Chapitre 3 – Ménage dans les souvenirs des Black
Peu après le déjeuner, une jeune sorcière se présenta accompagnée de Lupin et elle détailla l'étrange scène qui se dévoilait devant ses yeux lorsqu'elle entra dans la cuisine. Sur un coin de la table débarrassée, Hermione découvrit son professeur d'Histoire penchée sur un fauteuil et cajolant le parrain de son meilleur ami, ils étaient en grande conversation avec Arthur Weasley qui agitait ses mains tout en parlant. Ginny aidait sa mère à ranger les restes du repas, les jumeaux apparaissaient et disparaissaient devant un Ron agacé.
- Bonjour Miss Granger ! lança Amalia d'un ton rieur.
- Bon… Bonjour Professeur Richards…
- Ne soyez pas si formelle, quand nous sommes ici, vous pouvez m'appeler Amalia.
L'enseignante était radieuse et témoignait d'une infinie sympathie. Un peu perturbée par l'ambiance de la pièce, Hermione en oublia de saluer Ron et ce dernier, vexé, croisa ses bras et bouda dans un coin.
- Veuillez m'excuser mais, que faites-vous ici ? reprit-elle en déposant Pattenrond qui alla se rouler contre Sirius.
- Hé hé, il ne m'a pas oublié ! s'amusa-t-il.
- Le monde des sorciers est tout petit, cela semble vous étonner.
- Hermione, as-tu mangé ma chérie ?
Mrs. Weasley la débarrassa de toutes ses affaires et ordonna aux garçons de les porter dans la même chambre que Ginny, elle s'occupa ensuite de lui faire quelques sandwichs. Pendant qu'elle se restaurait, Hermione observa le comportement des uns et des autres. On aurait dit qu'en l'espace de quelques semaines, une petite communauté s'était formée dans la sinistre maison des Black. Tous s'entendaient à merveille, d'autres pourtant étaient plus intimes et ne cachaient pas leur amitié. Alors qu'elle avala la dernière bouchée, Remus revint de l'étage avec plusieurs courriers.
- Hedwige nous a trouvé ! Il y a une enveloppe pour Ron, une pour Hermione et une autre pour Sirius.
Amalia releva la tête et croisa le regard de son ami.
- Voyons ce qu'il a à nous dire ! déclara le maître des lieux, de bonne humeur.
Malheureusement les nouvelles n'étaient pas aussi bonnes que ce qu'ils avaient espéré. La tante Pétunia avait mis l'ensemble de la famille au régime sec pour accompagner « Dudley-Chéri » dans son « optimisation de poids » afin d'améliorer ses performances sportives, ce qui avait pour conséquences des menus pauvres et des sauts d'humeur de la part de l'oncle Vernon, littéralement affamé.
- Bon, nous savons quoi offrir à Harry pour son anniversaire ! déclara Amalia afin de dédramatiser la lecture du courrier mais elle se souciait de plus en plus du temps qu'il passait là-bas.
- Molly, accepterais-tu de faire une course chez Honeydukes pour moi ? demanda Sirius en reposant sa lettre.
- Bien entendu ! D'ailleurs nous devons aller au chemin de Traverse cette semaine.
- Harry attend des nouvelles de notre part, il doit être inquiet et guetter les informations dans la Gazette du Sorcier ! gémit Hermione qui avait terminé la lecture de sa lettre.
- Il ne faut rien lui dire pour le moment. Dumbledore a dû t'expliquer pour quelles raisons avant de te faire venir ici ? L'élève hocha la tête. Bien, dans ce cas, répondez-lui des banalités, il saura bien assez tôt de quoi il en retourne. Je sais que c'est injuste mais si Dumbledore le demande, c'est uniquement pour le protéger, conseilla Arthur.
Tous les adultes acquiescèrent sauf Sirius dont le visage se crispa.
oOo
Le nettoyage minutieux de la demeure des Black rythmait les journées. La multitude d'objets ensorcelés occupait raisonnablement les enfants l'après-midi et le début de soirée, avant que les réunions de l'Ordre ne les conduisirent dans leurs chambres. Il ne restait donc que les matinées pour travailler leurs devoirs d'été. Ginny en avait très peu cependant Hermione, Ron, Fred et George préparant des examens importants cette année, les enseignants de Poudlard ne les avaient pas épargnés. Heureusement, Remus et Amalia consentirent à les aider bien qu'un élément perturbateur rende l'exercice difficile.
- Patmol, s'il te plaît, arrête de leur faire des grimaces quand on travaille ! supplia Lupin dans un vain espoir de calme.
