Je suis vraiment désolée pour le retard que j'ai pris à écrire la suite, mais ma vie est un peu mouvementée en ce moment, en l'espace de 3 mois, j'ai eu un 2ème enfant, je me suis mariée, j'ai supervisée l'extension de ma maison et j'ai changé de travail donc vous comprendrez bien qu'il me reste peu de temps pour écrire avec tout ça !
Je vous remercie à tous pour vos messages concernant le chapitre 6, même si je ne le fait pas individuellement, tous vos commentaires me vont droit au cœur et me donnent envie de continuer.
Ce chapitre 7 est très court, c'est une petite introspection dans les sentiments de Jane et Lisbon après leur échange … fougueux. Je sais que certaines personnes ont trouvé leur rapprochement brutal mais c'est comme ça que je l'imagine, après avoir passé autant de temps à refouler leurs sentiments, à se voiler la face, à mes yeux il ne peut pas en être autrement … ce chapitre est un peu fleur bleue, j'en suis désolée pour ceux qui n'aiment pas mais l'action dominera dans les prochains chapitres c'est promis !
Combien de fois avait elle rêvé de moments comme ceux-ci ? Probablement des milliers. Etre allongée en position fœtale et sentir la chaleur de l'être aimé, ses bras enroulés autour de sa taille, son corps épouser parfaitement les courbures du sien. Elle n'avait jamais imaginé pour autant que leur première fois ensemble serait si passionnée. C'est comme si toutes ces années à dissimuler à l'autre leurs désirs, toute cette tension sous jacente avait été libérée d'un seul coup dans une explosion des sentiments. Aujourd'hui leurs vies étaient à un tournant majeur : ils avaient démasqué John le Rouge et étaient sur le point de l'arrêter. Cette nuit ils avaient tous deux lâché prise mais elle savait que les moments qu'ils venaient de vivre étaient rares et que la réalité ne tarderait pas à les rattraper.
- Teresa je sais que tu ne dors pas, chuchota son consultant.
- C'est tellement évident ? Je peux savoir à quoi tu vois ça ? répondit-elle sourire aux lèvres.
- Ta respiration. Tu la contrôle et ça se sens, lui murmura t-il dans l'oreille en lui caressant avec douceur le bras, comme pour s'excuser de son audace des heures précédentes.
Teresa se retourna lentement pour lui faire face. Elle le gratifia d'un doux sourire tandis qu'il resserrait son emprise sur sa taille.
- D'accord je ne dors pas. Tu veux parler de ce qui s'est passé ?
- Pas toi ?
Elle ne répondit pas tout de suite. Elle posa sa main sur son visage et déposa un baiser léger sur ses lèvres.
- Je crois que j'ai peur d'entendre ce que tu vas me dire, répondit elle.
Il l'attira à lui de façon à ce qu'ils se tiennent à la même hauteur et qu'elle prenne appuie sur son torse.
- Je me souviens de ce que je t'ai dis ce soir où je t'ai tiré de dessus. Je pensais chaque mot. Je suis non seulement secret, manipulateur, mais je suis lâche aussi Teresa.
Elle releva la tête vers lui.
- Tu n'es pas obligé de faire ça,...cette auto flagellation permanente. Tu n'es pas un lâche, tu es un homme bien, je n'en ai jamais douté. Je me demande juste … Pourquoi ce jour là… tu as évité la discussion ?
Jane lâcha un soupir avant de lever les yeux vers le plafond.
- Je n'avais pas prévu que ça arrive… je veux dire… m'attacher à toi ne faisait pas partie de l'équation. C'est la dernière chose que j'imaginais possible. Il hésita un instant avant de poursuivre : Je… quand j'ai pris conscience du changement entre nous, j'ai refoulé tout ça dans un coin de ma tête.
J'ai feins d'avoir oublié pour la même raison que celle qui t'a poussée à faire semblant d'accepter mon explication. Je n'étais pas prêt à assumer les conséquences, ajouta t-il en replongeant ses yeux dans les siens.
