea que c'était impossible. Elle ne voyait pas comment une elfe aussi délicate que dame Galadriel pouvait se battre contre des orques…
- Thranduil n'est pas resté pas resté après la bataille, ajouta Celeborn. Il est parti avec ce qui restait des siens. Comme nous, il a subi d'énormes pertes. Mais j'espérais au moins que nous puissions parler des nouvelles frontières que nous devons dessiner.
Legolas baissa les yeux, songeur.
Il savait que son père n'aimait pas sortir de son royaume. Son attitude ne le surprenait pas vraiment, contrairement aux deux seigneurs elfes de la Lothlorien. Thranduil haïssait le contact avec les autres seigneurs elfes, et il n'avait cessé d'éviter tout dialogue avec leurs voisins, ne s'en tenant qu'au minimum afin d'assurer une entente cordiale.
Legolas n'avait jamais vraiment sut, ni questionné pourquoi son père s'obstinait à vivre reclus. Il savait juste que Thranduil pensait que Galadriel et Celeborn était parfois trop fouineurs et hautains. Les autres elfes de la Terre du Milieu n'appréciaient pas vraiment les elfes sylvains, et cela avait toujours exaspéré son père.
Ils avaient vécus depuis toujours parmi eux, sans vraiment remarquer de différences. Mais Legolas s'en était finalement rendu compte lorsqu'il était allé à Fondcombe, et qu'il avait vu la forêt de la Lothlorien. Les elfes qui habitaient-là avaient un style et une philosophie de vie tout autre. Ils voyaient le soleil constamment, et avaient un régime alimentaire drastiquement réduit à des végétaux et des légumes. Pour eux, il était hors de question de manger de la viande, et encore moins de tuer un animal.
Legolas avait mis un peu de temps à en comprendre la raison, mais ce n'est pas pour autant qu'il avait changé ses habitudes. Les elfes descendants des sindar qui vivaient sous la domination de Thranduil, avaient depuis toujours fait comme les elfes sylvains.
Legolas resta plongé dans ses pensées, ne réalisant pas que Galadriel le regardait attentivement.
Lorsqu'il aperçut Elrond dans la foule, une pensée lui traversa soudainement l'esprit, et il s'inclina devant Galadriel et Celeborn.
- Pardonnez-moi, je dois m'absenter quelques minutes, dit-il.
- Où vas-tu ? demanda Elanor, surprise.
- Je dois demander quelque chose au seigneur Elrond. Ce ne sera pas long.
Il déposa un baiser au creux de sa main, et s'éloigna. Elanor le suivit des yeux, le regardant alors qu'il rejoignait Elrond et engageait la conversation.
- La fleur d'or de Cerin Amroth brille de mille feux.
Elanor tourna la tête, distraite par la voix de Galadriel. L'elfe tendit la main pour toucher le collier qui reposait sur sa poitrine.
- Il vous l'a donné.
Galadriel leva les yeux, et Elanor croisa son regard. Elle porta la main à son cou, se rappelant soudainement que ce collier était un présent que l'elfe avait en réalité donné à Legolas.
Avait-il fait une erreur ? songea-t-elle brusquement. Elle se demanda si Galadriel était offensée par son action. Mais un sourire rassurant s'esquissa sur les lèvres de l'elfe.
- Ce choix lui appartient.
Ce collier renferme de nombreux pouvoirs…
Elanor sursauta presque en entendant la voix de Galadriel résonner fortement dans sa tête. Elle n'avait entendu qu'une seule autre personne s'adresser à elle de cette façon, et c'était Melian.
Legolas a bien fait de vous le donner. Vous en aurez plus que besoin.
- Je me demandais bien quelle était la cause de tous ces changements !
Elanor bondit de surprise, et fit volte-face, en entendant la voix masculine derrière elle.
Elrond se trouvait là, accompagné de Glorfindel et Legolas. C'était lui qui avait parlé, et il avait un grand sourire aux lèvres.
- Il y a beaucoup de choses que j'ai vues dans ton avenir. Mais je dois avouer que je ne m'attendais pas à ça, déclara-t-il.
- Que voulez-vous dire ? demanda Elanor.
- Legolas vient de me demander ma bénédiction.
- Votre bénédiction ? répéta Elanor.
Elanor cligna des yeux.
- Une bénédiction pour quoi faire ?