- Oh aller, ne sois pas rabat-joie ! Je suis enfermé ici depuis des semaines, j'ai besoin de m'amuser !
- Si tu veux te divertir, il y a un hippogriffe dans le grenier qui ne demande qu'à être brossé ! pesta Amalia en lui lançant une craie.
Les jumeaux profitèrent de cette ouverture pour se dissiper un peu plus.
- Hé Sirius, pourriez-vous nous dire comment était Miss Richards lorsqu'elle était étudiante ?
- Ah ah ! Elle faisait déjà tourner les têtes !
- Tais-toi ! Ne dis pas un mot de plus où la prochaine fois que tu sortiras de cette maison ce sera dans une boite ! menaça la sorcière de sa baguette.
Elle se pencha vers Hermione pour relire sa rédaction mais derrière elles, les jumeaux avaient déjà repris leur conversation.
- Alors ?
- A son entrée à Poudlard, Amalia n'avait d'yeux que pour un seul ! chuchota le perturbateur.
- Sirius, tais-toi !
- Pas question, ils demandent, je réponds ! Le fugitif se leva d'un bond pour éviter un nouveau morceau de craie. Il y en avait un pour qui elle aurait pu décrocher la lune ! C'est d'ailleurs à cause de lui, qu'elle a repoussé tous les garçons du collège !
Avec une souplesse étonnante, il parvenait à esquiver tout ce qu'elle lui projetait à travers la pièce, ravi de sa farce et de la réaction qu'il provoquait. Sirius courait autour de la table pendant que le professeur d'Histoire essayait de le rattraper pour l'empêcher de parler.
- Un nom ! Un nom ! scandèrent Fred et George, admiratifs du spectacle.
- C'est… Regulus !
- Patmol, je vais te tuer ! hurla-t-elle de colère.
- Non ! Votre frère ?
- Il suffit ! J'avais onze ans ! Ça ne compte pas ! Et puis tu n'avais pas à révéler ce genre de choses devant mes élèves !
Sirius commençait à s'essouffler cependant il demeurait le plus rapide des deux, soudain la jeune femme eut une idée.
- Je n'ai pas encore fini ! Il faut que je vous parle des petits mots qu'elle lui laissait et de ce que mon frère a…
- Kreattur ! Tu entends ? L'héritier des Black dit du mal de ton ancien maître ! A ta place, je ne le laisserais pas faire !
Un poc ! suivit d'un grognement retentit dans le dos de Sirius, l'elfe de maison s'était accroché à ses pieds et l'empêchait de s'échapper, il tomba sur une chaise et Amalia n'eut pas de mal à lui envoyer le maléfice du Saucisson pour le bâillonner. Le prisonnier se débattait, néanmoins, les chaînes argentées le retenaient solidement dans son fauteuil en bout de table. Mrs. Weasley entra dans la cuisine pour les préparatifs du déjeuner elle ne releva même pas la situation dans laquelle le maître des lieux était. Car après avoir élevé six garçons dont des jumeaux diablotins, plus rien ne pouvait l'étonner.
- La prochaine fois que Hermione te met en garde sur le fait de ne pas sous-estimer un elfe de maison, écoute-la ! se moqua Amalia avant de reprendre la révision du devoir de son élève.
Cette dernière souriait en lançant un regard hautain à Ron, elle saisit l'occasion pour enquêter sur son professeur.
- Miss Richards, avez-vous un elfe de maison chez vous ?
- Non, pas du tout. D'ailleurs il n'y a rien qui fonctionne à la magie chez moi, répondit-elle sans détacher le regard de sa lecture.
- Et comment faites-vous pour vivre ? s'étonna Ginny.
Amalia releva alors le menton, un peu décontenancée par la question, Mrs. Weasley se retourna à son tour.
- … Comme tous les Moldus. Il y a l'électricité chez moi et j'ai des appareils ménagers.
Un long silence s'installa dans la pièce, seule Hermione ne paraissait pas étonnée, Remus se risqua à une plaisanterie.
- Ce n'est pas si terrible, c'est juste que sa cuisine a un goût plus… authentique !
- Attends, c'est toi qui ose critiquer ma cuisine ? Elle brandit à nouveau sa baguette. S'il y a bien une chose que l'on ne critique pas chez moi, c'est ma cuisine !
- Je n'ai pas dit qu'elle était mauvaise, elle avait un goût subtil lié à la sueur et au temps perdu puisque tu t'entêtes à perpétuer une tradition étrange instaurée dans ta famille !