- C'est pour ça que tu t'ais comporté comme ça avec moi ces derniers temps ? que tu étais si…distant ?
- Teresa il n'y a pas de place pour l'amour dans ma vie… pas encore. J'ai agis comme ça parce qu'il fallait que je reste concentré… mais aussi c'est vrai, pour que tu te détaches de moi, pour que tu ailles de l'avant.
- Depuis combien de temps tu sais pour … mes sentiments ? Lui demanda t-elle soudain vulnérable.
Il dégagea doucement une mèche de ses cheveux de son visage et la ramena derrière son oreille.
- 5 ans. Mais j'ai sentis que les choses se sont vraiment amplifiées quand je suis rentré de Las Vegas l'année dernière.
Teresa rompit le contact visuel pour reprendre sa place initiale, dos à lui.
- Hey, regarde-moi, lui dit-il en posant ses mains sur ses épaules dénudées.
- Je me sens tellement… pathétique, répliqua t-elle spontanément.
- S'il y a quelqu'un dans cette pièce qui est pathétique je t'assure que ce n'est pas toi. Tu ne te vois pas comme les gens autour de toi te perçoivent : Tu es intelligente, sensible, douce et je ne parle pas de ta beauté… Tu mérites bien ton surnom de « sainte Térésa » ne serait ce que pour m'avoir supporté pendant toutes ces années, ajouta t-il dans un sourire. Tu n'as pas à rougir d'avoir des sentiments, c'est ce qui nous différencie de personnes comme Bertram…
Elle se retourna à nouveau vers lui les yeux embrumés de larmes.
- J'ai essayé tu sais, j'ai vraiment essayé de te sortir de ma tête … j'avais d'autres rêves étant enfant, et devenir un bourreau de travail trouvant l'illusion du bonheur dans des histoires d'une nuit n'en faisait pas partie. Je voulais aider les autres, aimer et me sentir aimée en retour, fonder une famille…Tomber amoureuse de toi c'était me condamner à renoncer à tout ça et pourtant… chaque nuit il n'y avait que toi, que cet espoir secret qu'un jour peut être… il y aurait quelque chose de possible entre nous. Je me sens pathétique oui, parce que je sais depuis le 1er jour où l'on s'est rencontré que tu es quelqu'un de spécial Patrick Jane. Je sais aussi depuis le départ que John le rouge aura toujours une place centrale dans ta vie et que le reste passera toujours après. J'avais toutes les cartes en main, et pourtant j'ai fais un choix improbable, celui d'y croire.
- C'est là que tu te trompes, tu n'as pas fais de choix, pas plus que moi. On ne contrôle pas ses sentiments Teresa. Crois-moi, si c'était possible je ne t'aurais pas laissé prendre la place que tu as aujourd'hui dans ma vie. Je ne t'aurais pas laissé devenir une cible facile pour mes ennemis. Je t'aurais plutôt encouragé à accepter les avances d'un gars quelconque comme Mancini qui n'attend que ça. Mais je suis trop égoïste, possessif et jaloux pour ne vouloir que ce qui a de mieux pour toi. Je suis ce qui pouvait t'arriver de pire, je suis abimé, brisé, probablement irrécupérable. Je n'ai rien à t'offrir. Et pourtant je n'arrive pas à me raisonner à arrêter ça…
Il se pencha vers elle et l'embrassa. D'abord hésitante, elle le laissa prendre possession de ses lèvres en fermant les yeux, suivant son rythme. Ce baiser n'avait rien à voir avec l'échange fougueux des heures précédentes. Il était doux, aimant, plein de promesses. Timide aussi d'une certaine façon, comme si c'était le tout premier. Les mains sur sa poitrine, elle pouvait sentir son cœur s'affoler tandis qu'elle lui autorisait l'accès à sa bouche. Elle s'abandonna à sa saveur sucrée qui la dévorait de l'intérieur. Elle embrassait Patrick Jane, le fantasme de toute la population féminine du CBI… Mieux que ça, elle se faisait embrasser par Patrick Jane. En dix ans, avec combien de femmes avait-il eu de gestes aussi intimes ? Deux à sa connaissance, Lorelei et elle-même. A l'évocation de la jeune femme et elle sentit son cœur se serrer, comme le jour où elle l'avait écouté alors qu'il menait son interrogatoire. Il avait embrassé la jeune femme ce jour là. Elle ne l'avait pas vu de ses yeux mais l'avait imaginé ce qui avait été probablement bien pire. Si elle s'était sentie blessée, elle ne pouvait douter aujourd'hui que la relation qu'il avait eu avec la jeune femme et celle qu'ils vivaient ensemble à cet instant n'avaient rien de comparables. L'émotion faisait la différence, les légers tremblements de leurs mains, les papillons qu'ils sentaient dans leur ventre, l'accélération croissante de leurs pouls respectifs. Ils s'aimaient et n'avaient plus la force ni l'envie de le cacher.