Sa question naïve et innocente fit glousser les elfes.
- Pour demander ta main, évidemment, répondit Glorfindel narquois.
Stupéfaite, Elanor en resta muette. Après quelques secondes, elle se tourna alors vers Legolas, qui semblait moins sûr de lui tout à coup.
- Je pensais que ça allait de soi. Enfin, après que… je pensais que tu serais d'accord, dit-il un peu déstabilisé.
Soudain anxieux, il fronça les sourcils.
- Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?
Elanor faillit éclater de rire.
- Non ! Bien sûr que non ! répondit-elle.
Avec tout ce qui s'était passé, l'idée d'un mariage avec Legolas ne lui avait même pas effleuré l'esprit.
Tout était allé trop vite.
La guerre contre Sauron et les Nazguls avaient occupées la plupart de ses pensées… et si elle avait pensé à son futur avec Legolas, elle avait complètement oubliée qu'il fallait en passer par le mariage.
Elle eut soudain envie de rire, se rappelant qu'il y a encore un an, Maggi sa mère adoptive, désespérait de la marier un jour à quelqu'un. Elanor aimerait bien voir sa tête lorsqu'elle verrait Legolas.
- Etant ton plus proche parent, j'ai bien évidemment accepté la demande de Legolas, déclara Elrond. Mais comme cela te concerne, et que je ne suis pas ton réel tuteur, c'est à toi qu'il revient d'accepter.
Ses yeux pétillaient de malice. Alors que le silence persistait, et qu'ils semblaient tous attendre sa réponse, Elanor regarda enfin Legolas.
- Oui. J'accepte, bien entendu.
Le visage de l'elfe se détendit considérablement, et il eut un large sourire.
- Bien ! s'exclama Glorfindel en tapant joyeusement dans ses mains. Voilà que nous aurons deux mariages à célébrer maintenant !
Elrond esquissa un sourire, et secoua la tête.
- Legolas et Glorfindel m'ont fait de nombreux compliments à ton sujet, dit-il à l'adresse d'Elanor. Ils ont dit que tu t'étais très bien battue.
- J'ai eu des bons instructeurs, répondit Elanor.
- Je suis content de voir que mon entraînement ait au moins pu servir à quelque chose, sourit Glorfindel.
Il regarda Elanor avec un sourire en coin, et lui adressa un clin d'œil.
- Je crois qu'il est temps pour moi de partir. Je me demande où est passé ce bon vieux Erestor. J'espère qu'il ne s'est pas égaré... l'âge ne l'arrange pas.
Elrond se mit à rire de bon cœur.
- Il est plus jeune que toi.
- Oh, vraiment ?
Glorfindel fronça les sourcils, donnant la vague impression qu'il réfléchissait. Mais en vérité, il riait sous cape.
- Je crains alors que ce soit ma mémoire qui me fasse défaut. Mes seigneurs, si vous me permettez.
L'elfe s'inclina une dernière fois devant Galadriel et Celeborn, puis s'éloigna.
- Je crois qu'il est temps pour nous aussi de rejoindre Arwen et Aragorn, dit Elrond.
Il adressa un dernier signe de tête en direction de Legolas et Elanor, et enjoignit alors ses beaux-parents à le suivre. Galadriel et Celeborn lui emboitèrent le pas, et ils s'éloignèrent parmi la foule.
Laissés seuls, Legolas se tourna vers Elanor.
- M'accompagneras-tu pour un dernier voyage ? lui demanda-t-il.
Elanor lui jeta un regard interrogatif.
- J'aimerais te présenter à mon père, continua Legolas. Est-ce que tu es d'accord pour venir chez moi ?
D'abord surprise, le visage d'Elanor s'illumina rapidement d'un grand sourire, et elle acquiesça vivement.
- Oui, bien sûr !
Legolas sourit, et lui prit la main.
Il laissa ses doigts errer un instant dans ses cheveux bruns, puis finit par se pencher sur elle. Le visage de Legolas n'était qu'à quelques centimètres du sien, et Elanor perdit alors le fil de ses pensées, et oublia ce qui se trouvait autour d'elle.
Il y avait peut-être des hommes ou des elfes qui les regardaient, ou bien même leurs amis. Mais Legolas ne s'en soucia pas, et il prit le visage d'Elanor entre ses mains, et captura ses lèvres dans un long baiser.