Sur son fauteuil, Sirius s'agitait en faisant des grands mouvements de la tête à l'attention de son ami. Les enfants avaient pour leur part compris sur quelle pente dangereuse venait de glisser Lupin. Amalia le fixait, les bras croisés sur sa poitrine, sa baguette toujours à la main. Mrs. Weasley intervint afin de faire revenir le calme et que les plus jeunes terminent enfin leurs devoirs avant le repas.
- C'est pour cela que vous faites la vaisselle à la main ?
- Ma mère ne pratiquait pas la magie, alors à la maison, tout fonctionnait de manière… « normale » dirais-je. Et pour ne pas stigmatiser son style de vie, mon père a simplement rendu les enchantements impossibles dans presque toute la maison pour que nous vivions comme toutes les familles Moldues. Ma mère m'a appris à sa façon à tenir une maison et j'ai gardé leur « tradition » en mémoire de leur éducation si particulière.
Amalia prononça ses mots en lançant un regard de travers à Lupin, ce dernier grimaça avant de délivrer son acolyte.
- C'est tout à fait adorable, s'extasia Mrs. Weasley alors que son chaudron la ramena à des considérations plus terre à terre.
oOo
La fin de journée apporta son lot de surprise, dans une des armoires de l'étage un gnome se jeta sur Amalia, Ron découvrit des magazines coquins sous l'ancien lit de Sirius et Kreattur barrait systématiquement la route de toute personne souhaitant entrer dans le domaine de Regulus. A bout, son maître l'avait renvoyé dans son placard et forcé la porte de la chambre.
L'air était chargé d'une odeur de chaussettes sales et d'humidité, les longs rideaux noirs tombaient de chaque côté de la fenêtre et quelques rayons de soleil pénétraient à travers les lattes des volets. Les murs étaient verts-émeraude et les armoiries des Black avaient été soigneusement peintes au-dessus du lit, les fines lettres argentées de leur devise « Toujours pur » se détachaient du fond. Le couvre-lit poussiéreux était aux mêmes couleurs que la maison dans laquelle son propriétaire avait été envoyé à Poudlard. Il ne faisait aucun doute que Regulus brandissait avec fierté son appartenance à Serpentard, tout aussi fort que Sirius s'opposait à sa famille en étant Gryffondor. Sur le bureau branlant, un pêle-mêle composé de coupures de journaux dépeignait des événements anciens en rapport avec Voldemort. Une commode en bois sombre ornée de poignées en argent était à l'entrée de la pièce, des documents dépassaient d'un des tiroirs comme s'il avait été fermé à la va-vite. Amalia saisit un papier épais, il s'agissait d'une photo déchirée représentant trois adolescents avec des capes noires. On ne voyait qu'une fille et un grand garçon à la mine renfrognée, le bras d'un autre personnage apparaissait sur l'épaule de l'adolescente, une main triturait ses boucles blondes. En tirant sur le tiroir, une pile de photographies s'anima, les sujets bougeaient d'un coin à l'autre du papier, il n'y avait que des enfants joyeux et des paysages ensoleillés. Sirius remarqua alors le mutisme soudain de son amie. Il lança un coup d'œil au-dessus de son épaule et se mit à rire en découvrant d'anciennes photographies de vacances.
- Hé ! Venez voir à quoi ressemblait votre professeur d'Histoire quand elle avait votre âge !
- Non mais rends-moi ça !
Elle sautillait pour attraper les clichés qu'il maintenait en l'air.
- Tatata, pas question ! Elles sont un vibrant hommage à la magnifique jeune femme que tu es devenue ! Laisse-les voir comment on passe à l'âge adulte avec grâce !
Dans un élan de panique, Amalia verrouilla la porte de la chambre au nez des jumeaux et poussa Sirius sur le lit mais elle ne put se retenir et tomba avec lui. S'en suivi une terrible bataille de chatouilles pendant laquelle Sirius lâcha les photographies qui glissèrent sous le matelas, dans un tas de poussière. Amalia saisit un des oreillers et donna de grands coups à son adversaire, les rires passèrent à travers la porte et les enfants restés sur le pallier attendaient que le combat se termine.
Après de longues minutes, le silence remplaça le tumulte et doucement les plumes échappées des coussins retombèrent sur les deux corps inertes, allongés sur le lit.
- Les seules fois où on ne se disputait pas lui et moi, c'est lorsque tu étais avec nous.
- Il me manque souvent… murmura la sorcière avec un brin de tristesse dans la voix.
- Pas à moi. C'était un imbécile.
- C'était peut-être un imbécile mais c'était ton frère.
- Un frère manifeste de l'intérêt lorsque l'on quitte la maison et que l'on est renié de la famille !