Avant de perdre le contrôle et de transformer ce moment de douceur en préliminaires, ce qu'il ne souhaitait pas, Jane se résolu à détacher ses lèvres des siennes.
- On doit rester concentré et mettre nos sentiments de coté… pour l'instant. Lorsque tout sera fini, on en reparlera, commença t-il en la prenant dans ses bras.
- Est-ce que tu regrettes ?
- Je regrette ….le timing. Uniquement le timing. Et peut être cette salle de bain… J'ai plus 20 ans, ajouta t-il dans un sourire en lui caressant la joue.
- Tu ne t'en ais pas mal sorti pour un sénior, rétorqua t-elle en lui rendant son sourire.
- Un sénior vraiment ? enchaina t-il vexé, Vous jouez avec le feu agent Lisbon, les seniors dans mon genre sont plein de ressources et d'imagination, lâcha t-il en laissant une main s'égarer suggestivement à la naissance de ses seins.
- On devrait s'habiller, ils ne vont pas tarder à arriver, ajouta t-elle en riant aux éclats.
Il la lâcha à contrecœur et la regarda enfiler sa chemise. Il l'attira alors une dernière fois à lui, capturant sa main dans la sienne et mêlant leurs doigts.
- On aura d'autres moments je te le promets, lui dit-il en posant son front contre le sien.
- Ne fais pas de promesses que tu n'es pas sûr de pouvoir tenir, selon les choix que tu feras prochainement, ça pourrait ne plus être le cas, lui répondit-elle doucement retrouvant son sérieux.
- Je sais ce que tu penses, et je sais qu'il est prématuré de faire des projets mais… avec toi j'arrive à voir plus loin. Je ne prendrai pas le moindre risque de te perdre, tu m'as rendu ma vie Teresa. Mais je ne peux pas renoncer à me venger. Même pour toi.
- Je le sais et je ne te le demande pas. Tu sais aussi que le moment venu je ferai tout pour t'en empêcher, ça nous séparera fatalement, répondit-elle sentant les larmes lui monter aux yeux.
- Pas nécessairement. Il faut que tu me fasses confiance.
- J'ai confiance en toi et j'ai envie de te croire… mais je suis réaliste. On est dans une impasse.
- Je t'aime, je te demande juste d'y croire et de me laisser encore un peu de temps. Tu m'en as déjà donné beaucoup mais je ne te demande que ça.
Teresa hocha la tête en signe d'approbation. Elle était prête à le croire, à garder l'espoir d'une issue favorable pour leur histoire naissante et en un avenir commun, mais elle ne renoncerait pas à ses principes pour autant. Ce qu'elle ignorait c'est que le moment où elle se retrouverait en conflit avec elle-même était plus proche que ce qu'elle imaginait.