Sirius tourna la tête et vit l'expression maussade d'Amalia. Il ne sut quoi ajouter, tout ce qu'il pourrait dire ne les consolerait pas, il préféra la regarder un moment en silence et caresser ses cheveux d'un geste tendre.
- Est-ce que tu sais pourquoi je t'ai toujours considérée comme ma petite sœur ?
- Parce que j'étais plus jeune que vous deux ?
- Pas du tout. Tu étais et est restée longtemps la seule sorcière gentille de mon entourage. J'avais l'impression d'être un monstre dans cette famille parce que je ne vouais pas un culte à la magie noire. Ton innocence et ta bienveillance m'ont ouvert les portes d'un monde que je ne faisais alors, que soupçonner. J'ai eu l'impression de découvrir la vraie magie, celle du cœur.
Sur le visage d'Amalia, un sourire sincère se dessina.
- Bon, si on allait décoller ma mère ? Ça nous soulagera un peu, proposa-t-il en se levant d'un bon.
La jeune femme le suivit sans conviction. Avant d'ouvrir la porte, il l'entraîna contre lui et la serra dans ses bras.
- Ça va aller, on a encore pas mal de choses à faire… maugréa-t-elle en se dégageant.
C'est elle qui ouvrit la chambre, la tête haute et l'air digne alors que ses cheveux étaient en bataille, des plumes piquées ça et là, son haut de travers.
- Tout va bien ? Ginny sortait tout juste une tête de l'embrasure de la pièce d'à côté.
- Oui, tout va parfaitement bien, j'ai vaincu !
Et elle descendit les marches jusqu'au hall sous les rires peu convaincus des spectateurs.
oOo
Le hall était étroit, sombre et miteux, l'immense cadre abritant le portrait de Mrs. Black faisait la hauteur d'un homme et deux fois sa largueur. Une tenture cachait la peinture maudite qui témoignait du caractère acariâtre de la vieille femme de son vivant, il aurait donc été étonnant que son portrait se comporte mieux à sa mort. Les hurlements incessants accompagnaient tout passage dans le couloir et le tableau étant positionné juste devant l'escalier menant à la cuisine, le lieu de vie principal de la maison. Il était donc devenu nécessaire de trouver un moyen de l'y enlever. L'obstacle se révéla plus compliqué que prévu car un sortilège de Glu Perpétuelle fixait au mur le portrait et le cadre ne cédait ni aux contre-sorts, ni aux tentatives désespérées d'Amalia avec des objets pointus.
L'arrivée de Dumbledore accompagné de Rogue mit fin à plusieurs heures d'un combat acharné entre Kreattur, le tableau de sa maîtresse et les occupants de la maison.
- Vous avez trouvé un passe-temps sain pour faire réviser les contre-sorts à vos anciens élèves, Remus ! rit le vieux sorcier.
- Tout le mérite revient à Mrs. Black…
- Pour une fois que ma mère sert à quelque chose de positif, compléta Sirius en aidant Amalia à descendre de l'escabeau depuis lequel elle essayait de faire glisser une préparation acide entre le mur et le rebord du cadre. Tout le monde a bien confirmé sa venue plus tôt aujourd'hui ?
- En effet, cela permettra de terminer avant le repas et de libérer Severus et Amalia pour leur révision. Il jeta un œil aux deux concernés avant de poursuivre. J'ai ceci à vous donner. Il sortit de sa manche une enveloppe cachetée et la rendit à Lupin. Je ne serais pas contre une tasse de thé !
- Quelle bonne idée, si on pouvait y ajouter en plus une lichette de Whisky pour nous remettre de ces émotions… marmonna Sirius en poussant tout ce petit monde vers la cuisine, ignorant royalement Rogue.
Kreattur resta en retrait afin de vérifier que le mélange n'avait pas attaqué l'adhérence du portrait au mur. Une fois tous les occupants de la maison en bas, Mrs. Weasley déposa la théière et plusieurs tasses dépareillées sur la table, Amalia s'adressa alors à Dumbledore.
- Albus, pouvons-nous à présent dévoiler le grand mystère ?
Le vieil homme hocha la tête. Elle s'assit près de Rogue et fit apparaître un sac noir à cordon.
- Et toi, tu es prêt ?
Le maître de potions semblait anxieux, il allait découvrir pour la première fois la version presque définitive de leur collaboration. Il acquiesça et la laissa sortir du sac un manuel scolaire qu'elle lui tendit. La couverture composée d'un enchevêtrement d'écailles outremer donnait une prestance à l'ouvrage que l'on aurait pu confondre avec un livre sur les forces obscures. Le contact était légèrement rugueux et tiède, les caractères gravés dans la peau annonçaient les auteurs.
- Qu'est-ce que c'est ? intervint Fred en bousculant son frère pour mieux voir.
Les deux professeurs levèrent les yeux vers Dumbledore mais c'est Amalia qui répondit.
- Une punition… enfin, je crois ?
Elle regarda son voisin et sourit, ils étaient impatients et cela se lisait sur leurs visages. Lentement, Rogue ouvrit la couverture et laissa apparaître la page de garde qui annonçait l'objet du manuel. Des soupirs d'admiration accompagnaient les commentaires minutieux du professeur d'Histoire. La jeune femme se garda bien d'expliquer la raison de cette commande incongrue de la part du directeur de Poudlard, pourtant le résultat était là : éclatant et impeccable. Il ne manquait qu'une dernière révision et de fixer définitivement l'ordre des pages. Dans le fond de la pièce, Sirius était resté en retrait les bras croisés, Remus quant à lui félicita les auteurs pour leur ingéniosité et leur habileté à compiler les contraintes qui leur étaient imposées. Les enfants s'agitaient et l'annonce du début de la réunion ne fit qu'accroître leur excitation.
- Aller, montez-tous, rangez un peu vos chambres ! ordonna Mrs. Weasley en les poussant tous dans l'escalier.
Lupin profita de cette accalmie pour décacheter son courrier. Deux morceaux de parchemin s'échappèrent de l'enveloppe, le premier se glissa naturellement dans la paume de sa main, le second tomba devant Rogue et Amalia.
Suite à un contretemps, le Ministère vous convie demain à 7h, salle du Condottiere pour la présentation de votre manuel. Ce courrier annule et remplace la précédente convocation.
Signé : Laurence Tourdesfourmilles
- Ils ont modifié la date et l'heure de notre rendez-vous ! s'étonna la sorcière. Qui convoquerait des gens pour une présentation à 7h ?
- Des personnes qui veulent se débarrasser d'une contrainte le plus rapidement possible… répondit Lupin d'un ton las en tendant sa lettre.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je suis convoqué demain à 7h45 pour un entretien d'embauche au ministère. Les premiers rendez-vous étaient à 10h dans deux jours.
- Mais à quoi jouent-ils ? Amalia s'énerva en repliant le parchemin.
Des pas à l'étage annonçaient l'arrivée imminente des participants de la réunion, Sirius qui était resté silencieux se pressa alors pour ouvrir la porte de la cuisine. Dumbledore tenta de les rassurer avant de débuter la réunion, cependant, c'est la mine bien triste que Lupin s'assit à coté d'Amalia.
- Je n'ai même pas le temps de repasser par chez moi, il aurait fallut que je prenne une chambre au Chaudron Baveur et que je trouve une tenue plus convenable…
- Tu es bien défaitiste Remus, je suis certaine que Sirius peut te prêter des vêtements. Kreattur passa derrière eux en traînant les pieds, ses oreilles velues écoutaient toute la conversation. Et j'ai de la place chez moi pour t'accueillir, cela te permettra d'être à l'heure demain sans encombre.
- Amalia a une bonne idée Remus, accepte notre aide. Sirius posa une main sur l'épaule de son ami.
Le loup-garou esquissa un bref sourire et acquiesça. A son tour, le professeur d'Histoire se tourna vers son voisin de gauche.
- D'ailleurs, nous aussi nous allons avoir un problème de temps… Il serait peut-être judicieux que tu restes aussi chez moi ce soir.
- Et pourquoi donc ? Sirius s'empressa de couper la discussion.
- Parce qu'aux dernières nouvelles il n'est pas possible d'utiliser ta cheminée ou la mienne pour aller jusqu'au ministère car chez moi elle n'est pas raccordée au réseau et pour ici, ce serait imprudent. Donc il est plus rapide de dormir chez moi et d'aller directement au rendez-vous par l'entrée des visiteurs à pied.
- …ou sinon je peux rentrer chez moi et transplaner chez toi demain matin. Rogue répondit d'un air détaché, Sirius apprécia presque cette intervention dans son sens et le fit savoir.
- Très bonne solution !
- Pas de magie chez moi, je ne veux plus avoir de problème avec mes voisins Moldus ! pesta la jeune femme un brin agacée. Je ne vis pas dans un taudis pour autant ! Il y a tout de même l'eau et l'électricité… Et puis on risque de finir tard.
De nouvelles personnes s'installaient à table autour d'eux, Amalia se détendit tout en gardant un air fâchée.
- Soit, nous irons chez toi, chuchota Rogue.
Sirius avait entendu et s'enfonça dans son fauteuil à la plus grande satisfaction de son ennemi.
Prochain chapitre : Une maison sans magie
